Articles avec le tag ‘Remi Fraisse’

La machine de guerre antisociale est en marche

mercredi 19 juillet 2017

Emmanuel Macron nous l’a annoncé : il ne veut pas perdre de temps pour sa nouvelle réforme du droit du travail. L’orientation est déjà fixée : donner au patronat le pouvoir de faire le droit en s’affranchissant une bonne fois pour toutes du « principe de faveur » qui a été au cœur de la construction historique du droit du travail en France.

Contre les travailleurs, une loi au service des patrons

La logique de cette loi, qui modifie le référendum d’entreprise, met fin au compte pénibilité et permet de licencier à moindre coût, est de poursuivre la dérégulation en renvoyant à la négociation d’entreprise le soin de fixer la norme en matière de droit du travail. Il s’agit ainsi d’achever l’inversion de la hiérarchie des normes : c’est-à-dire donner la primauté aux accords d’entreprise sur les conventions de branche et sur la loi. Autrement dit, faire prévaloir les accords là où les salariés sont le plus en position de faiblesse par rapport au patron.

Public – privé : nous sommes tous concernés

Ce projet de loi n’est qu’une première étape avant celle de la casse de la fonction publique.

La logique ? Attaquer le droit du travail privé pour ensuite s’en prendre aux fonctionnaires et leur appliquer les mêmes mesures en les présentant comme des privilégiés. Cette stratégie de division public/privé avait été mise en œuvre pour les retraites, par exemple.

Que nous promet Macron ? Le non-remplacement de 120 000 territoriaux, le rétablissement du jour de carence, le gel du point d’indice, l’éclatement de ce dernier selon les trois fonctions publiques (d’État, territoriale et hospitalière).

Diviser pour mieux régner : la politique de Macron est vieille comme le monde !

Que faire face à cette nouvelle régression sociale ?

Ce scénario n’est pas une fatalité, il ne tient qu’à nous de le faire échouer.

  • Puisque l’employeur nous met dans les cordes, qu’il a le rapport de force tant que nous sommes divisés, il faut retrouver l’unité des salariés.
  • Pour cela, le syndicat CNT est une arme. Pourquoi ? Parce que le syndicat CNT, c’est vous ! Pas de permanents pour vous dire quoi faire et comment le faire, mais d’autres travailleurs comme vous avec lesquels coopérer, mutualiser et se solidariser afin d’avancer nos revendications et faire reculer le patron. Contactez-nous !

Le 19 mars 2017, une Marche pour la Justice et la Dignité

dimanche 12 mars 2017

Un par mois. C’est, en moyenne, le nombre de pères, de frères, de fils que nous perdons à cause de la brutalité des forces de l’ordre. Une brutalité qui prend plusieurs formes : des techniques de pliage qui conduisent à l’asphyxie des victimes aux coups de poings, de balles ou de Taser qui, dans les pires des cas, s’avèrent mortels.

Régulièrement depuis plus de 40 ans, les nôtres sont ainsi tués par l’État Français, aux mains de ceux que l’on appelle ironiquement les « gardiens de la paix ». Régulièrement depuis plus de 40 ans, c’est l’impunité la plus abjecte et les campagnes de criminalisation qui répondent aux mobilisations de celles et ceux qui réclament vérité et justice pour leurs morts. L’acharnement policier, judiciaire et politique contre la famille Traoré, à qui nous exprimons toute notre solidarité, en est la preuve. À chaque fois, c’est la même histoire.

La répression qui nous vise, nous familles de victimes, s’est accentuée sous le régime de l’état d’urgence. Tous les abus sont devenus possibles, avec leurs lots de conséquences tragiques. Ce n’est plus la police qui s’adapte à la loi, c’est la loi qui s’adapte à la police… Et nous sommes loin d’être les seuls à avoir été visés par le renforcement des dispositifs sécuritaires et des violences d’État. En 2015, le gouvernement a déclaré une véritable guerre intérieure : il a traqué les migrants et ceux qui les défendent, poursuivi la traditionnelle répression des « Noirs », des « Arabes », des « Rroms » et plus généralement des quartiers populaires, ciblé les « Musulmans » notamment via des perquisitions, des assignations à résidence et des fermetures de mosquées totalement arbitraires…À cela s’ajoute la querre sociale qu’ont menée Valls et consors, notamment dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail. Face aux résistances des quartiers populaires et du mouvement social, on a vu les violences se déchainer en touchant des catégories jusqu’ici protégées.

Les attentats terribles que nous avons connus en 2015 et en 2016 sont venus renforcer l’arsenal sécuritaire alors qu’ils sont la conséquence directe de la politique guerrière que la France et ses alliés mènent à l’étranger. L’État Français, qui pèse toujours de tout son poids sur les peuples qu’il domine comme en Afrique, prolonge cette politique au Proche-Orient tout comme il entérine l’occupation de la Palestine. Sa « lutte contre le terrorisme » ressemble surtout à une agression permanente contre des peuples innocents. C’est, entre autres, ce qui nourrit la crise humanitaire des réfugiés, traités cyniquement comme une menace potentiellement « terroriste ». C’est le serpent qui se mord la queue : le climat de guerre intérieure permet de justifier le contrôle toujours plus brutal de la population et délivre un permis de violence aux forces de l’ordre qui répriment toutes les gueules qui ne lui reviennent pas et tous ceux qui, des familles de victimes aux manifestants contre la loi travail en passant par les militants des quartiers populaires à la ZAD, osent s’organiser contre l’État, réclamer justice et affirmer leur Dignité.

