Archive pour la catégorie ‘CNT-STPCIST 49’

Appel du Comité de Grève de l’éducation du Maine et Loire

dimanche 8 décembre 2019

Compte rendu de l’AG intersyndicale et interprofessionnelle du 5 décembre 2019 à Angers

vendredi 6 décembre 2019

Grève générale illimitée dès le 5 décembre !

jeudi 28 novembre 2019

Manifestations :

Angers 11H Place Leclerc.

Saumur 10H30 Place de la République.

Tapez là où ça leur fera mal !

jeudi 14 novembre 2019

Il y a bientôt un an débutait le « Mouvement des Gilets Jaunes », un mouvement social de grande ampleur et qui perdure aujourd’hui. Le constat pour la CNT 49 est le suivant :

Malgré une forte mobilisation de la population via différents mode d’actions, le gouvernement n’a eu qu’une réponse. La répression ! Une répression qu’il tente de masquer par les quelques miettes jetées de la table (prime d’activité étendu, « maison France Services »). Le cynisme ne s’arrête pas là, ce qu’il donne péniblement d’une main, il le reprend généreusement de l’autre :

  • Destruction de l’hôpital public
  • Destruction de l’assurance-chômage
  • Destruction de la sécurité sociale
  • Destruction de la retraite
  • etc.

Dimanche 17 novembre 2019, de 9h30 à 19h00 à Saumur place de la République

Angers, Acte 53 – Gilets Jaunes – Un an déjà ! 16 et 17 novembre 2019

Ci-après, nous republions le communiqué que nous avions posté en novembre 2018, pour nous rien à changer. La lutte continue.

Face à la hausse des prix du carburant, un mouvement spontané de colère s’est développé. Les classes populaires et moyennes sont attaquées une fois de plus au portefeuille et ont encore plus de mal à boucler les fins de mois. Il n’a pas fallu bien longtemps pour que les populistes de tout poil en fassent leur beurre. De surenchères en surenchères, l’extrême-droite et la droite extrême cherchent à tout prix à récupérer ce mouvement.

Toutefois, chacun d’entre nous doit prendre conscience que cette hausse du carburant n’est qu’un élément parmi d’autres qui nous montre que notre mode de vie est condamné à disparaître. La cause du mal n’est jamais nommée réellement, le responsable c’est le capitalisme. Depuis le Capital, on savait le capitalisme suicidaire, mais là il a allumé le gaz et va faire sauter tout l’immeuble, et nous avec.

Les capitalistes ont mis en place dans les pays riches une société de consommation à outrance où l’individu.e n’existe et n’a de sens que dans ce qu’il possède (voiture / TV / le dernier Apple coûte un SMIC mensuel !) Nous le savons que ce mode de vie est en train de détruire notre planète car il n’y aura jamais assez de ressources et le pétrole va être de plus en plus rare donc de plus en plus cher ! Et à qui profite tout ça ? Et bien vous le savez ! Aux capitalistes, ces 1% qui possèdent autant de richesse que les 99% d’autres. L’homme le plus riche de France gagne en 1h ce que nous mettons 1 an à gagner ! Les 56 personnes les plus riches du monde possèdent autant de richesses que les 3.5 MILLIARDS d’habitants les plus pauvres.

Et pour fabriquer tout ça, les capitalistes exploitent les peuples des pays pauvres pour continuer à s’enrichir. Ils sont loin de nos regards mais nous ne pouvons consommer que s’ils sont exploités ! A chaque Smartphone acheté, c’est un.e enfant.e du Nord Kivu (Congo) qui est mis.e en esclavage. Les capitalistes ont mis en place de longue date l’obsolescence programmée car oui ! si l’on ne consomme plus, leurs profits s’effondreront !

