Communiqué de la Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion du 23 Avril 2014

Samedi 26 avril 2014, par Maïlys // Actualité

A Toulouse, depuis plus de trois ans nous, familles avec enfants,
étudiant.es précaires, travailleur.euses.s pauvres, galériens.nnes
privé.e.s de papiers, réquisitionnons des bâtiments vides privés et
publics pour nous loger, nous organiser et vivre selon nos propres
moyens et nos propres besoins. Dans cette même logique, depuis plus de
trois ans, insoumissibles aux logiques de l’Etat, du capital, et des
politiques bourgeoises nous refusons de laisser organiser les conditions
de notre misère et notre exploitation.

C’est ainsi, que lundi 21 avril, nous, habitant.e.s et soutiens du
Centre Social Autogéré du 57 avenue Jean-Rieux étions obligé.es de
rendre les clefs du bâtiment réquisitionné depuis octobre 2013 après que
Mr Jean-Luc Moudenc, nouveau maire ressuscité de la droite toulousaine,
ait personnellement « prié » le propriétaire de nous expulser sous
menace d’un carnage policier. Il est clair que dans la logique de la
Justice et que dans l’obsession personnelle et maladive de Mr Moudenc de
« nettoyer sa ville », les intérêt des pauvres et leurs organisations ne
valent rien.
C’est ainsi bien conscient de cela, que nous avions ouvert par
nécessité, quelques jours auparavant, deux nouvelles réquisitions à la
Roseraie que nous venions d’officialiser.

Mais dès dimanche soir et ce jusqu’à l’expulsion, se sont succédés
autour de ces deux maisons : vrais et faux propriétaires, renforts
massif d’agents immobiliers, policiers divers et variés s’étant tous
accorder sur le même discours : notre impossibilité à rester dans les
lieux quelque soient nos droits et nos déterminations. Le dispositif
s’accélère le lundi après-midi lorsque nous nous trouvions à l’intérieur
des bâtiments. Fort d’une plainte fallacieuse et illusoire pour
violation de domicile déposée par les propriétaires, les renseignements
généraux ont, dans un premier temps, tenté d’interroger plusieurs
personnes identifiées de la CREA. Bredouilles, ils repartent pour mieux
revenir une heure après accompagnés de plusieurs camions de CRS bloquant
la rue et ordonnant l’expulsion immédiate et illégale des bâtiments,
sans solution de relogement.
Après discussion, nous nous décidons à sortir des maisons, avec nos
affaires et sans que personne ne soit embarqué, à qui serait intimé
l’obligation de répondre de la plainte du propriétaire.
Une heure plus tard, nous nous trouvons tous dehors : habitant.tes,
entourés de nos soutiens et de nombreux voisin.e.s. lorsque le lourd
dispositif policier finit de se mettre en place. Nous nous interrogeons
encore sur l’impressionnant arsenal mis en œuvre : plus d’une centaine
de policiers de corps différents, une quinzaine de camions, brigades des
CSI, BAC, Police nationale, gardes-mobiles, renseignements généraux,
lorsqu’au même moment le gouvernement se pavane vulgairement dans les
médias en parlant de « plans d’économies » et de « gestion sociale » du
pays.
Nous déménageons nos affaires lorsque la BAC décide d’interpeller
quelqu’un identifié comme « responsable ». En plus de la violence de
l’intervention, s’en suit un déluge de coups de la part des tous les
policiers : gaz lacrymos, tir de grenade dispersive, tir tendu de
flash-ball au visage. Un autre camarade s’est écroulé au sol, se faisant
secourir et transporter à l’hôpital par les voisin.e.s. Touché en pleine
face, plus de la moitié des os de son visage ont explosé. Plusieurs
personnes ont été blessées, et la chasse à l’homme dure plusieurs
heures. De plus, quatre personnes ont été interpellées, une est toujours
en garde-à-vue ce mercredi matin et une cinquante de personnes se
retrouvent à la rue du fait de l’acharnement de la Mairie et de la
Préfecture.

Nous adressons donc un message au nouveau maire de Toulouse et à tous
ceux qui partagent ses idées et intérêts : les pauvres ne disparaissent
pas à coups de tonfa magique. Les surveillances, contrôles, expulsions,
répressions ne font qu’accroître nos déterminations à ne pas nous
résigner au jeu des pouvoirs publics de droite comme de gauche, et à
choisir pour et par nous-mêmes nos conditions d’existence. Des bâtiments
sont vides, des gens sont à la rue : réquisitionnons ce qui à été
construit par le peuple pour loger le peuple.

Ici et maintenant, rencontrons-nous, organisons-nous.
Tous pour Tou.tes

Pouvoir au peuple

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