Union des Syndicats CNT de la Loire

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Communication, Culture et Spectacles)

Comment je suis passé de l’amphi à la garde à vue
[Posté le 15/04/2010]

lu sur Rue89 : http://www.rue89.com/2010/04/08/com...

Six étudiants, représentants de SUD, de la Confédération nationale du travail (CNT) et de la Fédération syndicale étudiante (FSE), ont été placés en garde à vue jeudi 1er avril au commissariat du XIVe arrondissement de Paris suite à une plainte déposée contre eux par la directrice du centre Tolbiac de l’université Paris-I pour séquestration.

Benoît, un des gardés à vue, explique qu’il s’agissait d’une occupation du bureau d’une durée d’une heure au mois de février dernier. La présidence de Paris-I, contactée par Rue89, n’a pas encore réagi.

Militant depuis plus d’un an à la FSE, je savais que mon engagement pouvait m’amener -parfois- à dépasser les limites de la légalité, mais à la lumière de la dégradation des conditions dans lesquelles nous étudions, et des libertés syndicales, cela s’avérait légitime.

De manière concertée, les syndicats FSE, SUD Etudiant et CNT, ainsi que des militants associatifs de Paris-I, le 26 février, décidèrent de se rassembler dans le bureau de la directrice du centre Pierre Mendes-France, un des centres de l’université Paris I. Un rassemblement qui se voulait avant tout symbolique et qui n’entraîna aucune dégradation et aucune violence.

En effet, la directrice du centre, présente dans son bureau, a pu à tout moment se déplacer, accéder à son téléphone et à son fax. Pourtant, la présidence de l’université affirma et affirme encore aujourd’hui le contraire. Elle n’a pas hésité à porter plainte pour séquestration contre des syndicalistes qui sont pour la plupart des élus étudiants. Interdiction des réunions « à caractère politique »

Monsieur Jean-Claude Colliard, président de l’université Paris I, se dit « partisan des libertés syndicales ». Pourtant, il ne méconnait pas la situation sur le centre Pierre Mendes-France de Tolbiac, où il devient de plus en plus difficile de faire notre travail syndical.

La direction du centre, restreint de plus en plus les conditions d’attribution des locaux associatifs, mais aussi d’information à travers une restriction des affichages ou l’interdiction des réunions à « caractère politique ». Comment expliquer une politique si répressive ? Si la Sorbonne est devenue une forteresse, on voit bien comment la présidence cherche à « pacifier » et faire taire les contestations sur un centre universitaire qui s’est illustré par sa ferveur politique.

C’est dans ce contexte que le 1er avril, j’ai été placé en garde à vue ainsi que 5 autres militants pendant plus de neuf heures, alors que les auditions pouvaient se faire libres.

Ces événements s’inscrivent dans le contexte d’une multiplication exponentielle des gardes à vue, couplée à l’intimidation tous azimuts des militants. Une fois de plus cette garde à vue était inutile et n’avait pour but que d’intimider. La plainte n’est toujours pas retirée

Etait-ce bien nécessaire de nous accueillir avec trois cars de gendarmes mobiles, ou de nous mettre en garde à vue pendant neuf heures ?

Alors que Monsieur Colliard se disait soutenu à travers le comité technique paritaire, un des multiples conseils de l’université, on voit aujourd’hui que les fissures se font de plus en plus nombreuses dans sa défense. Nombreux sont les membres de ce conseil qui se sentent dupés vu la réalité des faits et la disproportion des événements.

Aujourd’hui, la plainte n’est toujours pas retirée, et elle a pris la forme d’une épée de Damoclès placée au dessus de la tête des militants syndicaux. Plainte, intimidation, garde à vue, voici un vocabulaire de plus en utilisé par les universités. En tout cas, voilà comment aujourd’hui il devient de plus en plus facile de passer de l’amphi à la garde à vue !

Photo : un homme vient de se faire arrêter à Paris, dans le Xe arrondissement, le 6 février 2009 (Audrey CERDAN/Rue89).

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