Face à la dégradation de nos environnements, à la disparition des espèces animales, aux inégalités sociales, à la situation les migrant.e.s, des luttes et des combats naissent chaque jour partout dans le monde et ils ont le même ennemi : le capitalisme comme modèle d’organisation sociale. Face à ces contestations toujours plus nombreuses, les capitalistes et les gouvernements serrent la vis, criminalisent les mouvements sociaux, frappent et tuent ! Les capitalistes et les gouvernants tentent de détruire chaque jour un peu plus toutes les solidarités et les protections sociales. Le projet des capitalistes est celui-ci : tout pomper jusqu’à la dernière goutte, jusqu’à la dernière ressource, jusqu’aux derniers dollars, frapper sur les têtes qui se relèveraient et après eux, le déluge…

Si l’on souhaite sauver ce qui peut l’être et permettre à nos enfants et petits enfants de vivre tout simplement, nous devons changer radicalement de mode de vie et détruire le modèle capitaliste. Nous revendiquons : une société solidaire, sociale et libertaire. Une société basée sur une production coopérative, on produit ce dont nous avons besoin, avec des écoles émancipatrices, des transports en communs pour tou.t.es grâce à un service public de qualité, un système de santé efficace pour tous.tes. Une société où l’on pourrait travailler et consommer là où on vivrait. Une société où personne ne pourrait avoir le superflu tant que tout le monde n’aurai pas le nécessaire.

Pour le 17 novembre, plutôt que de cramer de l’essence pour bloquer une route nous invitons à « taper » là où ça leur fera mal : dans le portefeuille des capitalistes, le 17 novembre boycottez les commerces, refusez de prendre votre véhicule et faites leur perdre de l’argent ! Virez les populistes de vos actions et créons collectivement un mouvement social plus large avec la construction d’une grève générale nationale et illimitée.

Souffrances au travail : STOP

mardi 5 novembre 2019

Angers devant la DSDEN 49, rue Dupetit-Thouars le 6 novembre à 14h.

LA GRANDE OURSE REVIENT – COMMUNIQUÉ D’OUVERTURE ?

dimanche 3 novembre 2019

Trois mois après son expulsion du 34 boulevard Daviers, la Grande Ourse ré-ouvre ses portes… dans un bâtiment trois fois plus grand et encore plus près du centre-ville, sous un nouveau format, et avec de nouveaux objectifs. Elle vous convie ce soir (samedi 2 novembre) à son Assemblée Générale Publique, dès 18h, à sa nouvelle adresse : 6 quai Robert Fèvre.

Constat 1 – La situation concernant le logement sur Angers s’est encore dégradée ?

On le voit depuis plusieurs semaines. Alors que les associations – SOS Migrants, LDH, collectif de veilleur-euse-s, coordination migrants – alertent depuis des années sur les capacités insuffisantes en terme de logements et d’hébergement d’urgence sur Angers, la situation cette année s’est encore dégradée. On ne compte plus les soirs où ce sont des dizaines d’hommes, de femmes, de familles avec enfants qui, malgré le travail des jokers, ne disposent d’aucune solution, en ce début novembre pluvieux.

Plus de 700 refus ont été comptabilisés pour le seul mois d’octobre. Non seulement des demandeur-euse-s d’asiles mais également des personnes aux droits ouverts : sdf français ou exilé-e-s ayant obtenu le statut de réfugié…


Le positionnement, tant de la mairie, en la personne de M. Christophe Béchu, et de son adjointe au solidarité, Mme Le Goff, sont très clairs : ils n’ouvriront pas de places supplémentaires. Ils assument publiquement de laisser des familles entières à la rue. Même son de cloche du côté de la préfecture et de la DDCS (Direction Départemental de la Cohésion Sociale).

Pire, celle-ci s’est même mise en tête de chasser et déloger les personnes qui, ne disposant pas de place systématiquement au 115, avaient installé des tentes et couvertures devant. M. Bradfer (DDCS) n’a pas hésité à envoyer les forces de l’ordre pour mettre la pression sur ces populations, leur volant les maigres affaires qu’ils avaient laissé là.


Enfin, la question de l’accès au logement étudiant ne s’est pas améliorée. Après une année universitaire difficile l’an dernier, il apparaît qu’encore plus d’étudiant-e-s ne disposent pas de logement, et s’entassent parfois à 4 ou 5 dans un studio. Il est très fréquent que nous recevions un mail ou un message sur la page Facebook de la Grande Ourse provenant d’un étudiant qui cherche un endroit où habiter pour simplement poursuivre ses études.

Nous vivons dans une ville en mutation, qui investit dans des patinoires, dans des esplanades, dans de nouveaux trams… Et aucune infrastructure n’est développée pour pallier cette crise de plus en plus dramatique ; et alors que l’automne avance, certaines personnes se demandent si elles passeront l’hiver.

