Articles avec le tag ‘santé’

Grève à l’hôpital privé de Bois-Bernard

lundi 27 mars 2017

Les membres de la section CNT de l’hôpital privé de Bois-Bernard (62) sont en grève ce lundi 27 mars 2017 de 5h du matin à minuit. Ils dénoncent le montant dérisoire des sommes versées au titre des primes d’intéressement et de participation, surtout si l’on considère les bénéfices réalisés qui, eux, ne sont pas dérisoires (2,4 millions d’euros) !

À cette occasion, ils remettront un chèque de soutien du montant de leurs primes (100 euros par personne) à l’association « SALAM » qui vient en aide aux migrants du littoral, accompagné d’une somme en complément de 300 euros correspondant à un vide-grenier (total : 500 euros).

Ci-dessous le tract annonçant la grève :

Argumentaire syndical contre le programme du FN

samedi 18 mars 2017

Ci-dessous une brochure de 52 pages réalisée en 2012 par l’association VISA (Vigilance & Initiatives Syndicales Antifascistes) et mise à jour en mars 2017 même si l’idéologie du FN n’a pas été bouleversée depuis 2012, hormis certaines formules de pure opportunité…

Télécharger au format PDF

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Parallèlement, voici quelques fiches “flashs” réalisées par VISA :

Enfin, rappelons l’adresse de notre dossier d’info contre l’extrême droite :

http://www.cnt-f.org/59-62/antifascisme

Médecine du travail : un film… et une condamnation !

jeudi 10 novembre 2016

Un film sur l’histoire de Carole Matthieu, médecin du travail

« Carole Matthieu » est un film de Louis-Julien Petit adapté du roman Les visages écrasés de Marin Ledun et tourné en novembre-décembre 2015 à Tourcoing (département du Nord). Le film raconte l’histoire de Carole Matthieu, médecin du travail qui s’épuise à dénoncer, sans être entendue, les conditions de travail des employé-e-s d’un centre d’appel. Trois suicides dans l’entreprise vont susciter l’attention des médias et provoquer une enquête. En savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Carole_Matthieu

Diffusion TV : vendredi 18 novembre 2016 à 20h55 sur Arte

Sortie en salles : mercredi 7 décembre 2016

Bande-annonce :

Une condamnation prononcée à l’encontre de deux médecins du travail

Serait-il désormais interdit à tout médecin de rechercher une cause professionnelle à une psychopathologie du travail ? À quelques semaines près, la diffusion et la sortie du film « Carole Matthieu » coïncident avec l’arrêt rendu par la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins à l’encontre de deux médecins du travail, Dominique Huez et Bernadette Berneron. Le 26 septembre 2016, suite à la plainte de deux employeurs, ces deux médecins du travail ont été condamnés en appel à un « avertissement », cela pour avoir attesté du lien entre la santé altérée et le travail de leurs patient-e-s ! En savoir plus : CNT Travail & Affaires sociales

La santé n’est pas une marchandise, l’hôpital n’est pas une entreprise !

mardi 8 novembre 2016

Solidarité avec les professionnels de santé en grève ce mardi 8 novembre 2016 !

sante-privatiser-nuit-gravementQu’elles soient de droite (Loi Bachelot, T2A, réduction des effectifs) ou de « gauche » (GHT, Loi santé, généralisation des mutuelles privées au détriment de la Sécurité sociale, réduction des effectifs encore !), les multiples attaques contre notre système de santé ont toutes en commun une même philosophie : la rentabilité ; un même objectif final : la marchandisation du système de santé. Nos hôpitaux, nos maternités, nos centres IVG… sont asphyxiés par des Agences Régionales de Santé et des gestionnaires qui ne cessent de flatter les intérêts des grands groupes financiers et de leur préparer le terrain. Les conséquences sont multiples pour les usagers/ères : éloignement des structures, manque de temps/de places pour l’accueil et l’écoute des malades ainsi que des familles, augmentation du coût des soins, malaise généralisé et générateur de suicides au sein du personnel hospitalier…

La CNT exige un système de santé gratuit et de qualité qui soit le même pour tou-te-s. À ce titre, elle condamne les logiques de rentabilité qui sont imposées actuellement et qui, petit à petit, sante-se-syndiquernous acheminent vers un système de santé à deux vitesses, mortifère tant pour les patient-e-s que pour les professionnel-le-s. Au-delà du système de santé, il s’agit d’une lutte qui englobe tous les niveaux de la société, une lutte qui réaffirme sa volonté de refus du contrôle social par l’argent, une lutte qui vise à l’émancipation des travailleurs et des travailleuses.

