Articles avec le tag ‘travailleurs’

Amiens : aidons les salarié.es de Whirpool à faire payer leur direction au prix fort !

jeudi 16 mars 2017

En 2016, Whirlpool – le n° 1 mondial de l’électroménager – a réalisé 900 millions de dollars de bénéfices. Mais les actionnaires n’en ont jamais assez ! Après avoir racheté plusieurs sociétés concurrentes (Moulinex, Indesit, etc.), après avoir touché de l’État plusieurs dizaines de millions d’euros (au titre notamment du CICE), après avoir demandé de nombreux efforts aux salarié.es (flexibilité du travail et augmentation des cadences), voilà que ces sangsues passent à l’étape suivante : diminuer le nombre d’usines appartenant au groupe pour se remplir les poches encore davantage !

C’est ainsi que début 2017, la direction de la multinationale a annoncé que l’usine d’Amiens fermerait ses portes le 1er juin 2018. Conséquence pour les salarié.es : 290 licenciements ! Seront également touchés par cette décision : les intérimaires travaillant sur le site et les 56 salarié.es de Prima, une usine voisine qui sous-traite pour Whirlpool.

Le 16 mars 2017, en visite à Amiens, le premier ministre a déclaré : « Le gouvernement veille à ce que Whirlpool respecte ses obligations » (cf. propositions de reclassement et ré-industrialisation du site). Bref, le bla-bla habituel !

Face à cette situation, les salarié.es en lutte ont besoin de notre soutien. Certes, le rapport de force ne permettra pas l’annulation du plan de licenciements (PSE) car,  pour cela, il faudrait un mouvement massif et combatif sur le plan national et interprofessionnel. Par contre, il est possible de faire en sorte que ce PSE soit le moins mauvais possible. Et, si on s’en donne les moyens, il est même possible de faire payer au prix fort la direction de Whirpool !

Enfin, rappelons que – fondamentalement – licenciements et chômage ne pourront être abolis que par l’expropriation des capitalistes, la socialisation des moyens de production et de distribution, la gestion des entreprises par les travailleurs/euses eux-mêmes, le partage égalitaire des richesses… c’est à dire la construction d’une autre société où nous ne serons plus les esclaves salarié-es du Capital mais les maîtres de notre destinée, administrant la production et les services non plus pour augmenter les profits d’une minorité mais pour répondre aux besoins de l’humanité !

Action de la CNT au centre régional de transport de Lesquin

dimanche 23 mars 2014

À l’occasion de la grève du 18 mars 2014 pour l’emploi, les salaires et la protection sociale, la section CNT “Schenker-Joyau” de Lille a organisé une action d’information et de mobilisation au CRT de Lesquin.

Des distributions de tracts dénonçant le pacte de “responsabilité” et présentant les principales revendications de la section syndicale (réduction du temps de travail, augmentation des salaires…) ont été faites à 6h du matin et à midi devant l’entreprise “Schenker-Joyau” et sur la route menant à l’entreprise “France Express”.

> Pour télécharger ce fichier vidéo de 19 Mo

> Syndicat CNT des travailleurs de l’industrie, du commerce et des services du Nord

Formation syndicale : comment mener une négociation avec l’employeur

dimanche 9 février 2014

patron-et-travailleurs-cntNous avons retrouvé dans nos archives un texte de formation syndicale intitulé « La négociation ». Ce texte a été publié à la fin des années 1990 sur un site internet aujourd’hui disparu. Après quelques recherches, nous n’en avons trouvé aucune autre trace sur la Toile. C’est pourquoi nous le reproduisons ci-dessous.

La négociation

Le premier conseil utile qu’il faut donner à tout négociateur est simple : n’entrez jamais en négociation avant de savoir quelle sera votre position si celle ci échoue et quelle alternative vous allez choisir à ce moment-là. Négliger ce conseil équivaut à sous estimer vos interlocuteurs et peut amener certaines situations très inconfortables tout simplement parce que vous ne les avez pas prévues. Le deuxième conseil est simple : ne confondez jamais tactique et stratégie ! La tactique est la science des moyens, la stratégie la science des buts.

Ne confondez pas les buts et les moyens. Vous avez un but (préserver les emplois, améliorer les conditions de travail, parvenir à un partage plus équitable des richesses etc.) et pour cela vous  pouvez employer plusieurs moyens : la négociation, la pression, l’influence, la dénonciation, la subversion, etc. Fixez vous toujours des buts car ne pas savoir ce que l’on veut est une des plus sûres manières de ne jamais l’obtenir. Choisir les buts se nomme définir une stratégie. Choisir les moyens c’est élaborer une ou plusieurs tactiques. La négociation doit toujours être considérée comme un des moyens prioritaires pour parvenir à un but. Entrer en négociation signifie déjà que des concessions seront admises de part et d’autres afin de parvenir à un accord (voir plus bas le triangle de la négociation) et, pour ces raisons, certains refusent de négocier. Cette attitude doit toujours être considérée comme négative et vous devez la rejeter.

