Du 02/02 au 07/02, ensemble dans la grève !

Mercredi 1er février 2006 // Actualité SSE

Manifestation à TOULOUSE : Jeudi 02/02/06 à 14h place Jeanne d’Arc

La CNT-FTE appèle à la journée de grève unitaire de la fonction publique du 02/02. Cette journée avait été initialement prévue par les fédérations syndicales « représentatives », uniquement sur la question salariale. Mais pour nous, un élargissement est indispensable en pointant l’austérité budgétaire, la remise en cause des droits des personnels et en dénonçant les logiques de casse des services publics.
Au delà, avec le Contrat Première Embauche, c’est le monde du travail et la jeunesse qui se trouve encore attaqué. Cette dégradation sociale généralisée n’épargnera pas l’école ! La CNT-FTE appèle donc à la grève le 07/02 et à se joindre aux manifestations syndicales et étudiantes contre le CPE. Un préavis de grève reconductible est déposé entre le 02/02 et le 07/02 pour tous les personnels désirant se mobiliser plus durablement.
La dénonciation des choix anti-sociaux de l’Etat sous diktat du patronat sera au centre de notre mobilisation tant ils révèlent des logiques sociales d’inspiration libérale désastreuses pour les personnels comme pour la population dans son ensemble.

Asphyxie budgétaire
Pour la quatrième année consécutive, des suppressions de postes touchent le 2nd degré : 2083, auquel s’ajoute la prévision de non réemploi de 2500 non-titulaires. Le taux d’encadrement en vie scolaire poursuit quant à lui son érosion.
Dans le primaire, ce sont 694 postes qui sont crées au regard de 34000 élèves en plus soit un ratio de 50 nouveaux élèves pour un nouvel enseignant.
Logique mathématique ? Logique comptable ! Il s’agit d’appliquer le mot d’ordre idéologique de destruction d’emplois publics, au mépris des réalités et des besoins. Resultat sur le terrain : surcharge des classes, recul de la scolarisation des 2-3 ans, réduction d’options, fermeture de sections... Autre conséquence immédiate, c’est l’hécatombe dans les concours de recrutement du secondaire avec de 30 à 50% de baisse suivant les disciplines. Autant de jeunes, de chômeurs, voyant s’envoler la perspective d’un emploi, à moins de céder au chantage du CPE...
Pour les TOS, d’après les 1ers échos émanant des collectivités locales, la décentralisation va rapidement se traduire par un déficit de personnel et une dégradation des conditions de travail : non remplacements des départs, externalisation de missions au privé...

Démantèlement des ZEP
Dans le cadre du label « ambition réussite », 200 à 250 collèges, jugés parmi « les plus en difficulté » bénéficieront d’un classe
ment EP1. Cela se traduira par l’affectation de 1.000 enseignant-e-s et 3.000 assistant-e-s pédagogiques supplémentaires. Ces mesures seront mises en place à budget constant, avec un redéploiemet de personnels notamment par la suppression de la ½ heure non- affectée en 5°et en 4°. On déshabille Paul pour habiller Jacques ... Joli tour de passe-passe !
Cette concentration sur quelques établissements laisse craindre un démantèlement rapide du dispositif ZEP (911 zones ou réseaux actuellement). Après les EP1, il y aura les EP2 qui devraient garder les moyens actuels du dispositif ZEP. Un nombre indéterminé d’écoles et collèges, classés EP 3 devront "sortir du dispositif en trois ans". Cela signifiera pour eux une perte significatives de moyens humains et financiers, germes des difficultés de demain... En clair, le ministère va jouer les pompiers avec quelques établissements et laissera les autres dans le dénuement !

