Liberté, égalité, parité, mon cul !!!

De la parité bourgeoise et du féminisme libertaire

Mercredi 11 avril 2007, par ludo // Actualité

Débat organisé par le Cofélito le jeudi 19 avril 2007 à 20 h à la Fol 31 rue des Amidonniers à Toulouse

En ces temps d’agitation électorale, on entend beaucoup parler de la possibilité d’avoir une femme à la tête de notre chère République. Les femmes ne gouverneraient pas de la même façon que les hommes, entend-on dire ici et là. Leurs « qualités naturelles » les inciteraient à plus de réserve et à une gouvernance plus sereine. La solution aux inégalités engendrées par la société dans laquelle nous vivons serait la parité, c’est-à-dire qu’il y ait autant de femmes que d’hommes dans les instances censées nous représenter. Ce serait aussi simple que cela…

Mais la présence des femmes dans la sphère politicienne change-t-elle vraiment la donne ? Les femmes sont-elles naturellement plus raisonnables que les hommes ? La parité va-t-elle nous libérer de l’oppression et de la domination que nous subissons en tant que travailleurs, travailleuses, immigré-e-s, femmes, lesbiennes, homosexuels, trans, etc. ?

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2 Messages

  • POURQUOI NOUS, FEMINISTES,N’APPELONS PAS À VOTER ROYAL …ni Pour qui que ce soit d’autre…

    La médiatisation de la candidature de Royal à la présidence de la République révèle un fait que certain-e-s peuvent oublier : le sexisme est présent dans les médias,dans le milieu politique et dans la société en général.
    Déjà, l’opposition « Sarko » et « Ségo » (et non « Nico » et « Royal » par exemple…) dénote du paternalisme ordinaire que les médias (et les hommes en général) réservent aux femmes, en les appelant volontiers par leur seul prénom. De nombreuses attaques contre Royal mettent en cause ses capacités présidentielles en tant que femme.
    Les médias préfèrent rabâcher les erreurs qu’elle commet et passer sous silence celles de ses homologues hommes. Pour tenter de décrédibiliser les femmes, il est classique de les faire passer pour des cruches (ou sinon pour des salopes). Le genre féminin de Royal est mis en avant par ses détracteurs, mais il est aussi brandi comme un label « qualité » par ses partisans. Les arguments selon lesquels une femme apporte du neuf, mène une politique plus « humaine », fait preuve d’attention et d’empathie… véhiculent une vision essentialiste des genres. Déjà, il n’y a rien de « naturel » ou de biologique dans les différences psychologiques entre femmes et hommes. Et puis, les politiciennes ont intégré la même culture machiste que les politiciens : elles défendent avant tout les intérêts du pouvoir. Les patrons sont-ils devenus plus doux et compréhensifs depuisqu’ils sont représentés par une femme (Laurence Parisot au MEDEF) ? L’armée est-elle plus aimable et plus pacifiste depuis qu’une femme (Michèle Alliot-Marie) est ministre de la Défense ? L’élection d’une présidente de la République pourrait surtout apporter l’illusion que « ça y est, l’égalité est acquise, on peut arrêter les luttes. »