Constat 2 – La crise de l’accès au logement n’est que la partie émergée d’une situation d’urgence sociale et écologique absolue

L’année écoulée a été marquée par le retour de tensions sociales dont on ne connaît que peu de précédents dans notre pays. La révolte sociale des gilets jaunes, qui a connu une répression inédite, marque que la situation sociale est extrêmement préoccupante : et que même les classes moyennes commencent à vivre avec le spectre d’un déclassement brutal. La rue n’est plus loin pour beaucoup.
Mais l’urgence que nous traversons est aussi celle d’une situation climatique, énergétique et de la biodiversité sur le seuil de l’effondrement. Le futur, pour nos générations, semble plus qu’obscur : et si l’avenir s’ouvre peut-être au fenwick, il est aussi maintenant nécessaire de penser à s’organiser en tissus résilient, porteur d’un monde désirable.
La réalité, c’est que la crise n’est plus un moment, mais le régime qui conduira nos vies : de la santé à nos pompiers, du krach à venir aux répressions généralisées de toutes formes de luttes sociales ou écologiques, des assassinats policiers dans les quartiers aux mutilé-e-s des cortèges, de l’espoir toujours renouvelé d’un retour messianique de la croissance aux baisses drastiques des aides aux associations faisant le travail sur le terrain (comme a pu le connaître le planning familial à Angers par exemple) : il ne s’agit plus de passades, mais d’un monde à l’intérieur duquel nous devons trouver des îlots pour y survivre.

– Riposte : s’organiser et vivre

NOUS VOULONS UN LIEU POUR HÉBERGER
… dans un format moindre à celui de la Grande Ourse, le nouveau bâtiment accueille des personnes en situation de grande précarité – SDF français-e-s ou exilé-e-s, étudiant-e-s sans logement. L’Assemblée de lutte pour le logement reprend dès ce mois de novembre.

NOUS VOULONS UN LIEU POUR S’ORGANISER
… nous ne pouvons plus attendre que l’État ou des groupes privées continuent à assurer des services qui s’effritent et auxquels de moins en moins ont accès. Il est plus que temps de s’auto-organiser autour d’une plateforme permettant aux luttes de se croiser et s’organiser. Le nouveau lieu disposera prochainement d’espaces de réunions, de bureau, de conférences pour que les groupes, collectifs, et associations en lutte puissent disposer d’une assise matérielle afin de mener à bien leur combat.

NOUS VOULONS UN LIEU POUR SE RETROUVER
… puisqu’ils nous restent si peu d’espace dont nous disposons, et qui soit ouvert à l’appropriation de chacun-e. Un lieu doit être ouvert et offert : un espace de convivialité, sous la forme d’un café associatif, sera inauguré ce mois-ci.

NOUS VOULONS UN LIEU POUR FAIRE VIVRE L’ART
… puisque la grande précarité touche aussi celles et ceux qui font vivre nos imaginaires, nous voulons que des ateliers de création puissent s’installer dans ce bâtiment.

NOUS VOULONS UN LIEU POUR SE PRÉPARER A L’AVENIR
… et il nous sera dès lors nécessaire de nous ré-approprier des compétences minimales, liées à l’agriculture, l’alimentation, l’artisanat, la construction. Le RAARE s’empare de la nouvelle Grande Ourse ; des espaces d’ateliers pour la transmission de savoir-faire et la constitution d’un tissu résilient sont mis en places.

NOUS VOULONS UN LIEU POUR REPRENDRE MAIN SUR NOS VIES ET NOS VILLES
… puisque depuis trop longtemps nos villes nous échappent ; puisque les centre-villes n’ont comme destin que de devenir des galeries commerçantes et hygiénisées ; puisque la ville appartient à ses citoyen-ne-s et non aux promoteurs et leurs ami-e-s élu-e-s. Reprendre les centre-villes, à l’heure des dignités bafouées, c’est reprendre puissance, c’est reprendre dignité.

N’est-il pas précisément le moment pour retrouver des programmes communs ? N’est-il pas temps de faire nous-mêmes émerger les sujets qui nous concernent, et de s’organiser vis-à-vis de ceux-là ?

NOUS INVITONS TOUTES CELLES ET CEUX, EN LUTTE, CURIEUX-SES OU INDIGNÉ-E-S, A NOUS REJOINDRE CE SOIR (samedi 2 novembre) DES 18H POUR L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PUBLIQUE D’OUVERTURE ! RDV AU 6 QUAI ROBERT FEVRE.

