CNT 66

POUR LE RETRAIT DE LA REFORME DU COLLEGE : TOUS EN GRÈVE LE 19 MAI !

lundi 18 mai 2015

Après la réforme 2010 des lycées, un projet néfaste pour les collèges !

• L’ASSEMBLEE GENERALE des grévistes 9H00 à la bourse du travail à Perpignan

• La MANIFESTATION DÉPARTEMENTALE
10H30 PLACE VICTOIRE, PERPIGNAN

Les organisations syndicales signataires font le constat du maintien d’une réforme du collège contestée par la majorité des enseignants, et rejetée au CSE par des organisations syndicales représentant plus de 80% des enseignants du 2nd degré.

Les organisations signataires dénoncent les méfaits de ces réformes :

Horaires disciplinaires
Diminution déguisée des horaires disciplinaires par l’introduction dans ces horaires de dispositifs (AP, EPI)
Mise en concurrence des disciplines et des établissements
Globalisation d’enseignements : « enseignements artistiques », « sciences et technologie » en Sixième, enseignements technologiques en lycée
Suppression d’options, de bilingues, de bilingues, des classes euro…
Mise à mal des Langues anciennes et des Langues régionales.
Suppression de l’accompagnement éducatif

Conditions de travail
détérioration des conditions d’études des élèves avec l’augmentation induite des effectifs de classe, la disparition des plages de travail en petits groupes ;
l’augmentation du temps de travail réel par la multiplication des réunions et conseils divers qui remettent en cause la liberté pédagogique individuelle

Fonctionnement des établissements
Modulation des horaires disciplinaires dans les établissements par le chef d’établissement, le Conseil Pédagogique (instance non démocratiquement élue et dont les membres sont désignés par le CE) et le CA, facteur d’inégalités entre les disciplines et les établissements ; Autonomie accrue des établissements
Pilotage des pratiques pédagogiques par des structures bureaucratiques : multiplication de conseils divers inutiles et chronophages, et des hiérarchies intermédiaires

Les organisations signataires
Revendiquent les moyens de s’attaquer aux inégalités : baisse des effectifs de classe, travail en groupes, horaires disciplinaires nationaux par niveau, respect de la liberté pédagogique… ; l’allègement de la charge et du temps de travail des personnels
Demandent le retrait d’une réforme des collèges loin des revendications du terrain et des besoins des élèves, et qui reprend les éléments, pourtant en échec, de la réforme du lycée qui n’a pas encore été évaluée ;
Exigent des programmes disciplinaires nationaux par niveau et préservant l’exigence culturelle de la formation de tous les jeunes.
Réclament le maintien de l’ensemble des formations de la sixième à la troisième au sein des collèges

STOP à la politique d’austérité ! RETRAIT de la réforme !

Dans un contexte déjà largement dégradé pour tous les personnels, elles appellent à poursuivre les mobilisations en cours, débattre des conditions de l’amélioration du collège et du lycée, multiplier les formes d’action, se mettre massivement en grève le mardi 19 mai et participer à :

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE des grévistes 9H00 à la bourse du travail à Perpignan
La MANIFESTATION DÉPARTEMENTALE 10H30 PLACE VICTOIRE, PERPIGNAN


Collèges. Une réforme ? Grève mardi 19 mai
A lire : l’argumentaire de la CNT

Une réforme ? Encore ? Ça va tout changer ? Les programmes ? Les méthodes ? Les objectifs du collège ? Les évaluations ?…

Eh oui, nouvelle ministre, nouvelle réforme. Tout changer ? non. Surtout pas ! Les programmes vont peut-être changer à la marge. Les méthodes resteront peu ou prou les mêmes, au gré des modes imposées par les inspecteurs-trices*. L’objectif principal du collège restera de faire le tri social. Quant aux évaluations, elles resteront au service de ce tri, qu’elles soient chiffrées ou par compétences. Elles continueront à être anxiogènes pour les élèves et sources de casse-tête pédagogiques pour les enseignant-es. Sans parler de la division en classes (classes d’âge, classes de niveau ou classes sociales) dont on ne parlera même pas.