Une négociation doit toujours être forcée par la grève, la dénonciation, la médiatisation, le boycott ou par tout autre moyen légal. Un site internet peut faire partie de ces moyens…

Une négociation n’est jamais une partie de plaisir, aussi elle se prépare avec soin. Richard Nixon (!) disait : « Il faut toujours être prêt à négocier mais ne jamais négocier sans être prêt ». Préparez les faits, les chiffres, les arguments, les objections, les réponses aux objections. Bien négocier c’est souvent bien prévoir et souvent la partie qui s’en sort à son avantage est celle qui a le mieux prévu le futur déroulement d’une négociation. Si vous désirez progresser dans l’art de négocier, exercez-vous à la pratique de celle ci… Un habile négociateur est pareil à un maître des arts martiaux : il affine et travaille ces techniques, il apprend de nouveaux “coups”, de nouvelles “parades” et il les met en pratique sans tarder. Le parallèle le plus judicieux qui puisse être trouvé est celui des échecs. Pratiquer les échecs permet non seulement de mieux négocier, plus facilement et plus habilement mais aussi de progresser dans l’art d’appréhender globalement la négociation. Le jeu d’échecs est une suite de retournements où menaces, contre-menaces, attaques et défenses se succèdent constamment exactement comme dans une négociation. Pratiquer les échecs permet d’améliorer son attitude en négociation, de rester calme, de réfléchir, de ne  jamais s’avancer sur un terrain dangereux sans avoir prévu et mesuré les risques. Il s’agit de connaître à l’avance les risques mais aussi les gains éventuels. Avant de jouer un coup aux échecs, le joueur expérimenté regarde quelles sont les menaces qui pèsent sur lui, il les évalue et choisit son mode de réponse en fonction de ce qui doit arriver ensuite. Un joueur habile voit les coups à l’avance, il prévoit les coups qu’il va jouer et les réponses de son adversaire. C’est ainsi que l’on dit aux échecs que des coups sont forcés. L’adversaire est obligé de se protéger d’une menace importante (sinon il perd la partie). Il en est de même en négociation. Aux échecs, un joueur qui subit une menace peut : soit défendre, soit organiser une contre-menace, soit attaquer à son tour une pièce plus importante de son adversaire. Le choix de la riposte n’est jamais gratuit ni  hasardeux. Il est toujours réfléchi et cohérent. Un joueur d’échecs ne s’emporte pas. Il analyse froidement  la situation et joue le coup qui lui est le plus favorable et qui perturbe le plus son adversaire. Soyez redoutables aux échecs et vous deviendrez de redoutables négociateurs. C’est une évidence peut-être étonnante pour certains mais bien réelle. Un des principes de base doit être celui en négociation : n’acceptez jamais aucune concession sans contrepartie. Un joueur d’échecs ne sacrifie jamais une pièce s’il n’est pas certain d’avoir une contre-partie au moins équivalente (mais souvent supérieure car alors le sacrifice n’est pas motivé).

Voici maintenant quelques outils simples qui vous permettront de bien approcher une négociation. Si vous ne connaissez pas ces techniques, apprenez-les et ceci pour une raison bien simple : vos interlocuteurs eux les connaissent. Et s’ils ne les connaissent pas, tant mieux pour vous !

L’art des questions :

Garder la maîtrise
Au cours d’un entretien ou d’une négociation, il est important de savoir diriger celui-ci en fonction du but à atteindre. Ce qui peut sembler difficile et rebuter le débutant, c’est de pouvoir contrôler ceci face à face avec l’interlocuteur. L’art des questions permet de garder la maîtrise de l’entretien et d’amener l’autre où vous voulez le conduire.

Faire parler l’autre
Si vous voulez obtenir des opinions, des impressions générales, du vague, du flou, faites parler l’autre, aidez à se vider, recherchez les problèmes. Vous poserez une question générale ou imprécise du genre : “Comment vont les affaires ? “. A mauvaise question, mauvaise réponse ! Et l’interlocuteur pourra alors vous dire n’importe quoi et souvent ce qui lui passe par la tête dans l’instant.

