Nous venons d’apprendre le verdict d’une justice une fois de plus aux ordres des puissants. Verdict, qui une fois de plus aussi, fait payer cher le prix de la résistance sociale.

Au nom du secrétariat international de la CNT, nous assurons nos camarades et frères de lutte de l’USTKE de notre entière solidarité.

Nous participerons à toute initiative unitaire en vue de faire pression contre l’Etat colonial français, responsable de cette situation.

Nous participerons à toute initiative visant à s’attaquer et dénoncer les pratiques antisyndicales de la multinationale VEOLIA.

Nous apportons notre soutien à l’USTKE car nous savons que l’alternative à la loi des puissants et des oppresseurs, ne réside que notre solidarité de classe. « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » était la devise de la Première internationale, elle reste à nos yeux plus que jamais d’actualité.

La tâche est difficile. Nous le savons. Le capitalisme et ses institutions sont armés et n’hésitent pas à réprimer, juger, condamner, bâillonner, assassiner, quand celles et ceux qui le contestent, le dérangent. Face à tel système, notre seule arme reste et restera notre solidarité active. A nous, donc, de réaffirmer que l’espoir existe et qu’il réside dans le fait de ne jamais, malgré les coups, baisser la tête.

Ailleurs qu’en Kanaky, au niveau international, cet espoir existe aussi.

Nos camarades colombiens le savent. L’Etat colombien et ses alliés (impérialisme américain et paramilitaires) tentent depuis de nombreuses années de réduire au silence cet espoir. Malgré la répression, les menaces de mort, la torture, les assassinats la résistance s’organise, notamment autour du syndicat de lutte de classe SINALTRAINAL, qui a vu ces dernières années 9 de ses militants assassinés par des paramilitaires à la solde de la multinationale Coca Cola.

En Palestine, malgré les coups de l’Etat sioniste, la misère, la répression, les brimades et ce Mur de la Honte qui met en cage un peuple entier, syndicalistes et femmes en lutte rappellent que, là bas aussi, l’espoir demeure.

En Guinée-Conakry, la grève générale, en janvier 2007, longue d’un mois menée par nos camarades de la CNTG contre la sanglante dictature de Lansana CONTE, en dépit de centaines morts et de la répression, a fait reculer le gouvernement.

Au Maroc, 11 syndicalistes croupissaient dans les geôles de la Monarchie pour « atteinte au Sacré et insulte au roi » depuis le 1er mai 2007. Ils viennent d’être libérés par « grâce royale ». La vérité : c’est que Mohamed VI, soucieux de ne pas apparaître comme son tortionnaire de père, Hassan II, a dû céder face à la pression des collectifs de solidarité mobilisés au Maroc mais aussi au niveau international.

En Algérie, les syndicats autonomes luttent sans merci contre le régime autoritaire Bouteflika, jusqu’à la manifestation du 15 avril dernier dispersée violemment par la police avec 10 arrestations à la clé.

L’Etat néocolonial français n’hésite pas à user de sa police ni de son armée pour tenter d’écraser les mouvements sociaux à travers le monde : car pour lui le temps des colonies n’est pas fini, car pour lui Kanaky, Tchad, Cameroun, Burkina Faso et bien d’autres encore reste un pré-carré où tous les moyens son bons, y compris soutenir les dictatures les plus sanglantes, pour imposer ses inétrêts économiques et politiques.

En France aussi, toute forme de résistance est criminalisée. Les sans papiers et les jeunes en lutte. A la CNT, comme ailleurs, on ne compte plus dans le privé, dans des secteurs précarisés comme le nettoyage, le Bâtiment ou la restauration, les sections syndicales sabrées et les militantes et militants licenciés. A la poste, notre fédération CNT PTT est depuis plus de deux ans déclarée illégale par la Direction. Résultat, les postiers de la CNT sont réprimés. Le dernier en date étant, notre camarade Gilles, mis à pied 4 mois.

Cette réalité de la répression étatique et patronale ne fait pas pour autant de nous des victimes consentantes. Au contraire, elle ne fait que renforcer notre rage, notre détermination et notre conviction.

La conviction que dans le monde, une classe existe et qu’elle est en lutte.

Vive la lutte des travailleurs et travailleuses Kanaks !

Vive l’USTKE !

Vive la solidarité internationale des travailleuses et des travailleurs !

Résistance !