Union des Syndicats CNT de la Loire

(Interpro, PTT, Santé-Social, Éducation,
Communication, Culture et Spectacles)

Roanne : Sans papiers, Expulsions d’hébergements demandeurs d’asile, déboutés du droit d’asile
[Posté le 2/06/2013]

Que se passe-t-il à Roanne pendant ce temps ?

Soixante-dix personnes – hommes, femmes, enfants (y compris 3 à naître) vont être expulsées de leur hébergement le 31 mai. Ce sont les premiers d’une série. D’autres suivront en juin. Les situations sont diverses : OQTF, attente de recours, demandes d’apatridie en cours…

Certains sont assignés à résidence (assignations cassées 48h plus tard par le tribunal administratif).

Mercredi 22 mai : une assemblée se tient à la Bourse du Travail. S’y trouvent des membres des associations (RESF, LDH…), du Front de gauche, des sans-papiers et la CNT Roanne.

On réfléchit et on débat ensemble : l’idée de mettre la pression sur les élus vient, celle d’ouvrir un lieu suit assez rapidement. Les sans-papiers disent leur souffrance et analysent. Un collectif se met en place.

Samedi 25 mai : le collectif se rassemble devant la mairie à 10h30. Une délégation est reçue, elle comprend des sans-papiers. Aucun résultat.

Lundi 27 mai : réunion du collectif (Bourse du travail à 18h) pour décider de la suite des actions à mettre en place. Décision est prise de ne pas les laisser à la rue.

Mardi 28 mai : organisation des commissions lieu, ravitaillement, logistique.

Mercredi 29 mai : toujours avec des sans-papiers (expulsables ou non) le collectif décide d’entrer dans un lieu public.

Jeudi 30 mai : deux familles de sans-papiers et une vingtaine de membres du collectif s’installent dans l’Espace Congrès, à la faveur d’une conférence qui s’y tient. Ce que le collectif ignore, c’est que se tient en même temps et au même endroit une réunion des élus socialistes. La maire de Roanne appelle la police municipale et nationale. La commissaire de Roanne et le substitut du Procureur arrivent : la commissaire porte son gilet pare-balles. Une discussion houleuse commence avec la mairesse. La presse locale est présente. Le collectif décide d’évacuer les lieux pour ne pas mettre en danger les familles : on finit la nuit à Emmaüs.

Vendredi 31 mai : Tous les lieux publics sont fermés (certaines grilles soudées) et gardés. Le collectif veut se réunir à l’amphi de la Bourse à 18h. Il est attendu par 5 voitures de police (nationale et municipale) et la commissaire en gilet pare-balles. Après discussion, on finit par entrer (puisqu’on a les clés) et tenir notre réunion.

Samedi 1er juin : les familles et le collectif s’installent dans une salle paroissiale. On a la visite des élus qui ne sont pas d’accord avec le maire. La police municipale et nationale arrive. Ils veulent être sûrs que les enfants sont hébergés dans de bonnes conditions… et les municipaux veulent rester sur le parking parce qu’il appartient à la ville… Les téléphones portables des élus présent chauffent et les voitures de polices partent : il n’y a plus que des rondes.

Dimanche 2 juin :

- Appel du collectif pour lundi.

« Le collectif s’est réuni vendredi 31 mai à 18h à la Bourse du travail. Il était attendu par la commissaire de Roanne, des policiers municipaux et nationaux. Les policiers nous ont d’abord refusé l’accès aux salles syndicales puis à l’amphi, mais voyant que nous avions les clés, nous ont finalement laissé entrer dans l’amphi où nous avons pu tenir la réunion. Nous n’étions pas très nombreux car l’information n’avait pas circulé par mail.

Il y aura une réunion du collectif, à la Bourse du travail, lundi 3 juin à 18h, suivie d’une conférence de presse à 20h. Il est important que nous soyons nombreux lundi.

Les événements sont actuellement imprévisibles, si bien qu’il est prévu de se réunir tous les soirs de la semaine prochaine, à l’amphi de la bourse, à 18h.

Le collectif de citoyens et de sans papiers unis contre les expulsions.

- Le collectif va commencer à recenser tous ceux qui ont perdu ou vont perdre leur hébergement. Il y en a qui ont été expulsés à partir du 15 mai, d’autres vont l’être courant juin.

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