Des faits
Vous avez identifié un problème : il vous faut des faits, du concret, du solide, des réponses précises. Vous désirez connaître le chiffre d’affaire sur une période, les ventes des produits ou d’autres données essentielles : vous poserez une question directe ou précise. Cette question commencera par : « Qui ? Que ? Quoi ? Comment ? Combien ? Ou ? Pourquoi ? ». Et vous obtiendrez des réponses précises, des chiffres, de l’information immédiatement exploitable.

Désarçonner la mauvaise foi
Vous voulez alimenter indéfiniment la conversation ou désarçonner la mauvaise foi ? Vous poserez une question piège. Ces questions pièges commencent toujours par : “Pourquoi ? Pourquoi pas ? Et à part cela ?”. Si votre interlocuteur est de mauvaise foi, vous allez l’obliger à expliciter (ce qui n’est pas agréable) et il commettra certainement une erreur que vous relèverez. En fait, il a de grandes chances de se couper, de se contredire lui-même s’il pousse son raisonnement jusqu’au bout. Vous désirez des précisions indispensables, vous voulez vous débarrasser d’un contradicteur ou écarter le danger si vous êtes embarrassé ? Il vous faut éviter les discussions stériles car vous manquez de temps. Il faut alors poser des questions en retour à l’envoyeur, demander à ce même contradicteur qu’il vous précise sa pensée et demander des faits, du concret, du solide à  l’appui de son opinion, en un mot : les preuves de ce qu’il avance.

Éviter les malentendus
Si vous voulez vérifier si vous êtes bien d’accord, évitez tout malentendu, esquivez un point au profit d’un autre ou grossissez un point que l’autre esquive. Puis posez des questions en relai dans lesquelles vous reformulerez arguments ou contre arguments avec vos mots et à votre manière.

Détourner l’attention d’un point dangereux
Vous êtes en difficulté car la partie adverse a soulevé un problème épineux qui vous gêne quelque peu. Renvoyez la question délicate à plus tard, au prochain rendez-vous, à la fin de l’entretien, et oubliez-la…

Attirer l’argument de votre côté
Une objection, un contre argument vous dérange ? Vous souhaitez l’attirer de votre côté, à votre avantage ? Vous poserez une question en relai déformant. : il faut reformuler  l’argument à votre façon en mettant en valeur ce qui vous intéresse et ce faisant vous ferez ressortir ce qui est positif pour vous. Une objection, un contre argument vous dérange ? Vous souhaiter l’attirer de votre côté, à votre avantage ? Vous poserez une question en reformulant l’argument à votre façon en mettant en valeur ce qui vous intéresse. Ce faisant, vous ferez ressortir ce qui est positif pour vous.

De même, il peut être très utile de connaître la PAE ou « analyse transactionnelle » :

Le triangle de la négociation
Lorsque chaque partie qui entre en négociation n’a que son objectif en tête sans prendre en compte son interlocuteur, cela conduit rapidement à une relation sans issue. Pour en sortir, les négociateurs vont devoir communiquer pour parvenir à un accord. La situation met en jeu trois éléments : le 1er négociateur “A” (ou son équipe), le 2e négociateur “B” (ou son équipe) et l’accord “C” auquel il faut parvenir. Ces 3 éléments, eux-mêmes liés par 3 relations, forment une figure et un concept appelé le triangle de la négociation. La ligne reliant A vers B est la relation. La ligne A vers C sont nos propositions, la ligne B vers C leurs propositions. En cours de négociation, chaque camp se déplace d’une zone à l’autre au gré du déroulement de celle ci. Dans une négociation, le concept du triangle de la négociation permet d’établir la différence entre les aspects de contenu (la manière dont l’accord est à établir) et ceux des problèmes relationnels (la façon d’établir l’accord). La seule manière de s’en tirer est de traiter au fur et à mesure les zones qui posent problèmes.