Nous appelons à un samedi de RESISTANCE sur Angers

vendredi 1 novembre 2019

Soyez nombreux à résister, à dire STOP les guerres, STOP les violences, STOP la misère :

Journée Mondiale de Résistance pour le Rojava – 2 Novembre :

« Le 1er novembre 2014, des millions de personnes dans le monde entier sont descendues dans la rue pendant un jour pour exprimer leur solidarité avec la résistance héroïque de Kobanê. Nous appelons le 2 novembre de cette année à être une journée de résistance mondiale contre la guerre d’agression turque, pour briser la normalisation de la situation et mettre fin aux offensives. Participez à des actions créatives et variées de désobéissance civile, des manifestations et bien d’autres, et envahissez les rues et les espaces publics. Tant que la tuerie continue, la résistance ne doit pas s’arrêter. »

Nous vous appelons à faire de ce 2 novembre un moment fort de résistance sur Angers :

16H30 devant la préfecture d’Angers, apporter votre soutien aux Kurdes du
Rojava !

Communiqué de la CNT de Barcelone face aux derniers événements

jeudi 31 octobre 2019

Face à la confusion de certain·e·s de nos camarades en France sur la lutte du peuple catalan pour son autodétermination dans un moment où les libéraux du pays poussent par des intérêts capitalistes à une « démocratie républicaine », face aussi à la propagande médiatique bourgeoise qui essaye de dire que des groupes radicaux d’anarchistes poussent à l’extrême violence ce mouvement de contestation et qu’ils participent activement, il faut rappeler la position des groupes libertaires, qu’ils soient dans les syndicats ou pas.

Face à la confusion de certain·e·s de nos camarades en France sur la lutte du peuple catalan pour son autodétermination dans un moment où les libéraux du pays poussent par des intérêts capitalistes à une « démocratie républicaine », face aussi à la propagande médiatique bourgeoise qui essaye de dire que des groupes radicaux d’anarchistes poussent à l’extrême violence ce mouvement de contestation et qu’ils participent activement, il faut rappeler la position des groupes libertaires, qu’ils soient dans les syndicats ou pas.

La CGT et la CNT, les deux syndicats anarchistes, ont réagi depuis bien longtemps et ont même signé des textes ensemble pour ce positionner contre le nationalisme qui détruit tout leur travail de lutte des classes dans les quartiers et dans les lieux de travail pour de meilleures conditions de vie en Catalogne et en faveur des travailleurs et travailleuses immigré·e·s. Si les anarchistes participent de ce mouvement, les raisons sont autres (anticarcérale, contre la répression policière et contre l’État – qu’il soit espagnol ou catalan). Ci-dessous, nous pouvons lire le dernier communiqué de la CNT de Barcelone publié le 18 octobre 2019 dans le journal Solidarid Obrera.

Confédération nationale du travail Barcelona face aux derniers événements

La décision du procès qui a entraîné des peines de prison disproportionnées pour douze personnalités de la vie politique catalane pour différents crimes représente un net recul des libertés, car elle génère une jurisprudence qui finira par être utilisée contre la contestation sociale sous toutes ses formes. Par conséquent, nous comprenons la réponse sociale dans les rues.

À la CNT Barcelone, nous voulons faire connaître notre position sur les événements répressifs qui ont suivi : des dizaines de blessés, un jeune homme qui a perdu un œil, un autre qui a perdu un testicule, etc. Face à un tel spectacle, la seule chose que nous puissions faire est de nous positionner contre la répression : la CNT ne sera jamais du côté du bourreau.

Ceci dit, nous souhaitons également déclarer qu’en tant qu’organisation de classe, nous sommes à la fois contre le projet relatif à l’État espagnol autant qu’à l’État catalan. Étant donné que chaque État, dans l’exercice du monopole de la violence et en tant qu’instrument de l’oligarchie, vise à contrôler et à extraire la richesse générée par la classe ouvrière au profit de quelques-uns. À cette occasion, la bourgeoisie catalane a elle-même été victime des réseaux répressifs d’une démocratie libérale, à laquelle elle est indispensable depuis des décennies. Nous ne pouvons pas oublier la torture dans les prisons catalanes, la corruption systématique et la répression à l’égard de notre organisation et de nombreux autres groupes et personnes qui en ont été victimes. Dans un exercice évident d’hypocrisie et de cynisme, nous avons été témoins de la façon dont le président Quim Torra a encouragé le peuple à manifester et à le réprimer ensuite avec la police. Le ministre des Affaires étrangères, Miquel Buch, a défendu les actions des Mossos, condamnant la « violence des manifestants ». Oriol Junqueras continue d’insister pour que le conflit soit résolu aux urnes, bien sûr.

