Il y a vingt ans, entre les deux tours des élections présidentielles, le 22 avril 2008, afin de protester contre la loi Pons et la présence coloniale française dans leur pays, des indépendantistes kanak investissent la gendarmerie d’Ouvéa mais l’action dégénère en un affrontement suivi d’une prise d’otages dans une grotte près de Gossanah. Deux semaines plus tard, l’armée française donne l’assaut et tue 19 kanak. Des exécutions sommaires ont eu lieu…la tribu de Gossanah va vivre un véritable état de guerre.

20 ans après c’est l’occasion pour la CNT kanaky d’avoir un geste de solidarité envers la tribu de Gossanah qui a lourdement subi les violences de l’Etat français et doit revivre douloureusement ces événements.. Nous pensons bien sûr à tous les camarades kanak qui ont été assassinés par l’armée française et à leur familles violentées lors d‘interrogatoires ignobles.

Aujourd’hui, l’on peut se demander comment l’Etat français et les indépendantistes institutionnels du FLNKS peuvent commémorer officiellement ce sinistre épisode de l’Histoire alors que l’Etat n’a jamais reconnu sa responsabilité.

Au delà des commémorations artificielles par les institutions, Gossanah représente toujours pour nous et pour toute la classe ouvrière, une tribu qui a voulu prendre en main sa vie, ne plus subir la violence de l’Etat colonial , et mettre en pratique ses idées de gestion directe et collective de la société.

20 ans après, Gossanah nous parle et reste dans l’Histoire de l’émancipation des peuples kanak et des luttes de libération une référence historique qui nourrit encore les actions politiques actuelles.

A nos frères d’Ouvéa CNT Kanaky