La cité universitaire de Kenitra a connu un mercredi noir le soir du 28 mars 2012 : les étudiantes et étudiants ont été férocement attaqués et réprimés, le Makhzen ayant ciblé les militants de l’Union Nationale des Etudiants Marocains, syndicat non reconnu à ce jour légalement. Un mouvement de soutien aux habitants assiégés de la ville de Bni Bouayach s’était lancé fin mars 2012 sur le campus, puis dans le même temps les étudiants se sont mobilisés jusqu’au 27 mars pour de meilleures conditions de vie sur la cité universitaire principalement concernant la qualité de l’eau qui était devenue salée depuis plusieurs jours.

Le mercredi 28 mars, alors que le mouvement étudiant s’était interrompu ce jour, les étudiants ont été surpris en fin de journée par les forces de répression qui ont encerclé et bouclé la cité universitaire, avant de détruire le portail de l’entrée principale à l’aide d’un tractopelle pour s’infiltrer à l’intérieur et attaquer les étudiants.

Une répression féroce s’est abattue en quelques heures sur la cité. Les forces de répression ont attaqué en premier lieu les pavillons des femmes, pénétrant dans les chambres en saccageant tout sur leur passage, insultant et frappant les étudiantes, et certaines ont subi des tentatives de viol. Ils ont ensuite procédé aux mêmes faits dans les pavillons des hommes. Les étudiants se sont fait voler tout ce qui était en leur possession allant des bijoux, aux ordinateurs, téléphones, argent, etc... Les chambres visées étaient clairement celles des étudiantes et étudiants militants de l’UNEM. Précisons que les étudiants du PJD (parti islamiste désormais au pouvoir) ont participé et aidé la police pour cibler des chambres et ouvrir des portes.

60 étudiants de l’UNEM se sont fait arrêtés ce soir du 28 mars, embarqués au commissariat de Kenitra après avoir été torturés dans des salles de deux cliniques de soins de la cité. Cliniques dont les bureaux, matériels et médicaments ont été détruits par les forces de répression. Parmi les 60, un étudiant était monté sur le toit d’un pavillon, appelant les habitants autour à se solidariser et demandant aux policiers de sortir des pavillons sinon il tenterait de se suicider en sautant.
C’est grâce au rassemblement important qui s’est créée autour de la cité universitaire, composé d’étudiants et d’habitants, et à l’issue de longs affrontements, que les forces de répression ont été repoussées, bien que 40 policiers en civils resteront dans le campus toute la nuit. 47 étudiants ont été libérés après 10 heures de tortures, mais 13 seront maintenus en détention. Plusieurs jours plus tard, 2 étudiantes seront libérés mais sous surveillance.

Les 13 étudiants passeront plus de 7h devant le procureur le 2 avril 2012, leurs dossiers sont finalement transférés au Tribunal Pénal et avec comme accusation : « manifestation armée » et de « violence sur fonctionnaire de l’Etat ». Précisons qu’un reportage de la chaîne RTM, à la botte du pouvoir marocain, quelques heures après les évènements du 28 mars, fait état de présence d’armes dans la cité, à la surprise des étudiants. Ainsi des épées, des bouteilles de gaz, des cocktails molotov ont été bien sûr déposés par la police pour charger l’inculpation des étudiants arrêtés.
Les 13 étudiants de l’UNEM passeront en jugement ce lundi 16 avril 2012 au Tribunal de Kenitra et risquent des peines très lourdes vu les motifs d’accusation. Il s’agit de :
Ossama Bakkali
Hatim El werghi
Abdelhak Essahba
Ismail El-ahmer
Brahim Elgalii
Abderrazak Ejkou
Abdelhak Brittel
Mourad Elhawari
Abderrahim Tawil
Mourad Hitouf
Kholoud Boular
Amina Elyaagoubi
Abdelmoghit Elkhalki

La volonté clairement affichée du pouvoir marocain le soir du 28 mars 2012 sur la cité universitaire de Kenitra est non seulement d’étouffer et réprimer toute contestation ou expression politique sur les campus universitaires, comme dans l’ensemble du pays vis-à-vis des habitants, chômeurs, travailleurs en lutte, mais délibérément ce mercredi noir d’attaquer de façon ciblée les militants de l’UNEM qui n’ont jamais cessé de lutter contre la dictature et le capitalisme, et pour de meilleures conditions d’études et de vie des étudiants, la liberté d’expression, la dignité et le droit syndical au Maroc. Et ce malgré la répression continue du pouvoir et de ses sbires au sein des campus. Que ce soit ici, au Maroc ou ailleurs, libertés syndicales !