D’après un tract de la CNT santé social RP

La Brique – n° 48 – automne 2016 : la santé, c’est capital

mardi 18 octobre 2016

E:/labarique/2016/48/maquette/page_01.slaLa Brique (journal local de critique sociale) est sortie. Trente-deux pages en couleurs et toujours pour 2 euros ! Vous la trouverez en kiosques, dans ses points de ventes amis, durant les ventes à la criée sur les marchés de Lille ou dans votre boîte aux lettres.

p. 1 – Couverture de Pole Ka

p. 2 – Édito : ruer dans les brancards (lire l’article)

p. 3 – La santé pour tous, partout
Le printemps social n’a pas été vain, la convergence d’énergies a permis l’émergence de « People’s Health Movement » (PHM) à Lille. Ce mouvement international de lutte contre la marchandisation de la santé entend créer des liens et permettre des échanges d’expériences entre militant.es de divers horizons. Soutenu par une coordination globale, il combat les institutions locales.

(suite…)

Fonction publique : toutes et tous en grève le 26 janvier !

samedi 16 janvier 2016

Les conditions de vie et de travail des agents de la fonction publique subissent une détérioration constante : gel du point d’indice depuis 5 ans ½, multiplication des contrats précaires, mise en place à marche forcée de plusieurs réformes (chez les territoriaux, à l’office national de l’eau et à celui des forêts, dans la santé, le social, l’éducation, etc.). Quant à la qualité des missions confiées à ces agents, elle est rendue de plus en plus difficile par les fermetures de services de proximité et les suppressions d’emplois dans de nombreux secteurs ainsi que par une série de dérèglementations d’inspiration néo-libérales et l’assujettissement progressif du secteur public aux lois du marché capitaliste.

affiche-cnt-greve-fonction-publique-26-01-2016Cela ne peut plus durer ! La CNT appelle tou-te-s les travailleur-se-s de la fonction publique à se mettre en grève le mardi 26 janvier 2016 * :

  • pour le rattrapage (depuis au moins 2010) des pertes salariales liées au gel du point d’indice,
  • pour une revalorisation significative des salaires (notamment les plus bas),
  • pour la titularisation des personnels précaires,
  • pour la création d’emplois statutaires et le développement de moyens financiers à la hauteur des besoins et permettant d’assurer un service public de qualité & de proximité.
* première étape d’une mobilisation qui, pour être réellement efficace, devra s’amplifier et se durcir dans les jours et semaines à venir.
Les rendez-vous à Lille

Salaires et conditions de travail : mouvement de grève à l’Hôpital Privé de Bois-Bernard

lundi 21 septembre 2015

post-it-en-greve-sur-fond-noirLa section syndicale CNT de l’Hôpital Privé de Bois-Bernard (62) appelle les salarié-e-s de l’établissement à cesser le travail pour une durée indéterminée à partir du mardi 22 septembre 2015 à 5h.

Les principales raisons de ce mouvement sont des NAO * insatisfaisantes et la dégradation des conditions de travail.

La section FO de l’hôpital appelle également à la grève ce jour-là.

Rassemblement devant l’établissement à partir de 8h.

* Les NAO (Négociations Annuelles Obligatoires) concernent toutes les entreprises privées de plus de 50 salariés dans lesquelles a été désigné au moins un représentant syndical (art. L.132-27 et L.2232-17 du Code du travail). Elles permettent de faire le point avec l’employeur sur plusieurs thèmes définis par la loi (notamment les salaires).

Grève le 25 juin dans les secteurs de la Santé, du Social et du Médico-social

jeudi 18 juin 2015

Le jeudi 25 juin 2015, les personnels travaillant dans les secteurs de la Santé, du Social et du Médico-social (du public comme du privé) seront en grève à l’appel de plusieurs organisations syndicales.

affiche-greve-sante-social-25-juin-2015La fédération CNT de la Santé, du Social et des Collectivités territoriales soutient les personnels qui exigent :

  • le retrait du pacte de responsabilité et du projet de loi Santé,
  • le retrait de la loi Macron,
  • le retrait de la loi Rebsamen sur les IRP qui affaiblit la présence syndicale en entreprise,
  • l’arrêt des fermetures de lits et services,
  • l’abandon de toutes les mesures de restrictions budgétaires qui nuisent au bon fonctionnement des services,
  • le maintien de tous les postes et l’embauche de personnel qualifié afin de répondre aux besoins des populations accueillies et ce dans des conditions de travail décentes,
  • la défense des droits statutaires et conventionnels de la Branche action sanitaire et sociale et de l’Aide au maintien à domicile,
  • l’augmentation des salaires,
  • l’arrêt de la casse des métiers du Social.

