CNT 66
VEREMAS, traduction

Vendanges : ALLEZ, ALLEZ… (Témoignages)

samedi 24 septembre 2016
Témoignage de quatre catalanes du Sud, venues vendanger en Catalogne Nord.
Vendanges : ALLEZ, ALLEZ… (Témoignages)

Par le passé, les vendanges étaient vécues comme un moment festif ainsi que le travail accompagné, de vin, de chansons et d’un grand repas familial. Quand on a décidé de vivre cette expérience, nous pensions que les choses avaient changé mais nous ne pouvions pas imaginer que notre expérience allait être aussi loin des vécus que nous avaient racontés nos grands parents.

Peut-être existe-t-il encore des patrons qui veulent conserver cet esprit festif et familial, comme certains de nos compagnes et compagnons nous ont raconté dans le campement ou nous nous trouvons, mais en ce qui nous concerne, nous avons été déçues.

Nous quatre, avions décidé de partir en France, puisqu’à Barcelone il n’y a pratiquement plus de travail, et que le salaire en France est un peu plus élevé. Mais quand nous sommes arrivées nous nous sommes aperçues que la plupart des patrons proposaient le salaire minimum (9,67€ brut) et n’offrent pas où pouvoir loger, ni manger, ni comme dans notre cas de l’eau.

On a trouvé du travail dans la grande propriété du Mas Amiel. Des compagnes qui ont vécues l’expérience, nous avaient déjà prévenues qu’il n’y avait pas de bonnes conditions mais nous voulions le vérifier par nous-mêmes. Jamais, nous n’avons su combien d’heures nous devions travailler, avec l’incertitude que ça comporte. Après plusieurs semaines nous n’avons pas eu de repos et la plupart des repos n’étaient pas bien définis. Pendant toute la journée en plein soleil, par un été de canicule, nous ne buvions pas d’eau puisque le patron ne la fournissait pas, pourtant d’après la convention de ce secteur il semblerait établi, que ce soit une obligation. Par ailleurs, nous étions traitées constamment par la direction d’une façon autoritaire et méprisante, sachant que la plupart des salariés ont la nécessité de préserver leur emploi d’année en année, et que par conséquent ils sont contraints de supporter ces abus sans rien dire au risque de ne pas être embauchés l’année suivante.
La convention des vendanges, est une convention spécifique, ambiguë, qui permet une interprétation très ample, ce qui permet aux patrons de pouvoir traiter les travailleurs comme bon leur semble, leur objectif étant de s’enrichir chaque fois davantage. Nous avons lu que les patrons devaient obligatoirement offrir aux travailleurs un lieu et des conditions sûres. Mais l’ambiguïté des textes permet aux patrons de se défiler face à leurs obligations de fournir un hébergement, c’est d’ailleurs ce que font la plupart. Comme d’ailleurs la multinationale « Vyva Francia » qui propose de camper au milieu des vignes, sans eau potable et à 3 km du village le plus proche (situation compliquée pour pouvoir faire des achats pour manger et autres nécessités, surtout si on n’a pas de véhicule comme c’était notre cas).

Nous, comme la plupart des vendangeurs devons vivre et dormir sous des tentes à l’intempérie par n’importe quelles conditions climatiques et tous agglutinés les uns sur les autres. Un travail pénible comme sont les vendanges, dans des conditions où les moments de repos sont difficiles voire impossibles augmentent la pénibilité à l’extrême… rendant alarmant notre état physique et psychique.

Cette expérience nous a fait réfléchir et comprendre des expériences semblables à la nôtre, tant au présent comme au passé, à savoir toutes ces personnes qui doivent se déplacer du lieu où elles habitent pour aller travailler mais aussi celles qui suite à des conditions politiques ne leur ont pas permis de rester dans leur pays, comme par exemple ces personnes exilées pendant le franquisme et qui maintenant ont fait leur vie à Perpignan. Au vu de ce monde contraint de se déplacer ou s’exiler nous avons pris conscience de la valeur de l’hospitalité et de l’appui mutuel, où les kilomètres et les frontières s’évanouissent et où la patrie devient ces personnes avec qui nous partageons la vie quotidienne, ainsi que chaque petit espace que nous occupons. Les oliviers où nous installons notre tente qui nous abritent du soleil pendant les mois de vendanges, la fontaine où nous prenons de l’eau chaque matin, les gitans et les compagnes et compagnons de la CNT qui nous accueillent comme si nous étions chez nous, ils sont notre toit et notre abri.
Ce goût amer qu’aurait pu nous laisser cette expérience des vendanges a été compensé par toutes ces démonstrations de solidarité et l’accompagnement de la part des compagnons de travail et de toutes les personnes que nous avons croisés pendant notre voyage.

