Décroissons

 

   ….confronté(e)s aujourd’hui au constat d’une catastrophe annoncée, nous voyons clignoter des lumières rouges sur fond de catastrophisme nous signalant qu’il va falloir changer notre mode vie…A la bonne heure c’est que nous souhaitons tous !

     Les solutions proposées face à une crise qui est de plus en plus médiatisée et donc faussée, sont aussi diverses que la façon d’analyser la crise. Ainsi, les idées, les concepts se télescopent et on ne sait plus très bien sur quoi on doit cracher et ce dont on doit se méfier.

    La décroissance, terme à la mode, est forcément alliée par son emploi fréquent à de faux-amis. C’est à eux qu’il faut faire la peau tout en replaçant dans sa dimension autogestionnaire, ce terme dont il faut se ressaisir (à moins d’en inventer un nouveau).

     On a tous vu fleurir comme solution à tous nos maux le « développement durable » et le « commerce équitable », ces fausses réponses réformistes avec leur cortège d’écolo-citoyens, de consom’acteurs qui refusent de remettre en cause le capitalisme….Ils souhaitent le rendre plus humain ( !), le repeindre en vert et si possible faire du fric avec de « l’écologiquement correct ». Il est évident que nous ne sommes pas dans cette démarche, mais il faut le dire et nous positionner.

    Le terme de « décroissance » nous plait parce qu’il s’oppose de fait au capitalisme dont le seul crédo est la croissance. En effet, l’économie marchande n’a de sens que dans l’expansion, la productivité, l’extension des marchés, la course aux profits…la croissance est le moteur de l’économie de marché.

   Revendiquer la décroissance comme solution à un changement, c’est donc s’opposer au capitalisme. Nous voulons tous un monde meilleur, (que quelqu’un me donne le nom d’un individu qui déclare qu’il veut un monde plus pourri !) mais il est évident que nous devons nous démarquer de tout les courants qui aujourd’hui usent et abusent de ce terme en précisant ce qu’est pour nous ce monde meilleur et comment nous pensons le mettre en place ! Comme n’importe quel terme, nous pouvons envisager différentes définitions ou façons de l’aborder, il est donc important de préciser ce que cela recouvre pour nous. Nous pouvons commencer par préciser ce que ce n’est pas : ·

  •  Renoncer à la croissance n’est pas renoncer à tout progrès, voilà le type même d’arguments empreints de mauvaise foi de ceux et celles qui déclarent qu’il faut choisir entre le nucléaire et la bougie.
  • · il ne s’agit pas non plus d’expliquer aux pays dit en voie de développement que le confort n’est pas pour eux et que faute de pouvoir produire et donc croître, ils ne pourront avoir accès à l’eau courante. La croissance selon le modèle de nos sociétés occidentales n’est pas un moyen de développement mais plutôt l’assurance de destructions généralisées, chacun a malgré tout le droit à un certain niveau de confort. ·
  •  il ne s’agit pas d’acheter moins et de continuer à trouver normal que notre tee-shirt soit fabriqué en chine, c’est avant tout une pensée globale.
  •  · Il ne s’agit pas de se flageller en revenant à une simplicité (pauvreté ?) volontaire (ça a des accents de religion qui font un peu grincer les dents)

 

Alors c’est quoi ? ·

  • C’est commencer par refuser la croissance pour la croissance (on parle de croissance économique) parce que l’on sait que c’est la source de la plupart de nos maux. · C’est être conscient(e) du gaspillage permanent créé par des soi-disant besoins créés de toutes pièces. ·
  • C’est être vigilant(e) par rapport au fait que nous sommes tous plus ou moins contaminé(e)s par ces faux besoins. ·
  • C’est reconnaître qu’une vision autogestionnaire ,voire libertaire pour certain(e)s) du monde passe forcément par une évaluation de nos besoins réels en tenant compte de la possibilité de les satisfaire sans léser personne ni détruire le bien commun. ·
  •  C’est refuser que ces besoins nous soient imposés ni même les économies qui vont avec. L’état a tôt fait d’établir les règles, les lois, les contrôles, les polices de tout et de rien, pour pallier au danger écologique. C’est nous tous et toutes qui, sans contrainte, devons en décider. ·
  •  C’est se poser collectivement la question de que produire et comment le produire ?

Cette question n’est pas neuve, elle est incontournable dans une démarche syndicaliste et prend tout son sens dans notre démarche particulière. 

  • C’est revoir nos modes de production, de transport, de consommation et commencer d’ors et déjà parce que c’est possible en s’investissant dans des démarches locales autogérées.
  • · C’est développer l’entraide pour que tous et toutes nous puissions travailler moins et vivre mieux. ·
  •  C’est créer les réseaux qui nous permettront de vivre localement dans une logique de décroissance et montrer qu’il est possible (voire nécessaire) de bouleverser nos habitudes, nos repères, nos modes de vie. · C’est nous réapproprier les outils et les moyens de production pour mettre en pratique même à une petite échelle. ·
  •  C’est fédérer toutes les initiatives locales qui s’inscrivent dans cette démarche. Si de nouvelles pratiques sont possibles, nous devons tenter de les expérimenter, de les soutenir, parce que l’exemple fera plus que n’importe quel discours moralisateur. Parce que nous ne sommes pas là pour imposer ce que nous croyons être juste mais pour démontrer que nos projets de société sont viables et souhaitables.

 Tout cela peut prendre, on le voit, beaucoup d’aspects différents, mais il est important que nous nous soyons tous posée la question.

 

 

Pour les personnes qui souhaitent aller plus loin dans leur réflexion ou dans leur militantisme sur la décroissance prendre contact avec
 
Le collectif du Pas de Côté de Bordeaux s'oppose à la logique néolibérale ambiante (productivisme, croissance, surconsommation, développement durable ...). Dans un monde où les ressources sont finies et où les inégalités sociales augmentent, construire des alternatives écologiques et solidaires est nécessaire ! Le Pas de Côté est un espace où mûrir et partager des valeurs de décroissance, d'autogestion, de solidarité, de non-violence, de féminisme, de convivialité, de vie. Le Pas de Côté est à la disposition de tou-te-s pour organiser des débats, des projections, des ateliers, des manifestations politiques ou culturelles ...

Pour plus d’information sur le Pas de Côté: consulter le cahier du Pas de Côté au salon de thé le Samovar 18, rue Camille Sauvageau à Bordeaux ou bien rendez vous sur le forum du groupe local de Bordeaux.

On se donne et on vous donne  RDV tous les 18 de chaque mois à 20h au Samovar, 18 rue Camille Sauvageau pour un débat et +...

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