Télécharger l’affiche au format pdf

La fédération CNT Santé, Social et Collectivités territoriales a déposé un préavis de grève pour une période allant du 24 au 26 juin 2015 inclus. Ce préavis concerne les personnels de l’aide au maintien à domicile (associations et secteur privé / conventions BAD et SAP), les personnels des établissements sanitaires et sociaux de la fonction publique hospitalière, les personnels des établissements sanitaires et sociaux privés à but non lucratif et à but lucratif, les personnels sanitaires et sociaux des Collectivités territoriales.

Loi Macron : la marchandisation des soins de santé hospitaliers se poursuit, les soins commerciaux et financiers aussi !

jeudi 26 mars 2015

chat-cnt-santéC’est dans la ligne droite du processus de marchandisation de tout espace d’échange, de solidarité et d’attention que se dirige l’Hôpital public, déjà bien transformé alors qu’il était considéré comme l’un des plus efficaces et des moins coûteux services publics des pays de l’OCDE.

En effet, dans le package de plus de 100 mesures que représente la loi Macron, l’Hôpital public n’a pas été oublié ! Avec la loi Macron, l’Hôpital public – déjà affaibli par la baisse des dotations d’État liée aux différentes mesures d’économie dictées par les technocrates et les “représentants” de la population – va s’ouvrir à la compétition internationale. Il aura la possibilité de créer des filiales à l’étranger afin de répondre à des appels d’offre pour la formation des personnels de santé ou des managers, pour la construction d’établissements & équipements en partenariat avec le privé, pour des activités d’expertise & de conseil… autant de choses que la législation actuelle interdit * car les objectifs des établissements publics de santé ne sont ni industriels ni commerciaux.

Ainsi, si la loi Macron est définitivement adoptée, les 37 CHU du pays pourront prendre des participations dans des sociétés commerciales, créer des filiales, tirer profit des brevets… Et à côté de ce marché mondial en ébullition, la logique de “hôpital-entreprise” va se poursuivre… avec ses méthodes comptables ne tenant pas compte des réalités humaines, avec ses risques de mise à l’écart des activités jugées non rentables, avec ses suppressions de postes, ses dividendes mirobolants et la mise en place de services à la carte “low cost” ou VIP.

Pour la CNT, la santé doit rester basée sur un système de solidarité où chacun-e est soigné-e selon ses besoins. Les travailleurs/euses de l’Hôpital public sont des soignant-e-s. Ils/elles ne doivent pas devenir des prestataires de service. Non à la loi Macron ! Toutes & tous en grève le 9 avril (aux côtés de l’ensemble des salarié-e-s – du public comme du privé – et avec les sans-emplois, les étudiant-e-s et les retraité-e-s) !

* Même s’il existe déjà des partenariats à l’étranger, cela reste très encadré. Exemple : en 2012, l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris s’est vue refuser des contrats au Brésil.

 
> Télécharger ce tract au format pdf

Manifestation nationale contre le chômage et la précarité & pour la justice sociale

mardi 25 novembre 2014

affiche-cnt-manif-chomage-precarite-6-decembre-2014La 12e édition de cette manifestation unitaire, organisée chaque année à Paris à la même époque, aura lieu samedi 6 décembre 2014. Rendez-vous à 14h, place de Stalingrad.

– Tract confédéral de la CNT appelant à cette manifestation : 2 pages au format pdf

– Dossier confédéral de la CNT sur l’accord Unédic de mars 2014, les nouvelles attaques du gouvernement contre les travailleurs, le salaire socialisé, Pôle emploi, la précarité, le budget de la santé et des collectivités locales… : 4 pages au format pdf

Compte-rendu de la grève du 20 novembre à l’Hôpital Privé de Bois-Bernard (62)

lundi 24 novembre 2014

greve-20nov2014-hopital-prive-Bois-Bernard-panneau-CNT-format-webL’Hôpital Privé de Bois-Bernard (Pas-de-Calais) fêtait ses 40 ans ce jeudi 20 novembre 2014. Les petits plats avaient été mis dans les grands pour recevoir les grosses têtes de la Générale de Santé avec, tenez-vous bien, le grand sachem en personne, l’actionnaire australien !