Déjouer la manipulation
Un des pièges systématiquement tendu par les directions, et aussi un des plus redoutable, est la manipulation. Avant de d’apprendre à déjouer la manipulation, il faut savoir certaine choses. Négocier implique qu’il faut avoir un certain courage relationnel qui n’est malheureusement  pas à la portée de tout le monde. Mais il peut s’apprendre. La timidité, l’introversion sont des obstacles qu’il faut franchir rapidement. Pour cela, le meilleur conseil est de vous lancer sans vous posez de question sur vous même. En négociation, ne laissez jamais ceux d’en face vous juger, vous définir, vous critiquer sans relever le fait et faire (ou menacer de faire) immédiatement la même chose à leur égard. Si vous suivez ce principe, personne ne vous agressera car l’agresseur comprend qu’il risque d’être agressé à son tour. Si quelque chose ne vous plait pas, dites-le ! Si l’on vous fait quelque chose qui ne vous plait pas, dites le aussi ! Et menacez de faire la même chose. Tout ceci pour que vous compreniez qu’en négociation il faut communiquer sur la négociation elle-même. Ceci se nomme : méta-communiquer. Ne retenez pas le terme si cela vous complique les choses mais faites-le ! Des phrases comme : “On tourne en rond !” ou “Le serpent se mord la queue !” indiquent que vous sentez que la négociation se dirige dans une impasse et votre interlocuteur peut réagir en faisant une concession (par exemple). Des phrases comme “Nous prenez vous pour des gens stupides ?” ou “Vous pensez que nous allons vous croire sans vérifier ?” indiquent que vous sentez venir la manipulation et vous permet de la dénoncer. Et voila une autre des réactions possibles face à la manipulation : la dénoncer sans attendre… Un manipulateur découvert est en mauvaise posture. Souvent, il se met en colère (ce qui ne fait que confirmer qu’il voulait manipuler l’autre). Aussi vous lui ferez remarquer cette attitude pour le recadrer : “Pourquoi diable vous mettez vous en colère ?”. Ceci ne fera que l’enfoncer davantage et vous parviendrez peut-être à obtenir un accord partiel sur un point déterminant en le soulevant tout de suite et en échangeant l’oubli de l’attitude de votre interlocuteur contre cet accord. Ce faisant, vous manipulez à votre tour car l’oubli d’une attitude est une fausse concession et les phrases du genre “J’oublie votre attitude envers le personnel de l’entreprise et ses représentants contre 3% d’augmentation cette année ” sont d’énormes manipulations mais un manipulateur découvert peut être tenté d’y souscrire car il a mauvaise conscience d’avoir essayé de manipuler l’autre. Aussi, contre la manipulation, vous pouvez manipuler à votre tour ! Qui manipule s’expose à être manipulé en retour par un négociateur habile… La manipulation ne doit jamais faire partie d’une tactique. Si vous excellez dans l’art de la contrer, jamais vous ne l’emploierez de peur d’être contré à votre tout de la même manière. Face à la manipulation, ce qu’il ne faut jamais faire c’est se taire, de peur de paraître ridicule par exemple, car c’est ce que l’autre souhaite… Une des tactiques préférées de certains (ils se reconnaîtront) est basée sur la vitesse pour embrouiller les autres. Ces gens, qui au départ travaillaient dans la lessive, ne font pas dans le tout blanc. Une fois reconnues et dénoncées par la partie adverse, ces tactiques sont perdantes et exposent ceux qui les utilisent à des déroutes cuisantes car, ici, leur mauvaise foi est mise en évidence et vous pouvez aller jusqu’à refuser de négocier avec ces personnes, mettant ainsi en cause leur mandat et leur existence… Idéal si vous désirez changer d’interlocuteur ! Pour ne pas être manipulé, il est impératif de ne pas dépendre de l’autre pour autre chose que l’objet même de la négociation. Aucun  délégué ne doit  rien attendre de son employeur. S’oublier soi même (et sa carrière personnelle) est la règle de base pour pouvoir défendre et représenter efficacement les salariés d’une entreprise. Qui oublie ce principe fondamental est indigne du mandat qu’il a obtenu par son élection. Inutile de vous préciser ce qu’il faut penser de ce genre d’individus (pas si rares il faut bien le dire).

Voici quelques exemples de manipulation et les parades à celles-ci :

le-manipulateur-et-la-parade

Derniers conseils utiles :

