Union des Syndicats CNT de la Loire

(Interpro, PTT, Santé-Social, Éducation,
Communication, Culture et Spectacles)

A Paris, la "maison des roms" incendiée à coups de cocktails Molotov
[Posté le 2/11/2011]

Communiqué du Collectif contre la xénophonie :

La Maison des roms incendiée à coups de cocktails Molotov

Aujourd’hui, 24 octobre, dans la soirée, des individus en cagoule ont attaqué la Maison des Roms, au 163 rue des Pyrénées, dans le XXème arrondissement de Paris, à coups de cocktail Molotov.

Ces hangars, qui abritaient une centaine de Roms depuis près d’un an, ont flambé et se sont effondrés. Tous ses habitants ont pu sortir à temps. Un d’entre eux est à l’hôpital.

Cette agression fait suite à une manifestation de prétendus voisins, il y a deux jours, où certains manifestants avaient annoncé le programme : « on va tout faire brûler ! » Le Collectif contre la xénophonie dénonce cette agression raciste inqualifiable.

Nous appelons les autorités à prendre toutes les mesures pour identifier les agresseurs, et faire qu’ils répondent de leurs actes.

Il y avait dans ce bâtiment des familles avec des enfants, des bébés, des vieux, des personnes malades. Et il aurait pu y avoir de nombreuses victimes.

On ne saurait exagérer la gravité de tels actes.

Les autorités politiques ont dans cette affaire de très graves responsabilités.

En appelant à la chasse aux roms, le Président de la République a engagé un mouvement dont on mesure aujourd’hui les conséquences. De même, la mairie du XXème arrondissement ne s’est pas illustrée pour le mieux en encourageant des manifestations de riverains où se sont mêlés manifestement des éléments carrément dangereux.

Les autorités municipales se doivent de répondre dignement face à cette manifestation d’un racisme radical qui ne doit pas avoir sa place ici.

Les responsables de ces actes doivent être poursuivis, et les victimes protégées.

Collectif contre la xénophobie

p.s. On trouve l’info mise à jour sur Paris s’éveille. Dernière dépêche :

Un autre communiqué, datant de mardi (avant qu’un corps n’ait été découvert dans les décombres) qui montre bien comment les victimes de l’incendie criminel sont prises en charge par les pouvoirs publics :

Hier soir, la maison des Roms a brûlé, ce matin déjà 45 personnes à la rue

A neuf heures du matin, quarante cinq rroms ont été « virés » de l’hôtel où ils avaient été transportés pour quelques heures ! Les habitants ne savent pas où aller.

A 21h30 lundi soir, le feu s’est propagé à deux endroits en même temps. Les habitants ont vu des personnes sur le toit jetant des bouteilles d’essence. Il n’y a eu, par chance, aucune victime sérieuse. Un monsieur a tout de même été envoyé à l’hôpital, « mais nous avons pu lui parler au téléphone » rassurent les habitants.

Rappelons que les bâtiments où vivaient les familles n’étaient pas déclarés insalubre, puisque l’architecte de la préfecture était passé dès le début de l’occupation et avait fait son rapport, déclarant que le bâtiments du fond, celui qui a entièrement brûlé cette nuit était salubre.

Hier soir, la police formait un cordon de sécurité afin de bloquer le passage des voitures et des piétons de chaque côté de la route, tandis que les habitants de la Baraka et quelques personnes ayant été prévenue aussitôt par les habitants sont restés pendant plus de quatre heures dans un autre « périmètre de sécurité » en plein milieu du dit périmètre de sécurité.

Ils ont ensuite été « mis à l’abri de la pluie » dans le hall de l’immeuble en face du 163. Hall qui s’est vu peu a peu vidé des personnes venues en soutiens, apporter des vêtements chaud. Et, interdit d’accès par la police. Une liste des noms a alors été établi « par famille », au sens parents-enfants.

Un bus est venu les chercher pour les transporter à la salle des fêtes de la mairie où les soutiens des associations qui travaillent avec les habitants n’ont été pas été acceptés pour les accompagner, pas même leur traducteur, seul l’éducateur de l’association Harissa sauce blanche qui s’est occupé en particulier de la scolarisation des enfants de la Baraka a été « réquisitionné » pour aider à former les groupes par famille.

La police a fait dégager physiquement les militants des associations qui s’inquiétaient que tous soient pris en charge. Une femme, grand mère d’un petit enfant qui vit à la baraka, a eu du mal a faire monter le petit dans le deuxième bus. La police lui refusant l’accès parce qu’elle même ne vivait pas là. Alors que des véhicules avaient été sortis de la baraka pendant l’incendie et devaient être bien garés pour ne pas être embarqué par la fourrière, la police très zélée a procédé à des contrôles de papiers des véhicules ne tenant pas compte du fait que toutes les affaires des habitants ont brûlé.

A trois heures du matin la plupart des habitants ont été déposés dans des hôtels de la ville, une quinzaine a refusé d’être transporter dans le 91 et sont restés dans la salle des fêtes. « On nous a demandé nos dates de naissances » précise un jeune homme de Baraka, qui ne comprend pas pourquoi.

A neuf heures du matin, quarante cinq rroms ont été « virés » de l’hôtel où ils avaient été transportés pour quelques heures ! Ils sont revenus devant la Baraka, espérant retrouver des affaires, mais l’accès ne leur pas été autorisé compte tenu que des foyers étaient encore tenace.

Des tracto-pelles ont alors tout déblayés.

Les habitants ne savent pas où aller.

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