Manif ANTIFA le 23/04/05

Jeudi 21 avril 2005 // Antifascisme

TRAVAILLEURS FRANÇAIS, TRAVAILLEURS IMMIGRES

MÊME PATRON, MÊME COMBAT !

- Les attaques libérales et anti- sociales du gouvernement, destinées à asservir toujours plus les travailleurs, n’épargnent pas la composante la plus précaire du prolétariat, les migrants. Le contrôle institutionnalisé et la répression systématique de l’ensemble des travailleurs - avec et sans papiers - sont plus que jamais à l’ordre du jour, que ce soit par le biais de la reforme Sarkozy de l’ordonnance de 1945 régissant l’entrée et le séjour des étrangers, de la politique de l’emploi ou bien du « plan de cohésion sociale » Borloo. A chacun correspond une méthode de contrôle et un mode d’asservissement adapté. Pour les nationaux : le RMA, les contrats d’activité, la menace de suppression des allocations et des minima sociaux, le chantage à la délocalisation, le démantèlement de la sécurité sociale.et pour les migrants : les contrats OMI, les contrats d’accueil et d’intégration, l’obligation de parler ou d’apprendre le français pour obtenir une carte de séjour, la mise à mal de l’Aide Médicale Etat, la menace de l’expulsion, des centres de rétention, de la prison. Toutes ces agressions tendent vers le même but : la réduction du coût du travail ainsi que des dépenses sociales, l’enrichissement des exploiteurs et le maintien d’un ordre social au profit de la classe dominante.

- La fabrication délibérée de centaines de milliers de « sans papiers » par l’administration répond au besoin insatiable du patronat en main d’oeuvre exploitable à moindre coût. Alors que les revenus s’alignent de manière généralisée vers le bas, l’emploi de travailleurs migrants en situation irrégulière reste toujours aussi attrayant pour les patrons, soucieux, au mépris de toute réglementation sur le travail, de baisser tant que possible leurs coûts de production pour rester compétitif sur le marché. La main d’oeuvre « sans papiers » représente notamment un grand intérêt dans les secteurs non délocalisables tels que le bâtiment, l’agriculture, la restauration, et permet de « délocaliser sur place » au prix de salaires légèrement supérieurs à ceux en vigueur dans les nouveaux pays de l’union européenne. Pour l’équivalent d’un temps plein, un patron peut désormais embaucher cinq RMAstes, alors combien peut il se payer de sans papiers, qui présentent par ailleurs l’avantage de disposer de moins de droits encore et de ne rien coûter en charges sociales ! En instaurant un jeu de concurrence entre les travailleurs, le gouvernement et le patronat exercent une pression sur le marché du travail et sur les salaires. Par la même occasion, ils entendent bien diviser les travailleurs et briser les liens de solidarité, au risque de créer ainsi un terrain fertile pour les discours nationalistes et fascisant.

- Paradoxalement, n’ayant pas d’autorisation de travail, les milliers de migrants qui peuplent les geôles de l’état sont pourtant contraints de travailler lorsqu’ils sont incarcérés au seul motif d’irrégularité de séjour. On leur permet même de cotiser à la sécurité sociale en sachant que leurs droits prendront fin dès la libération ! Cet état de fait conduit à exploiter des personnes de manière tout à fait légale alors même qu’elles se trouvent en prison uniquement en raison d’un statut dit illégal. L’extension prévue du parc carcéral semble prendre en compte ce vivier de main d’oeuvre et confirme la volonté accrue du gouvernement de réprimer par l’enfermement tous les « irrégularisables » et déboutés du droit d’asile qui s’obstineraient à vouloir se maintenir sur le territoire national ! A partir de cette constatation, il semble que le projet de régulariser tous les sans papiers ne soit pas, à l’heure actuelle, dans les tiroirs du ministère de l’intérieur

- Et quant à l’utilitarisme migratoire qui voudrait que l’afflux de migrants et les régularisations se décident sur la base des besoins nationaux et économiques, c’est la preuve que les politiques sur l’immigration sont inspirées par un capitalisme cynique et sont dénuées de toute humanité. En repoussant les plus pauvres et en cherchant à attirer les capitaux et les élites, toutes les politiques migratoires démontrent, qu’au-delà de la simple xénophobie, elles sont bel et bien le reflet d’une justice de classe et une entrave à la solidarité internationale des travailleurs.

- Dans le but de maintenir la pression sur les travailleurs migrants, les méthodes de contrôle et de persécution se renouvellent sans cesse. Travailleurs sociaux et personnels de l’éducation nationale sont voués à jouer un rôle dans la chaîne répressive, à leur insu ou en se voyant imposer la délation comme obligation professionnelle ! Ainsi, dans certains départements, les travailleurs sociaux intervenant sur les foyers d’hébergement d’urgence sont tenus de transmettre la liste nominative des résidents à la préfecture chaque semaine.et le projet de loi sur la prévention de la délinquance, initié une fois encore par Sarkozy, menace également les migrants en situation irrégulière qui seraient en rapport avec des travailleurs sociaux. Les enseignants et le personnel administratif des établissements scolaires sont aussi utilisés malgré eux pour localiser les familles migrantes, c’est-à-dire qu’ils participent sans le savoir à la machine à expulser et à la politique de plus en plus prégnante d’enferment des mineurs !

- Même la solidarité en vient à être criminalisée, comme ont pu en faire les frais les militants du collectif C-Sur dans la région de Calais, afin d’isoler un peu plus les migrants dans leur détresse et les rendre plus vulnérable face aux exploiteurs. Au motif que seul un danger imminent et mettant en péril l’existence même d’une personne sans papiers peut justifier qu’on lui vienne en aide, le gouvernement s’attaque à la solidarité sous toutes ses formes et réprime les individus qui l’expriment.

- Sur tous les fronts, les travailleurs - nationaux et immigrés - sont la cible des attaques des gouvernements et du patronat. Et au moment où « l’Europe forteresse » projette d’externaliser la demande d’asile en créant des camps de réfugiés dans les pays limitrophes de l’union, afin de pouvoir faire son marché en continuant d’invoquer la convention de Genève dans ce qu’il faut bien appeler des camps de triage, la solidarité internationale est plus que jamais une nécessité.

A la complicité internationale du patronat et des gouvernements, nous devons répondre par la solidarité internationale des travailleurs.

Ensemble, luttons et
préparons la révolution sociale !

Ensemble, luttons pour :
- La liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous
- La suppression de toutes les frontières et des identités nationales
- La fermeture des prisons et de tous les camps d’enfermement
- L’abrogation de toutes les lois sur l’immigration

Manifestation ANTIFASCISTE - Samedi 23 Avril 2005
15:00 Place Jeanne D’arc à Toulouse.

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