Notre défiance est totale !

Mardi 19 mars

150 défilés en villes, 350.000 manifestant.e.s  en régions,  50.000 à Paris… Les personnels  de l’Education nationale ont été les plus mobilisés ce mardi. 40% de grévistes avec des pointes dans le premier degré : 75% de grévistes à Montreuil  (93). Toujours dans le primaire,  plusieurs AG de villes ont reconduit la grève dès le 25 mars dans l’Ain,  le 28 mars dans le Rhône et à Paris ; pour la première semaine d’avril en Seine-Saint-Denis… « L’école par Terre, c’est la faute à Blanquer ! » 

A suivre…

Les lycéen.nes et les personnels ont beau multiplier les actions depuis la rentrée contre les réformes, Parcoursup, lycée général et pro ; d’autres revendiquer des dotations suffisantes pour les collèges, voire s’opposer aux fermetures de classe ou exiger le dédoublement empêché des classes de CE1 en rep comme en Seine-St-Denis,.. rien n’y fait. Blanquer s’obstine à rien entendre et remodèle à sa guise l’école publique. Sa loi de la défiance vient d’être adoptée en première lecture à l’Assemblée (lire dans le Classes-En-lutte de mars).

Son cher président est dans la même posture. En réponse à la colère jaune, il a préféré causer avec des élu.e.s pendant plusieurs semaines sans rien intégrer des revendications économiques ou démocratiques exprimées sur les ronds-points et dans les rues des grandes villes. Seule  une répression policière et judiciaire féroce s’exerce sur toutes celles et ceux qui osent protester. Une nouvelle loi limitant le droit de manifester est en préparation (lire cel de février)…

Pour construire un rapport de force plus conséquent, voire décider de reconduire la grève, les blocages, les manifs… pour gagner,  Toutes et tous en grève le 19 mars.

Evaluations : non aux menaces dans le 93

Non aux menaces : tract unitaire du 75

       Classes-En-Lutte, mars 2019

Pour s’abonner à Classes En Lutte : écrire à  classesenlutte-owner@cnt-f.org

Fin du monde, fin du mois, contre le racisme d’Etat, contre les violences policières : même combat !

Samedi 16 mars : 350 000 personnes dans les rues, dans 220 villes. À Paris : 107 000 des Champs à République en passant par Stalingrad.

“On est par Terre, c’est la faute à Blanquer”*

Vendredi 15 mars : la jeunesse en grève pour le climat. Samedi 16 mars : Paris capitale des gilets jaunes, pour le climat, contre le racisme d’Etat et les violences policières.

*Texte d’une banderole, lycée J. Jaurès à Montreuil (93)

            Urgence climatique, urgence anticapitaliste

 

Dans la soirée du samedi 2 février 2019, Fatih Karakuss 19 ans et Adam Soli, 17 ans, sont morts, pourchassés par la police.

Nos premières pensées vont aux parents et proches des victimes et aux habitant.e.s du quartier Mistral subissant tour à tour la répression, l’assaut des journalistes et des politiques.

Depuis cette soirée de samedi, les habitant.e.s expriment une colère bien légitime qui se propage dans toute la ville.

Une nouvelle fois, ce sont des jeunes, racisés, issus de quartiers pauvres qui sont victimes des cow-boys de la BAC.

Le nouveau procureur de la république de Grenoble et la directrice de la sécurité publique se sont empressés de réagir en justifiant l’intervention des policiers. La presse régionale (Daubé) parle d’ « accident de la route », évacuant tout de suite l’idée de bavure. Circulez, y’a rien à voir !

Nous sommes d’accord sur un point : il ne s’agit pas de bavure. Il s’agit de méthodes de traques coutumières de la BAC qui poussent sciemment les jeunes à fuir et se mettre en danger. Il s’agit d’un jusqu’au-boutisme qui mène à la mort.

En 2005, Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans) sont morts électrocutés, fuyant un contrôle de police. Régulièrement les méthodes de la police nous rappellent pourquoi Zyed et Bouna couraient, pourquoi Fatih et Adam fuyaient…

Alors que les grands media s’émeuvent des conditions de détention d’un grand patron et que les plus grands bandits, exploitant les ressources et les populations, détournant des milliards dans des paradis fiscaux, ne sont pas inquiétés, les jeunes des quartiers populaires subissent les assauts et la répression policière quasi-quotidiennement.