Occasion pour la directrice générale d’une campagne de comm’ laissant accroire qu’au sein de son établissement tout était rose pour les personnels, présentation des choses partiale plus que contestable et d’ailleurs contestée (cf. les chiffres de l’absentéisme, les départs et la récente campagne de répression dont fut victime notre RSS préféré, entre autres items…).

Une foule considérable s’était donc pressée devant l’HPBB pour répondre au mot d’ordre de grève lancé par la section CNT et le syndicat FO…

Les forces de coercition du grand capital avaient été mobilisées en nombre avec un peloton de 4 gendarmes sans grenades offensives, un huissier au taquet pour constater tout ce qui pourrait être constaté et un major des RG !

Face aux représentants de l’ordre, une véritable armée prête à en découdre : 4 grévistes recensés selon les chiffres des syndicats et 3 selon ceux des RG (le RSS de la CNT et son secrétaire de section + le DS de FO)… Soit une différence de 25 % ! Vive la désinformation !

Il semble que les salariés, pourtant déçus par la tournure de la négociation annuelle obligatoire (NAO), n’aient pas jugé opportun d’interpeller leurs dirigeants et décideurs en direct, pas plus que le syndicat majoritaire, la CGT…

Absolument regrettable car les pontes du national et l’actionnaire australien ne remettront sans doute pas le pied dans la boutique avant longtemps. Et l’occasion de manifester mécontentement et revendications ainsi perdue risque de ne pas se représenter avant un bail.

Bien dommage, mais pour autant, la maigre affluence n’a pu empêcher que l’action se déroule dans la bonne humeur.

Les deux représentants cénétistes n’ont pas manqué de titiller l’assistance présente par quelques petites espiègleries dont ils ont la recette, au grand dam de l’huissier, du représentant des RG et d’une directrice générale quelque peu embarrassés car, en une telle circonstance, il s’agissait de ne surtout pas importuner gentes dames et jolis damoiseaux en costumes…

Hors de question cependant d’occulter la dimension festive indissociable de ce genre de mouvement quitte à bousculer un peu l’étiquette ou le protocole, ne serait-ce que pour lire l’étonnement ou l’irritation sur la bouille du bourgeois bien-pensant…

Vivement la prochaine grève !

Grève à l’hôpital privé de Bois-Bernard (Pas-de-Calais)

jeudi 20 novembre 2014

Ce jeudi 20 novembre 2014, la section CNT de l’hôpital privé de Bois-Bernard appelle à la grève à l’occasion de la commémoration des 40 ans de l’établissement (une petite fête à laquelle seront présents les grosses têtes régionales et nationales de l’HPBB ainsi que l’actionnaire principal australien).

Ci-dessous le tract diffusé par la section syndicale :

greve-20novembre2014-section-CNT-hopital-prive-Bois-Bernard-Pas-de-Calaislettre-d-un-salarie-de-l-hopital-prive-Bois-Bernard-a-l-actionnaire
> Pour lire le compte-rendu de cette grève, cliquer ici

Mobilisation pour la défense de la Sécurité Sociale !

dimanche 28 septembre 2014

affiche_CNT_déficit_retraites_sécurité_sociale_cadeaux_au_patronat_reprenons_ce_qu_ils_nous_ont_voléDepuis quelques années, par le biais des exonérations de cotisations sociales que les gouvernements successifs lui ont généreusement accordées (30 milliards d’euros par an), le patronat a réussi progressivement à faire en sorte que sa contribution au financement de la Sécurité Sociale soit fortement réduite. Et le « pacte de responsabilité » signé dernièrement entre l’État et le MEDEF va amputer le budget de la Sécu de près de 20 milliards d’euros supplémentaires !

Le 17 septembre 2014, la Cour des comptes a rendu public un rapport sur l’application des lois de financement de la Sécurité Sociale estimant que « les objectifs de baisse des déficits, pourtant limités et déjà revus, risquent de ne pas être atteints ». Alors que l’accès aux soins ne cesse de se dégrader, la Cour des comptes en demande encore plus, notamment à l’hôpital public où plus de 20 000 emplois ont pourtant déjà été supprimés !

