La crise s’ajoute à la crise, jusqu’à quand ?

Manif rouge et noire (AL-CGA-CNT ) : Samedi 13 juin à 9 h - Esquirol - Arnaud Bernard

Mardi 9 juin 2009 // Union locale

La survenue régulière de crises générales tous les huit dix ans est un phénomène facilement observable depuis au moins 200 ans. A tel point que certains patrons l’attendent pour justifier leurs plans de licenciements ou leur délocalisation. Le chômage qui en découle permet aux employeurs de contraindre encore et toujours plus leurs employés. Ce chômage entraîne une soumission accrue des salariés par le chantage permanent aux licenciements. Il en résulte un mal être profond au travail, une stagnation des salaires, des profits records pour les capitalistes. Il en résulte surtout une dégradation irrésistible de la sécurité sociale (retraite et maladie).

Le capitalisme n’a rien d’autre à nous apporter, hormis bien sur des désastres humains et écologiques et une industrialisation de la surveillance : fichage dès l’enfance, délation, vidéo surveillance, mouchards informatiques, prélèvements massifs d’ADN, bientôt les puces RFID pour nous tracer individuellement, comme le bétail.

Comment en sortir ?

Par les urnes ? Tous les gouvernements, y compris ceux de « gauche », ont participé sans complexe à la « libéralisation ». Le choix d’un personnel spécialisé pour diriger la société à notre place sera toujours une démission fort coûteuse.

Par les syndicats « de masse », grâce à leur direction centralisée et pleine d’expérience ? Depuis le 19 mars au soir, avec 3 Millions de manifestants et 70% d’opinions favorables, leur silence est éloquent. Même pour les plus distraits. Peut être est il temps de s’interroger sur leur mode de fonctionnement et de financement…

Si nous prétendons construire une société fondée sur la solidarité, alors nous devons tenter de mettre en place cette solidarité dès aujourd’hui. Elle est d’ailleurs une arme contre les patrons. Par exemple quand des salariés sont en lutte, les camarades qui ne sont pas de la boîte, moins connus et non licenciables, peuvent harceler la direction, soutenir les grévistes par des manifestations ou par des caisses de solidarité, participer aux piquets de grève, gêner l’approvisionnement ou l’écoulement des marchandises (blocages de routes
ou de magasins).

Si notre objectif est une société sans domination (capitaliste, bureaucratique, patriarcale, raciste ...), à quoi bon perpétuer cette dernière dans des organisations verticales ? Nous défendons donc la méthode des AG indépendantes des partis et syndicats, qui n’engagent que les présents mais tous les présents. Il s’agit d’apprendre ensemble, dès aujourd’hui, à agir collectivement, sans hiérarchie. En montrant par la même occasion que c’est plus efficace et plus épanouissant.

Actuellement, des initiatives voient le jour en termes de production, de distribution, de culture, pour accéder aux bonnes choses de la vie sans passer par le pauvre imaginaire des capitalistes. Elles sont autant d’encouragements, d’enseignements et de jalons nécessaires pour qu’émerge petit à petit un monde respirable.

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