Nous sommes tous concernés !

La campagne présidentielle ne va rien arranger. Au contraire. Presque chaque nouvelle déclaration est une insulte faite à nos combats, à nos préoccupations et à nos urgences.

  • Parce que nous ne nous soumettrons pas à l’arbitraire du pouvoir,
  • Parce que les mots « justice » et « dignité » ont encore un sens pour nous,
  • Parce que nous pensons qu’il est primordial de nous organiser, ensemble, pour lutter contre la guerre faite aux pauvres, aux migrants, aux descendants de colonisés,

Nous appelons tout-e-s celles et ceux qui se sentent concernés par ces sujets à nous rejoindre dans toutes les initiatives à venir (voir calendrier au bas de la page) et à participer très largement à la Marche pour la Justice et la Dignité qui aura lieu le dimanche 19 mars 2017 à Paris.Contre la hogra, contre l’humiliation, contre le racisme et les violences policières, contre les guerres lâches faites en notre nom contre des peuples qui ne nous ont rien fait.

Retrouvons espoir, force et unité pour faire bloc ensemble au nom de la Justice et de la Dignité.

 

Vous pouvez aussi signer l’appel à titre individuel : https://www.change.org/p/france-fin-de-l-impunit%C3%A9-et-des-violences-d-%C3%A9tat?recruiter=655421927&utm_source=share_for_starters&utm_medium=copyLink

Mort de Rémi Fraisse : les médias encore à côté de la plaque

jeudi 6 novembre 2014

« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. » Albert Londres

Cette citation d’Albert Londres est l’une des plus fondamentales de la profession journalistique. Nous, travailleurs de la presse et des médias, avons le regret de constater que la couverture médiatique autour de l’assassinat de Rémi Fraisse ne donne pas l’impression que la profession s’inspire de celui qu’elle désigne volontiers comme son modèle.
La mort d’un manifestant tué par les forces de l’ordre constitue l’une des plus graves situations que puisse connaître une société qui se veut démocratique. Les différents médias d’information semblent ne pas vouloir, dans leur écrasante majorité, prendre la mesure de l’évènement. Pire, la plupart des rédactions semblent avoir pris leur parti dans cette affaire, là où le public serait en droit d’attendre pour le moins l’impartialité, l’honnêteté et le sérieux.
Ainsi, après que Rémi Fraisse eut été tué dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre, les rédactions s’accommodèrent des informations de la gendarmerie et de celles du procureur d’Albi et se contentèrent de couvrir l’évènement comme un simple fait divers.
Les versions changeantes de la gendarmerie, l’usage avéré de grenades offensives contre des manifestants et, simplement, un mort dans une manifestation en France sont autant de raisons, pour les rédactions, de mener une enquête sérieuse et indépendante, afin de remplir leur rôle de contre-pouvoir.
Dans cette affaire, les rédactions semblent avoir fait leur choix, celui d’être faible avec les forts et fort avec les faibles. Plusieurs médias se sont étonnés de l’absence de réaction du gouvernement dans les premières quarante-huit heures alors qu’aucun n’aura pris la peine de poser les questions qui fâchent à ces mêmes responsables politiques pourtant si disponibles d’habitude pour commenter l’actualité et lancer des petites phrases.
Il a fallu la publication d’une contre-expertise, lundi 27 octobre, pour amener les rédactions à poser la question de l’utilité du projet de barrage du Testet.
En revanche, les mêmes médias se sont permis de relayer des rumeurs sans fondement et des informations non vérifiées à propos des opposants présents sur le site. Ainsi, Rémi Fraisse a été calomnié, les médias se permettant de faire courir le bruit qu’il était sous l’emprise de l’alcool au moment des faits ou encore que son sac à dos contenait des explosifs. Le même traitement médiatique a été infligé à Elsa, l’opposante blessée le 7 octobre à Sivens par une grenade lancée par un gendarme dans la caravane où elle se trouvait avec plusieurs personnes, même traitement médiatique. Dans les médias traditionnels, impossible d’entendre sa version des faits – pourtant étayée par une vidéo montrant un gendarme jeter une grenade dans sa direction – sans que sa parole soit accompagnée de termes mettant insidieusement en doute son honnêteté.
Nous, travailleurs de la presse et des médias, sommes révoltés à plusieurs titres par les dérives constatées dans le travail de nombreuses rédactions. D’abord, parce que ces errances choquent notre conscience de professionnels et d’êtres humains comme elle choque la conscience de tout lecteur ou spectateur en droit d’attendre une information de qualité. Ensuite parce que ces errances ne font que créer un climat de défiance chez beaucoup. C’est à cette défiance que doivent se confronter, de plus en plus, les reporters, journalistes reporters d’images, photographes et techniciens qui couvrent l’actualité sociale. Nous, travailleurs de la presse et des médias, refusons d’être les instruments de l’oppression.
Il ne peut y avoir de démocratie dans un pays où l’État assassine ses opposants.
Il ne peut y avoir de démocratie dans un pays où la presse se rend complice de l’État.

Le Syndicat interprofessionnel de la presse, des médias, de la culture et du spectacle – Confédération nationale du travail.