Palestine / Liban : la guerre continue !

COMMUNIQUÉ DU SECRETARIAT INTERNATIONAL DE LA CNT

Dimanche 24 septembre 2006 // International

Paris le 22 septembre 2006

Palestine / Liban : la guerre continue !

L’agression contre le Liban ne date pas du déclenchement de la guerre en juillet mais avait commencé dès le vote de la résolution 1559. Par cette résolution, les impérialismes américain et français se donnaient la possibilité d’intervenir sur le sol libanais pour imposer le projet du "grand Moyen-Orient" de Georges Bush.

La France y voyait pour sa part un moyen pour maintenir une influence au Liban, mise a mal par son alignement exclusif sur le parti de Rafic Hariri. L’exigence de désarmement du Hezbollah contenu dans cette résolution était impossible à réaliser par le gouvernement libanais à l’encontre d’un mouvement qui, contrairement à la propagande occidentale, n’est pas une organisation terroriste mais représente une partie importante du peuple libanais et qui va bien au-delà des chiites. En effet, le Hezbollah s’est créé en 1982 pour résister à l’occupation du Liban par Israël. Depuis, La lutte menée, l’obtention du retrait israélien du Liban Sud, lui ont valu le respect de nombreux Libanais, y compris de beaucoup de ceux qui ne partagent pas toutes ses options politiques. Ses contacts et relations avec la Syrie et l’Iran en ont fait une cible privilégiée pour les divers impérialismes qui veulent se partager les richesses de la région.

Face à l’impossibilité de ce désarmement par le gouvernement libanais, les Etats-Unis ont fait appel à l’état d’Israël, avec la complicité active des états arabes de la région, inféodés à Washington. Ayant des comptes à régler avec le Hezbollah qui l’a forcé à quitter le Liban en 2000, l’état d’Israël ne s’est pas fait prier. Se considérant toujours comme « une villa dans la jungle » (dixit Ehud Barak), il aspire également à dominer la région sans contestation et à lui imposer sa loi.

Le prétexte de l’enlèvement des soldats israéliens (car qui aujourd’hui peut encore justifier la guerre de juillet par cet évènement ? La disproportion des moyens, l’énormité du déluge de feu qui s’est abattu sur le Liban le renvoie au rang d’alibi) dans une zone occupée par Israël et revendiquée par le Liban a permis à celui-ci de tenter de détruire non seulement le Hezbollah mais aussi les infrastructures économiques du Liban avec l’accord tacite des grandes puissances. Pour Israël il est en effet inacceptable qu’un pays arabe mitoyen puisse être prospère. Le Liban est en effet un des rares pays de la région où cohabitent différentes communautés : chiites, druzes, chrétiennes dans une entente et une tolérance mettant à mal la théorie du choc des civilisations, pivot des politiques américano-israélienne au Moyen-Orient. On peut également constater le renforcement constant de la nature coloniale de la société israélienne : les bombardements massifs et le nombre de victimes libanaises n’ont pas entamé le consensus israélien puisque la vie d’un arabe, qu’il soit Libanais ou Palestinien peut être sacrifiée, n’ayant pas la même valeur que celle d’un Israélien.

L’utilisation des Israéliens comme mercenaires de l’impérialisme se mesure par ailleurs au laisser agir de ceux-ci en Palestine.
En effet, pendant l’invasion du Liban, la guerre et la destruction de la
Palestine se sont poursuivies dans l’indifférence générale (plus de 200
Palestiniens ont été tués et 800 blessés depuis juillet). La colonisation continue en Cisjordanie malgré la propagande israélienne sur le désengagement, le Mur d’apartheid enferme chaque jour davantage les Palestiniens dans un ghetto confisquant sans cesse plus de terres, etc.

Après la résistance inattendue que le Hezbollah -aidé d’autres partis libanais comme le Parti Communiste Libanais, le parti de Gauche et le général chrétien Aoun- a opposé à l’agression sioniste, Israël se retrouve dans une situation très inconfortable, déstabilisé par la remise en cause de l’image de son armée toute-puissante. Surtout, on ne comprend pas en Israël que des Arabes ne puissent pas être autrement que vaincus. Les objectifs n’ont pas été atteints puisque les deux soldats ne sont pas libérés et que le Hezbollah n’est pas désarmé. Cependant, il a permis que la résolution 1701 soit votée, permettant le débarquement au Liban de forces de l’ONU qui, sous commandement français, sont appelées à jouer les supplétifs d’Israël et des USA face à la résistance libanaise. La FINUL a déjà commencé à entériner le vol des terres par les Israéliens et le déplacement des populations, puisque comme dans la zone des puits de Naqar, Kfarshouba et Shebaa, la frontière a été déplacée de 50 m à 1km selon les endroits, et les paysans chassés de leurs terres.

Nous soutenons la résistance du peuple palestinien pour que cesse l’occupation et l’envahissement de son territoire. Du coté de l’opprimé, toujours, nous considérons qu’une paix juste ne pourra advenir tant que les injustices présentes faites aux Palestiniens ne disparaîtront pas, et tant que celles du passé ne seront pas réparées par l’application du droit au retour de tous les réfugiés.

Nous appelons enfin au départ de toutes les troupes d’occupation de la région : israéliennes, américaines, FINUL. Nous appelons enfin à la plus extrême vigilance sur les évènements des prochains mois, Israéliens et
Américains risquant de vouloir laver l’affront militaire subi cet été.

Confédération Nationale du Travail
Secrétariat International
33, rue des Vignoles
75020 Paris

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