Articles avec le tag ‘violences policières’

Solidarité avec la lutte des lycéen.nes lillois.es !

jeudi 9 mars 2017

À Lille, depuis deux semaines, des lycéen.nes se mobilisent contre les violences policières. Blocus des établissements et manifestations spontanées se succèdent. À chaque fois, l’État essaye d’intimider les jeunes en envoyant ses chiens de garde matraquer, gazer, tirer au flash-ball et interpeller. Mais la répression ne fait que renforcer la détermination des lycéen.nes. Ainsi, ce jeudi 9 mars 2017, la lutte était à nouveau au rendez-vous. Dans la matinée, après avoir bloqué le lycée Pasteur et le lycée Faidherbe, une cinquantaine de jeunes a rejoint un groupe de parents, de lycéen.nes et de personnels de l’éducation rassemblé.es devant le rectorat pour protester contre le manque de professeur.es dans leur établissement (d’où des classes surchargées). Pour les disperser, la police a fait preuve d’une violence inacceptable. Coupable à ses yeux d’abriter en son sein un dangereux lanceur d’œuf (!), elle a chargé le rassemblement à plusieurs reprises en utilisant des grenades lacrymogènes. Une lycéenne de 15 ans a fait un malaise et a dû être hospitalisée. Un enseignant et un assistant d’éducation ont également été malmenés par les policiers. Enfin, quatre personnes (au moins) ont été interpellées. Le syndicat CNT éducation du Nord Pas-de-Calais tient à apporter sa solidarité pleine et entière à tou-te-s les manifestant.es victimes ce jour de la répression étatique et de son corollaire, la violence policière.

Manifestations contre les violences policières

mercredi 1 mars 2017

Lille, samedi 11 mars 2017 à 15h

Pour Adama, Théo et toutes les autres victimes de la police – À l’appel d’une AG réunie dernièrement à la Bourse du Travail de Lille – RDV sur le parvis des halles de Wazemmes

Montigny-en-Gohelle, samedi 25 mars 2017 à 15h

À l’appel de la famille de Lahoucine, jeune de Montigny-en-G. tué en 2013 devant chez lui par des policiers – RDV devant le 9 rue de Lassigny

À Lille, jeudi 9 février : rassemblement contre le viol de Théo par la police

vendredi 3 février 2017

Suite au viol commis par la police le 2 février 2017 sur la personne de Théo (un habitant d’Aulnay-sous-Bois), l’union locale des syndicats CNT de Lille relaie le communiqué de l’Action Antifasciste NP2C appelant à participer à un rassemblement de soutien jeudi 9 février à Lille (lire ci-dessous).

Justice pour Théo, Adama et toutes les victimes de la police !

Jeudi dernier, vers 17 heures, une patrouille de police a une nouvelle fois agressé des habitants dans le quartier populaire de la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois. Six mois après l’assassinat d’Adama Traoré à Persan, les flics ont matraqué violemment un jeune de 22 ans, Théo, avant de lui insérer sur plus de 10cm de profondeur une matraque télescopique dans les fesses. Le jeune homme a du subir une intervention chirurgicale d’urgence et s’est vu signifier 60 jours d’ITT (interruption de temps de travail). Ce viol inadmissible est une nouvelle preuve de l’inhumanité et de la violence des flics sur tout ce qu’ils ne supportent pas : les personnes de couleurs, les habitants des quartiers populaires, les jeunes, les militants de gauche, les réfugiés ou les syndicalistes. Depuis, des habitants du quartier sont descendus dans la rue pour faire savoir leur colère. Ils ont eu droit à un déferlement inouï de nouvelles violences policières. Hier à Aulnay, la police a tiré à balles réelles ! (comme l’a confirmé la Préfecture de Paris elle-même, parlant quant à elle de tirs de sommation). Face à ces violences scandaleuses, ne nous laissons plus faire. Face aux insultes, aux coups, aux attaques quotidiennes, rendons coups pour coups. Pour Théo, pour Adama Traoré, pour Rémi Fraisse, pour Zyed, Bouna, Malik, Lamine ou encore Lahoucine, pour tous les mutilés du flashball, pour toutes les personnes violentées gratuitement par les forces répressives de l’État, organisons-nous et mettons fin à l’impunité policière. Tant que nous n’aurons pas la justice, vous n’aurez jamais la paix ! Rassemblement jeudi soir, 18h30, place de la République à Lille (nous ferons une cotisation pour envoyer les fonds à la cagnotte de soutien en ligne organisée pour Théo Luhaka).

Note du webmaster : la prochaine manifestation organisée à Lille en soutien à Théo
aura lieu mercredi 15 février à l’initiative du CSP 59 ; rendez-vous à 18h place de la République.

Face aux violences policières et à la répression étatique : justice pour Adama, justice pour Théo, justice pour tous !

jeudi 2 février 2017

Communiqué de la fédération CNT des travailleuses/eurs de l’Éducation :

Humilier, mutiler et tuer pour réduire au silence et empêcher que la résistance s’organise. Cela fait des décennies que la police terrorise et tue dans les quartiers populaires, que cela soit au quotidien ou lors des mouvements sociaux. L’État s’appuie sur la police et la justice pour écraser nos vies et nos révoltes. Des contrats aux bénéfices astronomiques de ventes d’armes et de « techniques » de maintien de l’ordre se concluent dans le monde entier sur le dos de nos mort.e.s et nos mutilé.e.s.

Le 2 février 2017, Théo, habitant de la cité des 3000 dans la commune d’Aulnay-sous-Bois, jeune homme noir de 22 ans, a été frappé, injurié, gazé et violé par des policiers parce qu’il avait eu l’audace d’exprimer sa réprobation vis à vis d’interpellations injustifiées. Mais surtout parce qu’il était noir et, qu’en France, il y a des citoyens de seconde zone.

Ce n’est pas une bavure, le dérapage de quelques policiers isolés. C’est la conséquence d’une violence et d’un racisme d’État qui ont pour but de maintenir, particulièrement dans les quartiers populaires, la domination du capitalisme. Quitte à en admettre les excès et en absoudre leurs auteurs. C’est la preuve d’un système prêt à toutes les violences pour contraindre à la soumission et exploiter la partie la plus pauvre de la population comme aux temps des colonies. C’est précisément pour ces raisons que la CNT ne syndique pas les forces répressives de l’État.

Pour l’IGPN, Théo Luhaka n’a pas été victime de viol, mais d’un accident. Quelques mois après la mort d’Adama Traoré à Beaumont-sur-Oise, de nouveau le mensonge répond à la quête de vérité et de justice exprimée par les familles, les amis, les associations… Ce sont aussi des tirs à balle réelle qui leur sont opposés là où la solidarité fait rage comme à Aulnay dans la nuit du 6 au 7 février.

Comme si cela ne suffisait pas, une loi de « sécurité publique » vient d’être adoptée, alignant les droits des policiers sur ceux des gendarmes. Nous dénonçons cette nouvelle loi sécuritaire qui donne un « permis de tuer ». La militarisation de la police va faire d’autres victimes.

A quelques mois des élections, nous voulons redire que la solution ne viendra pas « d’en haut ». Quels que soient les gouvernements, la même politique perdure et s’amplifie. Ce n’est ni dans les salons de l’Élysée ni dans ceux de Matignon ou de la place Beauvau que nous obtiendrons satisfaction, mais dans la rue.

Organisons-nous, dans les quartiers, sur nos lieux de travail, en assemblées souveraines et reprenons ce qui nous appartient. Décidons nous-mêmes, pour nous-mêmes, et luttons pour un autre futur, débarrassé de l’État, des patrons et de leurs polices.

Pas de justice, pas de paix !