À partir du 16 octobre 2014, les députés (puis les sénateurs) vont débattre du plan de financement de la Sécurité Sociale pour 2015. Sans une mobilisation massive et déterminée des salariés, des travailleurs privés d’emploi et des retraités, il est probable que le débat parlementaire débouche sur une loi qui aura l’année prochaine de graves conséquences sur leur santé et celle de leurs enfants…

Halte au harcèlement moral au travail !

samedi 10 mai 2014

harcelementSi le harcèlement moral existe depuis toujours (quel que soit le milieu professionnel), il n’a été qualifié “d’illégal” que depuis son introduction dans le Code du travail et surtout depuis sa répression possible par le Code pénal (loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002). Des études annoncent des chiffres de l’ordre de 2 millions de salarié-e-s victimes de ce harcèlement et notons que, parmi tous les secteurs professionnels, les métiers de la fonction publique arrivent au premier rang.

Les sites et publications de la CNT se font régulièrement l’écho de cette souffrance au travail. Exemples :

Dans l’Éducation nationale, selon une étude du “Carrefour santé social” sur les risques psycho-sociaux réalisée en mai 2011, 24% des agents sont en état de tension au travail et 14% en situation de “burn out” (expression anglophone passée dans le langage courant et de plus en plus utilisé par les médecins généralistes pour décrire un syndrome frappant principalement les professions où l’on s’occupe de l’autre et ayant comme caractéristiques l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et la démotivation). D’après la MGEN (mutuelle de santé), ses services accompagnent 15.000 agents par an, dont « 6.000 bénéficient d’un tête-à-tête avec un psychologue ». Quant aux suicides, ils ne sont pas si rares que le Ministère veut le faire croire, même s’il est très difficile d’en chiffrer le nombre exact car il n’existe pas de statistiques fiables et/ou officielles sur le sujet (pour en savoir plus, lire cet article du Café pédagogique).

Dans la région, rappelons qu’une enseignante de 48 ans s’est suicidée le 21 octobre 2012 à Béthune. Extrait de l’article que nous avions publié à l’époque sur le site de la CNT 59/62 :

Ce suicide permet de mettre en évidence, et au cœur du débat, la dégradation des conditions de travail et d’exercice de nos métiers : effectifs de classes surchargés, nombre de classes en charge pour chaque enseignant en augmentation, précarité de l’affectation quand des centaines de postes sont fermés tous les ans, incertitude sur l’avenir professionnel, pressions internes au sein des établissements (chantage à l’emploi du temps, au service, aux heures sup…), réforme du bac pro modifiant considérablement le rapport à l’élève et à la discipline pour laquelle notre collègue avait été recrutée (comme c’est le cas pour bon nombre des réformes imposées ces dernières années)… Ces dégradations concernent par ailleurs aussi l’ensemble des personnels administratifs, sociaux et de santé de l’Éducation nationale. A cela s’ajoute la difficulté pour un enseignant et pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale de pouvoir exprimer son malaise ou sa souffrance professionnelle par manque de moyens (une seule visite médicale plus que formelle est requise à l’entrée dans le métier et plus rien ensuite pendant les 42 ans qui suivent) ou par peur de se retrouver étiqueté “mauvais prof”.

Aujourd’hui, la situation ne fait qu’empirer. Les chefs d’établissement jouant leur promotion sur les états de service qu’ils produisent eux-mêmes, ils ont tendance à étouffer les affaires. Quant aux autorités rectorales, elles minimisent ou imposent la loi du silence.

Dernier exemple porté récemment à notre connaissance, celui de Philippe, professeur de lycée dans le Pas-de-Calais. Extrait de son message :