Nous nous tournons vers la classe ouvrière de Catalogne qui est descendue dans la rue pour lui exprimer avec conviction que ce ne seront ni les dirigeants politiques, ni ceux des drapeaux rances et ensanglantés, ni ceux des enseignements nouveaux et prometteurs qui nous mèneront vers une société plus sociale, juste et libre. Ils ne le seront pas parce qu’ils ne l’ont jamais voulu, parce qu’ils ont toujours défendu en fin de compte des intérêts très spécifiques, les leurs. C’est pourquoi ils n’ont pas hésité, et n’hésiteront pas, à utiliser les gens pour se protéger, en utilisant les illusions et les sentiments de la population, en canalisant la culture, la langue et les faits différenciateurs vers la polarisation et le nationalisme. Un nationalisme qui, comme tous les autres, est abstrait ne définit rien au-delà de ce que chacun construit dans son esprit sur l’avenir qui « offre ».

Nous souhaitons également exposer notre désaccord total concernant le comportement des syndicats de l’indépendance, qui soutiennent le projet nationaliste de grèves politiques ces dernières années, en vidant de sens un outil de lutte des travailleurs. La grève est un outil de la classe ouvrière pour s’opposer au capital, pas pour couvrir des projets patriotiques.

Nous voulons nous débarrasser des partis politiques, de ces organisations « syndicales », du nationalisme. Notre seule lutte est celle qui représente nos intérêts en tant que classe ouvrière : la lutte des classes. C’est le seul moyen. En ce sens, nos aspirations sont claires :

  • Nous nous opposons à la dernière réforme du travail (2012), qui a réduit et facilité le licenciement, généralisant le licenciement objectif, donnant à l’ETT le rang d’agences de placement, facilitant la reprise des accords et, finalement, rendant nos conditions de travail encore plus précaires.
  • Contre la soi-disant loi Gag (2015) qui était une réponse aux mobilisations sociales, qui vise à réduire au silence des sanctions — avec des amendes allant jusqu’à 600 000 euros —, à la poursuite de réunions, rassemblements, manifestations…
  • Toutes ces lois et beaucoup d’autres obéissent à une stratégie répressive et néolibérale à l’encontre de la classe ouvrière à laquelle le gouvernement catalan a également participé. Nous nous opposons également à des lois catalanes telles que Llei Aragonès, perpétrées par le vice-président du gouvernement actuel, Pere Aragonès, qui menace de privatiser et de marchandiser encore plus de services de base tels que l’éducation, la santé ou les services sociaux.

C’est notre prochain horizon, et les premières bases d’un véritable changement social, au-delà de la fumée qu’ils nous vendent depuis deux ans avec les déclarations du cirque électoral dans lequel nous évoluons. De la CNT, nous parions que la classe ouvrière est organisée sur le lieu de travail, dans les quartiers, à travers des organisations horizontales. Une stratégie cohérente est également nécessaire, qui peut commencer avec la formation de sections syndicales sur le lieu de travail pour améliorer les conditions de travail, les associations de quartier dans les quartiers pour lutter contre la spéculation urbaine, etc.

Certes, cette année marque le 100e anniversaire de la fameuse grève de la Canadiense, la grande grève grâce à laquelle la journée de huit heures a été réalisée, et qui est maintenant utilisée par des secteurs indépendants pour montrer à quel point le peuple catalan a toujours été combatif. Mais ce n’est pas le peuple catalan, mais la classe ouvrière — également immigrante d’autres parties de la péninsule — apatride et internationaliste pour la plupart, qui a joué le rôle principal dans ce grand exploit. Nous sommes profondément choqués de voir la manière dont la lutte de nos copains et nos copines est en train d’être utilisée. Sans doute, qu’ils et elles ont du faire face à la tentative par certains de donner à leur lutte un caractère « identitaire ». Ils et elles n’avaient pas de doutes, ils et elles savaient appartenir à la classe ouvrière, car ils et elles étaient organisés à la CNT.