Petit compte-rendu du rassemblement des 19 et 20 octobre à Amiens

samedi 22 octobre 2016

Plus de 10.000 personnes se sont rassemblées les 19 et 20 octobre 2016 dans le parc St Pierre et devant le tribunal à Amiens *. En ces deux premiers jours des vacances scolaires, les nombreuses et nombreux camarades présent.e.s avaient la fraterni-sororité au cœur et la volonté perceptible de continuer le combat pour l’égalité sociale.

amiens-20oct2016-01Sans illusion sur la mascarade politicienne, la solidarité entre les militant.e.s syndicaux, les quartiers populaires, les territoires en lutte et les migrant.e.s a été portée par de nombreuses interventions. La convergence des luttes n’est plus un vain mot !

En attendant la sortie du tribunal des 8 damnés de « Bad-year » vers 21h, les rencontres, les débats, les concerts et nos danses n’ont pas manqué ! « Si je ne peux pas danser, ce n’est pas ma révolution » disait Emma Goldman ! Parmi les nombreux et généreux artistes, Sidi Wacho illumina notre nuit sororelle de Buena Onda. À écouter et à vivre sans modération !

D’ici le délibéré qui sera rendu le 11 janvier, la lucha sigue !

* Pour rappel, lire l’annonce qui avait été publiée le 24 septembre sur ce site.

La Brique (journal local d’enquêtes et de critique sociale)

lundi 6 juin 2016

La Brique n°47 (été 2016) est sortie. Nouveauté : elle fait 28 pages et tout est en couleurs ! Le prix, lui, reste inchangé (2 euros). Vous trouverez un des 5000 exemplaires en kiosques, dans les points de vente amis (dont la Maison des syndicats CNT de Lille), durant les criées sur les marchés ou, si vous êtes abonné-e, dans votre boîte à lettres. Lire l’édito : la lutte est une fête

Une_brique_47Présentation de quelques articles :

Douchy-les-mines, le barrage du peuple
26 mai 2016 : la France commence à être paralysée par le blocage des raffineries et des sites pétroliers. La Brique a livré ses derniers litres d’essence pour aller saisir l’ambiance et soutenir un siège en cours depuis cinq jours. Déter’, on est même rentrés à bon port !

« Tout corps plongé dans la lutte déplace les consciences »
Depuis le 3 mars, une bonne centaine d’étudiant.es de l’université de Lille 1 a décidé de refuser le triptyque inéluctable études-chômage-travail précaire. Au moment où nous les rencontrons, les étudiant.es préparent leur ultime résistance face à une évacuation imminente. Mais l’amphi Archimède, point central de la lutte, se projette déjà bien au-delà. Retour sur deux mois intenses d’une mobilisation multiforme et formatrice. Lire l’article

Les intermittent.es ne lâchent pas la scène
En plein combat contre la loi El Khomri, la réforme du statut des intermittent.es a réveillé leur lutte. Retour sur deux mois de mobilisations où les interluttant.es ont bousculé la scène militante.

Medef, paie tes impôts !
28 avril 2016. Pour la première fois depuis mars, les rayons du soleil soutiennent les manifestant.es réuni.es. Entre action spectaculaire parfaitement coordonnée, solidarité spontanée et mise à l’amende de la pression policière, cette journée restera dans les mémoires de ce printemps lillois.

Des apprentis pâtissiers réclament « leur part du gâteau »
À Boulogne-sur-Mer aussi, le mouvement se met en place. Les jeunes lycéen.es et étudiant.es du Boulonnais, avec l’aide militante de La Mouette enragée (média communiste libertaire), occupent l’espace public, prêt.es à en découdre avec le gouvernement Valls et sa loi travail. Cette mobilisation donne à voir les différentes formes de répression policière, durant ou en dehors des manifestations.

Interview des Pinçon-Charlot : la violence des riches
La Brique était présente le 1er mai au salon du livre de la critique sociale à Arras. L’occasion d’une causerie avec Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues de la vie des riches, auteurs du récent Tentative d’évasion (fiscale) (La découverte / Zones, 2015).

Des petits-bourgeois en action : délation et mesquinerie
Éric est travailleur itinérant, il se déplace là où le travail l’appelle. Il nous livre sa vision du monde, celle d’un ouvrier.

Les deux de la CNT au tribunal des flagrants délires (suite)
Le mercredi 25 mai les deux militants arrêtés suite à la manif du 20 avril dernier passent en procès après un mois de contrôle judiciaire. Si l’un des deux militants a été relaxé, l’audience, présidée par le juge Trévédic, n’incarne pas moins un bel exemple d’une justice arbitraire aux ordres d’un État policier. Lire le premier article : Les deux du local CNT face au tribunal des flagrants délires – Lire le second article : Les deux de la CNT, procès du 25 mai

De quelle violence parle-t-on ?
Après plus de deux mois de mobilisations contre la loi travail, le gouvernement décide de sortir l’artillerie lourde à l’Assemblée nationale… et dans la rue. À l’Assemblée, la clique hollandienne sort le 49.3, petit bijou anti-démocratique, qui fait tomber le masque d’une représentativité d’une classe qui ne représente plus rien ni personne. Dans la rue, c’est à grands coups de lacrymo, de grenades de désencerclement et de tirs de flash ball que le gouvernement a décidé d’en finir avec le mouvement social contre la loi travail. Lire l’article

Les increvables Goodyear
Invitée à la Fête de l’Humain d’Abord à Avion, La Brique a rencontré Michael Wamen. On en a profité pour discuter avec le délégué CGT des Goodyear qui depuis des années met toutes ses forces dans la bataille contre le géant américain du pneu. Le 12 janvier 2016, avec 7 de ses collègues, ils ont été condamnés à 9 mois ferme pour avoir séquestrés deux responsables de la boite pendant une nuit. Première en Europe, cette condamnation révèle l’agressivité avec laquelle le gouvernement entend mener le dialogue social. En attendant le procès en appel du 19 octobre 2016, c’est pour éviter la taule, que les « 8 de Goodyear » luttent désormais.

La Voix de la Police, votre quotidien local
Le jour et la nuit. Le traitement par La Voix du Nord du mouvement social contre la loi travail est étonnamment favorable à son départ. Mais dès qu’une vitrine est brisée, certain.es journalistes remettent leur bonne vieille laisse.

L’université française, laboratoire de la précarité
Une trentaine de doctorant.es chauffé.es à blanc par le mouvement social s’est constituée en collectif des précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR). Si l’initiative n’est pas nouvelle, il semblerait que ce mouvement-là ait plus de chances de s’instaurer durablement et de redonner des couleurs au tableau bien terne des universités lilloises. Focus sur les raisons de la colère des petites mains de l’université.

« À vos smartphones ! » (suite)
C’est le mot d’ordre qui revenait régulièrement lors des premiers rassemblements place de la République. Il était question de hashtags, de groupes Facebook ou de SMS viraux. Les Nuit debout insistaient sur cet enjeu de la com’, confondu pour l’occasion avec l’usage des outils numériques.

« Nous sommes sans ticket… et terroristes ? »
L’année dernière, La Brique a suivi le procès intenté à la Mutuelle des fraudeurs. Dans un précédent numéro, nous étions allés les rencontrer. Peu avant ce bouclage, la Mutuelle nous a fait parvenir un communiqué. Les mauvais jours finiront.

La vraie démocratie, elle est où ?
« La vraie démocratie, elle est ici », chante-t-on dans les manifs. Le mouvement social de ce printemps pose des exigences de démocratie fortes à un gouvernement représentatif qui semble au bout du rouleau. La variété des actions menées dans le cadre de ce mouvement (occupations, lectures publiques, blocage, débats, tractages, manifestations, concerts) est aussi grande que celle des profils militants : syndicalistes de la première heure, étudiant.es, néophytes, autonomes entrainé.es, citoyennistes de salon. Entre critique de la représentation, appel à une rénovation de la constitution, promotion d’une démocratie délibérative et rejet complet du jeu politique, les positions sont plurielles et les lignes de tension nombreuses.