Aujourd’hui, les familles réclament justice.

Nous respectons leur volonté mais nous ne nous faisons guère d’illusion sur la façon dont la justice bourgeoise s’emparera de l’affaire. Nous avons encore en mémoire la relaxe des policiers impliqués dans la mort de Zyed et Bouna et la culture de l’impunité dans la police.

Nous n’oublierons pas.

Pas de justice, pas de paix !

Dissolution immédiate des BAC !

Communiqué de la Cnt ssct 38

TOUTES ET TOUS EN GRÈVE LE 8 MARS : CONTRE LES VIOLENCES SEXISTES CONTRE LES INÉGALITÉS SALARIALES

                              Malgré les lois, les discours et les promesses, le sexisme, le patriarcat sont toujours les normes dominantes en 2019 en France. Selon les départements, les postes occupés, les femmes sont payées de 9% à 25 % de moins en moyenne.

216 000 femmes sont victimes chaque année de violences conjugales (physiques ou sexuelles). Cette violence tue une femme tous les trois jours. Et toutes les 7 minutes, 1 femme est violée en France.

La violence faites aux femmes c’est aussi le harcèlement de rue et sexuel au travail, les agressions sexuelles et les viols y compris de la part des conjoints, petits amis, ex, mutilations, excisions et mariages forcés. Quand on fait l’addition on arrive à un total de près de 500 000 victimes annuelles en France – ça suffit !… 

http://www.cnt-f.org/toutes-et-tous-en-greve-le-8-mars-contre-les-violences-sexistes-contre-les-inegalites.html

Le printemps des luttes, c’est aujourd’hui !

               Ce texte a été écrit par les Camille du groupe « revendications » constitué à la suite de l’assemblée générale (AG) interfac rassemblée vendredi 8 février 2019 et comportant des étudiant.e.s et lycéen.ne.s de divers établissements de la région parisienne. Cette AG a été organisée par plusieurs associations étudiantes parisiennes écologistes en vue de lancer le mouvement de grève pour l’environnement de la jeunesse reconduite chaque vendredi à partir du 15 février.

Le 12 février 2019, Reporterre publiait leur manifeste pour le climat et leur premier ultimatum : déclarer l’état d’urgence écologique et sociale afin de débloquer un plan interministériel à la hauteur des risques encourus. Leur deuxième ultimatum, concernait l’énergie et le troisième, ci-dessous, l’alimentation.

Pour ce vendredi 1er mars, en plein Salon de l’agriculture, nous proposons au gouvernement de travailler sur les questions d’alimentation et d’agriculture.

Le système capitaliste mondialisé s’est emparé des principales filières de production agroalimentaire, ainsi que de la commercialisation des semences, l’acheminement, le conditionnement et la distribution des denrées, afin de les rendre profitables. Résultat : aujourd’hui, alors que 2,4 milliards de personnes dans le monde sont en situation de surconsommation alimentaire et en proie à son lot de maladies cardiovasculaires, plus de 820 millions souffrent de sous-nutrition [1]. Les agriculteur.trice.s, soumis.e.s aux fluctuations spéculatives des cours des marchés, aux pressions de la grande distribution et aux lobbies agricoles imposant leur modèle de monoculture intensive, se retrouvent souvent en situation précaire.

Les logiques implacables des marchés financiers mènent à d’absurdes situations de surproduction ou d’importations lointaines, tandis que la biodiversité s’effondre à cause de la surpêche et de techniques agricoles destructrices (intrants chimiques, monoculture, pesticides, travail du sol trop fréquent, suppression des bocages, haies et mares), que les sols s’érodent et s’appauvrissent, épuisés. La production agroalimentaire est « le principal facteur de dégradation de l’environnement et de transgression des limites planétaires », représentant environ 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et 70 % de la consommation d’eau douce [2]. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a très récemment averti : « La biodiversité, qui sous-tend nos systèmes alimentaires, à tous les niveaux, est en déclin dans le monde. Une fois perdues, les espèces de plantes, d’animaux et de micro-organismes qui sont critiques pour nos systèmes alimentaires ne peuvent être récupérées. L’avenir de notre alimentation est donc gravement menacé. » Presque partout, c’est l’exploitation grossière du vivant par la force brute qui prévaut, méconnaissant les dynamiques complexes des écosystèmes.

Réduire drastiquement le gaspillage alimentaire 
Face à cet accablant constat, l’État devra cette semaine prendre trois mesures fortes pour changer radicalement l’orientation de la politique agricole.