    Ceux et celles qui penseraient qu’élire une femme est une démarche féministe devraient examiner d’un peu plus près la politique de Royal. Ses positions sont en fait plus proches de la droite conservatrice que du féminisme. Elle glorifie la maternité : « Si l’égalité n’est pas encore acquise, les valeurs féminines n’ont plus honte de s’affirmer. Le désir d’enfant a remplacé l’IVG et la morale du libre choix supplante l’égalitarisme obsessionnel. » (Le Monde, 10 mars 1990).
    Lorsqu’elle était au ministère de la Famille et de l’Enfance (1998-2001), elle a appliqué une politique aux relents puritains, en censurant notamment une campagne de prévention contre le Sida pour les ados. Encore aujourd’hui, Royal défend des ideés homophobes : « la famille, c’est un père et une mère » affirmait-elle auParisien (23 février 2006). La poignée de mesures destinées aux femmes dans son programme actuel ressemble bien à de l’opportunisme : le soutien d’un service public de la petite enfance (pour garder notre deuxième place dans le peloton européen des pays à forte natalité ?), une loi cadre contre les violences (c’est consensuel…), la gratuité de la contraception jusqu’à 25 ans (et après, sommes-nous obligées de tomber enceinte ? Peut-être croit-elle que l’on devient moins précaire avec letemps…). Le marketing du « produit » Royal joue à fond la carte de la séduction féminine. Si la candidate est « belle-et-mince », elle le doit sans doute à sa coach, la directrice générale du groupe publicitaire Ogilvy & Matters, dont la campagne pour Dove en 2005 est restée dans les mémoires féministes : celle-ci avait reçu le prix du décervelage remis par le Collectif contre le Publisexisme et par les Publicidaires. Mais la campagne de Royal s’appuie aussi en grande partie sur son image de mère. « Ce sont les femmes qui transmettent la parole, l’éducation, les valeurs, la qualité de la nourriture. Dès lors qu’on les fragilise, qu’on les humilie, qu’on les violente, qu’on les écarte, qu’on les voile, alors elles ne peuvent plus accomplir dignement leur métier de femme et leur métier de mère » a-t-elle déclaré à l’émission Ripostes, sur France 5, en décembre 2006. C’est donc en tant que mère ayant élevé quatre enfants, qu’elle revendique des compétences pour diriger la nation. Etre présidente, c’est s’occuper de la population comme une maman s’occupe de ses rejetons... Maman Royal est le pendant féminin de Papa Sarkozy, figure du père viril et implacable. Tous deux misent sur la séduction, l’une par le sourire perpétuel, l’autre par une attitude de cow-boy.Tous deux mettent en avant la confiance (Royal place en tête de ses propositions « la confiance retrouvée ») en même temps qu’un ferme autoritarisme. Une main de fer dans un gant plus ou moins rêche... Nous nous retrouvons dans la position de l’enfant devant choisir entre papa et maman, et qui est obligé d’obéir. Comme l’enfant a intériorisé l’idée selon laquelle il n’est rien sans ses parents, nous pensons n’être rien sans nos dirigeant-e-s. Avons-nous besoin d’une maman protectrice, « toujours du côté des victimes » et gardienne de « l’ordre juste » ? Nous ne voulons pas de Maman Royal ! (ni de Papa Sarkozy ni de Tonton Bayrou).

    Pour venir à bout du sexisme, de l’homophobie, de la lesbophobie..., ne comptons pas sur le pouvoir, mobilisons-nous !
    Pour en finir avec le patriarcat, seule la lutte paye ! Réapproprions-nous nos vies !

    Collectif Contre le Publisexisme 145 rue Amelot - 75011

    Pariscontrelepublisexisme(a)samizdat.net

    http://publisexisme.samizdat.net (Tract diffusé le 24 mars 2007, lors de la manif contre les Violences faites auxfemmes.)

    Voir en ligne : http://publisexisme.samizdat.net

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    • POUR LES FEMMES, L’INSECURITE C’EST L’EXTREME-DROITE.

      Vous vous foutez des enjeux féministes ?

      Apprenez à traduire ce qui se prépare :

      Ils disent : traduisez

      "valeurs de la famille" : patriarcat.

      "revenu parental" : retour des femmes aux foyers.

      "favoriser la natalité" : interdiction de l’avortement, abolition du PACS,
      réduction de l’accès à la contraception, interdiction de la pilule du
      lendemain, criminalisation des homosexuelLEs (1) .

      "faire triompher la vie sur la culture de mort" : interdire l’avortement.

      "abrogation du regroupement familial" : provoquer la précarité la plus
      totale de milliers de femmes du Tiers-Monde.

      "sacraliser la famille" & "faire de la famille une priorité"  : ne plus
      réagir aux violences conjugales, coups, viols, incestes et pédophilie.

      Sans compter que faire de touTEs les étrangerEs des sans-papierEs, c’est
      livrer des milliers de femmes aux réseaux de proxénètes.

      Ils ne disent pas que l’insécurité, ce sont les femmes qui la subissent en
      premier 70% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté sont des femmes.
      A travail égal, il y a déjà 27% d’écart de salaire entre hommes et femmes.
      Les femmes battues le sont le plus souvent par leur conjoint. La majorité
      des viols sont conjugaux et les enfants maltraités le sont le plus souvent
      au sein de la famille.

      (1) A propos, enculer c’est pas une insulte, c’est une pratique sexuelle.
      Les enculéEs défilent contre le fascisme. LE PEN est contre eux.
      Politisez votre rage, ne traitez pas les homophobes d’enculés.

      Féministes tant qu’il le faudra

      Colif
      collectif libertaire féministe

      Voir en ligne : http://www.ainfos.ca/02/apr/ainfos0...

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