Ateliers Populaires d’Urbanisme : un toit c’est un droit !
Les APU se mettent en mouvement. Une manifestation a eu lieu devant le conseil de la Métropole européenne lilloise (MEL) durant la signature du plan contre l’habitat indigne. Une autre est prévue pour la mi-juin devant le Conseil départemental pendant le vote des subventions.

Bilan de la manifestation du 21 mai à Lille contre la répression des mouvements sociaux

mercredi 25 mai 2016

Extrait vidéo de la manif :

Lien de téléchargement de cette vidéo

 
Compte-rendu écrit et photos (cliquer sur les images pour les agrandir) :

manif-21mai2016-lille-01Trois cents personnes sont descendues dans la rue samedi 21 mai 2016 à Lille pour dénoncer la répression des mouvements sociaux. Une manifestation à la fois dynamique, déterminée et joyeuse qui a montré que la solidarité est non seulement une force mais aussi un plaisir partagé. Dommage pour les organisations qui n’avaient pas répondu à l’appel (cf. la liste des signataires) ; elles ont manqué quelque chose !

Plusieurs prises de parole ont été faites le long du parcours :

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  • appel à la libération d’Antoine (militant de la CGT Valenciennes mis en détention provisoire suite à son interpellation brutale lors de la manifestation du 17 mai à Lille),
  • appel à la levée de toutes les poursuites à l’encontre des militant-e-s contre la loi Travail,
  • appel à lutter contre les violences policières (dans le cadre des mouvement sociaux mais aussi au quotidien dans les quartiers populaires),
  • appel à condamner les atteintes à la liberté syndicale (attaque par la police des locaux de la CNT à Lille et du camion-sono de SUD-Solidaires à Marseille, intrusion de la police dans le local de SUD-Solidaires à Rennes, etc.),
  • appel à condamner les atteintes à la « Charte d’éthique professionnelle des journalistes » faites par certains professionnels de la presse et des médias,
  • appel à la convergence des luttes (cf. par exemple la manif qui avait lieu au même moment à Lille contre la multinationale Monsanto),
  • appel à la grève générale contre la loi Travail et toutes les lois anti-sociales,
  • appel à soutenir les opérations de blocage devant les dépôts de carburant,
  • appel à se rendre le 25 mai à 13h30 au TGI de Lille pour le procès des 2 manifestants contre la loi Travail interpellés fin avril dans les locaux de la CNT.

Lors du passage de la manifestation devant les locaux de la CNT (32 rue d’Arras), un membre du secrétariat international de la CNT a lu un messsage de soutien de la FAU, l’organisation sœur de la CNT outre-Rhin.

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Après la manifestation, un pot de l’amitié a réuni dans les locaux de la CNT plusieurs dizaines de personnes d’horizons organisationnels et géographiques différents (dont les camarades venus de Strasbourg, de la région parisienne et du congrès de la FTE).existence-saine-et-fred-alpi-cnt-lille-21mai2016 Merci à Cyril et Nath du groupe Existence Saine ainsi qu’à Fred Alpi (de passage à Lille) pour avoir égayé la soirée de leur musique et de leurs chansons. Merci aussi aux concerts improvisés de Monsieur Bidon, Mado, etc.

Le 21 mai : une journée qui – pour les luttes présentes et à venir – a donné du baume au cœur à tou-te-s ses participant-e-s !

Solidairement,
l’union locale CNT de Lille

Lire le compte-rendu de la manif fait par « La Voix du Nord »

Manifestation contre la répression des mouvements sociaux samedi 21 mai à Lille

jeudi 19 mai 2016

repression-contre-mouvement-socialAppel unitaire :

Le 20 avril dernier à Lille, les forces de police ont pénétré dans les locaux de l’union locale des syndicats CNT en défonçant la porte à coups de bélier, saccageant une partie du matériel syndical et fouillant de manière très approfondie les locaux. Deux personnes y ont été arrêtées. [note du webmaster : pour en savoir plus, lire ici]

Cette agression est le symbole d’une entrave à la liberté syndicale mais au-delà, d’une accélération et d’une amplification de la répression du mouvement social en général. On pense aux syndicalistes d’Air France, de Goodyear, aux mutilations dues aux grenades et flashballs, aux tirs tendus sur des manifestant-e-s et sur le camion de l’union syndicale Solidaires 13, aux étudiant-e-s et lycéen-ne-s interpellé-e-s, aux interluttant-e-s, etc. Depuis deux mois et demi, on ne compte plus le nombre d’arrestations, de personnes blessées et même emprisonnées.

Nous apportons notre soutien à tous ceux et toutes celles qui subissent actuellement la répression.

Nous appelons donc à une manifestation le samedi 21 mai à Lille :

  • contre l’intrusion dans un local syndical,
  • en soutien aux camarades en attente de jugement
  • et, plus largement, contre la répression des mouvements sociaux.

Rendez-vous à 14h30 sur la place de la nouvelle aventure (marché de Wazemmes).

Signataires (par ordre alphabétique) : AFA NP2C, AG de lutte contre la loi travail Lille, AL, AMDH-Nord/France (Association Marocaine des Droits Humains), CNT, Collectif Archimède de l’université de Lille 1, Collectif des syndicalistes CGT de l’Union de lutte du Bassin minier (62), Collectif des précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche de Lille, Comité ZADs Lille, Coordination des interluttant-e-s 59/62, Ensemble! Lille, Les Flamands Roses, L’Insoumise, NPA Lille, Solidaires 59, Solidaires 62, Solidaires 80, SUD éducation 59/62.

> Télécharger l’appel au format PDF

Nota bene : Une manif contre les violences policières est organisée le 18 mai à 18h, pl. de la République à Lille. Par ailleurs, en soutien à plusieurs manifestants contre la loi Travail convoqués au tribunal, des rassemblements sont organisés devant le tribunal de grande instance, avenue du peuple belge à Lille, mardi 17 mai à 13h, mercredi 18 mai à 8h, mercredi 25 mai à 13h30 et vendredi 3 juin à 9h (liste non exhaustive). D’autre part, pour tout renseignement, signalement d’arrestation ou conseil juridique, téléphonez à la legal team au 06 48 57 86 30. Enfin, une page fb spéciale a été créée pour recenser les témoignages, photos, vidéos, etc. des violences policières subies ou constatées à Lille.
POST SCRIPTUM :
vidéo, compte-rendu et photos de la manif

Solidarité avec Antoine, militant du SEL CGT du Valenciennois et du CAL Valenciennes !

jeudi 19 mai 2016

communique-cgt-nord-interpellation-corentin-et-antoine-17mai2016-lilleNotre camarade Antoine, militant du SEL CGT du Valenciennois et du CAL Valenciennes, a été arrêté sans aucune raison lors de la manifestation contre la loi travail organisée mardi 17 mai à Lille. Un autre manifestant a lui aussi été interpellé alors qu’il protestait contre l’arrestation abusive d’Antoine.

Jeudi 19 mai, après deux jours de garde à vue, Antoine est passé au TGI de Lille dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate. Il a nié les faits qui lui sont reprochés (un coup de poing soit disant donné à un policier au moment de son interpellation) et – comme la loi le lui permet – Antoine a refusé la comparution immédiate. À l’issue de l’audience, le jugement a été renvoyé au jeudi 9 juin. En attendant, le tribunal a mis Antoine sous « mandat de dépôt » (autrement dit : en prison !).

Un appel à témoins a été lancé (textes, photos et vidéos peuvent être envoyés via la page facebook d’AL Douai ou à cette adresse : douai@alternativelibertaire.org). D’autre part, une cagnotte de soutien a été mise en place pour Antoine et tous les autres interpellés du mouvement contre la loi Travail : voir ici.

L’union des syndicats CNT de la région Nord Pas-de-Calais Picardie tient à affirmer sa solidarité pleine et entière avec Antoine. Un coup porté contre un militant du mouvement social est un coup porté contre tous !