Tout d’abord, nous appelons le gouvernement à permettre à tou.te.s d’adopter une alimentation non carnée, issue de l’agroécologie, éthique et produite à moins de 100 kilomètres de leur domicile, et à l’encourager fortement. Pour cela, il sera notamment nécessaire de dégager des subventions d’aide à la conversion, de repenser localement les marchés agricoles et de prévenir les dérives spéculatives, de limiter la production de viande et de poisson (extrêmement coûteuse en ressources naturelles), de réglementer les taux de marge ainsi que la taille des groupes de distribution, mais aussi de limiter la taille des fermes pour réduire l’accaparement agricole et la désertification rurale. Une attention toute particulière sera portée sur l’interdiction immédiate des pesticides chimiques et la limitation raisonnée de l’emploi des pesticides naturels.

Deuxièmement, le gouvernement devra prendre les décisions qui s’imposent pour préserver les terres agricoles. Tous les grands projets inutiles tels qu’EuropaCity et tous les aménagements nécessitant le bétonnage, l’imperméabilisation ou l’artificialisation des terres seront interrompus sur-le-champ, en même temps qu’un vaste plan de « débétonnage » et de revégétalisation sera initié.

Enfin, l’État aura pour tâche de réduire drastiquement le gaspillage alimentaire : selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), 18 % de la production alimentaire destinée à la consommation humaine serait gaspillée ; toute la nourriture jetée en Europe chaque année permettrait de nourrir l’équivalent d’un milliard de personnes [3]. Pour cela, le renforcement des réseaux de redistribution gratuite des produits invendus ou ayant une date limite de consommation proche constitue un préalable indispensable. Il faudra également assouplir, voire annuler, les normes de calibrage des fruits et légumes et minimiser le trajet de transport des denrées.

Si le gouvernement persiste dans son manque de volonté et maintient ses notes aussi proches de 0, un conseil de discipline sera organisé pour envisager une réorientation. Face à la catastrophe, cet enseignement est celui de notre futur, l’échec n’est donc pas une option. Nous saurons vous le rappeler incessamment.
Nous donnons rendez-vous à tous les grévistes, ce vendredi 1er mars à 13 heures place Saint Michel pour le troisième rendu des copies.

P-S    Vu sur Reporterre

Blanquer aime le drapeau mais pas la contestation !

             L’Assemblée nationale a débattu de la nouvelle loi de la “défiance” chère au ministre. Elle a été votée en première lecture à L’Assemblée nationale mardi 19 février. Elle prévoit un devoir “d’exemplarité” pour les personnels  (en d’autres termes : un  devoir de réserve), l’obligation scolaire dès 3 ans et la création “d’établissements des savoirs fondamentaux” où les directrices et directeurs des écoles deviendraient des chefs adjoints au principal du collège de secteur. Toute une philosophie !

Les députés ont beaucoup causé du drapeau tricolore. Evidemment une urgence !

Nous y reviendrons dans le Classes-En-lutte de mars.

En même temps, dans la rue, la contestation s’organise. En région parisienne, à l’occasion de la publication des dotations pour l’an prochain jugées insuffisantes, plusieurs établissements du secondaire ont reconduit la grève après le 5 février dernier. Collèges en grèves et lycées se sont rassemblés mardi 12 février devant le ministère. Aucune délégation n’ a été reçue.

En Seine-Saint-Denis, plusieurs collèges et quelques écoles se sont rassemblées devant la direction académique de Bobigny ce mercredi 20 février après-midi pour exiger des dotations en heures et postes à la hauteur des besoins. Aucune délégation n’ a pu franchir le hall d’entrée…

Jeudi 21 février, un nouveau rassemblement était proposé devant le ministère :    profs bâillonnés, au garde à vous et  chaîne humaine 

Rappel des motifs :

  • pour une école plus égalitaire et émancipatrice ; pour l’abrogation des réformes du collège, du lycée général et technologique, du lycée professionnel, et du baccalauréat ;  pour l’abrogation de la loi ORE et de Parcoursup ;  contre la baisse des moyens annoncée dans les écoles primaires, les collèges (en particulier pour les UPE2A) et les lycées ;  pour une carte élargie de l’éducation prioritaire allant de la maternelle au Bac ;  contre l’imposition d’une deuxième heure supplémentaire obligatoire dans le second degré ; retrait de la loi Blanquer sur « l‘école de la confiance »