Remise en cause des droits des personnels
Avec De Robien, l’offensive contre les statuts est clairement lancée. La pression est actuellement très forte pour une hausse du temps de travail des enseignants du 2nd degré. Déjà la circulaire sur les remplacements obligatoires donne la possibilité de travailler 60 H en plus par an. La prochaine instauration de la bivalence pour les certifiés s’inscrit dans la même logique. On a un stock x d’élèves, un stock y de profs et il faut faire coïncider les deux malgré la diversité des disciplines et des emplois du temps. Solution : n’importe qui fait n’importe quoi, il y a « un prof’ face à un classe », et les « objectifs de production » sont remplis ! Staline ou Ford ? Quelles que soient les références des conseillers du ministre, elles sont à l’opposé de l’éducation, plaçant la gestion comptable au-dessus de tout. En suivant ce raisonnement jusqu’au bout, il est à prévoir une hausse statutaire du temps de présence en établissements pour ces personnels.
Après la décentralisation, Les TOS expérimentent-eux la notation négative suite au nouveau système d’évaluation (circulaire Antoine du 27/10/05). Salaire, retraite, ce système aura des incidences énormes sur les carrières et facilitera la caporalisation du personnel. Il devrait s’étendre à toutes les catégories de personnel dans le cadre de la LOLF.

Toujours plus précaires
Depuis 2003, plus de 20000 enseignants non-titulaires ont été mis au chômage. Le ministère ne propose, aujourd’hui, presque plus que des vacations, pour un maximum de 200H/ année et ne donnant pas droit aux indemnisations chômage.
Pour vivre et conserver les droits aux concours internes, des centaines d’ex-contractuels ont du intégrer les nouveaux contrats précaires de vie scolaire : AE ou pire CAE (remplacement des CES, 20H/semaine et contrats de 6 mois à 1 an). C’est la spirale de la précarité ! Pour les étudiants, ces contrats (plus d’heures et moins payés) ne permettent plus, au contraire de l’ancien statut MI/SE, de poursuivre des études dans de bonnes conditions.

Dérive réactionnaire et flicage à tout les étages
Circulaire sur la lecture, apprentissage à 14 ans, bourses aux mérites, sanctions financières contre les parents d’élèves en difficulté, apprentissage de la Marseillaise et bientôt de la bible, retour de la note de discipline... les annonces du ministère sentent bon la vieille France rance. Mais est-ce vraiment par le retour 40 ans en arrière que se régleront les problèmes de l’école d’aujourd’hui ?
Alors même qu’il se désengage des services publics, en particulier dans les quartiers populaires, l’Etat réaffirme sa présence à travers la démagogie sécuritaire. L’Etat policier, voilà bien le seul “service public” qui se porte bien aujourd’hui. Permanences policières dans les établissements, circulaire musclée à venir contre les « violences »... l’école n’y échappe pas. Ces « violences scolaires » ne sont que le pendant d’une société toujours plus malade des inégalités et de la sélection sociale... La fuite en avant sécuritaire est le complément de la politique de casse sociale orchestrée depuis des années par la classe politique. A nous de porter un projet social émancipateur en alternative !

Quel avenir pour la jeunesse ?
La glorification de l’excellence et de la méritocratie ne sont qu’un leurre cachant l’essentiel : apprentissage à 14 ans et « découverte professionnelle » comme seul horizon pour une majorité de la jeunesse populaire. Les « enseignements fondamentaux » du socle commun sont bien suffisant pour être employable et corvéable par le MEDEF !
La précarité sera aussi la règle pour ceux qui s’acharneront à poursuivre des études. Avec, le Contrat Première Embauche, les jeunes de moins de 26 ans seront des salariés de seconde zone. Exonération de cotisations sociales, possibilité de virer à tout moment sans besoin de justification pendant deux ans... Les jeunes servent aujourd’hui de laboratoire pour un dispositif qui risque de se généraliser à l’avenir.

Les centrales « représentatives » ne nous proposent que des mobilisations en ordre dispersé. Les fonctionnaires le 2, les jeunes le 7, etc. Alors que le monde du travail s’était massivement mobilisé le 4 octobre, cette stratégie est suicidaire.

Au contraire, préparons-nous à une grève dure et réanimons tous les instruments de lutte démocratiques (coordinations, collectifs...) qui avaient donné sa vitalité et sa richesse au mouvement du printemps 2003.

Battons-nous pour une autre école, un autre futur !

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