CNT 66
Communiqué de la CNT 31

Quand l’État brise les Universités, cassons des briques !

lundi 1er décembre 2014

La CNT 31 tient à apporter son soutien, sans condition, à l’ensemble des travailleurs et des étudiants en lutte des Universités et des écoles toulousaines qui dénoncent la casse progressive de l’Enseignement supérieur et de la Recherche inscrite dans une logique de désengagement financier de l’État. Dernier coup en date porté par la racaille en col blanc du PS, une amputation de 20 % du dernier versement de la dotation de l’État aux Universités, quand le nombre global d’étudiants augmente et que les Universités sont déjà en difficulté financière. Il y aurait aujourd’hui une dizaine d’Universités déficitaires, du propre aveu du Ministère. Qu’attend t on ? Que les Facs ne puissent même plus payer leurs factures de chauffage et qu’elles n’arrivent plus à payer leurs agents ? Comment les Universités vont elles répondre à ces plans d’austérité répétés, si ce n’est par une inévitable hausse des frais d’inscription ? IEP, EHESS, Paris Dauphine, commencent ainsi à s’inscrire dans cette logique assumée d’augmentation des frais d’inscription.

De tels plans d’austérité impliquent aussi une réduction des offres de formation et une suppression des filières d’enseignement. Cette année, des étudiants de l’Université Jean Jaurès, inscrits en licence bi disciplinaire, se sont vu tout bonnement supprimer leur licence sans aucun recours et sans même qu’ils aient pu terminer leur formation. De tels plans d’austérité impliquent, du côté des enseignants, le recours massif à l’emploi de travailleurs précaires rémunérés au lance pierre (quand déjà les chargés de cours et les vacataires sont payés avec un an de retard) et la dégradation des conditions de travail et d’enseignement (gel des salaires et diminutions du nombre de postes). Alors que, dans le même temps, selon la Cour des Comptes, la fraude patronale aux cotisations sociales représente plus de 20 milliards d’euros par an. Et que dire de l’évasion fiscale à laquelle participent allègrement les ministres et les députés sans qu’ils ne soient jamais condamnés ? Quand le peuple se tait, les patrons dansent en rond !

La CNT 31 tient à apporter son soutien, sans condition, à l’ensemble des travailleurs et des étudiants en lutte des Universités et des écoles toulousaines qui dénoncent les violences policières lors des manifestations des dernières semaines et qui dénoncent l’usage de milices privées par les Présidences des Universités pour en chasser leurs propres étudiants. Au campus du Mirail, dans la nuit du 24 au 25 novembre, un hélicoptère de la gendarmerie a survolé le site durant plusieurs heures créant un climat délétère invitant à la violence. Les chiens ont même été lâchés sur les étudiants au prix d’un blessé.

De tels actes s’inscrivent dans une longue suite de répressions des mouvements sociaux.

Depuis le décès de Rémi Fraisse, lâchement tué à Sivens par les flics dans la nuit du 25 au 26 octobre, les provocations policières se sont multipliées lors des manifestations du 1er, du 8 et du 22 novembre, comme autant de prétextes à des arrestations, à des inculpations et à des condamnations disproportionnées et injustes. Rappelons qu’un étudiant en Histoire de l’art de l’Université Jean Jaurès est, comme d’autres encore, en attente d’un procès. Pourtant, quand, le 5 novembre, la FNSEA déverse des flots de merde dans Toulouse, aucun des gros et gras Raminagrobis de l’agroalimentaire n’est inquiété.

Une fois de plus, les Forces de l’ordre montrent qu’elles n’ont jamais été les gardiennes de la paix. La CNT 31 dénonce cette justice de classe et exige la relaxe de l’ensemble des manifestants inculpés et l’amnistie de celles et ceux condamnés. La violence véritable vient de l’État, pas de ceux qui dressent des barricades ! Jamais la brique toulousaine ne sera de toute façon aussi belle que lorsqu’elle vole dans les airs.

La CNT 31 tient à apporter son soutien, sans condition, à l’ensemble des travailleurs et des étudiants en lutte des Universités et des écoles toulousaines réunis en Assemblée générale. Les AG, et les comités de lutte élus par elles, ont pleine et entière légitimité comme outils démocratiques d’action directe. Aucun autre groupe, aucune autre organisation, n’a à se substituer aux étudiants et aux travailleurs en lutte réunis en AG. C’est l’Assemblée générale encore qui définit les moyens d’action appropriés pour faire aboutir ses revendications. Tous ces moyens d’action sont valables, quand ils sont votés par l’AG.

La CNT 31 appelle à amplifier la mobilisation et à participer aux différentes actions menées par les collectifs en lutte, notamment lors :

• de la journée de mobilisation nationale dans l’enseignement, le jeudi 27 novembre, où une manifestation inter-facs et inter-lycées aura lieu à partir de 15h30 au Capitole.
• des rassemblements pendant les procès des manifestants injustement inculpés.
• du meeting et du concert de soutien, le 3 décembre au soir au campus du Mirail, pour aider financièrement les manifestants inculpés ou condamnés.
• du rassemblement, le 4 décembre à 13h00, devant le Palais de Justice.
• des actions des journées du 2 et du 11 décembre.

La CNT 31 appelle à la convergence des luttes entre étudiants et travailleurs de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. La CNT 31 appelle à la convergence des luttes entre celles et ceux qui se battent contre le projet de barrage de Sivens et celles et ceux qui défendent un Enseignement supérieur de qualité pour toutes et pour tous ! Il ne suffit plus simplement de s’indigner ; il faut s’insurger !

Notre solidarité fait notre force ! Seule la lutte paie !

Communiqué de la CNT 31, mercredi 26 novembre 2014.

http://www.cnt-f.org/cnt31/spip.php?article1060


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