 LIENS UTILES / La pétition de la coordination nationale : https://www.change.org/p/ministre-de-l-education- nationale-pour-une-%C3%A9cole-plus-%C3%A9galitaire-abrogation-des-r%C3%A9formes- blanquer-et-de-parcoursup

La caisse de lutte : https://www.lepotcommun.fr/pot/tdnghgr1

Le blog du collectif CRBP Ile-de-France : https://collectifcrbpidf.jimdofree.com/

Le groupe facebook “Les enseignants s’organisent contre les réformes Blanquer”: https://www.facebook.com/groups/422548111511799/?epa=SEARCH_BOX

La page facebook de Touche pas ma ZEP : https://www.facebook.com/to

AG Education en lutte Ile-de-France

 

Préavis de grève du lundi 18 mars au samedi 23 mars 2019

CNT-FTE
33 rue des Vignoles, 75020 Paris

le 1er/03/2019

Objet : préavis de grève

Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale,
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
110 rue de Grenelle,
75007 Paris

Notre fédération, régulièrement constituée et déclarée au niveau national, affiliée à la Confédération Nationale du Travail, dépose du lundi 18 mars au samedi 23 mars 2019, un préavis de grève concernant l’ensemble des personnels des établissements d’enseignement. Ce préavis doit permettre aux personnels de cesser le travail à tout moment pendant la période indiquée afin d’exiger l’abandon de la politique de casse du service public d’éducation, afin de protéger la scolarité de l’ensemble des élèves, et afin de se protéger de la répression hiérarchique.
En effet la Fédération des Travailleurs de l’Éducation de la CNT soutient les personnels qui se prononcent :

– contre la sélection à l’entrée de l’université ;
– contre une réforme des rythmes scolaires qui ne prend pas en compte les rythmes de travail et de vie des enfants et que l’état refuse de financer en laissant les collectivités locales assumer ;
– contre les suppressions d’emplois et de postes ;
– contre la remise en cause de la liberté pédagogique et l’obligation de soumettre les élèves à des pratiques anti-pédagogiques (évaluations nationales, livret personnel de compétences) ;
– contre la précarité et toutes ses déclinaisons (CDI, CDD, AED, AVS, CUI) ;
– contre le travail gratuit de la journée de « solidarité »;
– contre toute remise en cause du droit de grève et des droits syndicaux;
– contre la répression syndicale ;
– contre la mise en place des EPEP dans les établissements du premier degré ;
– contre la rupture de la scolarité du fait de la politique d’immigration du gouvernement.
– contre les perturbations du fonctionnement des établissements scolaires par l’intrusion de forces de police ou de gendarmerie à la recherche d’élèves ainsi que contre les pressions hiérarchiques et les sanctions envers les personnels engagés dans la défense des élèves, avec notamment la multiplication de sanctions administratives ;
–  contre l’intrusion de forces de police ou de gendarmerie dans les établissements scolaires.
– contre les exercices PPMS intrusion attentat ;
– contre l’emploi de personnels issus de l’armée ou de la police dans les établissements scolaires.
– contre le fichage des élèves à travers « Base-élèves », la version numérique du livret personnel de compétences et l’ensemble des fichiers de gestion et de notation des élèves (ENT, Pronote, LSUN…) ;
– contre les réformes en cours des lycées et des bacs professionnels, généraux et technologiques ;
– contre les DHG insuffisantes dans les établissements du second degré, (suppressions des heures postes et multiplication des heures supplémentaires) ;
– contre les manques de personnels médico-sociaux (infirmères, médecins scolaires et AS) et les attaques contre les services d’orientation (CIO) ;
– contre la caporalisation et la hiérarchisation (projets de décrets étendant les pouvoirs des chefs d’établissement, conseils pédagogiques), et contre toutes les pressions hiérarchiques ;
– contre la dégradation des conditions de travail et de formation ;
– contre les conditions de remplacement à l’interne dans les établissements du second degré;
– contre les attaques envers les personnels TOS;
– contre la loi d’autonomie des universités, la dégradation du statut des enseignants-chercheurs, la  masterisation (recrutement et formation des enseignants);
– contre les attaques des systèmes de solidarité, les primes « au mérite » et l’individualisation des salaires ;
– contre toutes les attaques au Code du Travail ;

La Fédération des Travailleurs de l’Éducation de la CNT soutient les personnels qui se prononcent:
– pour un service public d’éducation de qualité ;
– pour des embauches de personnels statutaires pour répondre aux besoins des établissements et la titularisation et la formation de tous les travailleurs et travailleuses précaires de l’éducation nationale ;
– pour une totale liberté pédagogique;
– pour une revalorisation des pensions, des salaires, des traitements ainsi qu’une amélioration des conditions de départ à la retraite pour tous.

