CNT 66
1er Mai dans le Gard,

la CNT et Solidaires contre le sectarisme

samedi 1er mai 2010

1er Mai dans le Gard, la CNT et Solidaires contre le sectarisme

Salut camarades

Pour information voici des nouvelles de Gard où la CNT 30 et Solidaires 30 ont été poussés à décider d’une manif autonome du 1er Mai sur Nîmes avec pour RDV : 10h00 Place Jean ROBERT

La faute au sectarisme éhonté du secrétaire de l’UD CGT du Gard, Freddy BAUDUCCO qui, non content d’exclure systématiquement depuis 6 ans la CNT de toutes les intersyndicales départementales (avec la complicité de l’UNSA et de la CFDT), a envoyé le courrier ci dessous. Ce courrier, aux relents staliniens, est une attaque en règle contre Solidaires 30 et la CNT 30.

A l’heure où l’arrogance des puissants est à son apogée, que les salarié-es s’en prennent plein la figure, la CGT 30 fait le choix de la division.

La manif autonome à l’appel de la CNT 30 et de Solidaires 30 comptera dans ses rangs le Collectif de sans papiers (le Forum des migrant-es gardois) mais aussi nombre de militant-es de la CGT 30 et de la FSU 30 qui n’entendent pas être complice de ce sectarisme.

Pour un premier mai de lutte de classe, vive la lutte des travailleur-seuses !

Ci dessous :

1) La lettre aux OS du Gard de Freddy BOUDICCO de l’UD CGT Gard
2) La réponse de la CNT 30
3) La réponse de Solidaires 30
4) Le tract commun CNT et Solidaires Gard


Freddy BAUDUCCO, secrétaire UD CGT du Gard :

Une mise au point !

Comme Sud rail dans le conflit des cheminots (Écrits de la fédération des cheminots CGT : « au bout du 12e jour de grève, la fédération Sud rail appelle à la grève générale. C’est bien… Sauf qu’il aurait été plus utile et cohérent qu’elle ne soit pas quasi absente lors des neuf premiers jours du mouvement") , dans le Gard Solidaires 30 joue aussi un « sale jeu »

Alors que les organisations syndicales gardoises, CGT. CFDT. CFE/CGC. CFTC. FO. UNSA. ont à plusieurs reprises depuis 1 an ½, fait savoir que la CNT (Anarchiste) n’était pas une organisation syndicale de salariés et qu’ils refusaient sa présence pour toute intersyndicale en préparation d’une journée d’action interprofessionnelle unitaire. Alors que dans la préparation du 1er mai 2010 en appui sur l’appel unitaire national (CGT. CFDT. FSU. UNSA. SOLIDAIRES.), les organisations syndicales gardoises de la CGT. CFDT. UNSA. FSU. se sont mises d’accord pour l’organisation du 1er mai 2010, notamment dans la capitale gardoise Nîmes.

Solidaires 30 persiste et provoque en proposant une autre réunion intersyndicale chez eux avec la CNT pour préparer le 1er mai.
CGT. CFDT. UNSA. FSU. ne tomberont pas dans ce jeu qui favorise la division syndicale.

Pour notre part à la CGT, nous ferons le maximum pour réussir un grand 1er mai revendicatif et le plus unitaire possible dans l’intérêt des salariés, retraités, et demandeurs d’emploi.

Un 1er mai qui va compter dans la bataille engagée face au gouvernement et Medef sur : Salaire, Emploi, Service Public, Retraite.

Un 1er mai 2010 qui va aussi aider à populariser et gagner un grand rassemblement le 4 mai à Saint Martin de Valgalgues, contre la discrimination syndicale et pour les droits syndicaux.

Nîmes le 21 avril 2010

Freddy BAUDUCCO, secrétaire UD CGT du Gard

Ci-joint les acquis de la lutte de nos camarades cheminots (Déclaration fédérale et régionale de la CGT cheminots). Bravo à leur lutte responsable dans le cadre de l’intérêt général. Une lutte qui en appelle d’autres !


Réponse de la CNT 30 :

Aux organisations syndicales gardoises,

La Confédération Nationale du Travail connait une renaissance dans le département du Gard depuis une dizaine d’années.

Née au sortir de la guerre en 1946 sous l’impulsion des syndicalistes révolutionnaires français de la CGT-SR et des résistants antifascistes - anarchosyndicalistes espagnols de la CNT-E en exil, elle demeure donc fidèle au syndicalisme révolutionnaire et à l’anarchosyndicalisme.

