Réactivons les solidarités ! MANIF S. 05/06/04

Réactivons les solidarités !

Lundi 31 mai 2004 // Services publics, retraites, sécurité sociale, RTT, etc...

Retraites amputées, casse de la sécu organisée, services publics liquidés...
Réactivons les solidarités !

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La Sécurité Sociale est la garantie donnée à chacun, qu’en toutes circonstances, il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes.[...] « Elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d’infériorité et qui est la base réelle de la profonde distinction des classes, entre les possédants, sûrs d’eux-mêmes et de leur avenir, et les travailleurs, sur qui pèse à tout moment la menace de la misère. »

En mauvaise posture en 1945, le patronat a cherché aussitôt à contrecarrer le développement de la Sécurité Sociale, dont l’objectif de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain menaçait fondamentalement sa certitude de pouvoir continuer à les exploiter. En 1953, brandissant déjà l’argument du « trou » pour cause de baby-boum, le gouvernement tente de repousser l’âge de la retraite des fonctionnaires et de supprimer des régimes spéciaux. En plein mois d’août, 4 millions de grévistes provoquent le plus gros mouvement depuis le Front Populaire, et le gouvernement abandonne.

Aujourd’hui, une fois de plus, c’est la même argumentation gestionnaire qui est utilisée, pour nous convaincre de l’inéluctabilité de la réforme, qui est en fait une énième régression, et en masquer le caractère politique. D’une part, les sommes en jeu sont tellement énormes - 247 milliards d’euros de dépenses pour le régime général en 2003 - que l’on peut faire sensation avec un déficit de 8 milliards d’euro, juste en omettant de préciser que cela ne représente que 3% ce qui est faible . D’autre part, la mise en avant des dysfonctionnements, qui ne manquent pas d’exister dans un système aussi complexe, vise, encore et toujours, à construire un bouc-émissaire, des gestionnaires incompétents aux assurés irresponsables.

L’ équilibre de le Sécurité Sociale, basé sur les entrées de cotisations sociales prélevées sur le travail, commence à se dégrader avec le développement du chômage de masse à partir des années 70. Alors que le « fléau » du chômage n’est que la conséquence de la confiscation des gains de productivité par le capital, non redistribués en baisse du temps de travail sans baisse de salaire -2% de gains par an depuis 50 ans , passage aux 40h par semaine en 1936, passage aux 39h en 1981, aux 35h en 1997 et maintenant au contraire réaugmentation - Tous les gouvernements, de droite comme de gauche, non seulement n’ont rien fait pour contrer ce détournement de la richesse produite, mais ils ont, en plus, cassé le ressort sur lequel fonctionne notre système de protection sociale, en développant des politiques de créations d’emplois avec exonération de charges.

Aujourd’hui, ces exonérations, 19,5 milliards pour 2002, représentent 20% des cotisations patronales, contre 4% seulement en 1993. Ces exonérations sont partiellement compensées par l’Etat, mais, réduction du déficit public oblige, cette compensation baisse d’année en année, creusant d’autant le manque à gagner pour les caisses. Mais ces chiffres-là, on en entend beaucoup moins parler !

La faillite annoncée et inévitable de toutes les caisses d’assurance sociale ; aucune entreprise ne survivrait à un tel détournement de fonds ; ce n’est malheureusement pas encore le plus grave. La généralisation de la création d’emplois avec exonération de « charges » est une attaque contre le salaire socialisé, qui traduit la remise en cause de l’acquis fondamental des travailleurs sur le capital, à savoir que le salaire n’est pas la simple rémunération des heures de travail, mais la part de richesses crées qui retourne aux travailleurs dans leurs totalité, passés, présents et à venir, et doit financer aussi l’ensemble des situations de non-travail : maladie, retraite, chômage. Le salaire socialisé impose au capital la reconnaissance que le travail n’est pas une marchandise, parce que le travailleur n’est pas une matière première qui a un coût , et impose l’affrontement politique dans la détermination du salaire au lieu du face à face inhumain du XIXème siècle, où patron et ouvrier fixaient « librement » le prix du travail.

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