La carte scolaire accusée de ségrégation, c’est le monde à l’envers !

Vendredi 22 juin 2007 // Actualité SSE

Pour promouvoir l’égalité sociale, le nouveau gouvernement vient d’annoncer la suppression progressive de la carte scolaire en 3 ans tout en permettant aux familles de la contourner dès la rentrée prochaine. Attention ! Leçon de manipulation !

1 - Ne pas s’intéresser aux causes premières : mise en place en 1963, elle pose comme principe qu’un enfant soit scolarisé dans un établissement en fonction de son lieu d’habitation. La mixité scolaire n’est donc qu’une conséquence de la mixité urbaine.
S’il existe des ghettos scolaires dans certains quartiers, c’est bien parce que les populations les plus défavorisées s’y retrouvent, les loyers étant moins chers et l’offre de logements sociaux plus importantes qu’ailleurs.
On ne peut répondre à ces inégalités spatiales qu’en construisant des logements sociaux en nombre suffisant dans tous les quartiers et en plafonnant les loyers.

2 - Donner plus à ceux qui ont le plus : les dérogations déjà existantes profitaient majoritairement aux classes favorisées puisque ce sont elles qui ont le plus de ressources et d’informations sur le système scolaire.
Pour ces mêmes raisons, la suppression de la carte scolaire va bénéficier aux mêmes et conduira, comme en Belgique ou aux Pays-Bas, à un renforcement de la ségrégation scolaire.

3 - Favoriser la concurrence entre les élèves, ghétoïser des établissements : l’année prochaine, davantage d’élèves pourraient choisir leur établissement. C’est oublier qu’il y a un nombre de place limité dans chaque établissement, et que les critères sont suffisamment flous pour que les lycées sélectionnent les dossiers qui les intéressent. Privés de leurs meilleurs élèves, les difficultés des établissements des ZEP n’en seront que plus grandes.

Malgré les contournements, la carte scolaire est donc le dernier rempart qui permet aux ZEP d’avoir juste le minimum de mixité scolaire. Le gouvernement répond à une ségrégation sociale déjà existante en favorisant les plus favorisés et en désarmant les plus faibles pour mieux les stigmatiser.
Face à ce redoutable rouleau compresseur idéologique qui renforce une société de classe toujours plus individualiste et refermée sur elle-même, dénonçons les mensonges de ceux qui nous gouvernent, montrons que la lutte collective paye en nous organisant sur nos lieux de travail et dans nos quartiers.

Avec eux, c’est le monde à l’envers. Alors, prenons-les au mot et renversons leur monde !
CNT - FTE

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