Soyons nombreux/euses le samedi 21 mai à 14h30 pour la manifestation régionale contre la répression des mouvements sociaux et jeudi 9 juin à 13h au TGI de Lille pour soutenir Antoine lors de son jugement !

Post-scriptum du 22 mai :

Vidéo de la banderole de soutien à Antoine lors de la manif du 21 mai à Lille…

Autres images de la manif du 21 mai à Lille

 

Post-scriptum du 25 mai :

Appel intersyndical CGT-Solidaires-FSU-CNT du Nord…

appel-cgt-solidaires-fsu-cnt-nord-pour-antoine

Résultat du procès du 9 juin :

soutien-antoine-devant-tgi-9juin2016-lilleTrois cent personnes étaient présentes le 9 juin devant le TGI de Lille en soutien à Antoine. D’après les personnes présentes à l’intérieur, l’audience était totalement à charge (la procureure a demandé 8 mois de prison dont 6 avec sursis) et a viré au procès politique. Le délibéré du jugement a été rendu tard dans la nuit. Antoine a finalement été condamné à 10 mois de prison avec sursis (dont 2 pour le refus d’empreintes génétiques) et à 2 ans d’interdiction de manifester dans le Nord. Il est aujourd’hui libre. Quant à François, le manifestant qui avait essayé de secourir Antoine lors de son interpellation, il a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et à 2 ans d’interdiction de manifester dans le Nord.

Extrait du communiqué de l’UD CGT du Nord suite à la condamnation d’Antoine :

[…] Antoine n’est pas un criminel. Les syndicalistes ne sont pas des voyous. Malgré les très nombreux soutiens nationaux, européens, et mondiaux d’organisations progressistes, la justice de classe a décidé de frapper fort pour faire un « exemple » en condamnant un innocent. Dans un pays qui se revendique « des droits de l’Homme » et de la « démocratie » où l’on utilise le 49-3 à tout va, nous voilà plongés dans une gouvernance politique qui rappelle des heures sombres de notre histoire. Nous ne pouvons laisser faire. Nous sommes tous Antoine car, quand on touche à un camarade de la CGT, on touche à toute la CGT. Dernièrement, une jeune fille de 11 ans à Melun, victime de deux tirs de flash ball de la part des forces de l’ordre, a vu la plainte de ses parents classée sans suite par le procureur !! La mafia de la finance internationale n’est pas inquiétée, république bananière, oligarchie, corruption, ce n’est plus possible !!! Il nous faut amplifier le mouvement massivement pour les générations à venir comme l’ont fait nos parents et grands-parents et surtout pour rétablir les droits de notre camarade Antoine qui représente notre mouvement contre la loi travail et la contestation de l’acharnement capitaliste à l’encontre des droits des travailleurs qui créent les richesses dont le patronat profite. À justice de classe, réponse de classe ! Car, si nous sommes comptables des conquis sociaux de nos anciens, nous sommes aussi comptables du monde que nous lègueront à nos enfants et aux générations futures. L’Union départementale CGT du Nord dénonce ce verdict inique, politique et anticonstitutionnel et exige l’annulation de la condamnation de notre camarade Antoine.

Loi Travail : compte-rendu de la manifestation du 12 mai à Lille

vendredi 13 mai 2016

La Brique (journal local de critique sociale) a publié sur son site internet un compte-rendu de la manifestation contre la loi Travail qui a eu lieu le 12 mai 2016 à Lille.

Extrait de ce compte-rendu :

Après plus de deux mois de mobilisations contre la loi Travail, le gouvernement décide de sortir l’artillerie lourde au Parlement… et dans la rue. Au Parlement, la clique hollandienne sort le 49-3, petit bijou anti-démocratique, qui fait taire le Parlement et permet une adoption du texte sans vote. Dans la rue, c’est à grands coups de lacrymo et de grenades de désencerclement que le gouvernement a décidé d’en finir avec le mouvement social contre la loi El Khomri.

Lire la suite : Jeudi 12 mai à Lille, le virage autoritaire

PS : Pour tout renseignement, signalement d’arrestation ou conseil juridique, téléphonez à la legal team au 06 48 57 86 30. D’autre part, une page fb spéciale a été créée pour recenser les témoignages, photos, vidéos, etc. des violences policières subies ou constatées à Lille.

Vidéo des violences policières commises le 28/04 à Amiens lors d’une AG citoyenne contre la loi Travail organisée à la mairie

jeudi 28 avril 2016

Communiqué du Comité de Mobilisation
des Jeunes d’Amiens contre la loi El Khomri :

Aujourd’hui, lors de l’appel à la grève nationale du 28 avril, nous sommes partis manifester comme à l’accoutumée. Nous arrivions au terme de notre parcours et avons décidé d’effectuer une opération symbolique, sous la forme de l’occupation pacifique de la salle du Conseil de la Mairie d’Amiens.

Le but de cette action était de reprendre ce lieu de parole parce que nous avons fait le choix de nous représenter par nous-mêmes, pour y effectuer en lieu et place du Conseil Municipal initialement prévu une Assemblée citoyenne et démocratique constituée de 300 personnes (étudiant.e.s, lycéenn.e.s, salarié.e.s, privé.e.s d’emploi, intermittent.e.s et précaire.s). Après quatre heures de débat libres et ouverts avec des citoyen.e.s habituellement exclu.e.s de la vie publique, en présence de quelques policiers municipaux situés à l’extérieur de la salle, un rapport de force a commencé à s’établir lorsque nous avons eu vent de l’arrivée massive de CRS.

Sur l’ordre et sous la direction de Nathalie Skiba, directrice départementale de la sécurité, commissaire divisionnaire, une cinquantaine de CRS s’y sont introduits à leur tour, dans le but d’évacuer des citoyens en plein exercice pacifique de leurs droits démocratiques. L’assaut a eu lieu dans la salle même du Conseil Municipal, lieu de l’incarnation de la devise française : liberté, égalité, fraternité.

D’une extrême violence, la charge a entrainé de graves blessures à la tête de trois de nos camarades. L’un d’entre eux, actuellement lycéen, est resté hospitalisé une grande partie de la nuit et reste jusqu’ici sous suivi médical. La blessure à la tête d’un étudiant a quant à elle nécessité plusieurs points de suture. De nombreuses personnes ont été victimes de violents coups de matraque, injures et certain.e.s furent jeté.e.s du grand escalier de l’Hôtel de Ville par les forces de l’ordre. Nous tenons à rappeler que les locaux municipaux ont été occupés dans le respect et pacifiquement, contrairement à ce que le tweet injurieux, grossier et infamant de M Stengel, 12e adjoint au maire délégué à la sécurité et tranquillité publiques, déclarait. Nous notons que Mme Skiba et M Stengel ont consciemment pris pour résolution d’exclure le peuple de l’exercice de ses droits avec des méthodes d’une violence intolérable, dans lesquelles Alain Gest, député LR et Président d’Amiens Métropole, ose encore nous trouver de l’insensibilité au “dialogue” après avoir refusé son tour de parole lorsque nous nous tenions à ses côtés.

Suite à cet énième affrontement avec les concitoyen.e.s et militant.e.s qui, partout en France regagnent les voies de la mobilisation malgré les manières violentes qui visent à nous empêcher de nous exprimer, nous diffusons ce communiqué qui officialise par écrit autant notre indignation que notre réprobation de ces ripostes policières dénuées de sens.

Le collectif que nous représentons regrette de voir ainsi la puissance publique porter la violence sans discernement, et ce avec le soutien d’élus qui semblent plus occupés à essouffler ce qu’il reste de la culture populaire à coups de petites phrases et de coups de matraque plutôt que de tendre l’oreille et prêter attention à ce qui leur semble demeurer une République où personne ne gronde.

La loi travail ne doit pas devenir le prétexte au tabassage d’une jeunesse progressiste qui ne tend qu’à l’amélioration des droits humains !

N’acceptons pas et n’acceptez pas la remise en cause de nos libertés fondamentales !

