CNT 66

Programme de la semaine au local syndical des Troubadours :

lundi 27 juin 2011

- Lundi 27 juin

réunion du STE à 18h. le combat actuel du collectif des contrats précaires de l’Education Nationale dans les PO
.CLAIR et ECLAIR

- Mercredi 29 juin

permanence habituelle de 15h à 19h

19h-20h : repas tiré du sac

à 20h30 projection du film "Putain d’Usine" d’Alain Pitten et Rémy Ricordeau d’après le livre de 2002 de Jean Pierre Levaray. (53 minutes)

L’auteur qui gagne son pain depuis 30 ans dans une usine chimique de la région de Rouen y évoque le quotidien : les accidents parfois mortels, les maladies professionnelles, la fatigue des quarts, l’ennui du quotidien, le stress, l’arnaque des 35 h et les plans de réactualisation...

- Jeudi 30 juin

de 9h à 12h Permanence CNT-PTT

à 17h Rassemblement devant la Mairie pour assister au Conseil Municipal.

- Vendredi à 14h30 atelier dessin peinture.

Tous les jours de 9h à midi et de 14h à 19h était visible l’expo sur L’Espagne de 36.

Putain d’usine

de Jean Pierre Levaray

Éditions L’insomniaque, janvier 2002

ISBN : 2-908744-45-7

Document, 95 pages

• Très facile à lire

Jean-Pierre Levaray est salarié depuis vingt-huit ans dans une grosse usine AZF de la banlieue de Rouen. Celles et ceux qui travaillent dans une usine de ce genre ne pourront s’empêcher de dire : « Oui, c’est bien comme cela que ça se passe. » Mais cela leur fera plaisir que cette vie pénible, cette vie gâchée en usine, qui est celle de millions de travailleurs, soit consignée dans ce petit livre, sobrement, sans édulcorer la réalité.

L’essentiel s’y trouve : les accidents parfois mortels, les maladies professionnelles, la fatigue des quarts (les 3x8), l’ennui au quotidien, la picole, le stress, les moments de convivialité, l’arnaque des 35 h, les plans de restructuration qui sapent le moral et réduisent les effectifs, les bouffées de fierté et de bonheur lors des grèves ou des déboulantes au siège social de la Défense.

En dehors des moments de luttes, le collectif des salariés a bien du mal à garder le moral et la confiance en soi. Il a été émietté en ateliers sans liens entre eux ; il a été laminé par la succession des plans de suppression d’emplois. Dans le court terme les salariés peuvent encore moins organiser leur vie personnelle à cause de la fameuse « flexibilité ». A plus long terme c’est l’inquiétude du prochain plan qui supprimera votre poste ou votre atelier. C’est aussi l’angoisse d’une catastrophe du type de celle qui a frappé les collègues de l’usine AZF de Toulouse et les riverains de cette usine.

Cependant on ne va pas se désoler après avoir lu ce témoignage sombre, imparable. Jean-Pierre Levaray ne le fait pas. Il éprouve une colère qui conforte ses convictions libertaires. Il les exprime à la fin brièvement et sans détours. Tant mieux. Ca fait avancer le débat comme on dit dans les milieux militants, ceux qui ne baissent pas les bras et sont toujours dans le coup dès qu’il s’agit de résister aux attaques des patrons et des gros actionnaires. Ce dont témoignent les tracts syndicaux et autres mis en annexe.

On se sent en accord total avec Levaray pour avoir comme perspective la construction d’une société sans classes et sans État (et donc sans bureaucrates ni capitalistes). Mais je me sens aussi quelques points de désaccord (nobody’s perfect) avec Jean-Pierre Levaray. Des points qui mériteraient d’être débattus entre ceux qui luttent pour l’abolition du salariat. Il affirme : « le rêve, le souhait des ouvriers, ce n’est pas “ le pouvoir aux travailleurs ” ». Soit. Ils ne rêvent pas non plus, actuellement, de supprimer le système capitaliste. Et alors ? Ce sont tout de même eux les mieux placés dans l’avenir pour le faire. Et si l’on ne veut pas éternellement subir le pouvoir des capitalistes, il faudra bien envisager de le leur arracher, de toutes les façons possibles et imaginables.

Levaray affirme que le véritable rêve des travailleurs est de ne plus travailler. Pas sûr. Ca dépend pour qui et pour quoi on travaille. Travailler pour un exploiteur, même deux heures par semaine, ça serait encore trop. Mais s’activer de diverses manières pendant des heures pour se faire plaisir, faire plaisir aux autres, se rendre utile à la collectivité, ce n’est plus du travail salarié, exploité, vide de sens et vidant l’individu de sa substance. C’est de cette impossibilité d’accomplir un tel travail authentiquement humain dont souffrent les ouvriers aujourd’hui. Et dans la société future, ce n’est pas le fait que ce « travail » s’accomplira dans des petites ou de grosses unités de production qui changera le fond du problème.

En attendant, rester dans une « putain d’usine » jusqu’à la retraite ou s’en évader pour faire autre chose (mais quoi ?), on ne choisit pas vraiment. De toute façon, on n’échappe pas tout seul à l’emprise de la société de profit. Le vrai courage, individuel et collectif, est de consacrer le maximum de son énergie à créer les conditions de l’abolition de l’esclavage salarié. Pour taquiner Jean Pierre Levaray, disons qu’il a fait avec ce livre, un « travail » qui y contribue.

Le 4 juillet 2002

Samuel Holder


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