Quelques idées paraissent bonnes, comme les Enseignements pratiques interdisciplinaires prévus dans l’emploi du temps. Ça permettra à la ministre de mettre de son côté les mouvements pédagogiques peu regardants sur les modalités d’application. Ils tiendront compagnie aux syndicats collabos qui signent des deux mains et les yeux fermés. Pourtant, il suffit d’avoir déjà travaillé dans l’éducation nationale depuis quelques années et deux ou trois réformes pour voir qu’une bonne idée comme celle-ci ne sera pas mise en œuvre comme il le faudrait : aucune heure de concertation dans l’équipe, choix limité des disciplines croisées pour des questions d’emploi du temps impossible, pressions des conservatismes pour maintenir le nombre d’heures et les lourdeurs dans les programmes, etc. Par ailleurs, tout porte à croire que les décisions ne seront pas concertées, collégiales et portées par les enfants et les travailleurs-euses. Procès d’intention ? Non, expérience. Tout sera imposé par des petits chefs et leurs chien-chiens, dans un esprit démocratique digne d’un pouvoir militaire. Nous parlerons bien sûr encore moins des conditions de travail des adultes et des élèves : précarité, « flexibilité », concurrence entre établissements, entre disciplines, travail à la maison trop important (et source d’aggravation des inégalités), classes surchargées, journées trop longues, enfermement, infantilisation, etc. Et les inégalités sociales ? Et le manque de moyens humains ? Et les créations de postes qu’on attend toujours ? Et les conditions d’accueil des élèves en situation de handicap ? Et celles des élèves isolés, qui se retrouvent de plus en plus souvent déscolarisés et à la rue ? Tout est prévu pour continuer à se détériorer, austérité oblige. Alors, ça, une réforme ? Non, c’est comme d’habitude l’expression carriériste d’un-e ministre pour faire avancer sa promotion vers plus de pouvoir, en laissant son nom sur une action politique qui ne sera même pas critiquée ; pas le temps, avant la prochaine réforme d’un autre ministre, qui n’aura surtout rien changé… Au passage, ça aura sûrement aidé à faire quelques économies. En fait, c’est clair, ce n’est pas d’une n-ième réforme dont on a besoin, mais d’une révolution !

* Il n’est jamais inutile de rappeler que l’inspection n’est pas obligatoire et qu’il est assez émancipateur et très peu risqué de la refuser (voir le site du Collectif anti-hiérarchie : www.abasleschefs.org).


Argumentaire

La nouvelle mascarade de la réforme du collège

1/ L’esprit de la « réforme ». Ce que dit la loi :
Les nouvelles modalités d’enseignement (les enseignements pratiques interdisciplinaires, l’accompagnement personnalisé et le travail en petits groupes) représenteront 20 % du temps des enseignants qu’il leur reviendra d’organiser (en conseil pédagogique) en fonction des besoins des élèves. Les nouveaux programmes, plus cohérents, laisseront à chaque enseignant plus de souplesse et de temps pour mettre en œuvre des pédagogies plus actives.

Entre les lignes : il revient au conseil pédagogique d’organiser le travail interdisciplinaire, de définir l’accompagnement personnalisé (qui n’a pas grand-chose de personnalisé car se fera en groupe ou avec l’ensemble de la classe), de choisir les heures à dispenser en effectif réduit. Aucune heure de concertation entre les équipes pédagogiques n’est envisagée pour mettre en place une telle usine à gaz !

Nos revendications : commencer par libérer du temps de concertation pour permettre de réelles pratiques de travail en équipe, pour discuter des pédagogies « actives » et les mettre en œuvre selon des modalités choisies par les enseignants et non pas par le conseil pédagogique qui est présidé par le-la chef d’établissement et dont les membres sont désigné-e-s par lui. Créer des postes pour compenser ces temps de concertation. Pour vraiment répondre aux besoins des élèves, nous sommes pour une éducation intégrale dans un lycée polytechnique.

2/ Conditions de travail des adultes et des enfants
Ce que dit la loi : les équipes pédagogiques et éducatives disposeront d’une réelle capacité d’initiative pour définir qui fera quoi pendant 4 à 5h par semaine, dans le respect des horaires disciplinaires. Chaque établissement disposera d’une réelle autonomie dans cette redéfinition des emplois du temps.