Pour lire l’original en catalan et en espagnol :
https://lasoli.cnt.cat/2019/10/18/opinio-cnt-barcelona-davant-els-ultims-esdeveniments-repressius/

La CGT et la CNT, les deux syndicats anarchistes, ont réagi depuis bien longtemps et ont même signé des textes ensemble pour ce positionner contre le nationalisme qui détruit tout leur travail de lutte des classes dans les quartiers et dans les lieux de travail pour de meilleures conditions de vie en Catalogne et en faveur des travailleurs et travailleuses immigré·e·s. Si les anarchistes participent de ce mouvement, les raisons sont autres (anticarcérale, contre la répression policière et contre l’État – qu’il soit espagnol ou catalan). Ci-dessous, nous pouvons lire le dernier communiqué de la CNT de Barcelone publié le 18 octobre 2019 dans le journal Solidarid Obrera.

Confédération nationale du travail Barcelona face aux derniers événements

La décision du procès qui a entraîné des peines de prison disproportionnées pour douze personnalités de la vie politique catalane pour différents crimes représente un net recul des libertés, car elle génère une jurisprudence qui finira par être utilisée contre la contestation sociale sous toutes ses formes. Par conséquent, nous comprenons la réponse sociale dans les rues.

À la CNT Barcelone, nous voulons faire connaître notre position sur les événements répressifs qui ont suivi : des dizaines de blessés, un jeune homme qui a perdu un œil, un autre qui a perdu un testicule, etc. Face à un tel spectacle, la seule chose que nous puissions faire est de nous positionner contre la répression : la CNT ne sera jamais du côté du bourreau.

Ceci dit, nous souhaitons également déclarer qu’en tant qu’organisation de classe, nous sommes à la fois contre le projet relatif à l’État espagnol autant qu’à l’État catalan. Étant donné que chaque État, dans l’exercice du monopole de la violence et en tant qu’instrument de l’oligarchie, vise à contrôler et à extraire la richesse générée par la classe ouvrière au profit de quelques-uns. À cette occasion, la bourgeoisie catalane a elle-même été victime des réseaux répressifs d’une démocratie libérale, à laquelle elle est indispensable depuis des décennies. Nous ne pouvons pas oublier la torture dans les prisons catalanes, la corruption systématique et la répression à l’égard de notre organisation et de nombreux autres groupes et personnes qui en ont été victimes. Dans un exercice évident d’hypocrisie et de cynisme, nous avons été témoins de la façon dont le président Quim Torra a encouragé le peuple à manifester et à le réprimer ensuite avec la police. Le ministre des Affaires étrangères, Miquel Buch, a défendu les actions des Mossos, condamnant la « violence des manifestants ». Oriol Junqueras continue d’insister pour que le conflit soit résolu aux urnes, bien sûr.

Nous nous tournons vers la classe ouvrière de Catalogne qui est descendue dans la rue pour lui exprimer avec conviction que ce ne seront ni les dirigeants politiques, ni ceux des drapeaux rances et ensanglantés, ni ceux des enseignements nouveaux et prometteurs qui nous mèneront vers une société plus sociale, juste et libre. Ils ne le seront pas parce qu’ils ne l’ont jamais voulu, parce qu’ils ont toujours défendu en fin de compte des intérêts très spécifiques, les leurs. C’est pourquoi ils n’ont pas hésité, et n’hésiteront pas, à utiliser les gens pour se protéger, en utilisant les illusions et les sentiments de la population, en canalisant la culture, la langue et les faits différenciateurs vers la polarisation et le nationalisme. Un nationalisme qui, comme tous les autres, est abstrait ne définit rien au-delà de ce que chacun construit dans son esprit sur l’avenir qui « offre ».

Nous souhaitons également exposer notre désaccord total concernant le comportement des syndicats de l’indépendance, qui soutiennent le projet nationaliste de grèves politiques ces dernières années, en vidant de sens un outil de lutte des travailleurs. La grève est un outil de la classe ouvrière pour s’opposer au capital, pas pour couvrir des projets patriotiques.

