Grabuge au CHU de Saint Etienne
[Posté le 3/02/2009]
L’hôpital de Saint Etienne est déficitaire, encore plus que les autres (demande-t-on à l’armée si elle est déficitaire ?). Déficitaire, car le CHU42 est en pleine restructuration, un projet démesuré : pas assez de place pour les voitures, self et cuisine centrale neufs déjà trop petits, même pas assez de place pour mettre sur un même lieu tous les services : (il reste un peu de gériatrie par ici, de psychiatrie par là…) un plateau de biologie hyper moderne où la technologie n’est toujours pas au point après deux ans d’ouverture ET surtout en regroupant les services, un gros dégraissage du personnel est effectué. Les dépenses ont dépassé le budget prévu, il a donc été pondu par les directions (Maire, CHU, DDASS [1], ARH [2]) un plan de redressement.
Le "plan de redressement" (qu’on appellerait "plan social" dans le privé) se résume à :
Suppression de plusieurs centaines d’emplois (presque 10% du personnel !)
Externalisation (pour ne pas dire privatisation) de certains services comme le ménage et peut-être la blanchisserie, la cuisine, ...
Fermeture de lits (surtout en psychiatrie)
Hausse de la productivité : pointeuses, logiciels de gestion du temps de travail et de l’activité en temps réel (pour ça des sous ils en trouvent !)
Donc, contre ce plan, une intersyndicale se crée : CFDT, CGT, FO et CNT (du jamais vu depuis plusieurs années !). Nous décidons d’empêcher le déroulement du conseil d’administration où devrait être voté ce fameux plan.
Tract diffé aux personnels du CHU, donnant RDV au Conseil d’Administration : le 17 décembre 2008. La mobilisation des agents est forte, pêchue, le maire décide d’annuler le CA et de le reporter dans un mois (le 23 janvier) d’ici là directions et syndicats auront tout le loisir de se rencontrer.
Arrive la première réunion (La CNT ne participera pas aux autres car à aucun moment les représentants syndicaux ne parleront du personnel ! Certains proposent de recycler le papier pour faire des économies, d’autres d’installer de panneaux photovoltaïques !!! Agnès de la CNT tentera toute la réunion de recentrer le débat. Peine perdue, ces messieurs de la direction répondent inlassablement "y’a pas d’argent, eux aussi font tout pour défendre le service public". Non vraiment il n’y a rien à tirer de ce genre de négociations.
Les syndicats dits "représentatifs" (pas la CNT) rencontrent le maire. Ce dernier échange un vote "non" au projet de redressement contre la garantie de bon déroulement du prochain conseil d’administration le 23 janvier.
Un nouveau préavis de grève est déposé pour le 23 janvier, les agents sont autant motivés qu’au 17 décembre, la CGT, FO et la CFDT tentent de calmer la foule qui envahit malgré tout le conseil d’administration, les agents vident leur sac, la direction assise autour de la table attend bien patiemment que les syndicats comme promis laissent le vote se dérouler.
Résultats des courses : 16 oui pour 15 non. Les médecins ont tous voté pour le projet ! Ils ont donc voté contre les salariés du CHU !Le comble de cette histoire, c’est que les syndicats représentatifs sont contents ! Ils ont le sentiment d’avoir gagné ! Et iront jusqu’à se vanter de ce vote 16 oui/15 non dans le tract pour la grève du jeudi 29 janvier ! Car les pronostiques avant le 17 décembre annonçaient 27 oui/4 non.
Conclusion : une victoire pour les représentatifs est une défaite pour les anarcho-syndicalistes, on réfléchira à deux fois avant de s’embringuer dans une autre intersyndicale. Les agents sont en colère sans être dupes du rôle des syndicats CGT, FO et CFDT dans le déroulement du deuxième conseil d’administration. La CNT est là pour faire la différence, pour accueillir les gens qui en ont marre d’être dupés, d’ailleurs depuis la CNT a été contactée par quelques agents.
[1] Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales
[2] Agence régionale d’hospitalisation