Parce que nous savons qu’existe une alternative, nous continuerons à revendiquer et exiger qu’ici et maintenant le monde est à nous.

http://nordestllibertari.blogspot.fr/2016/09/verema-allez-allez-les-males-condicions.html


TEXTE EN CATALAN (original)

VEREMAS ; allez, allez…

Anys enrere la verema es vivia com l’epoca de celebracio i festes i la feina era acompanyada de vi, cançons i un gran apat familiar. Quan ens vam decidir a viure auesta experiencia, ja pensavem aue les coses havien canviat pero de cap de les maneres ens haviem imaginat que l’experiencia estaria tan allunyada de les histories que ens explicaven els nostres avis.

Es cert que encara hi ha patrons que volen conservar aquest esperit festiu i familiar, com ens han pogut compartir companys del campament on ens trobem, pero el nostre cas, com el de molts altres, ha estat bastant decepcionant.
Nosaltres quatre vam decidir marxar a França ja que hi ha manca de feina a Barcelona i el salari a França és més elevat. Pero un cop hem arribat ens hem adonat que la majoria de patrons decideixen pagar el salari minim ( 9,67€ bruts) i que no ofereixen allotjament, ni menjar, ni com en el nostre cas, aigua.

Vam trobar feina a la gran empresa Mas Amiel. Companys que ja havien viscut l’experièenciq ja ens havien informat que no hi havia molt bones condicions, i aixi ho vam experimentar nosaltres mateixes : No sabiem mai del cert quantes hores treballariem, amb l’incertesa qua aixo comporta. A més algunes setmanes no vam fer cap descans i la majoria de descansos tampoc estaven ben establerts. Durant tota la jornada a ple sol no bebiem ni gota d’aigua perque no es contemplava per part del patro, tot i que a la majoria de llocs es dona per suposat que es una obligacio per part de l’empresa, com s’estableix al propi conveni . A mes, el tracte per part de la directiva es autoritari, de menys preu constant, i donat que coneixen la necessitat dels treballadors per a mantenir el seu lloc de treball, any rere any , segueixen maltractant al personal tot sabent que els treballadors continuaran conformes amb les condicions i normalitzant aquest abus.

El conveni de la verema es un conveni especific amb una normativa ambigua que deixa maniga ample als patrons per a poder tractar als treballadors com els convingui per tal d’enriquirse mes. Veiem com s’especifica l’obligacio del patro d’oferir als treballadors un lloc i condicions segures. Davant d’aquesta normativa existeix lq possiblitat de desentendre’s de la situacio i no oferir cap allotjament, que es el que decideixen fer la majoria de patrons . I d’altres, com la multinacional Vyva Francia, ofereixen acampar entre vinyes sense aigua potable i a 3 km del poble mes proper ( situacio complicada per a comprar menjar i altres necessitats si no tens vehicle com el nostre cas).

Nosaltres i la majoria de treballadors han de dormir i conviure en campaments a la intemperie amb les condicions climatiques que hi hagi i amb aglotinament . Un treball dur com es la verema, lligat a que en el moment de repos el descans es dificultos o be impossible , fa que la feina es faci mes pesada. I que l’estat fisic i psicologic acabi sent alarmant .

Aquesta experiencia ens ha fet reflexionar i comprendre experiencies semblants a la nostre tant del present com passades, d’altres persones que tambe s’han desplaçat del lloc on vivien per anar a treballar o perque les condicions politiques no els permetien de quedar-se al seu pais , com es el cas de les persones exiliades durant el franquisme que ara viuen a Perpignan. Creiem que la visio del mon que resulta del desplaçament o de l’exili ens acaba otorgant consciencia basada en la hospitalitat i l’ajuda mutua on els kilometres i les fronteres es difuminen i on la patria la constitueixen les persones amb les que compartim la vida i cada petit espai que habitem .La olivera que rereguarda la nostre tenda del sol durant els mesos de verema , la font on agafem l’aigua cada mati, els gitanos i els companys i companyes de la CNT que ens fan sentir com a casa, son el nostre sostre i el nostre abric . Aquest regust amarg que ens podria haver deixat l’experiencia de la verema ha estat compensada amb les mostres de solidaritat ii l’acompanyament per part dels companys de treball i les persones que hem anat trobant durant el nostre viatge.

Perque sabem que existeix una alternativa, seguirem reivindicant i exigint que aqui i ara el mon es nostre.

http://nordestllibertari.blogspot.fr/2016/09/verema-allez-allez-les-males-condicions.html


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