Rejoignez-nous, un Peuple uni ne sera jamais vaincu !

Amiens, le 28 avril 2016

> Soutien à une étudiante menacée de 5 ans de prison suite à cet événement

Un bilan parmi d’autres de la manifestation du 28 avril à Lille contre la loi Travail

jeudi 28 avril 2016

amphi-archimede-occupeCommuniqué du Collectif de mobilisation de l’université de Lille 1 :

Jeudi 28 avril, la mobilisation contre la loi travail a rassemblé une importante foule dans les rues de Lille et de nombreuses villes de France, rassemblant près de 500 000 manifestants selon les organisations syndicales, dont 25 000 dans les villes du Nord.

Force est de constater que les principaux organes de presse papier et télévisuelle, ainsi que les porte paroles gouvernementaux, ont fait le choix de se focaliser exclusivement sur les débordements des dits « casseurs ». Nous souhaitons rappeler avec force et détermination que les mobilisations contre la loi travail ne se limitent absolument pas à ces actions et concernent un nombre important d’organisations et de stratégies de lutte. Il est en cela malhonnête d’évacuer purement et simplement la grande majorité des personnes présentes qui ont défilé pacifiquement durant toute la durée de la manifestation. Les contraintes économiques du champ médiatique, qui lui impose une course effrénée au sensationnalisme, ne doivent en aucun cas primer sur la déontologie journalistique.

Cependant, et conformément à la décision de la Coordination Nationale Étudiante de non-distinction des stratégies de lutte, nous refusons fermement de condamner d’hypothétiques « casseurs » dans la mesure où ceux-ci ne ciblent que les symboles ostentatoires du libéralisme économique, de l’arbitraire du pouvoir et du monopole de la violence physique légitime. La manifestation de Lille du 28 avril a ainsi fait preuve d’actes de dégradations extrêmement ciblées : Apple Store, Printemps et banques. Nous maintenons ici que la véritable violence n’est pas celle des manifestant-e-s et qu’il est aussi inutile que dérisoire de s’en prendre au symptôme plutôt que d’attaquer les causes.

La manifestation de Lille du 28 avril a été faiblement réprimée, et nous nous félicitons de la décision prise par la police de quitter la place Charles de Gaulle sous la pression des manifestants. Toutefois, tous nos camarades n’ont pas eu cette chance : à Lille, des manifestant-e-s ont été gazé-e-s, d’autre interpellé-e-s. Le bilan de cette journée d’action nationale est entachée par un nombre d’arrestations et de garde à vue proprement scandaleux. Un étudiant de Rennes à perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball. Nos camarades et ami.e.s d’Amiens ont été victimes de violences policières disproportionnées, la police a attaqué des manifestant.e.s pacifiques [Note du webmaster : voir la vidéo ici]. La Nuit Debout de Paris a violemment été évacuée par une police visiblement peu préoccupée par sa tâche de protéger et de servir. Ces très nombreux actes de violence policière, peu relayée par une certaine presse servile et complaisante vis-à-vis de la Préfecture, ne peuvent être qualifiés de débordements. Ils font l’objet d’une stratégie délibérée d’un gouvernement qui se prétend socialiste et a fait le choix de réprimer des mouvements sociaux qui se battent, précisément, pour le maintien des promesses qui leur avait été faites.

Ni chair à patron, ni chair à matraque.

Collectif de mobilisation de Lille 1 contre la loi travail

Communiqué de l’AG de lutte contre la loi Travail à propos des événements du 20 avril à Lille

mercredi 27 avril 2016

Communiqué de l’AG de lutte contre la loi Travail :

megaphone-sur-fond-rougeLa manifestation du jeudi 20 avril à Lille, le saccage du local de la CNT par la police et l’arrestation de 2 camarades, ont donné lieu à de nombreux commentaires, témoignages de solidarité, condamnations indignées et mensonges médiatico-policiers. L’assemblée générale de lutte qui s’est trouvée au cœur de cette histoire entend, par ce communiqué, clarifier une histoire encore confuse pour beaucoup de monde.

De nombreuses personnes ont été profondément attristées de la manifestation du 9 avril. L’absence de cortège radical a scindé cette promenade déprimante en deux. La première moitié bien encadrée était suivie par une longue traine d’individus déçus par le caractère inoffensif de la manif. Des étudiants mobilisés de Lille 1 et Lille 3, des participants à l’AG de lutte et tous ceux qui veulent passer à l’offensive se sont organisés pour donner à la manif du 20 un aspect plus revendicatif.

Le 20 avril, peu de gens sont au rendez-vous. Nous sommes peut-être 500 au plus fort de la manif. Les jeunes derrière leurs banderoles « Ceci n’est pas un exercice » et « Ni chair à patrons, ni chair à matraque » sont les plus nombreux, la présence syndicale se révélant plus que symbolique. Cela n’empêche pas une poignée d’apparatchiks de vouloir prendre la tête de la manif. Les jeunes appuyés par la sono de SUD prennent tout de suite la tête, laissant la délégation de la CGT et de l’UNEF en queue de manif. Premier accroc…

Rapidement des slogans fusent. Les boules de peintures volent sur les banques et autres symboles du système marchand que nous croisons. Des pétards explosent. Des copains collent des affiches. Voilà les actes de violence inacceptables que l’on nous reproche. La police bloque rue Nationale, obligeant la manif à tourner rue de l’Hôpital Militaire. Traquenard. C’est dans cette rue que 5 agents de la BAC, sans brassards, cherchent à arrêter les copains collant des affiches. La réaction collective est rapide. Les policiers ne parviennent pas à leur fin. Tout le monde crie «Tout le monde déteste la police ». C’est cet événement, d’une violence très relative, des vidéos peuvent le prouver, qui devient une agression dans la version policière. Les gros bras de la BAC sont vexés de ne pas avoir réussi leur coup.

Alors que la manif est bloquée un peu plus loin. Le cortège “syndical” refuse de suivre. Il faut quelques vigoureux « Tous ensemble » pour les décider. Rapidement le cortège se disperse place de la République. Après un appel au micro, une cinquantaine de personnes partent groupées pour tenir l’AG de lutte à L’Insoumise, librairie occupée situé rue d’Arras à proximité du local de la CNT. Nous sommes suivis par les agents de la BAC, ceux-là même qui ont raté leur coup rue de l’hôpital militaire. Il convient de préciser que la version policière mentionne ici des agressions qu’ils auraient subies, place de la République et à proximité de la rue d’Arras. Mensonges complets inventés à posteriori pour justifier le forçage du local CNT. Personne n’a jamais agressé la police. Par contre la tentative d’interpellation des colleurs d’affiches par des agents non-identifiés peut facilement être comparée à une agression.

Arrivés à proximité de l’Insoumise, les flics courent et appellent leurs collègues à moto qui déboulent rapidement. Le groupe se rendant à l’AG de lutte se disperse, à proximité de L’Insoumise. Certains rejoignent des camarades de la CNT dans leur local. Une centaine de policiers se déploient rapidement bloquant la rue d’Arras. Nous sommes rejoints par des copains qui étaient restés place de la République. Les policiers gazent sans distinction manifestants et habitants du quartier, pendant que les agents de la BAC essaient de défoncer la porte du local.

Des grosses berlines arrivent, amenant les huiles de la hiérarchie policière. Aucun motif clair, ni aucun papier, ne sont donnés aux camarades réfugiés dans le local de la CNT. Le fait que certains manifestants étaient masqués ou que des policiers aient reçu de la peinture est ensuite évoqué. Une fois la porte défoncée, il faut bien arrêter quelqu’un pour justifier ce saccage. Deux copains qui n’ont pas été mêlés à l’épisode de la rue de l’Hôpital Militaire sont soi-disant reconnus par les agents de la BAC soi-disant agressés.

