Une journée de marche… pour quoi faire ?

Lundi 26 septembre 2011, par Maïlys // Syndicat SSE

Départ de la manifestation à 10h30 place Jeanne d’Arc
AG au Mirail à 14h30

La CNT-SSE 31 ne s’est pas associée à l’appel à la grève dans l’Éducation pour le 27 septembre.

Pourquoi ?
Parce que la ficelle est un peu grosse : le 20 octobre ont lieu les élections générales de la fonction publique (renouvellement des CAP, CCP, CHSCT), rendez-vous fondamental pour les syndicats électoralistes qui ne fondent leur légitimité que sur leur nombre d’élus. Et rien de tel qu’une petite manif’ trois semaines avant le scrutin pour se rappeler au bon souvenir des électeurs – pardon, des travailleurs du service public… La CNT-SSE 31 ne participe pas à ces élections car elle a toujours critiqué ces instances co-gestionnaires ; elle ne peut donc que regarder d’un œil méfiant une « journée de mobilisation » qui a tout d’une opération préélectorale.

Parce que, comme beaucoup de collègues, nous en avons assez des journées de grève égrenées au compte-gouttes, sans perspective, dont le seul effet concret est de faire faire des économies à l’état en amputant le salaire des grévistes. C’est cette stratégie délibérée qui a tué tant de mouvements sociaux, et c’est de cela que ne voulons plus !

Et pourtant…
Pourtant nous serons dans la rue le mardi 27 septembre.

Parce que nous sommes avant tout des travailleurs syndiqués et que, quand il y a une journée de grève, nous n’imaginons pas rester chez nous ou aller bosser comme si de rien n’était : cette fois comme les autres, notre place est au côté de nos collègues mobilisés dans la grève.

Parce que non, les raisons de lutter ne manquent pas :
suppression massive de postes (80 000 en cinq ans !), précarisation croissante des personnels, fin des CUI, contrats des AVS-EVS, réseau ÉCLAIR…
fermeture de 1500 classes alors que le nombre d’élèves scolarisés augmente de plusieurs miliers, baisse de la scolarisation des enfants en maternelle, une école qui aggrave les différences sociales…
fichage, évaluations et surveillance permanents : Livret Personnel de Compétence (LPC), entretiens individuels, Base Élèves…
méthodes managériales de la hiérarchie, pressions, mise au pas des collègues qui revendiquent, répression contre les désobéisseurs…
le salaire enseignant le plus bas d’Europe (étude de l’OCDE), des salaires gelés depuis plusieurs années, le sabordage de la formation des enseignants…

Les personnes au pouvoir actuellement adoptent la stratégie utilisée par toutes les droites du monde : on casse la partie sociale de telle sorte que n’importe quel gouvernement arrivant après ne pourra que demander de l’aide aux banques (s’endetter, faire un emprunt national) et perdre encore plus de la capacité à répartir équitablement les richesses.

Mais pour gagner, il faut aller plus loin :
aller vers la reconduction et l’élargissement de la grève, vers une lutte interprofessionnelle : c’est cela qui a fait trembler le gouvernement lors du mouvement sur les retraites l’année dernière !
lutter collectivement (avec parents d’élèves, collègues syndiqués ou non) dans sa classe, son école, son établissement au rouleau compresseur des injonctions, des évaluations collectives ou individuelles.
résister au tri des élèves : Base élèves, Livret Personnel de Compétence (maintenant électronique)

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