Afin d’éviter toute ambiguïté ou pression sur les personnels grévistes, nous vous demandons avec insistance de transmettre ce préavis à l’ensemble des Recteurs d’Académie.

Veuillez recevoir nos salutations syndicalistes,
Pour la FTE CNT, le secrétaire,

Alain Dervin

 

Contre le SNU : insoumission générale

Contre le Service national, version Blanquer et Macron :

SNU : en marche vers l’insoumission

Tract anti-SNU …

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Pas de police, pas d’armée dans les écoles

Le communiqué : à diffuser

Suite à l’incident ayant eu lieu au lycée Edouard-Branly de Créteil et les réactions médiatiques qui ont suivi (lire ci-dessous notre précédent communiqué), Nicole Belloubet, Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner, respectivement ministres de la Justice, de l’Education nationale et de l’Intérieur, ont annoncé une série de mesures le vendredi 26 octobre.

Sans surprise, il n’était pas question de revenir sur les suppressions de poste, sur les dotations insuffisantes en personnel médico-social, sur la suppression des aides aux associations de quartier ou, pourquoi pas, sur les inégalités et les violences induites par le capitalisme.

Au lieu de cela, de la répression, de la répression et encore de la répression : ouverture de centres éducatifs fermés, des « centres d’accueil de jour » potentiellement encadrés par des militaires ou des policier·e·s, le renforcement des Equipes mobiles de sécurité (EMS), cow-boys des rectorats… Autant de mesures parfaitement inefficaces lorsqu’il s’agit de construire un climat serein permettant de travailler à l’émancipation individuelle et collective de nos élèves.

Cerise sur le gâteau, le gouvernement nous promet l’augmentation de la présence policière dans nos établissements. Cela n’est pas nouveau, depuis 1982, les conventions se multiplient entre l’Education nationale, l’armée et la police. La circulaire du 16 août 2006 instaurait des références « police / gendarmerie » pour chaque école. Depuis cette année, à Nice, ville du très droitier Christian Estrosi, une permanence policière peut être assurée dans les écoles primaires…

La CNT Education réaffirme son opposition à toute présence policière sur nos lieux de travail, que nous partageons avec une jeunesse déjà trop souvent confrontée aux abus des forces de police. Nous n’acceptons pas d’abandonner notre mission d’éducation pour satisfaire, à peu de frais, les besoins électoraux d’un gouvernement multipliant les coups aux classes populaires.

La réponse aux problèmes rencontrés dans nos établissements sera éducative, pas répressive.

C’est pourquoi la CNT Education appelle l’ensemble de nos collègues à :

signifier leur refus de la présence de policier·e·s et de militaires au sein de nos écoles ;

  • à arrêter de travailler en cas de présence de policier·e·s et de militaires ;
  • à favoriser les discussions entre collègues pour trouver, ensemble, des initiatives pédagogiques et éducatives afin de permettre à chacun·e de construire les conditions de son émancipation.

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Le sécuritaire ne sera jamais la solution

En version à télécharger

Depuis quelques jours, l’émotion est vive dans la sphère médiatique suite à la diffusion d’une vidéo montrant un élève du lycée Edouard-Branly à Créteil (Val-de-Marne) pointer une arme factice sur sa professeure afin qu’elle le note « présent ». Suite à cela, de nombreux et légitimes messages de soutien à notre collègue ont été publiés ainsi que plusieurs témoignages d’autres situations de violence ayant eu lieu dans des établissements scolaires où insultes, bousculades, dégradations, incidents se multiplient, entre élèves mais aussi contre les adultes.

Pour la Fédération des Travailleuses et Travailleurs de l’Education de la Confédération Nationale du Travail, la réponse ne pourra jamais être sécuritaire. Ces actes sont à relier à la dégradation des conditions de vie de millions de travailleuses et travailleurs dont les enfants ont pour seul horizon le chômage ou de nouvelles formes d’exploitation comme l’auto-entreprenariat, les Uber et autres emplois mal rémunérés et avilissants.

