Qui croirait encore aujourd’hui, que dans l’ensemble des pays du monde, des politiques de croissance boosteront le marché du travail et créeront de l’emploi ! Selon l’OIT (l’Organisation internationale du travail), le chômage mondial continuera de croître si aucune politique en faveur de l’emploi n’est mise œuvre d’ici 2016. Les chiffres officiels en 2012 évaluent que sur les 3,3 milliards de travailleu-r-se-s dans le monde, 200 millions d’entre eux/elles sont à la recherche d’un emploi. Avec un taux de croissance économique mondiale de 2 %, illes seraient 12 millions de plus en 2016. Mais avec une croissance mondiale de 4 %, « seul-e-s » 6 millions s’ajouteraient aux 200 millions.

Au delà d’un doute tenace quant à la réalité des chiffres officiels indiquant 6 % chômage, le premier constat indique lui que même avec une croissance positive le chômage perdurera !

Le deuxième constat confirme que si la guerre économique peut permettre à un pays de doper sa croissance économique, ce sera au détriment d’un autre qui lui subira la récession !

La lutte de classe, version bourgeoise, est transversale et sans frontière et la croissance économique ne serait être homogène. D’une part, l’État du pays compétitif ne tient à soutenir un pays en récession qu’au prix avantageux (exportations, spéculations...), alors que pour le peuple perdant la règle doit s’imposer : se serrer encore plus la ceinture avec des droits sociaux qui dégringolent et un taux de chômage battant ses propres records.

D’autre part, alors que dans le pays compétitif, les gagnant-e-s se contre-foutent des travailleu-r-se-s pauvres, un pays en crise et/ou pauvre ne chasse pas ses riches pour autant, ceux-ci sont maîtres chez eux/elles et fructifient leur capital où bon leur semblent...

De plus, la « morale » néolibérale nourrit la compétition entre puissances souveraines et privées, accentuant le processus de concurrence et de dumping social tout en vantant sa loi économique comme seule capable d’apporter le bonheur pour tou-te-s.

De fait le troisième constat est aveuglant : puisque aucune politique économique ne tient à remettre en cause ni la crise du capitalisme, ni même le totalitarisme des financiers, la misère s’amplifiera ces prochaines décennies (chômage, précarité, fascisme, guerres, famines, migrations...).

De la division du travail à sa précarisation

Avec le capitalisme les facteurs de crise tiennent aussi du mode de consommation : classe aisée et classe ouvrière consomment à qui mieux- mieux, donc au moindre coût possible, participant à la concurrence exacerbée et, attaquant de fait le droit du travail. Le consumérisme, obligatoirement cautionné par les travailleu-r-se-s est subtilement véhiculé par les classes dirigeantes (patron-e-s, bourgeois-e-s, politicien-ne-s) et les transnationaux (industries, banques, etc). Mais c’est d’abord cette classe qui bénéficie des applications économiques depuis les révolutions industrielles précédentes en favorisant la division du travail pour son profit, toujours au détriment du travail, de l’environnement et de la santé.

L’accroissement de la division du travail est associé à l’expansion du capitalisme et de sa production économique, ainsi qu’à un système productif complexe, favorisant notamment la circulation des biens. La division du travail amplifie l’interdépendance économique et l’expansion du commerce. Ainsi, elle est limitée par la taille du marché, aussi plus ce dernier occupe de place dans le champ de la société, plus son pouvoir tentaculaire s’impose dans celle-ci, marginalisant, ou détruisant les rapports sociétaux improductifs en termes de valeur marchande. L’évolution économique de ces dernières décennies a considérablement renforcé la division du travail, mais encore de sa division sociale.

Chaque secteur de la société produisant des biens, ou des services est parcellisé et atomisé ; car en concurrence entre tous, même lorsqu’il y a complémentarité, telle est la loi du marché. Aussi chacune des unités produit d’abord pour elle-même et pour son profit. Constatons que cette hyper-rationalisation, multipliant les spécialisations, tient nécessairement du management des modes de gestion de production (productivisme accrue, flux tendu, sous-traitance, externalisation, économie du coût du travail et précarisation de son temps, flicage...).

Bref, au/à la travailleu-r-se reste l’obligation à sa compétence professionnelle (au détriment d’une qualification), à un droit de bosser au moindre coût, à sa servilité (et alors de pouvoir consommer), à (si elle est possible) une protection sociale (capitalisée). Ainsi, à sa propre marchandisation ! En somme, l’esclave de la modernité. Aussi, deux options s’imposent au/à la prolétaire : filer droit, ou être sans travail !

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