J’ai été inspecté il y a deux ans. Le proviseur de l’époque a dit devant l’inspecteur de philo que mon cours était passionnant et que ça l’avait très intéressé. L’inspecteur m’a félicité et m’a fait un rapport louangeur. Je me croyais intouchable. On m’aurait dit qu’il m’arriverait une agression quelques mois plus tard, ça m’aurait fait bien marrer. Et pourtant, depuis le 2 décembre 2013, je suis en arrêt maladie après avoir été agressé par la proviseure due mon lycée. Après une hospitalisation en hôpital psychiatrique et dans deux hôpitaux en cardiologie, je suis suivi par une psychiatre et une psychologue. J’ai un traitement pour le cœur et pour ma dépression suite au traumatisme psychologique. J’ai demandé à un avocat de porter plainte en diffamation et pour défendre mon honneur professionnel. Comme je cotise à l’Autonome de Solidarité Laïque, je suis d’abord allé voir l’avocat d’Amiens qui m’a assuré être de l’Autonome de Solidarité Laïque. Mais ce qu’il m’a dit m’a mis la puce à l’oreille. En effet, il m’a appris que je devais le payer et qu’ensuite je serai remboursé par l’Autonome de Solidarité Laïque. J’ai contacté celle-ci, qui m’a révélé que l’avocat n’était pas ou plus à Autonome de Solidarité Laïque. J’ai donc pris un autre avocat. Celui ci m’a déconseillé fermement de porter plainte car il n’y avait pas de sanctions à mon encontre et que de toute façon l’affaire serait classée sans suite. Car au fond, la proviseure n’a fait que rapporter des ragots d’une élève et que, pour la violence de son intervention, cela reste malgré tout subjectif. De plus, cela allait m’embourber dans cette affaire au moins deux ans pour rien, dans l’hypothèse fort improbable qu’on ne la classe pas sans suites. Et même dans ce cas, elle finirait par être classée sans suite. Il me reste 1 an pour être légalement en retraite. Je pensais continuer un peu pour avoir un peu plus pour pouvoir financer les études de mes enfants. Là, je ne sais plus. J’attends l’avis du médecin expert avec qui j’ai rendez vous le 21 mai.

À propos des difficultés d’ordre juridique rencontrées par ce collègue cité ci-dessus, rappelons que, contrairement aux salarié-e-s de droit privé, les fonctionnaires ne peuvent pas avoir recours aux Prud’hommes, ce qui complique les choses pour se défendre en cas de harcèlement moral (les procédures au Tribunal administratif étant souvent plus longues et plus hasardeuses).

Face à cette situation, il faut surtout ne pas rester isolé mais, au contraire, se faire aider par des collègues, un syndicat, un collectif de lutte, etc. Ensuite, il ne faut pas hésiter à porter plainte. En effet, l’attaque et le soutien restent les meilleures réponses pour pouvoir sortir de l’état de détresse dans lequel plongent souvent les victimes de harcèlement. Il faut aussi diffuser l’information afin que tous les collègues sachent que ce qui arrive à certains d’entre eux et insister sur le fait que personne n’est à l’abri (de cette façon, le jour où cela leur tombera sur la tête… ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas !). Plus généralement, il faut dénoncer le cynisme, l’incompétence voire la nocivité des chefs d’établissement impliqués dans ce type d’affaires, s’attaquer à la structure hiérarchique de l’Éducation nationale ainsi qu’aux réformes néo-libérales qui renforcent le harcèlement. Enfin, contre le pouvoir des petits chefs mais aussi contre le « chacun pour soi » des collègues (un phénomène qui gangrène de plus en plus notre profession comme l’ensemble du monde du travail), il faut bien sûr s’organiser collectivement et sur la durée, en renforçant les liens et les réseaux de solidarité, en créant des collectifs de lutte, en militant au sein d’organisations syndicales sensibles à la thématique du harcèlement moral.

E. Dussart, CNT éducation 59/62
 

Renseignements officiels :
Article du site Service-Public.fr sur le harcèlement moral au travail et sur la façon de
porter plainte auprès du conseil des Prud’hommes (pour les salariés de droit privé)
ou du Tribunal administratif (pour les fonctionnaires)

Souffrance & Travail :
Un site proposant des infos pratiques et législatives
ainsi que des dossiers autour de la souffrance au travail

Film-documentaire récent sur le sujet :
Harcèlement Public de Bertrand Tesson (2011 – 52 mn)

Un livre parmi d’autres :
Pendant qu’ils comptent les morts
Entretien entre un ancien salarié de France Télécom et une médecin psychiatre
(La Tengo éditions – 2010 – 168 pages)

Frénésie répressive à l’hôpital privé de Bois-Bernard (62)

vendredi 18 avril 2014

Harcelement-pressionUne frénésie répressive (2 avertissements et 3 entretiens préalables au licenciement) s’est emparée des dirigeantes de l’Hôpital Privé de Bois-Bernard (HPBB). Cette situation a amené la section syndicale CNT de l’établissement à manifester son indignation en diffusant un tract recto-verso dont nous reproduisons ci-dessous quelques extraits.