Aussi, entend-elle réactualiser un syndicalisme de lutte de classe et de transformation sociale autogestionnaire et indépendant de toute organisation politique, religieuse ou philosophique. La CNT adhère pleinement à la Charte d’Amiens adoptée à l’occasion du Congrès CGT de 1906 à Amiens à l’initiative des syndicalistes révolutionnaires Victor Griffuelhes et Émile Pouget.

Le siège social de la CNT (33, rue des Vignoles) est toujours mis à disposition par la Ville de Paris initialement en remerciement de la libération de Paris le 25 Août 1944 par la 2e DB la « Nueve » composée essentiellement d’anarchosyndicalistes de la CNT, par ailleurs à l’origine de la grève générale insurrectionnelle et antifasciste de 1936 en Espagne.

Les sections syndicales de l’UD CNT 30 se développent donc à présents dans plusieurs entreprises (MLJA, DUC, EXAPAQ, SNCF, agriculture) et fonction publique (Éducation Nationale), en lien avec vos sections syndicales ou au sein d’intersyndicales sectorielles. Fédéraliste, la CNT privilégie l’autonomie locale de ses syndicats. Intercorporatiste et fidèle à l’esprit de la Fédération des Bourses du travail et de son créateur l’anarchosyndicaliste Fernand Pelloutier, la CNT inscrit son action syndicale jusque dans la cité et ne s’interdit d’investir aucun champ de lutte. La CNT, comme toutes les autres organisations départementales gardoises, bénéficie à Nîmes depuis Juillet 2007 de locaux municipaux au 6, rue d’Arnal.

Cette histoire et cette identité, pourtant ancrée jusqu’aux origines du syndicalisme français, est confronté à un ostracisme forcené lors des rencontres intersyndicales gardoises départementales. Alors que depuis 8 ans la CNT a toujours privilégié une démarche unitaire, la courtoisie des représentants de la CNT 30 fait face à l’arbitraire, très localisé, de représentants syndicaux dont la suffisance laisse interrogatif.

Une nouvelle fois à la veille du 1er Mai, à l’occasion d’un courrier daté du 21 Avril 2010 aux organisations syndicales gardois, Freddy Bauducco, secrétaire départemental de la CGT se prête à nouveau à la provocation et à la division, se faisant porte parole de plusieurs organisations, par une attaque perfide et calomnieuse à l’endroit de deux organisations syndicales gardoises .

La CNT n’est pas une organisation « anarchiste », pas plus que la CGT est une organisation « communiste », n’en déplaise à son représentant départemental que l’on croise continuellement, comble de tout, distribuant des tracts pour une organisation politique communiste française bien connue sur les marchés nîmois.

Ainsi, dans son aimable missive, il omet dès lors sciemment de préciser qu’il a lui même procédé à une exclusion de la CNT (et en réaction de Solidaires) à l’occasion de l’intersyndicale convoquée par lui 15 jours avant. Nous pouvons juger de la pertinence des absurdités avancées à l’endroit de la CNT : « Vous n’êtes pas une confédération » (cqfd), « vous n’êtes pas représentatifs » (cad), « vous n’êtes pas une organisation syndicale » (inédit !), « c’est nos locaux » (tantôt Bourse du travail, tantôt locaux de la CGT. Selon après la désertion des locaux historiques de la Place Questel – aujourd’hui maison de retraite pour vieux bourgeois - avec la complicité de la Mairie communiste du moment), « il n’est pas correct de venir sans invitation » (est-il réellement correct de ne jamais nous inviter ?), « vous n’êtes pas signataires au niveau national » (et alors ?). Plus récemment en manif « ce n’est pas votre place » (décidée par qui ?).

Notre désir de construire un syndicalisme de transformation sociale ne semble pas convenir à ceux qui ne tendent plus qu’à accompagner le système capitaliste et ses réformes étatiques. Nos perspectives et notre fonctionnement autogestionnaire, notre recours au fédéralisme libertaire, semble irriter le cercle étroit et exclusif d’une certaine oligarchie « syndicale » qui s’exerce à nier un courant historique du syndicalisme français, adossé de principes dont nous sommes pourtant les principaux héritiers et défenseur : indépendance syndicale, intercorporatisme, fédéralisme et autonomie ouvrière.

Nous n’entendons pas éternellement recevoir des leçons de suffisance.

Bien entendu, nous n’en tenons pas rigueur aux camarades cégétistes que nous côtoyons mais attendons néanmoins des excuses publiques du secrétaire départemental de la CGT afin que nous puissions reprendre ensemble et au plus tôt le chemin de l’unité syndicale dans l’intérêt des travailleurs et des travailleuses.

