CNT 66

CNT - Infos N° 11, décembre 2011

mardi 20 décembre 2011

Édito :

Santé !

Dans sa décision du 15 décembre 2011, le conseil constitutionnel a validé l’essentiel du PLFSS (projet de loi du financement de la sécurité sociale).
Pourtant ce PLFSS est une attaque grave des principes fondamentaux de la sécurité sociale. Le principe de garantie de revenu face à la possibilité d’être malade est remis en cause ainsi que celui d’accès aux soins pour tous et toutes. L’épisode des jours de carence fut insultant et entraînait forcément une perte de soins garantis et une augmentation du renoncement aux soins. 4 jours de carence pour le privé, presque une semaine ! Autrement dit l’interdiction d’être malade sauf si on en a les moyens

Édito :

}} Et 1 jour pour les fonctionnaires sous couvert d’égalité de traitement. Pour nous l’égalité de traitement serait de supprimer les jours de carence tout court. S’aligner sur le mieux ! Car de l’argent il y en a. Toute cette présentation du PLFSS s’est accompagnée dans les médias de grand discours pour sauver la sécu. Ainsi il faudrait la débarrasser des fraudeurs (sous entendus les travailleurs et chômeurs qui en abusent), il faudrait faire sentir aux travailleurs le coût de leur absence au travail !
Mais alors que les médias focalisent sur cette chasse aux pauvres, les vrais responsables du trou de la sécu continuent de se frotter les mains. La fraude à la sécu est composée en grande partie du travail non déclaré, travail non déclaré par les patrons, fraude patronale. Selon l’insee ce travail représente 4,4 % du PIB soit 55 milliards d’euros. Le manque à gagner pour la sécu est de 9 à 15 milliards d’euros selon les estimations. Rappelons que le trou de la sécu est de 18, 6 milliards d’euros. Par ailleurs on sait que l’exonération des cotisations sociales c’est 30 milliards d’euros par an ! Et que leur efficacité est remise en cause par la cour des comptes. Bref comme pour tous les choix économiques actuels soi-disant imposés par la crise, nous ne sommes pas dans un problème de dépense mais bien dans celui des recettes qu’on supprime petit à petit. C’est un choix de société qu’il faut faire !
Dans le PLFSS et tout aussi scandaleux, il y a la baisse des indemnités journalières pour les salariés touchant plus de 2500 euros brut (soit 1,8 fois le smic). Cela ne fait que 2 000 euros net et aujourd’hui cela ne représente pas une grande richesse. C’est toujours mieux que le smic bien sûr mais de là à abaisser les garanties de soins cela est aberrant.

La succession des attaques contre la sécu avec la suppression de remboursement sur de plus en plus de médicaments, la hausse des prix, la baisse de la prise en charge ajoutées à la hausse des prix des complémentaires santé font qu’on assiste à une vague de gens renonçant à se faire soigner. Bien entendu ce sont les ménages dont les revenus sont les plus faibles qui déclarent à la fois un plus mauvais état de santé, les taux de couverture complémentaire santé les plus bas et le plus de renoncement aux soins. 8 % de la population ne peut se payer de couverture complémentaire santé. Par ailleurs selon un sondage IPSOS pour le secours populaire français, près de quatre français sur dix (39%) ont renoncé à un soin ou l’ont retardé en raison de son coût. Le plus souvent pour des prothèses dentaires, l’achat de lunettes ou la consultation chez un spécialiste.
La santé en 2012 sera pour les riches. Il ne nous reste plus que la rue pour nous refaire une santé. En 2012, tous en lutte, tous dans la rue !

Publié le 20 décembre 201}


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20 décembre 2011
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