Union des Syndicats CNT de la Loire

(Interpro, PTT, Santé-Social, Éducation,
Communication, Culture et Spectacles)

Forum pour le désarmement de la police et la démilitarisation des conflits : Retour
[Posté le 29/10/2016]

Ce n’est pas un hasard, si ce week-end, ce sont rassemblé aussi bien des individus que des collectifs : collectifs de blessés par les armes de la police, des collectifs de soutien aux victimes de violences et meurtres policiers, des militants des mouvements sociaux (syndiqués ou non), des sociologues, des associations soutenant la cause palestinienne, des membres de l’observatoire de l’industrie ,de la défense et de l’armement international…

Cette convergence résulte du fait que ces violences s’étendent en France et à travers le monde. Aussi bien lors des mouvements sociaux contre la loi travail, que contre les grands projets inutiles, aussi bien envers les migrants ,qu’à nos frontières où règnent plus que jamais l’arbitraire et les violences policières. Tout comme dans les prisons, les quartiers populaires , partout où la désignation d’un ennemi intérieur terroriste instille la peur. La semaine précédant le forum, la préfecture de la Loire annonçait le bouclage du centre-ville, la fermeture des musées, le déplacement du forum des associations. Instructions et injonctions sont diffusées à l’adresse des commerçants du centre ville de fermer boutique le samedi après midi, sans oublier les consignes aux habitants de ne pas sortir leur poubelle. Ces mesures visaient à distiller la peur et à inciter la population à se calfeutrer chez elle. Ainsi la presse locale s’en donne à cœur joie en titrant par exemple : "rassemblement sous tension", parlant de « horde de casseurs » ou « d’extrème gauche radicale », etc. Invisibilisant le contenu du message et criminalisant de fait cette parade carnavalesque et ce forum de discussion. Simple manipulation de l’opinion ou stratégie policière ? Les deux, mon capitaine.

Contre toute attente la ville n’a pas été "morte" ce samedi . Vers 15 h, des centaines de personnes sont arrivées place de la bourse malgré l’interdiction de manifester, malgré la presse, malgré les multiples contrôles et le bouclage de la ville. Le cortège se forme alors autour de prises de parole des collectifs ou individus participant au forum. Les contrôles autour de la place ayant cessés, le dispositif policier s’étant éloigné, de nombreuses personnes ont décidé spontanément de parader dans les rues dans une ambiance festive, malgré les circonstances et sans les dépositaires de cette parade carnavalesque. La confrontation violente n’a jamais été le but de cette déambulation. Tout a d’ailleurs été fait pour l’éviter. La ville n’a pas été " mise a feu et à sang". Quant aux rares "débordements" que l’on nous a rapportés, nous y voyons une conséquence directe d’une violence sociale et étatique qui attise un sentiment de colère que le pouvoir entretient délibérement. Un tag ou une vitre brisée ne sont-ils pas une réponse minime face au milliers de vies qu’il brise à coup de grenades ou de précarisation ? La mise en place de l’état d’urgence, la loi travail et les 49.3 imposés par le gouvernement PS, la répression et les condamnations du mouvement social et syndical, la liberté de manifester mise à mal, les licenciements abusifs, l’impunité policière face aux meurtres et aux mutilations, l’évacuation forcée de la jungle de Calais, l’expulsion annoncée de la zad de Notre Dame des Landes, le racisme exacerbé de la presse et du gouvernement, l’utilisation de nouvelles armes (un nouveau laser à Calais cette semaine) et contre les tactiques de répression en France, à l’internationnal et dans les prisons… C’est à ces violences de masses, à ces procédés de terreur et de sourde oreille, à cet enférocement, que la liberté de la parade a répondu ce samedi.

Quant au forum du dimanche, moins racoleur sans doute que le spectacle du dispositif policier mis en place, il n’a pas fait l’objet de l’intérêt de la presse locale. Pourtant il était tout aussi important que la manifestation. Il en était la voix. Il a permis la rencontre de nombreuses personnes et de riches débats. Pendant ce temps, le gouvernement se prépare à accorder de nouveaux droits aux policiers en réponse à leurs manifestations illégales, masquées et armées (et là personne ne s’offusque !). Désormais un outrage à policier pourra nous emmener en prison, désormais les policiers pourront être armés même hors service et le gouvernement parle d’étendre encore le cadre de la légitime défense …

La presse comme la préfecture ont eu pour stratégie de dénier toute légitimité à cette contestation. Refusant la remise en question du bras armé de leur contrôle, de leur usine à peur. Ce sont eux qui masquent nos voix, pas nos maquillages. C’est pourquoi la rue a entendu résonner nos rires et nos cris de liberté, résonner les pas de centaines de personnes réunies pour faire face à la psychose qu’ils créent pour nous endormir. Saint Etienne a accueilli un moment important, qui aura à nouveau montré que c’est bien eux qui ont peur de nous et qui tentent de nous désunir. Nous avons décidé de ne pas leur obéir. Et nous continuerons de marcher ensemble, à rester uni-es contre une police qui n’a pas pour but de nous protéger, mais bien de nous contrôler en créant la terreur , à rester uni-es contre un état de plus en plus xénophobe.

(Article Numéro Zéro du 29 octobre 2016)

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