DES REQUISITIONS POUR VIVRE DIGNEMENT

Mercredi 4 avril 2012 // Syndicat Unifié du Bâtiment Midi-Pyrénées

Le GPS ...

Le 20 avril 2011, les travailleurs sociaux du Groupe Pour la défense du travail Social (GPS) réquisitionnaient dans l’urgence une partie des locaux de l’AFPA située 4 bis rue Goudouli à Toulouse, inoccupés depuis 2 ans. Ils hébergent actuellement 17 personnes dont l’état de santé et de dépendance nécessitent une mise à l’abri immédiate.
Le GPS (Groupement Pour la Défense du travail Social) se bat contre les atteintes portées aux usagers du secteur social. De multiples actions ont été menées pour défendre leur droit.
Face à l’arrêt de la période hivernale et à la remise à la rue le 31 mars 2011 de personnes en situation de très grande précarité, le GPS a dans un premier temps occupé la Cathédrale de St Etienne, pour ensuite réquisitionner un bâtiment du Ministère de la Cohésion Sociale, rue Goudouli à Toulouse.
Cette action, bien qu’illégale, a pu trouver un large soutien citoyen et militant (comme Act Up, les syndicats et les enfants de Don Quichotte, ...). C’est par le biais de la lutte acharnée que le GPS obtient un accord de légalité d’hébergement, par la préfecture et la mairie.
Aujourd’hui, La Maison Goudouli est une association collégiale, composée de travailleurs sociaux et de militants. Elle a obtenu des financements de l’Etat, de la mairie, de différentes fondations et de l’Agence Régionale de la Santé. De plus, 4 salariés sont embauchés et quelques bénévoles continuent à soutenir l’action. En accord avec la mairie, l’association peut rester sur le lieu 18 mois, en attendant de se voir attribuer des locaux définitifs.
Au même moment, des militant.e.s soutenant l’action du GPS, créent un collectif de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion, le CREA. Ils décident alors de réquisitionner la 2ème partie du bâtiment de l’AFPA vide depuis 2 ans, au 70 allée des Demoiselles, afin d’y accueillir des familles à la rue, et d’y construire un projet de vie collective et autogestionnaire entre habitants.

Et pendant ce temps là le CREA ...

Le CREA devient alors un centre social autogéré, auto-organisé par des précaires, des militants, des travailleurs et par les familles elles-mêmes, tout ça en refusant les subventions, sans coûter rien à personne et en s’organisant par eux mêmes entre exploité.es alliéné.es opprimé.es indigné.es ou enragé.es .

Depuis bientôt un an, une quarantaine de personnes (familles avec enfants et militants, venant de tous horizons) vivent au CREA au prix d’un long combat.

Dès le début de l’occupation, l’Etat a conduit le CREA au tribunal administratif, prétextant « les conditions d’hygiènes insatisfaisantes pour les habitants ». Il fût alors débouté de sa demande peu de temps après.

Une solidarité s’est alors mise en place autour du collectif, visant à soutenir et à dynamiser le projet (contributions humaines, matérielles, logistiques, etc...), et différentes activités ont vu le jour (cours de boxe, cours d’alphabétisation, permanence juridique et psychologique, soirée culturelle, etc..) Ce qui a permis l’ouverture du lieu à « l’extérieur » en contribuant progressivement à sa (sur)vie.

Depuis, la lutte continue, avec la réappropriation d’un second bâtiment en octobre 2011, évacué 2 jours après muni militari, par les forces de l’ordre de manière illégale. Le CREA lance ainsi le début de la campagne "Zéro enfant à la rue" afin d’occuper 4 batiments et d’abriter une vingtaine de famille forcées de vivre à la rue par l’Etat et le capitalisme.
Il refuse également toutes formes de négociations avec les institutions officielles.

Mais l’Etat ne veut pas en rester là, et c’est en janvier 2012 que le CREA se voit assigner par la Préfecture de Toulouse pour le motif suivant "Expulsion des occupants sans droits, ni titre", la lutte ne cessera de s’organiser à travers "la campagne 0 enfants dans la rue" afin de poursuivre l’entraide, l’autogestion, la solidarité qui sont des armes

La misère n’est pas une fatalité, les gouvernants l’organisent et arment le bras de la répression policière pour nous faire taire ! Toulouse ne lutte pas seule, à Tours, à Nantes, à Grenoble, à Marseille, à Paris ou à Dijon mais aussi en Europe et partout dans le monde, des galérien-ne-s s’unissent pour reprendre la ville et la partager. Il en va de notre responsabilité à tou-te-s si nous voulons en finir avec l’injustice, l’autorité et l’inégalité. Le peuple n’a besoin ni de chefs, ni de partis, ni de sauveurs.

Cesser d’attendre un futur où les choses changent et vivre un présent déjà transformé, l’un des enjeux essentiels du CREA.

N’ESSAYONS PAS,FAISONS !
TOUT POUR TOUS, POUVOIR AU PEUPLE !

Contact : Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et L’Autogestion.
70 Allée des demoiselles
crea@squat.net
facebook : centresocialautogere crea

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