Union des Syndicats CNT de la Loire

(Interpro, PTT, Santé-Social, Éducation,
Communication, Culture et Spectacles)

y’a de l’eau dans le gaz et de l’électricité dans l’air !
[Posté le 2/06/2010]

Source : Les Echos http://blogs.lesechos.fr/article.ph...

Mauvaise nouvelle pour les gros consommateurs d’énergie : le prix du gaz, mais aussi celui de l’électricité devraient augmenter cet été de près de 5%. Pourtant le cours du pétrole et celui du gaz sont plutôt orientés à la baisse. Mais quand on se penche sur le sujet du prix de l’énergie en France, on comprend mieux pourquoi notre pays a créé l’école Polytechnique et pourquoi elle y verse chaque année l’élite de ses mathématiciens : c’est pour calculer les prix du gaz et de l’électricité !

En fait, il y a deux prix : un réglementé et fixé par le gouvernement après avis de la Commission de régulation de l’énergie, et un autre libre. Pour le tarif réglementé, qui concerne le plus de gens, et pour éviter toute contestation, les polytechniciens de GDF ont proposé à la commission une formule. Celle-ci tient compte de l’évolution du taux de change euro/ dollars, du prix du fioul domestique, du prix du fioul lourd et du cours du pétrole brut. C’est en vertu de cette formule que le prix devrait augmenter de près de 5% en juillet si GDF en fait la demande et si l’Etat l’accepte, après une augmentation de presque 10% le mois dernier. Pour être honnête rappelons que l’an dernier il avait baissé de 11%.

Si le prix est fonction du pétrole et pas du gaz, c’est parce que le gaz, à la différence du pétrole, n’est pas coté librement sur des marchés mais fait l’objet de contrats de long terme, de 15 à 20 ans entre les opérateurs comme GDF et les fournisseurs, qu’ils soient russe, norvégiens ou algériens. Seule une toute petite partie s’échange au jour le jour en fonction des besoins à un prix très fluctuant. Car l’essentiel du gaz est fourni par des gazoducs, ce qui implique des investissements lourds et donc des engagements à long terme. Or ces contrats sont eux même indexés sur les prix du pétrole. C’est globalement plutôt une bonne chose. Ca permet de lisser les prix dans le temps et d’échapper à la spéculation de court terme. A condition que ce soit transparent et que les évolutions échappent enfin au politique. C’est en bonne voie dans le domaine du gaz, pas encore pour l’électricité.

L’électricité aussi va augmenter, et là, attention à la migraine. Le prix de l’électricité est tout sauf transparent. Par exemple, EDF vend son électricité aux particuliers moins cher qu’en gros à ses concurrents. Et le vrai coût de la production nucléaire est sujet à controverse depuis vingt cinq ans. Faut il compter le remplacement et le démantèlement des centrales, les déchets nucléaires ? La seule certitude, c’est que la tendance est à la hausse là aussi et que le prochain changement de tarifs est déjà prévu pour le 15 août. P. ESCANDE

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