Blanquer aime le drapeau mais pas la contestation !

             L’Assemblée nationale a débattu  cette semaine de la nouvelle loi de la « défiance » chère au ministre. A l’ordre du jour : « devoir de réserve », obligation scolaire dès 3 ans et création « d’établissements des savoirs fondamentaux ». Les députés ont beaucoup causé du drapeau tricolore. Evidemment une urgence ! Nous y reviendrons dans le Classes-En-lutte de mars.

En même temps, dans la rue, la contestation s’organise. En région parisienne, à l’occasion de la publication des dotations pour l’an prochain jugées insuffisantes, plusieurs établissements du secondaire ont reconduit la grève après le 5 février dernier. Collèges en grèves et lycées se sont rassemblés mardi 12 février devant le ministère. Aucune délégation n’ a été reçue.

Ci-dessous :  un premier bilan :

APPEL DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES ETABLISSEMENTS EN GREVE D’ILE DE FRANCE

L’Assemblée Générale des établissements en Grève d’Île-de-France, qui s’est tenue ce mardi 12 février à Paris dans le local de l’EDMP, a réuni 75 personnes en provenance de 44 établissements ou regroupements d’établissements des trois académies franciliennes.

Une grande partie des établissements représentés ont participé à la grève et au rassemblement au ministère du matin appelé par l’intersyndicale de Créteil. Action que l’AG Education d’Ile-de-France avait décidé de rejoindre, en appelant également les établissements des académies de Paris et de Versailles à y prendre part, sur le cahier revendicatif suivant, pour une école plus égalitaire et émancipatrice : – pour l’abrogation des réformes du collège, du lycée général et technologique, du lycée professionnel, et du baccalauréat ; – pour l’abrogation de la loi ORE et de Parcoursup ; – contre la baisse des moyens annoncée dans les écoles primaires, les collèges (en particulier pour les UPE2A) et les lycées ; – pour une carte élargie de l’éducation prioritaire allant de la maternelle au Bac ; – contre l’imposition d’une deuxième heure supplémentaire obligatoire dans le second degré.

Des revendications supplémentaires ont été proposées : salaires, retrait du projet de loi Blanquer sur « l‘école de la confiance » : les AG des  établissements doivent en discuter afin d’amender la plate-forme lors de l’AG du jeudi 21 02

Répondant à l’appel de l’AG IDF du 8 février et aux communiqués des établissements en grève reconductible appelant à les rejoindre, de nouveaux collèges et lycées étaient représentés ce mardi. Et depuis l’AG précédente, plus d’une quinzaine d’établissements de la région sont entrés en grève reconductible : Balzac, Mitry-Mory (77), Camille Claudel, Pontault-Combault (77), Jean Macé, Vitry-sur-Seine (94), Olympe de Gouges, Noisy-le-Sec (93), Jean Jaurès, Montreuil (93), Jean Renoir, Bondy (93), Evariste Galois, Noisy-le-Grand (93), Utrillo, Stains (93), Paul Valéry, Paris 12e, Victor Duruy, Paris 7e, Cité scolaire Rodin, Paris 13e, Simone Weil, Paris 3e ; Rejoints le 11/02 : Voltaire, Paris 11e, Clémenceau, Villemonble (93) ; Rejoints le 12/02 : Maupassant, Colombes (92), Delacroix, Drancy (93)

 L’AG ÎDF soutient les établissements qui ont reconduit la grève et appelle à les rejoindre. Pour cela elle appelle à organiser partout des AG d’établissements, des AG de villes comme à Paris, à Montreuil et Bagnolet et Bondy dans le 93 et à Colombes dans le 92, afin d’organiser l’extension du mouvement, notamment par la « grève marchante » de bahuts en grève vers d’autres moins mobilisés.

 L’AG ÎDF appelle à faire du jeudi 21 février un temps fort de grève, avec :

 => le matin des actions médiatiques sur Paris. Pour cela, l’AG IDF met en place une commission action envoyez vos propositions au lycée Delacroix à Drancy qui coordonne (shakila.za@gmail.com)

=> à 14 h une manifestation devant le ministère

=> à 16 h une Assemblée Générale à la Bourse du Travail de Paris pour organiser la suite du mouvement et des actions pendant les vacances proposées au niveau national et régional

 -à une action commune en région parisienne, visible et médiatique, le jeudi 14  février après midi (proposée par l’AG de ville de Colombes : contact david.pijoan@gmail.com)

 -à faire vivre la grève pendant toutes les vacances notamment par le relais des académies en activité pour se retrouver tous et toutes ensemble à la rentrée à la coordination nationale du 17 mars à Paris.