  • N’approchez jamais une direction ou ses représentants avec enthousiasme.
  • Réagissez toujours mal à une première offre ou aux premières propositions. Vos interlocuteurs vont les améliorer…
  • Demandez toujours l’impossible. Tout ce que vous risquez, c’est de l’obtenir !
  • Répondez-leur « qu’il va falloir proposer beaucoup mieux que ça ! » Ils peuvent le faire…
  • Soyez toujours le sous-fifre de quelqu’un. Un négociateur expérimenté n’apparaît jamais comme étant décisionnaire, ceci lui évitant de faire des concessions qu’il ne pourrait pas tenir…
  • Soyez intelligents… faites les idiots ! Demandez que l’on vous explique, dites que vous ne comprenez pas. L’autre partie risque effectivement de vous prendre en pitié et de faire des concessions ou de vous sous-estimer et de faire des erreurs (trop en dire, vous donner des arguments…).
  • Ne faites jamais de conclusion sans demander de contrepartie (tactique du donnant-donnant). Essayez d’obtenir des contreparties sans concession ou en faisant de fausses concessions…
  • Soyez toujours prêt à rompre les discussions et la négociation et dites-le ! La pression du risque d’échec est alors sur la partie adverse…
  • N’oubliez pas qu’il existe souvent des “bons” et des “méchants” et que des concessions peuvent être obtenues par les “gentils”…
  • Appliquez le principe de “Pareto”. Dans une négociation, 80 % des concessions sont faites dans les dernières étapes (les derniers 20 % du temps de négociation). Aussi, formulez vos demandes les plus importantes en fin de négociation !
  • Ne vous laissez pas enfermé dans une impasse. Exercez vous à contourner celle-ci et à proposer à ce que la négociation porte sur d’autres points sur lesquels vous formulerez d’autres demandes. Il sera toujours temps de revenir sur les points qui posent problème.
  • Si vous êtes en difficulté, sachez changer de sujet et oubliez ce qui vous pose problème. Si la partie adverse refuse,  proposez un report à plus tard pour manque d’information ou d’éléments. Si la partie adverse vous joue le même scénario, notez le report à plus tard et revenez y en fin de négociation pour emporter le morceau. Désigner quelqu’un dans l’équipe pour revenir sur les renvois à plus tard, les noter immédiatement et les remettre sur la table. Il obtiendra des concessions majeures…

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Deux autres textes intéressants :

> Quelques conseils pour s’organiser sur le lieu de travail

> Conseils pour mener une lutte syndicale

Formation syndicale : quelques conseils pour s’organiser sur le lieu de travail

dimanche 9 février 2014

union-syndicat-revendicationsNous avons retrouvé dans nos archives un texte de formation syndicale intitulé « Organiser un syndicat ». Ce texte a été publié à la fin des années 1990 sur un site internet aujourd’hui disparu. Après quelques recherches, nous n’en avons trouvé aucune autre trace sur la Toile. C’est pourquoi nous le reproduisons ci-dessous.

Organiser un syndicat

Certains, quand ils sentent pour la première fois qu’ils sont traités injustement, s’énervent et commencent à protester bien fort contre le patron. Cela peut être dangereux. L’encadrement tient très fort à son autorité sur le lieu de travail et, quand tu commences à contester cette autorité, tu deviens une menace. Dans la plupart des entreprises, à partir du moment où tu contestes l’autorité, tu deviens un élément gênant aux yeux de l’encadrement. Si avant tu n’avais jamais fait de vagues là où tu travailles, il se peut que tu sois choqué, blessé ou révolté de voir à quelle vitesse l’encadrement se retourne contre toi. C’est une bonne raison pour être discret quand tu commences à parler aux autres.

Parle à tes camarades de travail et demande-leur ce qu’il pense de ce qui se passe au travail. Que pensent-ils des problèmes qui les concernent ? Écoute ce que les autres ont à dire. Récolte leurs façons de voir et leurs opinions. La plupart des gens pense qu’un syndicaliste est un agitateur (et il y a des fois où un syndicaliste doit être cela), mais un bon syndicaliste est avant tout celui qui pose les bonnes questions et écoute bien les autres. Si tu as bien écouté, tu seras capable d’exprimer non seulement ta façon de voir et tes opinions, mais aussi celles de tes collègues.

Presque inévitablement, il y aura quelques personnes qui seront plus concernées par les problèmes que nous rencontrons que les autres. Et une petite partie des ces personnes voudra faire quelque chose. Ces quelques individus forment maintenant le noyau initial de votre “organisation”. Tu peux inviter les deux les plus intéressés à prendre un café ou manger, les faire se rencontrer et poser la question « Que pensez-vous de cela ? ». S’ils sont réellement prêts à faire quelque chose et pas seulement se plaindre, alors vous êtes presque prêt à commencer à vous organiser.