Ces violences sont le produit d’un système violent, le capitalisme, dont l’Etat est l’un des instruments de mise en œuvre. Chaque jour, des personnes sont licenciées de leur travail ou contraintes à exercer plusieurs emplois précaires pour survivre ; chaque jour, des travailleuses et travailleurs subissent des conditions de travail dégradées entraînant blessures, dépressions et, parfois, la mort ; chaque jour, des personnes sont obligées de renoncer à des soins essentiels faute de couverture médicale suffisante ; chaque jour, des personnes sont l’objet de l’acharnement de la police, des services sociaux, désignées comme des délinquantes potentielles.

Surtout, chaque jour, des jeunes des quartiers populaires et des régions rurales délaissées, sont soumis·e·s à un système scolaire dont les classements internationaux et les évaluations permanentes qui en découlent sont l’unique boussole. Les appels à « rétablir l’autorité », à renforcer les sanctions sont une impasse. Nos élèves subissent déjà la présence de la police, des contrôleuses et contrôleurs et des militaires dans leurs quartiers pour ne pas avoir à les subir de nouveau dans leurs établissements scolaires, même lorsqu’elle est estampillée « Éducation Nationale » comme les EMS.

Dans ce contexte, l’école ne peut pas tout car l’école n’est pas tout. Certain·e·s agissent pour favoriser l’émancipation autant que possible. Pourtant, les moyens alloués sont dramatiquement insuffisants : classes surchargées, personnel de vie scolaire en sous-effectif et peu formé, manque d’assistants sociaux, d’assistantes sociales et de personnel médical, dispositifs inadaptés pour les nombreuses et nombreux élèves en difficulté, non-francophones, en situation de handicap…

Si nous réclamons plus d’adultes dans nos établissements, conscient·e·s que nos élèves ont besoin de présence humaine avant tout, nous voulons plus d’enseignant·e·s, d’assistant·e·s d’éducation, de CPE, d’infirmier·e·s, d’assistantes sociales et assistants sociaux.

Le ministre Jean-Michel Blanquer a annoncé un « plan d’actions ambitieux » pour que les violences ne se reproduisent pas, quelques semaines après l’annonce de la suppression de 2600 postes à la prochaine rentrée. La CNT-FTE a, elle aussi, des propositions claires pour faire des écoles des lieux où l’émancipation culturelle, sociale, intellectuelle a sa place, dans le respect de chacune et chacun, adulte comme élève :

  • la diminution du nombre d’élèves par classe ;
  • la mise en place de réels temps de concertation afin de mettre en place des dispositifs et projets permettant aux élèves de trouver un sens à leur scolarité mais aussi de temps « d’analyses des pratiques » pour se former entre pairs ;
  • le recrutement massif d’assistant·e·s d’éducation formé·e·s et bénéficiant d’une réelle titularisation ;
  • un plan de recrutement conséquent pour doter tous les établissements d’assistants sociaux et assistantes sociales, d’infirmier·e·s et d’assistant·e·s pour les élèves en situation de handicap.

Il n’y a pas de recette miracle mais le sécuritaire ne sera jamais la solution. Nous, enseignant·e·s, animateurs et animatrices, personnels administratif, de vie scolaire, médico-social, technique continuerons de lutter, là où nous sommes présent·e·s pour construire, avec nos élèves et étudiant·e·s, un autre futur.

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Contribution au débat paru dans le Chat du neuf-Trois, bulletin du syndicat éducation de Seine-St-Denis

Faire entrer la police dans les écoles n’est évidemment pas anodin, notamment lorsqu’il s’agit de les faire intervenir au cours d’opérations de« prévention ». Ces dernières participent ainsi à la construction d’une analyse répressive de certains problèmes sociaux, présupposant ainsi des réponses à y apporter.

Il ne s’agit pas, ici, de faire la liste des nombreuses incursions de la police nationale ou de leurs compères gendarmes dans les écoles pour y dénicher des délinquants en puissance, par exemple en y recherchant des drogues en pleine classe, ou les plaintes plus inutiles les unes que les autres déposées en cas de conflit entre parents/élèves et professeurs, voire entre élèves, transférant la responsabilité du règlement de ces conflits de l’institution scolaire aux commissariats. Nous ne parlerons pas non plus du projet de la ville de Nice d’affecter des policiers municipaux armés à l’intérieur des écoles, en plus des nombreux cameras et contrôles aux entrées… Mais plutôt d’évoquer ces cours magistraux donnés par des policiers, en activité ou non, afin de parfaire les connaissances des élèves sur des sujets aussi importants que les incivilités, le harcèlement, la fabrication de la loi ou l’usage de drogues.