Page 1 du tract :

Depuis des années, chaque salarié de l’HPBB est amené à dépasser sa fonction et le cadre de ses compétences au quotidien, le plus souvent par manque d’effectifs. Aujourd’hui, parce que la direction ne veut pas assumer ses errements dans le litige qui l’oppose à la famille d’une patiente, trois de nos collègues et camarades sont menacées de sanctions graves. Nos collègues ne doivent pas servir de boucs émissaires pour que nos dirigeants puissent s’exonérer de leurs torts dans la gestion d’un conflit avec des patients ou pour cautionner ou dissimuler les nombreux dysfonctionnements de l’établissement.

  • Parce que, chaque jour, les conditions dégradées dans lesquelles nous exerçons notre profession, nous conduisent à effectuer des dépassements de compétence ou des glissements de tâche,
  • Parce que les pratiques reprochées à nos collègues ont cours depuis toujours au sein de l’HPBB et qu’elles sont connues, tolérées voir encouragées par nos dirigeants quand cela les arrange,
  • Parce que chaque salarié est concerné,
  • Parce que nous avons conscience de pouvoir être sanctionnés demain, nous aussi, sans avoir commis la moindre faute,
  • Parce que nos dirigeants ne doivent pas oublier les nombreux services et efforts consentis depuis des années par tous les salariés au profit de l’établissement pour le plus grand bénéfice du groupe GDS (Générale de Santé),
  • Parce que nos dirigeants devraient se rappeler et ne pas négliger les mille occurrences où le professionnalisme et le dévouement des équipes, aujourd’hui ou demain stigmatisées, ont permis de gérer et sauver tant de situations délicates ou compromises,
  • Parce que la philosophie managériale ultra répressive en vigueur dans l’établissement instaure un climat social oppressif et délétère, qu’elle insinue une ambiance détestable, un sentiment de malaise, de mal-être, ainsi qu’une pression inadmissible quasi insupportable pour les personnels dans leurs pratiques quotidiennes,
  • Parce que des sanctions inconsidérées ou disproportionnées ne pourront ni résoudre ni occulter les multiples dysfonctionnements de l’établissement,
  • Parce que la seule motivation de nos collègues aura été l’accomplissement de leur devoir et la prise en charge optimale des patients pour le meilleur fonctionnement du service,
  • Parce que nous désirons affirmer haut et fort notre solidarité et notre indignation…

tous ensemble, nous demandons
le retrait des sanctions injustement infligées à nos camarades !

Extraits de la page 2 du tract :

« L’expérience confirme que la mollesse ou l’indulgence pour soi, et la dureté pour les autres n’est qu’un seul et même vice » (Jean de La Bruyère)

Quelle frénésie répressive s’est emparée de nos dirigeantes ? […] Du flicage partout ! Des sanctions à gogo ! Auraient-t-elles perdu le sens commun ? La voilà définitivement révélée leur conception du dialogue, avec les employés comme avec les “partenaires sociaux” ! Comment osent-t-elles encore utiliser le terme « collaborateur » pour évoquer leurs salariés ??? […] Est-ce qu’elles soignent des gens ? Est-ce qu’elles produisent quelque chose ? Nous, nous travaillons ! Et nous produisons ! Nous faisons du soin, de l’entretien, du nettoyage, de l’informatique, de la sténo, du technique, de la comptabilité, de l’administratif, du secrétariat, des écritures, de l’accueil ou de la manutention… Et certains d’entre nous y laissent leur santé ! Nous ne passons pas l’essentiel de notre temps dans des réunions stériles […]. Nos journées ne se perdent pas à chercher comment dégager encore plus de gains de productivité au grand bonheur des actionnaires qui se goinfrent en se foutant de nous, le cul collé dans leur fauteuil ! Par simple curiosité, allez donc jeter un œil sur le cours de bourse de la GDS, vous comprendrez à quel point on nous prend pour des cons. Qu’on nous fiche la paix ! Si nous sommes méprisés, si nous n’avons droit à aucune reconnaissance, qu’on nous laisse au moins bosser tranquillement! Assez de sanctions injustifiées ! Stop au matraquage hiérarchique ! Halte au flicage et à la répression ! Si certaines s’ennuient, ce n’est pas la besogne qui manque ! Qu’elles aillent aider au nettoyage ou à la manutention, il y a de l’ouvrage à revendre ! […]

Santé : la bourse ou la vie ?

vendredi 21 mars 2014

cours-de-bourse-du-groupe-Generale-de-sante-GDS-PA-21mars2014Que peut bien éprouver chaque matin un actionnaire de la “Générale de Santé” en découvrant les graphiques des cours de bourse du groupe qui grimpent en flèche ? Probablement la même chose que ce bon Georges à l’évocation de la très affriolante Fernande… Il bande !