Fais un plan de ton lieu de travail. Le Savoir, c’est le Pouvoir. Ou c’est au moins le début du pouvoir. Tu devras connaître tout ce que tu peux de ton lieu de travail et de ton employeur. Ce sera une formation continue de longue durée. Il vaut mieux commencer par son service. L’encadrement a depuis longtemps compris l’intérêt d’identifier les groupes de travail informels, leurs animateurs naturels et leurs faiblesses. En fait, un des principaux trucs de la formation des cadres est de développer des stratégies pour transformer la psychologie du lieu de travail. Par exemple, la multinationale United Parcel Service (UPS et ses camions de livraisons marron) a développé des techniques de manipulation psychologiques très raffinées. Le manuel de formation de l’encadrement d’UPS, intitulé “Observer les sphères ou groupes d’Influence”, montre comment faire une carte du lieu de travail pour identifier les groupes de travail informels, isoler les animateurs naturels ou agitateurs dans ces groupes, exploiter leurs faiblesses et, finalement, casser ces groupes s’ils ne peuvent être utilisés à l’avantage de l’encadrement. Bien que la plupart des entreprises n’a pas développé des techniques de gestion de la main d’œuvre d’une manière aussi raffinée que le Big Brother “UPS” l’a fait, la plupart utilise quelques-unes des mêmes méthodes. Est-ce que des travailleurs qui osaient dire ce qu’ils pensaient, des agitateurs ou des syndicalistes ont été transférés, ont reçu un poste de chef ou ont été frappés d’une sanction disciplinaire ? Est-ce que les équipes de travail sont régulièrement cassées et réarrangées ? Est-ce que le lieu de travail a été configuré pour rendre la communication difficile entre les travailleurs ? Dois-tu te déplacer pour ton travail ? Qui doit ? Qui ne doit pas ? Est-ce que l’encadrement s’en prend publiquement à certains travailleurs ? Voire les punit ? Quel effet cela a-t-il sur les collègues ? As-tu l’impression que tu es toujours sous surveillance ? Fais le point. Tout cela peut être utilisé pour briser l’unité et la communication entre les travailleurs dans ton entreprise. Cependant, cela ne rend ni nos employeurs invincibles, ni nos efforts vains pour autant (malgré toute la formation reçue par leurs cadres, les travailleurs d’UPS ont gagné une grève de masse en août 1997). Dis que tu as un message important à communiquer, mais que tu n’as ni le temps ni les moyens d’atteindre chacun de tes collègues. Si tu peux contacter les animateurs naturels des groupes de travail informels et les mettre de ton côté, tu peux parier que le mot va passer à tout le monde. Une fois que les animateurs ont été identifiés et acceptent de coopérer, il est possible de développer un réseau qui peut exercer une influence et un pouvoir considérable. Les groupes de travail informels ont l’avantage de créer une certaine loyauté parmi leurs membres. Tu peux utiliser cette loyauté pour élaborer des stratégies unifiées sur vos revendications et profiter de la tendance naturelle des individus à défendre ceux qui sont proches d’eux.

En plus de travailler avec les animateurs de groupes, il est important d’entraîner les travailleurs isolés aussi. Il est plus que probable que leur apathie, leur isolement ou leurs opinions anti-syndicales viennent de leur sentiment personnel d’impuissance et de peur. Si l’action collective réussit et qu’une certaine sécurité s’instaure grâce à l’action du groupe, la peur et le sentiment d’impuissance peuvent être diminués.

Si vous avez une personne sur votre lieu de travail qui menace sérieusement l’unité, ne soyez pas effrayés d’utiliser la pression du groupe de travail pour que cette personne se tienne tranquille. Ceci s’applique au personnel d’encadrement aussi, spécialement aux chefs qui aiment penser qu’il ou elle est l’ami de tout le monde.

Le but de cette organisation sur le lieu de travail est de faire pencher le rapport de force à la faveur des travailleurs. Cela peut permettre de gagner des revendications. Si les revendications restent des problèmes individuels ou sont délégués à des responsables syndicaux, l’organisation naturelle et la loyauté qui existe parmi les groupes de travail est perdue. Il y a beaucoup de chances que les revendications aussi.

Si les groupes de travail peuvent être utilisés pour faire démonstration de notre unité, la menace que la production puisse être interrompue peut être suffisante pour forcer l’encadrement à un accord. Les revendications peuvent être seulement gagnées quand l’encadrement a compris que la revendication ne concerne plus seulement un individu, mais est devenu la préoccupation de tous et qu’il y aura toujours des problèmes tant que cela ne sera pas résolu.

Quelques principes basiques

La liste suivante est composée des principes que les syndicalistes victorieux trouvent les plus importants.

Contester l’autorité
L’organisation syndicale commence quand les gens contestent l’autorité. Quelqu’un dit : “Qu’est-ce qu’ils nous font ? Pourquoi font-ils ça ? Est-ce que c’est juste ?”. Il faut amener les gens à se demander : “Qui prend les décisions ? Qui est obligé de subir ces décisions ? Et pourquoi ce serait comme ça ?”. Les gens ne devraient pas accepter une loi ou une réponse simple parce que cela vient d’une autorité, que cette autorité soit le gouvernement, le patron ou le syndicat ou toi-même. Un syndicaliste doit encourager ses collègues à penser par eux-mêmes.

