Retraites : la grande braderie en faveur du patronat continue

Vendredi 6 septembre 2013, par Maïlys // Actualité

Contre­-réforme des retraites 2013, les propositions du gouvernement :
Allongement de la durée de cotisation pour partir à la retraite (aujourd’hui elle
est de 41,5 annuités elle était de 37,5 avant 1993, elle sera de 43 annuités en
2035), hausse des cotisations retraites (sachant que la part patronale sera « intégralement compensée » en 2014 par un gouvernement au service du patronat),
la revalorisation de nombreuses pensions va être retardée, tout cela en contrepartie
de quelques miettes pour faire croire à une réforme juste. Soyons sérieux, tout le monde sait que le but n’est pas de nous faire travailler 43 ans. Avec la flexibilité, les périodes de chômage, la précarité (dont les principales victimes sont les femmes),
l’arrivée plus tardive dans la vie active, le chômage massif des plus anciens, le but
est que personne n’ait la retraite à taux plein et que l’on soit obligé de prendre des
assurances complémentaires. Le but est de privatiser petit à petit les retraites ce qui
augmentera les inégalités entre les plus riches qui pourront souscrire à ces assurances et les plus pauvres qui auront des retraites tronquées ou le minimum vieillesse, ce qui permettra aussi aux crapules des assurances, des fonds de pension, etc. de s’enrichir encore plus.

On connaît la méthode : les médias commencent le travail, parlent d’un déficit record, des retraites qu’on ne pourrait plus payer, sortent des chiffres fumeux (20 milliards qu’il faudrait trouver d’ici 2020, avant on parlait des déficits actuels maintenant on parle des déficits potentiels, futurs, nous nageons en pleine science
fiction), font passer dans la tête des gens qu’il n’y a pas d’autres choix que d’appliquer les consignes de Bruxelles, oublient de dire que 20 milliards, c’est exactement le montant des cadeaux que le gouvernement fait au MEDEF sous forme de crédit d’impôt.
Ensuite des pseudo­-experts disent que nous sommes obligé-e-s de faire de nouveaux efforts, on commence à comparer puis à opposer les travailleurs-­euses du privé et du public pour diviser les travailleurs-­euses, puis un rapport est remis qui promet des réformes « nécessaires » et « obligatoires » pour nous faire accepter de
nouveaux sacrifices... Et cela sous prétexte de critères européens, de crises, de déficits, peu importe...

Comme ils le font en Grèce, au Portugal, en Espagne et ailleurs, tout est bon pour voler le peu de richesse qui reste aux travailleurs­-euses pour le donner au patronat. Tout est bon pour continuer à nous saigner alors que les riches se portent très bien, peuvent continuer de se gaver sur notre dos, merci pour eux.

Selon le journal Challenges du 11 juillet 2013, la fortune totale des 500 français
les plus riches a augmenté de près de 25 % depuis l’été 2012, les 10 français les
plus riches ont vu leur fortune augmenter de 30 milliards d’€ en douze mois. Et, alors que la misère se développe, ces profiteurs osent pleurnicher sur les impôts qu’ils doivent payer, parlent de matraquage fiscale, demandent de payer moins de charges sociales...

On connaît la méthode, le « dialogue social » se met en place, pour aboutir à un résultat que les médias présentent comme équilibré alors qu’il prolonge la politique patronale du gouvernement précédent au détriment des travailleurs­-euses, les vautours du MEDEF font semblant de ne pas être contents pour s’assurer d’autres cadeaux futurs (un allègement des cotisations familiales, entre autres...).
La CFDT, la CFTC et la CGC ont déjà leur stylo dans la main pour approuver ce nouveau recul (ce stylo qui a signé l’ANI en janvier 2013, accords qui avantagent le patronat, qui favorisent les licenciement, remettent en cause le code du travail ...)

On espère que les autres bureaucraties syndicales n’épuiseront pas les salariés entre moments forts et journées d’actions et participeront à la construction d’un véritable rapport de force à la base, c’est à dire une grève sur la durée, reconductible, seule à même de bloquer l’économie, seule à même d’arrêter la machine capitaliste et d’imposer d’autres revendications.
C’est à nous d’imposer le scénario qui peut nous faire gagner, c’est à nous de prendre en main nos luttes, personne ne le fera pour nous. La seule chose dont on peut être sûr c’est que si nous ne faisons rien, si nous laissons nos dirigeants (patronat, élus, bureaucratie syndicale) décider à notre place, ça continuera d’aller de pire en pire.
Si nous décidons de profiter des prochaines mobilisations pour organiser partout des assemblées générales pour agir contre la contre­-réforme des retraites mais aussi pour remettre en cause les politiques patronales qui se succèdent et reprendre
l’offensive au profit des travailleurs-­euses, des chômeurs­-euses, alors la peur changera de camp, alors on commencera à faire trembler les puissants.
Ceux et celles qui luttent peuvent perdre, ceux et celles qui ne luttent pas ont déjà tout perdu. Nous devons reprendre confiance en notre force, nous sommes plus nombreux-­euses qu’eux. Uni­e­s, salarié­e­s du privé ou du public, syndiqué­e­s et
non syndiqué­e­s, français­es, immigré­e­s, avec ou sans emploi nous pouvons reprendre le contrôle sur nos vies et construire une société basée sur l’égalité sociale et l’autogestion. La CNT sera de ce combat partout où elle se trouve.

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