 – à multiplier les actions consistant à ne pas collaborer avec ces réformes : boycott ou désorganisation des examens blancs, des conseils pédagogiques, conseils d’enseignement, CA…  en se coordonnant au maximum  et  en donnant le maximum de cohérence et de visibilité médiatique à ces actions.

Pour la démission collective des fonctions de professeur principal comme dans l’Académie de Toulouse, ou de professeur coordonnateur, l’AG a confié la coordination au lycée Mozart (lycéemozartenlutte@gmail.com

-à solliciter les associations de parents à tous niveaux pour soutenir les actions des personnels et notamment à appeler à des journées « établissements déserts »

 -à annoncer, pour les collègues qui le souhaitent, un RDV commun de manif gilets jaunes les samedis

 L’AG IDF considère que pour gagner l’unité la plus large doit prévaloir, personnels, parents, élèves, AG et  organisations syndicales, et pour ce faire elle est prête à discuter de ses propositions avec ces dernières.

 Pour  communiquer entre établissements, proposer des actions collectifcrbpidf@framalistes.org

Pour centraliser les établissements en grève Framacalc – tableur collaboratif en ligne

LIENS UTILES

La pétition de la coordination nationale : https://www.change.org/p/ministre-de-l-education- nationale-pour-une-%C3%A9cole-plus-%C3%A9galitaire-abrogation-des-r%C3%A9formes- blanquer-et-de-parcoursup

La caisse de lutte : https://www.lepotcommun.fr/pot/tdnghgr1

Le blog du collectif CRBP Ile-de-France : https://collectifcrbpidf.jimdofree.com/

Le groupe facebook « Les enseignants s’organisent contre les réformes Blanquer »: https://www.facebook.com/groups/422548111511799/?epa=SEARCH_BOX

La page facebook de Touche pas ma ZEP : https://www.facebook.com/to

AG Education en lutte Ile-de-France

 

Préavis de grève du lundi 18 février au samedi 23 février 2019

CNT-FTE
33 rue des Vignoles, 75020 Paris

le 1er/02/2019

Objet : préavis de grève

Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale,
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
110 rue de Grenelle,
75007 Paris

Notre fédération, régulièrement constituée et déclarée au niveau national, affiliée à la Confédération Nationale du Travail, dépose du lundi 18 février au samedi 23 février 2019, un préavis de grève concernant l’ensemble des personnels des établissements d’enseignement. Ce préavis doit permettre aux personnels de cesser le travail à tout moment pendant la période indiquée afin d’exiger l’abandon de la politique de casse du service public d’éducation, afin de protéger la scolarité de l’ensemble des élèves, et afin de se protéger de la répression hiérarchique.
En effet la Fédération des Travailleurs de l’Éducation de la CNT soutient les personnels qui se prononcent :

– contre la sélection à l’entrée de l’université ;
– contre une réforme des rythmes scolaires qui ne prend pas en compte les rythmes de travail et de vie des enfants et que l’état refuse de financer en laissant les collectivités locales assumer ;
– contre les suppressions d’emplois et de postes ;
– contre la remise en cause de la liberté pédagogique et l’obligation de soumettre les élèves à des pratiques anti-pédagogiques (évaluations nationales, livret personnel de compétences) ;
– contre la précarité et toutes ses déclinaisons (CDI, CDD, AED, AVS, CUI) ;
– contre le travail gratuit de la journée de « solidarité »;
– contre toute remise en cause du droit de grève et des droits syndicaux;
– contre la répression syndicale ;
– contre la mise en place des EPEP dans les établissements du premier degré ;
– contre la rupture de la scolarité du fait de la politique d’immigration du gouvernement.
– contre les perturbations du fonctionnement des établissements scolaires par l’intrusion de forces de police ou de gendarmerie à la recherche d’élèves ainsi que contre les pressions hiérarchiques et les sanctions envers les personnels engagés dans la défense des élèves, avec notamment la multiplication de sanctions administratives ;
–  contre l’intrusion de forces de police ou de gendarmerie dans les établissements scolaires.
– contre les exercices PPMS intrusion attentat ;
– contre l’emploi de personnels issus de l’armée ou de la police dans les établissements scolaires.
– contre le fichage des élèves à travers « Base-élèves », la version numérique du livret personnel de compétences et l’ensemble des fichiers de gestion et de notation des élèves (ENT, Pronote, LSUN…) ;
– contre les réformes en cours des lycées et des bacs professionnels, généraux et technologiques ;
– contre les DHG insuffisantes dans les établissements du second degré, (suppressions des heures postes et multiplication des heures supplémentaires) ;
– contre les manques de personnels médico-sociaux (infirmères, médecins scolaires et AS) et les attaques contre les services d’orientation (CIO) ;
– contre la caporalisation et la hiérarchisation (projets de décrets étendant les pouvoirs des chefs d’établissement, conseils pédagogiques), et contre toutes les pressions hiérarchiques ;
– contre la dégradation des conditions de travail et de formation ;
– contre les conditions de remplacement à l’interne dans les établissements du second degré;
– contre les attaques envers les personnels TOS;
– contre la loi d’autonomie des universités, la dégradation du statut des enseignants-chercheurs, la  masterisation (recrutement et formation des enseignants);
– contre les attaques des systèmes de solidarité, les primes « au mérite » et l’individualisation des salaires ;
– contre toutes les attaques au Code du Travail ;

