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Confédération Nationale du Travail
Fédération des Travailleuses/eurs de l'Éducation

 
Primaire : 60 heures pour supprimer les RASED et faire grimper les effectifs

Le ministre de l’Education Nationale, Xavier Darcos, le clame haute et fort : la nouvelle année scolaire sera “l’année des enseignants” ! Il ne s’est même pas donné la peine de leur envoyer les nouveaux programmes de l’école primaire. A grands coups de matraquage médiatique, notamment par le biais d’un spot de propagande sur les ondes de la radio publique, il s’efforce de faire avaler aux parents le réaménagement du temps scolaire induit par la suppression du samedi matin qui va à l’encontre des rythmes de l’enfant. Le ministère demande même aux écoles de se faire les relais de sa propagande auprès des parents d’élèves pour qui a été spécialement édité un “guide pratique des parents”. A la question “Comment votre enfant sera-t-il aidé ?” (p.9) seuls sont mentionnés les stages de remise à niveau organisés pendant les vacances scolaires et “l’aide individualisée supplémentaire de deux heures par semaine”. Les RASED et les maîtres REP n’apparaissent plus ! Est-ce une manière de mieux préparer leur future disparition lorsqu’on sait que dorénavant, dans la logique du plan social qui s’organise dans l’Education Nationale, un poste est un poste ? Accepter cette logique, c’est renoncer définitivement à la seule revendication qui permette de traiter efficacement les difficultés de nos élèves : la baisse des effectifs par classe. Tandis que les chronobiologistes et les mouvements pédagogiques alertent les familles sur l’absurdité de l’allongement de la journée d’école en particulier avec “ l ’ aide individualisée” de deux heures par semaine qui doit être dispensée à partir du mois d’octobre aux élèves en difficulté, les équipes pédagogiques doivent obtenir la reconnaissance du travail effectué depuis des années. Le débat engagé au sein des écoles sur la question de l’organisation des “60 heures” peut être l’occasion de faire un point précis sur le nombre d’heures consacrées par chaque enseignant aux élèves en difficulté : rencontre avec les parents, élaboration et suivi des PPRE, équipes éducatives, rédaction des dossiers de signalement et d’orientation, réunions de concertation avec le RASED, etc... "Il faut, a souligné M. Darcos alors qu’il visitait une école dans la banlieue d’Angers, faire en sorte que les professeurs, à qui nous demandons beaucoup dans un contexte réformateur très hardi, soient soutenus par nous et qu’ils bénéficient peut-être d’un peu plus de reconnaissance morale et matérielle". Prenons-le au mot !