Entre les lignes : sous prétexte d’autonomie et de flexibilité, l’État se protège, et se déresponsabilise. Comme chaque établissement fera « comme il veut », les tensions pour récupérer les heures disciplinaires dans ce nouveau dispositif se porteront entre les équipes éducatives et pédagogiques et non pas sur le gouvernement qui souhaite éviter un mouvement social collectif. Les disciplines vont tout simplement être mises en concurrence, ce qui ne manquera pas de détériorer les relations entre collègues. Il s’agit de la même stratégie étatique que pour l’accompagnement personnalisé au lycée : donner l’initiative à chacun de faire au mieux sans pour autant donner les moyens nécessaires, et faire porter la responsabilité de l’échec inéluctable de ce dispositif sur les enseignants qui l’ont organisé. Ce dispositif est totalement incompris des élèves de lycée, il en sera de même au collège car aucun enseignement n’en a été tiré ! Les bahuts entrent en concurrence car l’éducation devient locale et non plus nationale. Les heures « matière » sont garanties sur une période de cycle de 2 ans dans les bahuts ECLAIR (ancien ZEP et nouveau REP) et peuvent être lissées à la guise des établissements… mais on se demande comment ça se passe pour les enfants qui déménagent ou changent de bahut en cours d’année. En matière « d’autonomie » à moins que ce soit « d’innovation », les groupes langue sont plus chargés que les groupes classe et dans certains bahuts on donne à choisir aux profs de langue « 3h en groupe chargé ou 2h30 en demi-groupe », un chantage qui ne respecte pas les horaires plancher.

Nos revendications : Baisse des effectifs d’élèves dans les classes et pas seulement sur quelques heures dans l’année, recrutement massif de personnels éducatifs, réaffirmation de la liberté pédagogique des enseignant-es. Les décisions relatives aux nouvelles modalités d’enseignement qui concernent des questions pédagogiques doivent être prises exclusivement par les équipes éducatives et non par le CA dans lequel le chef d’établissement a tout pouvoir (droit de veto).

3/ Aggravation des inégalités
Ce que dit la Loi : La mise en place d’allocation progressive permet dors et déjà de « mettre fin à la ghettoïsation des collèges ». Les enseignants ayant exercé au sein des établissements les plus difficiles de l’éducation prioritaire accéderont aux plus hauts échelons de rémunération. A l’intérieur de chaque établissement, les pouvoirs des coordonnateurs de discipline, de cycle et de niveau ainsi que des référents seront renforcés, dans la mesure où les missions de ceux-ci sont désormais reconnues grâce à des indemnités pour missions particulières qui peuvent aller jusqu’à 3 750 euros par an.

Entre les lignes : Hypocrisie et ironie se mélangent ! Des établissements en REP souffrent et luttent pour conserver leurs moyens. Chaque nouveau label des « établissements prioritaires » n’a fait que réduire leurs nombres et les moyens qui leur sont alloués (ZEP, ECLAIR, REP). La seule favorisation des salaires en REP ne suffit pas, d’autant que tous les personnels ne la touchent pas (animateurs, AED, AVS, remplaçants). Actuellement, des établissements qui sont déjà passés en REP+ ne perçoivent pas plus, voire parfois moins car les calculs se font sur des bases aberrantes. De plus les élèves de ces établissements perdent des heures d’enseignement car les heures de concertation , environ 1h30 retirées aux EDT prof, réduisent les heures élèves, le temps de cours, donc. Les heures de concertation ne sont pas remplacées par d’autres profs, ne crée pas d’emploi. On maintient les inégalités entre les établissements mais aussi en leur sein avec des inégalités salariales et le renforcement hiérarchique grâce aux IMP. Ces IMP ressemblent fort à la part modulable des ECLAIR en primaire (tellement désorganisatrice que bientôt supprimée). La seule mesure qui tendait à éviter la ghettoïsation des ZEP était la carte scolaire qui garantissait un peu de mixité sociale. La suppression de la carte scolaire a accéléré la fuite des élèves de classe sociale plus élevée vers des collèges publics « bourgeois » ou des collèges privés. Bref toutes les mesures de cette réforme sont totalement hors sujet pour répondre au phénomène de « ghettoïsation » !