Ces désolants réflexes corporatifs et hégémonistes n’entameront pas la volonté de la CNT d’exister et de se développer pour un syndicalisme de lutte de classe et de transformation sociale. La convergence des luttes et la solidarité immédiate pour la défense des services publics et de la protection sociale n’est possible que dans l’unité syndicale. La CNT s’inscrira dans l’unité des travailleurs syndicalistes, partout où la chose sera rendue possible.

C’est notre ligne de conduite, que ça plaise ou pas.

En attendant le retour du discernement, nous manifesterons pour un 1er Mai 2010 de combat à 10h Place Jean Robert à Nîmes.

Salutations anarchosyndicalistes et syndicalistes révolutionnaires

L’UD CNT 30


Réponse de Solidaires 30 :

Camarade – avons-nous encore la possibilité de te nommer ainsi après tes accusations qui nous mènent droit dans le camp des alliés objectifs du patronat comme on le disait à une époque pas si lointaine ? Nous ne répondrons pas à toutes tes calomnies parce que, tout simplement, nous n’avons pas de leçons à recevoir de toi. En revanche, nous te poserons quelques questions et te suggérerons quelques rappels historiques.

Au moment où l’unité est plus que nécessaire pour riposter à l’attaque du Medef et du gouvernement à propos des retraites, est-ce raisonnable et responsable d’exclure un syndicat – la CNT – qui désire mettre ses forces dans cette bataille ? Exclusive que tu aggraves d’ailleurs en nous ajoutant à ta vindicte. Nous n’aurons pas l’outrecuidance de te rappeler les incidents du dernier 1er Mai à Nîmes (et la répression de la police).

La démocratie ouvrière est-elle circonscrite, pour toi à un pré carré ? Pour nous, en tout cas, non ! Et c ‘est pour cela qu’à chacune de tes mises à la porte de la CNT, nous quitterons la réunion de l’intersyndicale (comme la dernière fois, pour la préparation du 1er Mai, journée de solidarité !).

Au sujet de ce syndicat et pour étayer tes propos tu sous-entends une option politique (avec un A majuscule à anarchiste pour faire peur comme à l’époque de la bande à Bonnot !). Sans les anarchistes (a minuscule) ou les anarcho-syndicalistes que serait la CGT ? La CNT est reconnue juridiquement comme un syndicat (tels Solidaires et la CGT) et nous ne pensons pas qu’elle ne regroupe que des anarchistes ! C’est un syndicat comme un autre, avec une dominante comme les autres (une sensibilité différente comme l’on dirait aujourd’hui).

L’accusation de déviation politique n’est pas fondée. La fameuse Charte d’Amiens refuse effectivement toute école politique, c’est-à-dire, en fait ce que l’on appelait encore à une époque pas si lointaine : la courroie de transmission. La CNT applique la double besogne : est-ce politique ? La CGT a retiré de ses statuts l’abolition du salariat : est-ce politique ? La Charte d’Amiens n’est pas une Bible et l’on y perdrait son latin à continuer ainsi.

Alors pourquoi cette obstination ? Les syndiqués représentent à peine 8% des salariés, les élections aux Prud’hommes sont des records d’abstention. L’unité est nécessaire !

Face à l’attaque du patronat, nous avons montré que nous avons ce souci. Nous ne te répéterons pas tous les arguments que nous mettons en avant pour la défense des retraites (en particulier le retour aux 37,5 annuités et la nécessaire grève interprofessionnelle et reconductible).

Travailler moins, c’est possible ! Nous le pensons et c’est pour cela que nous prônons l’unité dans la lutte !

Enfin, pour terminer, nous te ferons une confidence : nous entretenons le rêve d’un syndicalisme sans bureaucratie (ou alors un minimum de permanents avec des mandats courts), un syndicalisme qui serait organisé par les travailleurs eux-mêmes. Nous espérons, très sincèrement, que ce n’est pas pour toi un cauchemar ! Salutations syndicalistes.

Pour le Conseil syndical de l’Union Syndicale Solidaires 30

Le secrétaire Frédéric JEAN


Tract commun CNT - Solidaires 30 :

Comme chaque année, nous brandissons l’étendard d’un 1er-Mai de combat

Un 1er-Mai de combat contre la liquidation sociale menée par un gouvernement pour qui « modernité et réforme » sont synonymes de destructions des conquêtes sociales et des droits d’un siècle de luttes ;

Un 1er-Mai de combat contre une vie politique gangrenée par un cynisme ouvertement assumé tant dans la chasse aux sans-papiers, que dans les mots et les discours d’une droite qui puise ses « valeurs » dans l’une des époques les plus nauséabondes de l’histoire de France ;

Un 1er-Mai de combat, enfin, pour briser les discours définitifs qui balaient toute alternative à un monde où l’Homme est au service de l’économie pour le seul profit d’une minorité de nantis. Car la crise n’a rien changé, pire, les financiers et leurs fidèles porte-flingue que sont les politiques, ont réussi le tour de force de collectiviser les pertes des Bourses pour, ensuite, mieux en privatiser les bénéfices.