La solidarité a été exemplaire. Une manif sauvage de 200 personnes, rejointe par des voisins indignés par la violence des policiers, remontent les boulevards jusqu’au commissariat de Lille Sud, où un rassemblement se tient jusqu’à tard dans la nuit. Puis un autre devant le TGI, le vendredi 22. Les copains arrêtés ont refusé la comparution immédiate. Ils risquent un mandat de dépôt et la prison préventive. Ils sortent pourtant, avec un solide contrôle judiciaire leur interdisant de manifester, de se rassembler en AG et même de demeurer à Lille. Procès: le 25 mai. Les preuves de leur innocence sont nombreuses. La version policière sera battue en brèche.

Rapidement, la machine médiatique se met en branle. La Voix du Nord et France 3 Nord ne répercutent que la version policière. La manif est décrite comme une véritable émeute. Les étudiants des casseurs. La palme de l’infamie allant à France 3 qui, sans pitié, balance les noms des copains et fait d’eux de dangereux individus « bien connus des services de police ». Eh oui ce sont des militants antifascistes et anticapitalistes de longue date. Les médias révèlent ainsi la nature de leur objectivité. Quand la préfecture sonne le rappel, ils sont aux ordres.

Après les médias, ce sont les bureaucraties syndicales de CGT et FO qui se ridiculisent en prenant position en faveur de la police et contre les copains interpellés et la CNT. Le 22 avril, l’union départementale CGT Nord pond un communiqué indigne d’un syndicat ouvrier appelant à condamner « des épisodes violents inacceptables » et à manifester bourgeoisement « dans le respect des biens et des personnes ». L’intersyndicale réunissant CGT, FO, FSU et UNEF accable SUD, dont le seul tort est d’avoir prêté sa sono au cortège jeune, et décide à la suite d’un magnifique tirage au sort de reléguer SUD en queue de cortège le 28 avril. Ces jeux de bureaucrates honteux scandalisent de nombreux CGTistes. Face à ce mécontentement, l’UD finit par réaligner le tir et condamne finalement les violences policières dans un second communiqué daté du 27 avril. Merci aux camarades CGTistes qui ont su faire plier les irresponsables qui squattent l’UD.

Cet événement prouve une chose. Nous les inquiétons. Cette répression ciblée prouve que l’État et sa police ne veulent pas voir se développer une ligne offensive de lutte contre la loi travail. Malgré la répression, les mensonges des médias et les manœuvres des bureaucraties syndicales, nous continuerons. Et nous ferons reculer les patrons et les politiciens par les grèves, les blocages, et les manifs déter.

L’AG de lutte contre la loi Travail

Suite au saccage de ses locaux syndicaux à Lille : lettre ouverte de la CNT à Monsieur Bernard Cazeneuve, Ministre de l’intérieur

dimanche 24 avril 2016

Lettre ouverte à Monsieur Bernard Cazeneuve, Ministre de l’intérieur

Copies adressées à :
– Monsieur le Ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas
– Monsieur le Premier ministre, Manuel Valls
– Monsieur le Président de la République, François Hollande

Fait à Metz, le 23 avril 2016

Objet : Inquiétudes de la CNT suite au saccage de ses locaux syndicaux à Lille

Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, ce mercredi 20 avril à Lille, les forces de police ont pénétré dans les locaux de l’Union locale des syndicats CNT, dans le cadre, selon le procureur de la République, d’une procédure de flagrant délit visant à interpeller des individus accusés de violences lors de la manifestation qui s’est déroulée le même jour à Lille contre la loi Travail. Cette intervention, nous vous le rappelons, a suscité notamment le défonçage de la porte de nos locaux syndicaux, le saccage d’une partie de notre matériel syndical, ainsi qu’une fouille approfondie de nos locaux syndicaux.

Si nous condamnons avant tout la violence employée ce jour-là par les forces de l’ordre dans le cadre d’une procédure dont la légitimité et la légalité restent à déterminer, les événements survenus ce 20 avril à Lille soulèvent de nombreuses interrogations qui relèvent directement de vos responsabilités au sein du gouvernement.

Tout d’abord, nous vous rappelons avec insistance que c’est bel et bien au sein d’un local syndical, légalement déclaré et constitué, que les forces de l’ordre sont intervenues, constituant ainsi une première en France dans un tel cadre. Nous ne pouvons que considérer le fait de défoncer la porte d’un local pour interpeller deux individus, qui n’ont opposé aucune résistance lors de leur arrestation, comme une volonté politique de réprimer et de terroriser les militants syndicalistes. Nous condamnons donc fermement cette intervention qui s’inscrit dans une longue liste de décisions politiques visant à criminaliser les organisations syndicales, ainsi que le mouvement social dans son ensemble. En effet, après les nombreuses violences policières avérées à l’encontre de manifestants pacifiques opposés à la loi Travail, après les nombreuses interpellations ciblées et condamnations de militants syndicaux ces dernières semaines, la répression à l’encontre des syndicats vient de franchir ce mercredi un nouveau seuil de gravité.

D’autre part, puisqu’il semble utile de vous le préciser, les locaux syndicaux constituent bien des lieux qui appartiennent à des travailleurs exerçant des libertés démocratiques afin de défendre leurs intérêts, matériels et moraux. Par conséquent, le saccage du matériel syndical de la CNT par la police nationale constitue bien une dégradation directe et scandaleuse de l’outil autofinancé de salariés, de précaires, de chômeurs, ou encore de retraités, dont la précarité et la légitimité des luttes sociales n’est pas à démontrer.

Pire encore, nous tenons à vous indiquer qu’après l’interpellation des deux individus présumés innocents dans nos locaux, qui n’a duré que quelques instants, les forces de police ont longuement fouillé notre local syndical et cela sans la présence des représentants légaux de l’Union locale des syndicats CNT de Lille et sans témoins. Durant cette fouille, les policiers ont notamment eu accès à des documents confidentiels internes au syndicat ou relevant, entre autres, de procédures prud’homales concernant la défense de salariés face à leurs employeurs. Alors que de telles pratiques semblent bien éloignées de la procédure de flagrant délit invoquée par la procureur de la République de Lille, elles constituent une entrave inadmissible au libre exercice du syndicalisme et à l’indépendance de la justice.

Ainsi, au regard de la gravité de ces éléments et du caractère historique d’une telle intervention dans un contexte social tendu, nous nous interrogeons vivement. Les structures locales de la CNT, comme l’ensemble des organisations syndicales doivent-elles désormais s’inquiéter de voir les forces répressives de l’État pénétrer violemment dans leurs locaux au mépris de toute éthique démocratique ? Doivent-elles s’inquiéter de voir le libre exercice de leur activité et sa légalité être remis en question ? Au-delà, les travailleurs qui font le choix légitime de se syndiquer doivent-ils désormais craindre d’être fichés ou violentés lorsqu’ils se rendent dans les locaux d’une organisation syndicale dont le rôle est de les protéger ?

Quoi qu’il en soit, Monsieur le Ministre, soyez assuré que ni la répression policière, ni l’intimidation des travailleurs syndiqués, ni la criminalisation politique du mouvement social n’ébranleront la détermination de la Confédération Nationale du Travail à obtenir le retrait total de la loi Travail, à lutter contre la destruction méthodique des acquis sociaux et la précarité, et à obtenir la levée de l’état d’urgence qui favorise indéniablement un climat propice aux violences policières et à la répression du mouvement social dans son ensemble.

Ne doutant pas de votre attachement au respect des valeurs démocratiques et notamment au libre exercice des libertés syndicales, et alors que nous restons dans l’attente d’un positionnement public de votre part vis-à-vis de nos interrogations, veuillez recevoir nos plus sincères salutations anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires.

logo-confederal-de-la-CNTPour la Confédération Nationale du Travail,
pour le Bureau Confédéral,
le Secrétaire confédéral,
Aurélien E.

