ANARCHIE ET CINEMA ?
[Posté le 17/02/2010]
LA LETTRE VERSATILE DE JIMMY GLADIATOR n° 168, 16 février 2010
ON M’A DONNE CARTE BLANCHE ! ANARCHIE ET CINEMA ? par Jean-Pierre Bastid
Étant programmé dans un monde qui nous autorise à une seule et unique option, intégrer la soumission et la résignation, c’est-à-dire accepter d’être noyé dans un perpétuel quotidien de frustration, d’humiliation et de compromissions, Anarchie et cinéma, beau programme, me semblerait une aimable mystification (pourquoi pas ?) si ce n’était l’apothéose de l’illusion consumériste, démocratiste et (pourquoi pas ?) citoyenne. Par ailleurs, pour être vendeur, voici un libellé bien solennel pour définir le programme proposé. Dans cet abyssal magma, rares sont les films que les honnêtes gens peuvent regarder comme chefs-d’œuvre. Les nanars chers à mon cœur cotoient des œuvres dont les auteurs, fidèles au vieux drapeau rouge enluminé par l’or des outils du travailleur, se retourneraient dans leur tombe s’ils apprenaient être identifiés comme anars. Et vice-versa. Cette réflexion en amène une autre : Y aurait-il encore des innocents pour estimer, contre le bon sens, que le cinéma est une arme capable de changer le monde ? Au mieux, il peut être un agent d’agit-prop pour rendre compte des luttes et, bien qu’imparfaitement, dénoncer certaines stratégies puis, quand la révolution paraît triompher, se transformer en un art de propagande au service du pouvoir qui menace de s’installer. Le 7e art et l’anarchie font décidément mauvais ménage, mais tant qu’il de la révolte, il y a de la vie. Dans le meilleur des cas, espérons que le cinématographe, comme toute écriture, devienne de plus en plus subversif.
J-P. B.
C’est à la cinémathèque française (parisienne) tous les vendredis soirs à partir du 12 mars. Programme jusqu’en mai. Ça commence par des films (contemporains) sur la guerre d’indépendance algérienne et ses avatars.
Bien le bisou Jimmy