Pivots de ces interventions, les délégués à la cohésion police-population. Fonction créée sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2008 afin de « renforcer le lien entre la population des quartiers sensibles et la police » dans le cadre du plan Espérances banlieues, il s’agit d’une réserve de gradés de la police à la retraite mobilisables quelques jours par mois. Ces délégués seraient donc des « référents » pour les habitants des quartiers « difficiles » mais auraient également une tâche d’éducation à la citoyenneté, dans les établissements scolaires notamment.

Les habitants des quartiers populaires, dont beaucoup sont immigrés ou descendants d’immigrés et connaissant des situations économiques difficiles, sont régulièrement vus comme étant une population à « éduquer » dans le but de mieux les « intégrer » (en réalité désintégrer). Les intégrer au marché du travail, d’abord, mais aussi à la société voire à une culture françaises. Or, la police, délégataire du « monopole de la violence légitime » qui appartient à l’Etat selon le sociologue Max Weber, n’est-elle pas la mieux indiquée pour faire entrer, de force s’il le faut, la jeunesse de ces quartiers dans les cases étroites du capitalisme ?

Ainsi, ils interviennent dans nos classes pour délivrer la bonne parole sur des thèmes particulièrement divers, au point que nous sommes en mesure de nous demander quelle légitimité ont-ils en dehors de leur expérience dans la police, c’est-à-dire dans une institution pratiquant le contrôle au faciès, les propos racistes et sexistes, les interpellations violentes allant parfois jusqu’à la mort. Au regard du bilan de la présence policière dans les quartiers populaires, il est effectivement de bon ton de s’interroger sur le niveau de cohésion entre cette police et la population.

Ce serait donc à celles et ceux qui participent d’une institution structurellement raciste, sexiste, violente et oppressive, d’apprendre les bonnes manières à la jeunesse. Curieux paradoxe.

En réalité, ce type d’interventions a pour objectif de normaliser la présence de la police à l’école, en la chargeant d’une tâche honorable. Cela doit servir, comme pour la « police de proximité », à donner une bonne image, proche et au service de la population, ne s’en prenant qu’à ceux qui ne respecteraient pas la loi. Eux seront passés au karcher, comme l’avait délicatement promis Nicolas Sarkozy.

Nous devons affirmer que la police n’est pas une institution neutre. Nous ne sommes pas dupes, l’école de la République accentue la reproduction des classes sociales à travers son processus de certification duquel sortent quelques exceptions permettant de donner un contenu artificiel à l’expression creuse de « l’ascenseur social ». Pour autant, il réside encore des îlots de résistance, des marges de manœuvre dans lesquels nous pouvons faire autrement. Pour cela, nous devons être libérés des contraintes hiérarchiques et de ses injonctions contradictoires mais aussi de l’habitude sécuritaire promue par ces interventions.

Des réactions sécuritaires s’illustrent au quotidien par des sanctions incohérentes, disproportionnées et, rarement comprises par les élèves, lorsqu’ils adoptent un comportement conflictuel. Et la tentative de normalisation de l’intervention de la police dans nos établissements ne fait qu’empirer la situation.

Nous, travailleurs de l’éducation, n’avons pas vocation à servir de faire-valoir à un policier monologuant dans nos salles de classe pendant une heure ou deux. Bien entendu, nous ne nous opposons pas à des interventions extérieures ; mieux, nous les considérons nécessaires afin d’ouvrir nos écoles sur leur environnement. Nous souhaitons recevoir des juristes, des travailleurs de la santé comme ceux exerçant auprès de personnes toxicomanes, des éducateurs de rue et autres. Mais il est hors de question pour nous de recevoir des gardiens dits de la paix.

En définitive, nous croyons que l’école doit être une institution émancipatrice, permettant aux élèves de se questionner et, à terme, d’agir sur des problèmes de société effectivement présents dans nos quartiers. L’émancipation ne peut passer par la répression, elle doit passer par une démarche constructive et collective. Et que celle-ci ne peut se faire avec le bras armé de l’Etat et du capital.