> Version PDF de cette lettre ouverte
> Texte en ligne sur le site confédéral de la CNT

Autre article sur le même sujet :

Communiqué de l’union locale des syndicats CNT de Lille, vidéo de l’intrusion de la police dans ses locaux, photos, messages de solidarité et soutien financier

Communiqué de l’union des syndicats CNT de Lille suite à l’intrusion de la police dans son local de la rue d’Arras

mercredi 20 avril 2016

le-local-cnt-de-lille-apres-intrusion-policiere-du-20-04-2016-00Dans le cadre de la lutte contre la loi Travail, une manifestation a eu lieu ce mercredi 20 avril 2016 à Lille. Suite à celle-ci, quelques militant-e-s se sont retrouvé-e-s à la Maison des syndicats CNT, 32 rue d’Arras à Lille, pour ranger le matériel et faire le point. Ils/elles ont ensuite été rejoint-e-s par d’autres camarades.

C’est alors que des forces de l’ordre sont arrivées au local. Ils ont exigé de rentrer mais sans fournir aucun document légal. En l’absence de ces documents expliquant leur démarche et justifiant de leur droit, les militants présent-e-s leur ont refusé pacifiquement l’accès.

Les forces de l’ordre ont alors menacé de casser la vitrine. Elles ont fini par défoncer la porte au bélier, pénétrer dans le local, saccager une partie du matériel et procéder à une fouille en profondeur des lieux. Les militant-e-s présent-e-s ont gardé leur calme. Deux personnes ont été interpellées et sont actuellement retenues au commissariat central de Lille.

L’union des syndicats CNT de Lille dénonce et condamne avec force les violences policières, l’inacceptable intrusion des forces de l’ordre et la fouille de ses locaux.

le-local-cnt-de-lille-apres-intrusion-policiere-du-20-04-2016-reducSaccager un local syndical, c’est comme monter à l’assaut d’une Bourse du Travail. Un local syndical est un outil de défense pour les travailleurs/euses, un lieu d’accueil dans lequel les militant-e-s et les personnes qui nous sollicitent doivent pouvoir se retrouver en toute sérénité.

L’union des syndicats CNT de Lille réaffirme sa détermination dans la lutte contre la loi Travail. Ici comme ailleurs, ne nous laissons pas intimider par les violences policières !

Lille, 20 avril 2016

Union locale des syndicats CNT de Lille
32 rue d’Arras
59000 LILLE
Courriel : ul-lille [at] cnt-f.org

Vidéo filmée par un voisin :

Ci-dessous quelques communiqués et messages de soutien émanant de structures syndicales extérieures à la CNT :

> Communiqué du secrétariat national de SOLIDAIRES
> Message du SNJ-CGT (syndicat national des journalistes CGT)
> Communiqué de la fédération SUD-PTT
> Communiqué du syndicat CGT éduc’action du Nord
> Message de l’union locale CGT de Tourcoing et environs
> Communiqué de l’UD Solidaires du Pas-de-Calais
> Communiqué du syndicat SUD éducation Nord Pas-de-Calais
> Communiqué des Syndicats Etudiants et Lycéens CGT de Douai et Valenciennes
> Message de la CNT-SO
> Message de la CNT-AIT de Toulouse
> Message de la CNT-AIT de Pau
> Communiqué du syndicat CGT des agents du département du Morbihan
> Message du syndicat CGT éduc’action du Morbihan
> Communiqué de l’union locale CGT de Bordeaux Nord
> Communiqué du syndicat CGT du Commerce et des Services du Bas-Rhin
> Message des syndicats CGT et SMICT-CGT du CHRU de Lille
> Communiqué de la FSU 59/62
> Déclaration du syndicat CGT de la mairie de Lille
> Communiqué de l’UD CGT du Nord (même si la CNT n’est pas citée, merci aux camarades CGTistes qui ont demandé à leurs mandatés départementaux de publier ce texte)

Communiqué intersyndical national (CNT, CNT-SO et Solidaires) :

http://www.cnt-f.org/59-62/wp-content/uploads/communique_intersyndical_cnt-cnt-so_solidaires_en-soutien_a_cnt-lille.pdf

Autres soutiens (liste non exhaustive, tant les messages reçus via notre site, notre boite de courrier électronique, notre page fb et notre compte tweeter sont nombreux) :

> Communiqué de « Nuit Debout Lille »
> Communiqué de Lutte ouvrière (LO)
> Tract du Mouvement des Jeunes Communistes (MJC) du Nord
> Communiqué du Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF)
> Communiqué de l’Organisation communiste libertaire
> Communiqué du Collectif alternative libertaire 54
> Extrait du bulletin publié par le NPA de Lille
> Communiqué des lycéen-ne-s et étudiant-e-s lillois-es mobilisé-e-s contre la loi travail
> Messages d’individus, de syndicats CNT, etc. (en dehors de notre page fb)

Sur le plan international aussi, la solidarité est au rendez-vous !

Nous avons reçu à ce jour plusieurs messages de soutien en provenance du Brésil, de Pologne, de Suède, d’Espagne, d’Italie, de Grande-Bretagne et de Belgique. À Montréal (Québec), le consulat de France a même été occupé par des camarades du syndicat IWW (voir photo). En Allemagne, la FAU a publié un communiqué de soutien (lire ici) et une manifestation spontanée a eu lieu à Dresde. Enfin, la section parisienne de l’AMDH (Association Marocaine des Droits Humains) a publié sur son site la lettre ouverte que le bureau confédéral de la CNT a envoyée au Ministre de l’intérieur.

Nouvelles des deux militants interpellés :

http://www.cnt-f.org/59-62/2016/04/nouvelles-des-deux-militants-contre-la-loi-travail-interpelles-le-20-avril-a-lille/

Communiqué de l’AG de lutte contre la loi Travail :

La manifestation du jeudi 20 avril à Lille, le saccage du local de la CNT par la police et l’arrestation de 2 camarades, ont donné lieu à de nombreux commentaires, témoignages de solidarité, condamnations indignées et mensonges médiatico-policiers. L’assemblée générale de lutte qui s’est trouvée au cœur de cette histoire entend, par ce communiqué, clarifier une histoire encore confuse pour beaucoup de monde. Lire la suite : http://www.cnt-f.org/59-62/2016/04/communique-de-ag-de-lutte-sur-evenements-du-20-avril-a-lille/

Lettre ouverte de la CNT à Monsieur Bernard Cazeneuve, Ministre de l’intérieur :

http://www.cnt-f.org/59-62/2016/04/lettre-ouverte-de-la-cnt-au-ministre-de-l-interieur/

La police attaque la CNT, soutenez la CNT !

Libellez vos chèques à l’ordre de UL CNT LILLE et envoyez-les à cette adresse : Union locale CNT, 32 rue d’Arras, 59000 LILLE

Manifestation contre la répression des mouvements sociaux samedi 21 mai à Lille

Une manifestation à la fois dynamique, déterminée et joyeuse qui a montré que la solidarité est non seulement une force mais aussi un plaisir partagé. Durée : 2mn 27s – À voir ici

Jugement des deux militants interpellés le 20 avril dans les locaux de la CNT

Mercredi 25 mai a eu lieu le procès des deux militants interpellés le 20 avril dans les locaux de la CNT. L’un a été relaxé, l’autre a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, sans preuves tangibles. Retour sur cette affaire : lire ici

En avril, ne te démobilise pas d’un fil !

dimanche 10 avril 2016

ni-chair-a-patron-ni-chair-a-matraqueCommuniqué de la Coordination Nationale Étudiante (CNE) du 10 avril 2016 :

Nous, étudiant.e.s mobilisé.e.s contre la loi travail, réuni.e.s en Coordination Nationale Étudiante (CNE), mandaté.e.s de 29 universités et établissements d’enseignement supérieur, réaffirmons notre détermination à poursuivre notre mobilisation jusqu’au retrait total et sans négociation du projet de loi travail. Avec ou sans amendements, celui-ci ne fera que précariser encore plus la jeunesse et les salarié.e.s.