La Fédération des Travailleurs de l’Éducation de la CNT soutient les personnels qui se prononcent:
– pour un service public d’éducation de qualité ;
– pour des embauches de personnels statutaires pour répondre aux besoins des établissements et la titularisation et la formation de tous les travailleurs et travailleuses précaires de l’éducation nationale ;
– pour une totale liberté pédagogique;
– pour une revalorisation des pensions, des salaires, des traitements ainsi qu’une amélioration des conditions de départ à la retraite pour tous.

Afin d’éviter toute ambiguïté ou pression sur les personnels grévistes, nous vous demandons avec insistance de transmettre ce préavis à l’ensemble des Recteurs d’Académie.

Veuillez recevoir nos salutations syndicalistes,
Pour la FTE CNT, le secrétaire,

Alain Dervin

 

CONTRE LA REPRESSION. POUR LA LIBERTÉ DE MANIFESTER

       Manifestations empêchées, dispositifs policiers démesurés, provocations policières, humiliations, perquisitions, gardes à vue, comparutions immédiates, gazages et matraquages systématiques, évacuations violentes, tirs tendus de Flash-Ball et de grenades de désencerclement, nassages et interpellations, détentions préventives, plus de 1000 condamnations, des centaines de blesséEs, certainEs mutiléEs…

Depuis novembre, la criminalisation et la répression des gilets jaunes, des lycéenNEs, des habitantEs des quartiers populaires, des sans-papiers et réfugiéEs, des étudiantEs, des sans logis, des syndicalistes, des militantEs … et du mouvement social en général s’accentuent.

De plus, l’Assemblée Nationale a voté en première lecture le 5 février une nouvelle loi liberticide : création d’un fichier de manifestants, interdiction individualisée de manifester et assignation à résidence, fouilles et palpations à l’entrée des manifestations,  pénalisation des personnes qui participent à une manifestation non déclarée…

Exigeons :

– le retrait du projet de loi « répression » de Macron-Philippe-Retailleau contre le droit de manifester ;

– l’abandon des poursuites à l’encontre des victimes de la répression policière et leur indemnisation ;

l’interdiction des armes mutilantes dites « intermédiaires » (flash-balls, grenades de désencerclement…) ;

– l’arrêt et la fin de l’impunité des violences policières

__________

Le tract parisien

Premiers signataires : ASSO-Solidaires, ATTAC, ATMF, Campagne BDS France, CNT-FTE, Collectif des Universitaires contre les violences policières, Comité Adama, CRLDHT, DAL, Droits devant !, Emancipation Tendance Intersyndicale, Femmes Plurielles, Fondation Copernic, FTCR, LDH Paris 18, UJFP, UTAC, SNJ-CGT, Sud-PTT, Solidaires …

Ainsi que : Alternative Libertaire, Ensemble!, Gauche Démocratique et Sociale, Coopérative Ecologie Sociale, Décroissance IDF, Parti de Gauche, POID…

 

Après la grève du 5 février, continuer pour gagner !

Mardi 5 février, 300.000 manifestant.e.s en régions, 30.000 à Paris… 160 rassemblements, la convergence des luttes a bien commencé.

Blocage du marché de Rungis… L’aéroport de Nantes également bloqué… Le péage de Toulouse Nord occupé… Aucun transport à Grenoble…

Manifs au Havre, Caen, Rouen qui ont « fait le plein »… Tout est bien parti pour ne plus s’arrêter ?!

Toutes et tous en grève mardi 5 février 2019

      Classes-En-Lutte, février 2019

Depuis près de trois mois, un mouvement social sans précédent revendique plus de justice sociale. La seule réponse du gouvernement est une répression policière et judiciaire féroce,

et un mépris de classe étalé à longueur d’antennes. Un appel à la grève est donc lancé pour le 5 février à l’ensemble des travailleur.euse.s, chômeur.euse.s, retraité.e.s et étudiant.e.s.  L’appel pour le 5 février

Pour s’abonner à Classes En Lutte : écrire à  classesenlutte-owner@cnt-f.org