Liberté de circulation

Jeudi 15 juin 2006 // Galerie

Après les jeunes, les étrangers ! Le 13 mai, Nicolas Sarkozy devrait faire adopter par le Parlement sa nouvelle loi sur l’immigration. Elle prévoit de durcir le Code d’Entrée et de Séjour des Etrangers et Demandeurs d’Asile (CESEDA). Elle inaugure « l’immigration choisie » par la délivrance d’un nouveau titre de séjour de trois ans baptisé « compétences et talents », titre « gadget », puisqu’en réalité, il ne s’adressera à personne .

Par contre, la France y réaffirmera ses traditions : piller les ressources mondiales, s’imposer en puissance colonisatrice, jamais à court pour se servir en main d’œuvre étrangère en fonction des aléas de son Histoire.

Pour parer ces pratiques peu avouables dans « le pays des Droits de l’Homme », des vocables adaptés sont imaginés. Aujourd’hui, ce sera donc « immigration choisie, immigration subie », histoire de mieux évacuer par le fond les drames humains qu’ils vont engendrer...

Les politiciens, fidèles dévots à la religion du profit, s’emploient à faire de la France « l’un des pays en pointe de l’immigration utile », c’est-à-dire un pays où les étrangers seront réduits à des outils de la prospérité nationale, expulsables après usage. La situation antérieure à 1974, où les travailleurs étrangers venaient enrichir la « Métropole » avant d’être réexpédiés dans leur pays d’origine, est remise à l’honneur...

Mais ce qui est formidable avec le capitalisme, c’est sa cohérence en trompe-l’œil. Patrons, privilégiés, peuvent piller, exploiter, circuler, s’installer aux quatre coins du monde en toute légalité. Les marchandises, elles aussi, passent les frontières sans soucis. Nous, les exploités, les étrangers, sommes invités au mieux, à consommer en touristes, au pire à être de la chair à patron, expulsables et corvéables pour le bien-être de ceux qui nous oppriment.

Si cette loi passe, ce sont des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qui seront rejetés dans la clandestinité, la précarité... Lesquelles serviront de réservoir à tous les marchands de sommeil et patrons véreux.

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