À situation exceptionnelle, moyens exceptionnels, ou juste normaux ?

Depuis la rentrée de septembre, le ras-le-bol face au mépris de notre hiérarchie, la colère et l’épuisement sont profonds chez l’ensemble des travailleurs et des travailleuses de l’éducation.

 À la mode Blanquer
( À la mode Blanquer) La REP

Nous nous évertuons depuis des mois à tenter de mettre en œuvre des protocoles – aujourd’hui « renforcés » mais toujours sans moyens – afin de protéger notre santé, celle des élèves et de leurs proches. Beaucoup de personnels, d’équipes, d’établissements, mais aussi d’enfants, se trouvent aujourd’hui au bord de l’implosion. Si nous voulons l’éviter, il nous faut du temps en commun et des moyens. L’urgence serait là, et non pas dans une énième salve d’évaluations nationales en CP, en maternelle ou ailleurs (énième changement du Bac…). Et encore moins dans une nouvelle offensive contre les réseaux d’éducation prioritaire.

Y’a de l’eau dans le gaz à tous les étages

Le manque de remplaçantes et de remplaçants dans les équipes enseignantes, d’ATE, d’animation, les AESH, les AED s’ajoute au manque de personnel déjà existant. Cela cause de constants dysfonctionnements et pèse sur tout le monde. Le désarroi et l’anxiété des élèves, dans ce contexte difficile, s’ajoutent aux effets du confinement sur le plan scolaire et social. La nécessité de rétablir un cadre de travail serein, de pouvoir échanger en petits groupes, d’utiliser des outils particuliers (théâtre, arts visuels…) implique des moyens. Cela impose des aménagements du temps scolaire et périscolaire, comme du temps de travail des personnels, ainsi que des moyens humains via un renfort du personnel des équipes éducatives (PVP, AESH, ASEM, AED, profs). Nous voulons travailler avec des RASED complets, solliciter des interventions extérieures et donc disposer de davantage de temps pour organiser ce travail. Face à cette situation exceptionnelle, il nous faut des moyens exceptionnels (normaux ?). Et ce n’est pas le télé-travail qui pourra répondre à ces besoins. Il faudrait déjà avoir tous les moyens qu’on devrait avoir en tout temps.

Ne les laissons plus faire

Au moment de l’assassinat de notre collègue Samuel Paty, Blanquer s’est présenté en grand défenseur des libertés, mais dans les faits la liberté pédagogique est régulièrement attaquée. Il parle déjà d’imposer un nouveau manuel scolaire produit par le ministère lui-même ! Il veut faire de nous de simples exécutant·es de méthodes venue de sa neuroscience et du prêt-à-penser de l’Institut Montaigne. L’article 1 de la loi sur « l’école de la confiance », c’est taisez-vous. Face aux mobilisations des lycéennes, des lycéens et des profs, c’est la répression policière ou administrative. La seule réponse que Blanquer, Macron et leur clique semblent capables de fournir face à notre désarroi ou notre colère, c’est la privation de libertés et la répression, à l’image de la loi « sécurité globale ».

Nos revendications en page 2


Janvier 2021
(Janvier 2021) Zéro de CoNduiTe n° 96bis

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