La Confédération Nationale du Travail dénonce fermement la répression à laquelle s’adonne le Makhzen sur le peuple marocain en lutte, et affirme son entière solidarité aux 13 étudiants de l’UNEM de Kenitra arrêtés. La CNT-F exige leur libération inconditionnelle, immédiate et sans poursuite  ! _ La CNT-France appelle à un envoi massif de lettres via fax et mails aux consulats marocains et aux ministères de la justice, de l’intérieur et de l’enseignement supérieur ce lundi 16 avril 2012, jour du procès des camarades étudiants de l’UNEM de Kenitra, demandant leur libération sans poursuite.

Le Secrétariat International de la CNT-France,

Vous trouverez ci-dessous un modèle de lettre à envoyer ainsi que les adresses :

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«  Le 16.04.2012
…. (Nom du syndicat ou de l’organisation)

Mme, M.,

Nous avons été alertés au sujet des arrestations récentes des 60 étudiants de la cité universitaire de Kenitra le soir du mercredi 28 mars 2012. Les étudiants s’étaient principalement mobilisés la veille pour réclamer de meilleures conditions de vie dans la cité universitaire, plus précisément pour une meilleure qualité de l’eau, devenue salée depuis plusieurs jours. Nous savons que 13 étudiants ont été maintenus en détention pour raisons politiques, et seront jugés le 16 avril 2012, au Tribunal de Kenitra. Il s’agit de :
Ossama Bakkali
Hatim El werghi
Abdelhak Essahba
Ismail El-ahmer
Brahim Elgalii
Abderrazak Ejkou
Abdelhak Brittel
Mourad Elhawari
Abderrahim Tawil
Mourad Hitouf
Kholoud Boular
Amina Elyaagoubi
Abdelmoghit Elkhalki

Nous tenons à dénoncer la répression à la quelle s’adonne le pouvoir marocain ces dernières semaines sur le peuple, et réaffirmons notre entier soutien aux étudiants de l’UNEM dans leur lutte pour de meilleures conditions d’études et de vie, pour la dignité, la liberté d’expression et leur droit syndical.
Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle ainsi que l’annulation des poursuites pour l’ensemble des étudiants de l’UNEM de Kenitra qui passent ce lundi 16 avril 2012 en procès. Un coup porté contre l’un-e d’entre nous est un coup porté contre tou-te-s ! Solidarité internationale ! »

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Adresses :

Consulats :

Consulat Général Bastia
Fax 04 95 30 71 86
consbast wanadoo.fr

Consulat Général Bordeaux
Fax 05 56 42 02 75
consumab2 wanadoo.fr

Consulat Général Dijon
Fax 03 80 55 26 21
consulat-général-de-maroc @ wanadoo.fr

Consulat Général Lille
Fax 03 20 15 12 31
consumalille wanadoo.fr

Consulat Général Marseille
Fax 04 91 50 86 09
cons.mars wanadoo.fr

Consulat Général Montpellier
Fax 04 67 06 88 33
consumamontp wanadoo.fr

Consulat Général Orléans
Fax : 02 38 25 95 17
www.cg-maroc-orleans.org

Consulat Général Orly
Fax : 01 48 53 66 97

Consulat Général Colombes
Fax 01 56 83 85 54

Consulat Général Pontoise
Fax 01 30 30 11 47

Consulat Général Rennes
Fax 02 99 36 99 31

Consulat Général Strasbourg
Fax 03 88 35 68 51
consumastras noos.fr

Consulat Général Toulouse
Fax 05 62 47 04 00
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M. Le Premier Ministre : Fax : 00 212 (0)537761777 / courrier pm.gov.ma
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