Parler à chacun
Presque tous les syndicalistes expérimentés sont d’accord pour dire que “la chose la plus importante pour organiser est de discuter personnellement avec chacun.” Les tracts sont nécessaires, les réunions sont importantes, les rassemblements sont merveilleux, mais rien ne remplace une discussion personnelle. Souvent, quand tu écoutes un de tes collègues et que tu comprends ce qu’il a dans la tête, tu l’as gagné parce que tu es le seul ou la seule qui l’écoutera. Quand tu parles à Isabelle à côté de toi à la chaîne (ou au bureau) et que tu surmontes ses peurs, réponds à ses questions, remonte lui le moral, invite-la à la réunion ou au rassemblement. C’est tout cela l’organisation syndicale.

Trouver les animateurs naturels
Chaque lieu de travail a ses groupes de collègues et d’amis. Chaque groupe a son faiseur d’opinion, son animateur naturel. Ils ne sont pas toujours les plus bruyants ou causants, ils sont ceux que les autres écoutent et respectent. Tu auras fait un bon bout de chemin si tu gagnes ces animateurs naturels.

Impliquer chacun dans l’action
La vie n’est pas une classe d’école et les gens n’apprennent pas seulement en allant aux réunions et en lisant les tracts. La plupart des gens apprennent, changent et progressent au cours de l’action. Prendras-tu ce tract ? Le passeras-tu à un collègue ? Signeras-tu la pétition ? Si tu veux qu’il y ait de nouveaux syndicalistes, il faut impliquer les collègues dans l’organisation.

Nous sommes le syndicat !
Le but de l’organisation syndicale n’est pas seulement d’impliquer les individus, mais de les relier par une conscience d’être un groupe solidaire. Nous voulons créer un groupe qui se considère comme un ensemble : « Viendras-tu à la réunion ? Peut-on entraîner tout le service pour aller voir ensemble le patron ? Peut-on compter sur tout le monde pour le piquet de grève ? ».

Les actions doivent progresser dans le temps
Demande aux gens de s’impliquer dans des activités plus risquées et difficiles progressivement. « Porteras-tu un badge du syndicat ? Voteras-tu pour la grève ? Es-tu prêt à participer au piquet de grève ? Es-tu prêt à être arrêté ? ». Des campagnes syndicales ont vu des centaines de militants aller en prison pour ce qu’ils croyaient être juste ? Pour la plupart, cela a commencé par cette première question : “Prendras-tu ce tract ?”.

Affronter l’encadrement
Le syndicalisme a pour but de changer les relations sociales, le rapport de force entre le patronat et les travailleurs. La confrontation avec l’employeur doit être préparée dans le temps par la progression des actions. Si les collègues ont peur de faire de la peine au patron, ils perdront.

Gagner des petites victoires
La plupart des mobilisations, d’un petit groupe sur un lieu de travail à la grève générale se développe sur la base de petites victoires. La victoire donne la confiance que l’on peut faire plus. Elle permet de rallier de nouveaux soutiens qui réalisent que l’”on peut battre l’employeur”. Avec chaque victoire, le collectif de travailleurs prend confiance et devient capable d’emporter de plus grandes victoires.

Se préparer à la retraite
Rien ne s’est passé comme on voudrait dans la vie et le syndicalisme ne fait pas exception. Si ça ne marche pas au début, sois patient. Les données changent toujours avec le temps, de nouvelles personnes vont et viennent. Peut-être qu’en quelques mois, tes camarades de travail seront plus intéressés qu’ils ne le sont actuellement. Tôt ou tard, ton employeur fera quelque chose qui accélérera les choses.

Ne pas oublier que tu fais partie d’une grande famille : le prolétariat
Les conflits entre les travailleurs et leur patron ont une grande influence sur la confiance des autres travailleurs à se mobiliser pour eux-mêmes. C’est notre intérêt de construire des liens et des réseaux de soutiens mutuels avec les travailleurs des autres entreprises et des autres industries car, en se battant ensemble, nous augmenterons grandement notre capacité à gagner plus de contrôle sur nos propres conditions d’existence.

Produire sa propre propagande
C’est la meilleure manière de faire passer son message, mais n’oublie pas d’impliquer tes collègues dans sa production.

Garder le sens de l’humour
Ne sois jamais mortellement sérieux dans tout ce que tu fais. Faire du syndicalisme peut et doit être sympa. Utilise des dessins, des chansons, des blagues et des histoires. Dans ta propagande, ne parle pas seulement de la dure réalité mais aussi des tes aspirations et désirs.