Multiplication des luttes

Malgré la régression de nos droits et de nos libertés, malgré la répression (arrestations et gardes à vue à toutes les manifestations) érigées en pratique de gouvernement, la paix sociale est une chimère et les grèves que l’on ne « devait plus voir » se sont multipliées : grève des ouvriers de Sodimatex, prêts à faire sauter la boutique pour arracher quelques euros ; grève des cheminots de la SNCF (vous savez, la grève dont on ne parle pas ou peu dans les médias), etc.

Convergence et unité pour un syndicalisme de lutte des classes

L’année dernière, le grand mouvement de lutte contre la privatisation des universités, organisé en coordination, a réussi à faire le lien avec les lycéens et les enseignants du primaire et du secondaire. Le slogan « de la maternelle à l’université » est devenu réalité. Il s’en est fallu de peu pour que les personnels de la santé, confrontés à une même privatisation, les rejoignent. Les sans-papiers quant à eux, ont remporté des victoires en faisant converger leurs multiples points de lutte, dans des restaurants, sur des chantiers, dans les entreprises de nettoyage. Les ouvriers de Continental, appuyés par un front syndical large, ont fait infléchir un verdict inique à leur encontre.

Ces luttes, menées par la base, sont la clé d’une nouvelle donne syndicale : elles construisent l’unité nécessaire avec l’énergie et la détermination qui nous permettent de renouer avec la victoire. Les stériles querelles de chapelle désespèrent et démobilisent les travailleurs, il est urgent de favoriser de nouvelles pratiques, détournement des moyens de production, créations de coopératives... et ce faisant, rappellent chaque jour l’actualité brûlante de la lutte des classes.

Ne rien lâcher S’unir, Pour les retraites, pas de retraite

À la veille de la grande bataille pour la défense des retraites, la passivité des instances des centrales syndicales laisse présager le pire.

Il faudra se souvenir des journées d’action qui ne mènent à rien, des grèves d’un jour non reconduites sans autre effet que la perte de salaire, des manifestations en ordre dispersé qui nous divisent. Cette stratégie n’a conduit, année après année, qu’à la capitulation.

Face à la propagande actuelle sur « l’indispensable réforme » du système par répartition et les terribles déficits publics, le constat est simple : des profits colossaux sont faits par les entreprises, et cet argent, fruit du travail des salariés, se concentre dans les mains de quelques-uns… Imposons qu’il soit redistribué égalitairement et faisons en sorte que les progrès technologiques et la hausse de la productivité nous permettent à tous de travailler moins et autrement.

L’augmentation significative des salaires devient une urgence sociale et politique. Alors que les profits s’accumulent toujours pour les plus riches, que les loyers augmentent, que les soins sont de moins en moins remboursés et que les conditions de l’inflation des prix sont réunies, les salaires stagnent. Le but principal est que les bas salaires restent au plus bas et pour longtemps : environ 1 salarié sur 5 est payé au Smic et n’a aucune chance de voir évoluer son salaire, les patrons pratiquant ce niveau de salaire étant exonérés de charges sociales par l’État. Ce qui représente environ 24 milliards d’euros d’exonérations.

Au regard de ce qui manque dans les caisses de retraite, cela fait rêver. Pour améliorer les salaires, il faut revendiquer auprès des employeurs et faire pression sur l’État pour que ce palace fiscal soit restitué.

L’augmentation des salaires permet de mieux vivre tout de suite, de réalimenter les caisses sociales et de commencer à récupérer ce que les patrons et les actionnaires détournent au détriment des salariés.

Face à un patronat et un État de combat, avant de négocier et de quémander, créons le rapport de force qui nous permettra de discuter sur un pied d’égalité.

Notre force est notre nombre et notre capacité à bloquer la production : construisons la grève générale reconductible public-privé, seule stratégie susceptible d’arrêter le rouleau compresseur et de renverser la vapeur.

Pour un 1er Mai de combat, encore et toujours !

Tous ensemble à la manifestation Rendez-vous à 10h00 Place Jean ROBERT (Nîmes - Centre des impôts SAINTENAC) Parcours : Bd SAINTENAC, Bd GAMBETTA, Bd Alphonse DAUDET, Bd Victor HUGO jusqu’aux Arènes

Nîmes Mai 2010

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4 pages retraites FSU, SUD, CNT

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