Nous voulons nous débarrasser des partis politiques, de ces organisations « syndicales », du nationalisme. Notre seule lutte est celle qui représente nos intérêts en tant que classe ouvrière : la lutte des classes. C’est le seul moyen. En ce sens, nos aspirations sont claires :

  • Nous nous opposons à la dernière réforme du travail (2012), qui a réduit et facilité le licenciement, généralisant le licenciement objectif, donnant à l’ETT le rang d’agences de placement, facilitant la reprise des accords et, finalement, rendant nos conditions de travail encore plus précaires.
  • Contre la soi-disant loi Gag (2015) qui était une réponse aux mobilisations sociales, qui vise à réduire au silence des sanctions — avec des amendes allant jusqu’à 600 000 euros —, à la poursuite de réunions, rassemblements, manifestations…
  • Toutes ces lois et beaucoup d’autres obéissent à une stratégie répressive et néolibérale à l’encontre de la classe ouvrière à laquelle le gouvernement catalan a également participé. Nous nous opposons également à des lois catalanes telles que Llei Aragonès, perpétrées par le vice-président du gouvernement actuel, Pere Aragonès, qui menace de privatiser et de marchandiser encore plus de services de base tels que l’éducation, la santé ou les services sociaux.

C’est notre prochain horizon, et les premières bases d’un véritable changement social, au-delà de la fumée qu’ils nous vendent depuis deux ans avec les déclarations du cirque électoral dans lequel nous évoluons. De la CNT, nous parions que la classe ouvrière est organisée sur le lieu de travail, dans les quartiers, à travers des organisations horizontales. Une stratégie cohérente est également nécessaire, qui peut commencer avec la formation de sections syndicales sur le lieu de travail pour améliorer les conditions de travail, les associations de quartier dans les quartiers pour lutter contre la spéculation urbaine, etc.Certes, cette année marque le 100e anniversaire de la fameuse grève de la Canadiense, la grande grève grâce à laquelle la journée de huit heures a été réalisée, et qui est maintenant utilisée par des secteurs indépendants pour montrer à quel point le peuple catalan a toujours été combatif. Mais ce n’est pas le peuple catalan, mais la classe ouvrière — également immigrante d’autres parties de la péninsule — apatride et internationaliste pour la plupart, qui a joué le rôle principal dans ce grand exploit. Nous sommes profondément choqués de voir la manière dont la lutte de nos copains et nos copines est en train d’être utilisée. Sans doute, qu’ils et elles ont du faire face à la tentative par certains de donner à leur lutte un caractère « identitaire ». Ils et elles n’avaient pas de doutes, ils et elles savaient appartenir à la classe ouvrière, car ils et elles étaient organisés à la CNT.

Pour lire l’original en catalan et en espagnol :
https://lasoli.cnt.cat/2019/10/18/opinio-cnt-barcelona-davant-els-ultims-esdeveniments-repressius/

Communiqué de la CNT : Solidarité avec le Rojava

lundi 14 octobre 2019

Ces derniers jours, l’armée turque, profitant du désengagement opportun
des Etats-Unis, mène une offensive importante dans le nord-est du
territoire syrien jusqu’alors contrôlé par les forces kurdes et arabes
de l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie.

Cette attaque militaire a non seulement pour objectif d’asseoir
l’influence du président turc, Recep Tayip Erdogan, dans la région mais
aussi, et surtout, de mettre fin à l’alternative politique présente au
Rojava. Si les dirigeants des pays occidentaux ont mollement réagi,
cherchant à masquer leur implication directe, Erdogan n’hésite pas à
utiliser les centaines de milliers de réfugiés présents en Turquie en
menaçant l’Union européenne de leur ouvrir le passage vers l’ouest.

Les forces révolutionnaires kurdes et arabes ont été, et sont toujours,
en première ligne contre tous les fascismes, tous les régimes
autoritaires de la région : Etat islamique, gouvernements syriens ou
turcs…

En plus de mener ce combat pour la démocratisation de la région,
l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie a proposé et
mis en œuvre un système politique original, basé sur le respect de la
diversité culturelle et religieuse, la démocratie directe, le féminisme,
l’écologie. Ces valeurs et principes sont les nôtres.

Réuni les samedi 12 et 13 octobre 2019, le Secrétariat International de
la CNT exprime toute sa solidarité aux peuples du Rojava et à la
résistance. Nous appelons à participer à l’ensemble des mobilisations
appelées par les réseaux de solidarité avec le peuple kurde en France et
ailleurs.

BIJI KURDISTAN !

Solidarité internationale contre le fascisme d’Erdogan !

samedi 12 octobre 2019