Nos revendications : Rétablir la carte scolaire. Clarifier et augmenter les moyens pour les établissements accueillant les élèves les plus en difficultés. Faire profiter plus d’établissements, y compris les lycées pro, de réels dispositifs d’aide. Revenir sur la sortie scandaleuse de nombreux établissements de l’éducation prioritaire. Revalorisation salariale de tous les personnels. Mise en place d’équivalent RASED pour le secondaire. Le service public doit revenir à une obligation de moyens : à travail égal, salaire égal. Les moyens dont disposent les REP représentent, pour nous, un minimum qui devrait être pour tous.

http://www.cnt-f.org/fte/?Colleges-Une-reforme-Greve-mardi


Éducation : Appel unitaire à la grève contre la réforme des collèges

On ne peut pas faire confiance à une « réforme » qui s’inscrit dans un plan général d’austérité dont une modalité est, pour reprendre l’expression de Naomi Klein, « la socialisation des pertes et la privatisation des profits ». Même si cette réforme semble présenter de bonnes intentions telles que l’interdisciplinarité ou l’apprentissage en cycle, et que ces intentions peuvent séduire des parents qui ne sont pas au cœur du problème, il faut la lire à l’éclairage des réalités structurelles, réduction de postes, DGH (dotation globale horaire) insuffisante, précarisation des personnels, accroissement des effectifs classe.

Pour le bien-être des enfants, l’optimisation de leur apprentissage, il faut avant tout des moyens humains. On essaye de nous faire croire actuellement que les effectifs n’ont rien à voir avec la réussite des élèves et que l’on peut donc alourdir les classes. Nous pouvons opposer deux arguments. Le premier est que nous, professeurs, ne pouvons pas supporter le poids d’un bât de plus en plus lourd, que la gestion d’une classe n’est pas la même suivant l’effectif, que les corrections s’ajoutent à notre temps de travail à la maison. Le deuxième est la preuve, grâce à STAR, étude universitaire américaine, que l’avantage des petits effectifs est perceptible dés le départ des apprentissages et que ses effets sont durables. On réduit de moitié la fracture sociale en mettant les élèves en groupes à effectifs réduits.

Nous, enseignants, avons aussi ressenti ces dernières années la ghettoïsation des collèges des quartiers pauvres depuis la disparition de la carte scolaire. Cette ghettoïsation aboutit à une disparité énorme entre une infime minorité d’élèves qui vivent dans des conditions décentes et dont les parents font facilement le lien avec l’école et une majorité à 90 % de familles pauvres qui ont énormément d’autres soucis à régler avant celui de la scolarité de leurs enfants. On a aggravé la fracture sociale au sein même de l’école et rendu la situation difficilement gérable. Les familles plus aisées cherchent les filières d’excellence ou se tournent vers l’enseignement privé. Or, nous savons qu’avec des cartes scolaires garantissant une véritable mixité sociale comme elles sont dessinées en Finlande, nous travaillerions dans des classes équilibrées.

Tout nous semble concourir à faire péricliter l’Education publique alors que les collèges privés dont les enseignants sont payés par les fonds publics et les locaux de plus en plus à la charge des collectivités territoriales, ne sont pas soumis aux réformes. Ils ont totale liberté pédagogique du moment qu’ils adoptent les programmes et soumettent leurs élèves aux examens nationaux.

Certes, la « réforme » prévoit une plus grande autonomie des collèges... mais tout en allouant des crédits aux directives (rebaptisées « projets ») que le ministère fait descendre, projets qui permettent toujours une dérèglementation (rebaptisée « réorganisation) et des économies de moyens humains. Des « projets innovants » reçoivent aides et moyens humains jusqu’à ce qu’ils redescendent sous forme de directive, sans aide et sans moyens, histoire de faire plus et « mieux » aux moindres frais.

En prévoyant plus d’autonomie pour chaque établissement, plus d’autonomie pédagogique mais surtout plus d’autonomie dans la « gestion des ressources humaines » et plus de hiérarchie entre professeurs, on implique chacun en le rendant responsable du désastre.

Nous ne sommes ni dupes ni complices. Nous sommes avec les élèves et leurs familles, victimes d’une casse de l’école, de la mise en place d’un enseignement minimum public pour les pauvres destinés à peu d’études alors que parallèlement, le marché de l’Éducation est offert en cadeau au privé qui fournira une main d’œuvre plus qualifiée. Ce processus économique capitaliste est le même, que le gouvernement soit de droite ou de « gauche » sociale démocrate.

Nous souhaitons une autre école dans laquelle tout le monde soit traité dignement, les parents, les enfants, les personnels, où il y ait une véritable mixité sociale et interculturelle capable d’aller réellement vers une société égalitaire et solidaire.


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