Avec des centaines de milliers de manifestant.e.s, la journée de mobilisation interprofessionnelle du 9 avril fait état d’un mouvement qui continue de se construire. Dans la jeunesse, un « noyau dur » s’est structuré autour de comités de mobilisation nombreux et dynamiques. Nous l’affirmons : le mouvement ne s’est pas arrêté avec les vacances. De plus, nous n’acceptons pas que le calendrier universitaire puisse constituer un frein à la mobilisation. Nous exigeons le report intégral des examens ou l’établissement de modes de validation alternative pour les étudiant.e.s qui le souhaitent : nous nous mobiliserons si besoin pour faire respecter ces revendications.

L’État a usé de tout son arsenal répressif pour enrayer la mobilisation des étudiant.e.s et des lycéen.ne.s. CRS dans les universités, matraquages, gazages et autres interpellations, par centaines partout en France, et de nombreuses fermetures administratives d’établissement. En battant le pavé le 9 avril avec une colère grandissante contre le gouvernement, la jeunesse a apporté une réponse cinglante à la politique de l’exécutif. Nous condamnons fermement l’ensemble de ces actes de répression justifiés par le gouvernement par une distinction entre «bons » et « mauvais » manifestant.e.s. Nous refusons d’entrer dans ce jeu qui ne cherche qu’à diviser le mouvement.

Parallèlement au bâton, le gouvernement manie aussi la carotte en invitant pour la deuxième fois à Matignon l’UNEF afin de déboucher sur des accords à la marge et contenir la mobilisation. Nous réaffirmons notre volonté de faire tomber la loi travail, sans négociation ni amendement, et appelons l’ensemble des organisations se prononçant pour le retrait total à cesser le jeu des accords de salon. La CNE reste l’organe d’auto-organisation du mouvement étudiant, seule légitime à le représenter via ses porte-paroles élu.e.s et révocables.

Les vacances nous empêchent de nous adresser largement aux étudiant.e.s sur les établissements. Mais la mobilisation, elle, se poursuit. Nous profitons des vacances pour aller à la rencontre des travailleur.se.s. Nous appelons à la tenue d’assemblées générales interprofessionnelles dans toutes les villes mobilisées, afin que la convergence soit effective et construite par la base. Depuis le début du mouvement, les grandes directions syndicales de salarié.e.s n’ont pas joué suffisamment leur rôle, en n’organisant ni la grève, ni l’affrontement souhaité par les salarié.e.s et la jeunesse, ni la convergence entre secteurs. Elles doivent offrir des débouchés à la colère des travailleuses.eurs bien avant l’horizon lointain du 28 avril en construisant la grève reconductible dès maintenant.

Avec les cheminot.e.s qui subissent une modification de leur décret socle, avec les hospitalier.e.s qui font face à l’austérité et l’ensemble du monde du travail qui subit la régression sociale, c’est le moment de lutter tou.te.s ensemble, main dans la main. Des phénomènes comme « Nuit Debout » cristallisent autour de la loi travail une colère bien plus large. Les places occupées sont devenues des lieux de débat ou l’on rêve d’une autre société. Il s’agit maintenant de se donner les moyens de passer du rêve à la réalité. Pour nous, « Nuit Debout » doit devenir un lieu de convergence et de construction de la grève, afin de toucher les lieux de production et mettre à mal l’État et les patrons. La vague de grève générale qui déferle à l’heure actuelle à Mayotte et à la Réunion contre la loi travail et la politique coloniale de l’État français est un exemple à suivre. Toute victoire ici ou là-bas est une victoire pour nous tou.te.s.

C’est comme partie prenante de ce mouvement d’ensemble que nous, étudiant.e.s, restons debout jours et nuits. Nous appelons à une journée d’action en direction des cheminot.e.s le 12 avril et à une journée de grève et de manifestation le 14.

Nous affirmons notre solidarité avec l’ensemble des mouvements sociaux en cours : chômeur.se.s, zadistes, travailleur.se.s précaires de l’ESR et d’ailleurs, migrant.e.s, sans-papier.e.s et autres formes de résistance.

Ni chair à patron, ni chair à matraques ! Mobilisé.e.s jusqu’au retrait total !

Le 31 mars à Lille, à l’issue de la manifestation contre la loi Travail, la police a fait couler le sang sur le parvis des droits de l’Homme. Résistance !

samedi 2 avril 2016

photo-du-site-labrique-lilleJeudi 31 mars 2016 à Lille, à l’occasion de la manifestation contre la loi Travail qui a réuni environ 20 000 personnes, l’État avait sorti une grande partie de son arsenal répressif. CRS, BAC, hélicoptère de la gendarmerie, camions anti-émeute, brigade équestre… une présence surdimensionnée et parfois agressive ! C’est ainsi qu’à la fin de la manifestation (place de la République), les chiens de garde du gouvernement et du patronat ont attaqué à coups de matraque et de gazeuse les quelques manifestant-e-s pacifiques qui s’étaient assis sur le parvis des droits de l’Homme pour attendre l’AG en plein air qui devait s’y tenir. Une violence gratuite constatée par plusieurs témoins (passants, photographes, journalistes…) et qui a fait couler le sang d’un jeune étudiant lillois.

Photos des violences commises par la BAC et les CRS : http://labrique.net/index.php/thematiques/hors-canard/781-violences-policieres

Et ci-dessous une vidéo réalisée notamment lors de l’arrivée de la brigade équestre sur la place de la République :

 > Des violences policières avaient déjà été commises le matin ; voir ici

Lille, 31 mars 2016 : les chiens de garde du gouvernement et du patronat se défoulent sur un opposant à la loi Travail…

samedi 2 avril 2016

copie-d-ecranDepuis le 31 mars 2016, une photo prise ce jour-là à Lille par un membre du collectif de photographes Our Eye Is Life circule dans la presse et sur les réseaux sociaux.

Pour voir la photo sur le site du collectif ŒIL  : www.oureyeislife.com/wp-content/uploads/2016/04/JPI2808-copie.jpg

Pour lire le témoignage de Florent (l’opposant à la loi Travail qu’on voit sur la photo en train de tomber par terre et de se faire matraquer par plusieurs policiers), cliquer ici : www.oureyeislife.com/?p=968

POLICE PARTOUT, JUSTICE NULLE PART !
PATRONS VOYOUS, GOUVERNEMENT RIPOU !

> Des violences policières ont également été commises l’après-midi ; voir ici

Manifestation contre l’extrême droite, les agressions néo-nazies, les politiques racistes, les violences policières et la surveillance d’État

vendredi 29 mai 2015

Une manifestation contre l’extrême droite, les agressions néo-nazies, les politiques racistes, les violences policières et la surveillance d’État (cf. la loi sur le renseignement votée début mai à l’Assemblée nationale) aura lieu le vendredi 5 juin 2015 à Lille, à l’initiative de SUD étudiant-e-s et de l’Action Antifasciste NP2C (qui, ce jour-là, souhaitent également commémorer la mort de Clément Méric survenue il y a deux ans).

N’ayant pas eu le temps d’en discuter en assemblée générale, l’union locale CNT de Lille n’est pas signataire des textes d’appel proposés par SUD étudiant-e-s et par l’AFA. Mais elle apporte son soutien à l’initiative et invite ses adhérent-e-s & sympathisant-e-s à y participer sur les bases syndicales qui sont les siennes. Rendez-vous à 18h, place du marché de Wazemmes.

Manifestation le 11 février à Lille contre les violences policières

lundi 9 février 2015

rep04Face au comportement scandaleux de plusieurs policiers de la BAC contre les Rroms du « camp » des 4 cantons à Villeneuve d’Ascq, le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires & le Comité des Sans-Papiers (CSP 59) appellent à une manifestation mercredi 11 février 2015 à 18h, place de la République, Lille.

Pour en savoir plus, lire le tract d’appel à la manif ainsi qu’un texte de témoignages sur les violences commises ce dimanche à V. d’Ascq.