Tout est dans l’organisation
L’organisation syndicale ne nécessite pas un excès de formalisme ou une lourde structure, mais elle doit être effective. Une chaîne téléphonique et une liste d’adresses peuvent suffire à une organisation. Mais si vous avez besoin de cela, vous devez alors les avoir. L’histoire du mouvement syndical est remplie d’exemples de sections syndicales qui se sont durement battues, qui eurent des victoires et qui disparurent simplement parce qu’elles ne restèrent pas organisées. Comme disent les syndicalistes : “Seules les organisés survivent”.

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Autres ressources intéressantes :

> Conseils pour mener une lutte syndicale
> Conseils pour mener une négociation avec l’employeur
> Comment organiser une assemblée générale
> Comment organiser un piquet de grève
> Le représentant de la section syndicale (RSS)
> Le délégué du personnel (DP)
> La section syndicale (vidéo 1)
> La section syndicale (vidéo 2)
> Interview vidéo de deux RSS de la CNT 59/62
> Syndicalisme révolutionnaire et droit syndical
> Page juridique du site CNT 59/62

Formation syndicale : comment organiser un piquet de grève

dimanche 9 février 2014

piquet-de-greve-CNTVous trouverez ci-dessous quelques conseils utiles lorsque vous voulez organiser un piquet de grève (extraits d’une fiche pratique circulant sur internet)…

Prévenir des personnes qu’il y aura un piquet de grève. C’est important de ne pas se retrouver tout-e seul-e dans le froid du petit matin. Vingt ou trente personnes nous semble un bon ratio pour pouvoir bloquer suffisamment les portes et avoir le nombre de notre côté. L’effet du nombre nous rassure sur notre force et nous rend plus solidaire. Il dissuade aussi les forcenés près à tout pour passer outre le piquet de grève.

Prévenir les médias que vous aller faire un piquet de grève si vous voulez qu’on parle de vous.

Essayer d’être en forme. La veille, se coucher tôt et ne pas trop boire ni fumer. La fatigue nous fait nous emporter facilement.

Amenez des cadenas et des chaînes pour fermer les grilles. C’est toujours mieux que 5 gros bras qui font peur. Un antivol de vélo peut faire l’affaire.

Retrouvez-vous au moins ¾ d’heure avant l’ouverture du bâtiment que vous voulez bloquer pour être sûr que personne n’est encore entré.

Une fois que les personnes sont devant le bâtiment tôt le matin, se répartir les portes selon les affinités de chacun-e.

Poser les chaînes si c’est possible. Si ce n’est pas possible, faire une chaîne humaine devant les portes et ne laisser entrer personne en expliquant clairement pourquoi vous faites cela.

Si les gens sont des forcenés qui essaient de forcer le piquet de grève, se tenir par les coudes et ne pas céder. Il est important de ne jamais élever la voix et, lors des bousculades possibles, de ne pas répondre de manière violente. Utiliser l’humour pour désamorcer les tensions. L’humour est notre meilleure arme. Si le ton monte, il faut calmer les personnes.

Tout le monde est responsable de tou-te-s. Ne jamais laisser les gens seuls. C’est dans ces cas-là que le ton monte. Si vous voyez quelqu’un de pris à partie, aller le/la rejoindre pour l’entourer. L’effet du nombre calme souvent les esprits bien échauffés.

Il est important que les gens qui ont peur ou se sentent mal puissent le dire. Nous ne sommes pas là pour nous sentir mal et faire des choses que nous ne voulons pas faire. Il n’y a pas de honte à avoir peur, mais il faut le dire. Les personnes doivent alors réconforter la personne. Si cela ne suffit pas, la personne doit pouvoir partir sans qu’on lui fasse des remarques désobligeantes.

Avoir des tracts, des journaux, des bonbons et du café à offrir car ça détend l’atmosphère et c’est toujours bon de partager avec les gens qui nous entourent.

Un autre texte intéressant :

> Comment organiser une assemblée générale (AG)

Face au racisme, les travailleurs CNT du bâtiment répondent :

mercredi 13 novembre 2013

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> Pour contacter la fédération CNT du bâtiment : cnt.construction@cnt-f.org

> Vidéos de présentation de la CNT bâtiment : à visionner ici

Un mini clip vidéo de 25 secondes…

lundi 10 juin 2013

 > Pour télécharger ce clip de 12 Mo, cliquer droit ici puis “Enregistrer la cible du lien sous…”

> Pour en savoir plus sur le fonctionnement et les objectifs de la CNT