Blanquer débloque !

En Isère, Savoie et Haute Savoie, à Créteil, Versailles, Bordeaux, Toulouse, Dijon,… c’est la panique pour les chef.fes.  Des jurys qui ont du mal à fonctionner. Des jurys qui refusent d’utiliser les notes du contrôle continu, des votes de motion, des grévistes… Le système informatique du rectorat qui a des faiblesses et qui n’est pas programmé pour forcer une rétention de notes… Des inspecteurs appelés à la rescousse dans les centres d’examens, des équipes du rectorat qui rappliquent pour entrer les notes. Un jury expulsé par un proviseur, des menaces de faire appel aux forces de l’ordre… En Seine-Saint-Denis, des présidents de jurys qui mettent des notes de bulletins sans le jury et donc sans délibération !

Pour ne pas perdre la face et avoir le dernier mot, publication des résultats du bac demain, vendredi 5 juillet au petit matin, Blanquer débloque !

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Blanquer n’a peur de rien, encore moins du ridicule. Le calendrier des résultats du bac restera inchangé. c’est dit : le 5 juillet , les oraux, les 8, 9 ou 1O en fonction des académies et les résultats définitifs le 10 juillet !

Aux ordres les rectorats et les jurys, quitte à inventer des notes pour celles et ceux qui n’auraient pas de livret scolaire !! CF le protocole de publication des résultats diffusé ce matin aux jurys.

Une belle occasion de supprimer toutes les notes et de donner le bac comme en 1968 ; ça serait un bel anniversaire !

A lire ci-dessous, la lettre aux parents et aux élèves

 de l’AG des correcteurs de philosophie 
de l’académie d’Amiens en grève le 3 juillet 2019

Chers parents, chers élèves,

A l’occasion de l’assemblée générale des correcteurs de philosophie de l’Académie d’Amiens du 20 juin 2019, nous avons décidé de voter la grève reconductible à partir du 3 juillet, suivie d’une rétention des notes.

Nous avons conscience de la radicalité de cette décision, et de l’inquiétude qu’elle suscite parmi vous. Toutefois, cette modalité d’action s’avère pour nous nécessaire, car elle est l’aboutissement de la surdité du ministère face à toutes les actions entreprises antérieurement. En outre, les dommages consécutifs aux réformes en cours nous semblent plus lourds à supporter pour les élèves du futur qu’une attente prolongée de quelques jours pour les candidats de cette année.

Étant investis dans la réussite de nos élèves avec passion, nous ne pouvons par conséquent accepter :

1. La machine à sélectionner Parcoursup, la concurrence délétère qu’elle instaure entre les élèves, son algorithme opaque, et les inégalités sociales et territoriales pour l’accès à l’enseignement supérieur, qu’elle renforce.

2. Le bac du « Nouveau monde », façonné par Blanquer et imposé à marche forcée, qui constitue la fin du bac national donnant à chaque diplômé les mêmes garanties sur tout le territoire. Le nouveau bac s’accompagnera de 22 épreuves sur 2 ans. Outre ces facteurs anxiogènes, seules quelques épreuves feront l’objet d’un examen national et anonyme, ce qui, en définitive, fait de ce nouveau bac un diplôme à valeur locale. Autrement dit, les élèves scolarisés dans des établissements défavorisés pâtiront davantage des effets de cette réforme.

3. La baisse de l’encadrement pédagogique, avec plusieurs facteurs qui entrent en
compte :
→ suppression de 2600 postes dans l’enseignement secondaire alors que le
public accueilli sera démographiquement plus nombreux ;
→ les spécialités se substituant aux filières provoqueront des groupes surchargés
– souvent à 35 élèves, voire plus – et mettront fin à la dynamique de classe,
puisque les élèves seront contraints de changer de groupes en fonction de leurs
spécialités, ce qui risque de perturber les élèves les plus en difficulté.

4. Les transformations en cours de la fonction publique, qui mettront fin, à terme, à
l’actuel statut de fonctionnaire, indispensable notamment pour garantir un service
public républicain assuré par des enseignants indépendants de toute pression
hiérarchique et politique. 
→ Ainsi, à travers le « devoir d’exemplarité » par la loi Blanquer, familles et élèves
ne pourront plus être informés librement par les enseignants.
→ De même, la loi Darmanin prévoit la généralisation du recrutement
d’enseignants précaires, à qui il sera plus difficile d’assurer un enseignement de
qualité en toute liberté.


C’est dans cette perspective que nous avons adopté comme modalité d’action la grève.

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Ci-dessous, la motion rédigée par l’intersyndicale nationale et diffusée ce matin :

Blanquer et les notes du bac. Communiqué / Motion pour les jurys proposée par l’intersyndicale nationale CNT, CGT, SNES, SUD, Stylos rouges, Chaîne des bahuts…

Nous, professeurs, membre du jury XXX dénonçons les déclarations de Jean-Michel Blanquer qui modifient complètement les conditions dans lesquelles nous allons être amenés à délibérer.

Nous rappelons que le jury est souverain, à ce titre, nous refusons de remplacer les notes manquantes par les notes de l’année.

Nous refusons de nous prêter à la mascarade organisée par un ministre aux abois qui se signale par une nouvelle provocation, témoin de son mépris pour la profession et ses revendications.
Nos délibérations ne pourront en aucun cas créer les conditions d’une rupture d’égalité de  traitement entre les élèves

Mercredi 3 juillet 2019