Par contraste, un salarié de l’Hôpital Privé de Bois-Bernard, à la lecture des faméliques bulletins de salaire de l’établissement, doit assurément ressentir chaque fin de mois les affres du vieux Georges songeant à cette pauvre Lulu… Il ne bande plus !

Et si, comble de malheur, le souvenir des primes d’intéressement et de participation aujourd’hui envolées se saisit de lui, s’il considère la constante dégradation de ses conditions de travail ou cet utopique 13ème mois qui jamais n’adviendra, alors même les laboratoires et la chimie restent inefficients pour traiter ses troubles de la fonction érectile…

Comme nous le faisait très judicieusement remarquer le truculent moustachu : “La bandaison, papa, ça n’se commande pas !”.

Section syndicale CNT de l’Hôpital Privé de Bois-Bernard (62)

La CNT de l’Hôpital Privé de Bois-Bernard adhère au collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes). VISA regroupe des militant-e-s de la FSU, de la CGT, de la CFDT, de Solidaires, du Syndicat de la Magistrature, de la CNT et de l’Unef qui, depuis 1996, recensent, analysent, dénoncent, les incursions de l’extrême droite et plus particulièrement du Front National sur le terrain social.

Conditions de travail, salaires… ça bouge dans plusieurs entreprises privées de la région !

samedi 18 janvier 2014

seule-la-lutte-paye1) Plusieurs salariés de l’hôpital privé de Bois-Bernard (près d’Arras) étaient en grève le 17 janvier 2014 à l’appel de la CNT pour protester contre l’inertie et l’autisme dont fait preuve la direction de l’établissement face aux dégradations constantes des conditions de travail. La section syndicale CNT de l’hôpital demande un audit sur les conditions de travail dans l’établissement, la prise en compte de l’état de burn-out dans lequel s’abîment de nombreux salariés, le recensement et l’analyse des accidents de travail et des absences pour arrêt-maladie. Elle demande également que les problèmes soient traités – et des solutions efficientes apportées – par notamment de l’embauche, et non par les artifices d’un dialogue stérile et de la poudre aux yeux auxquels. Les excès d’une course irraisonnée aux gains de productivité ne doivent pas avoir pour corollaire la mise en péril de la santé des salariés !

2) Depuis le 14 janvier 2014, l’usine « Lesieur » de Coudekerque-Branche (près de Dunkerque) est bloquée par ses salariés. Les syndicats à l’origine de l’action (CFDT, CGT et FO) réclament une prime de 600 euros pour chaque salarié de l’entreprise afin de compenser le non paiement (pour la première fois depuis 25 ans) de la prime annuelle d’intéressement.

3) Depuis le 18 décembre 2013, avec le soutien de la CGT, plusieurs salariés du dépôt de la « Foir’Fouille » à Libercourt (près de Lens) sont en grève pour la revalorisation de leurs salaires (des salaires particulièrement bas : 1450 euros bruts annuels pour 10 ans d’ancienneté !). Ils réclament une prime de 500 euros et demandent la tenue de NAO, négociations annuelles obligatoires que l’entreprise – selon la loi – est censée organiser chaque année, qui portent notamment sur les questions salariales et qui n’ont pas eu lieu dans la boîte depuis 2 ans !

Non, la « crise » dont les capitalistes nous rabattent les oreilles
n’a pas anesthésié la classe ouvrière ! Même en cette période de morosité ambiante et même si les plans sociaux se multiplient (avec leurs cortèges de délocalisations, de restructurations et de licenciements), le syndicalisme ne doit pas se cantonner à un rôle défensif ou d’accompagnement. Comme les travailleurs de Bois-Bernard,
Coudekerque-Branche et Libercourt… reprenons l’offensive !

Billet d’humeur

lundi 13 janvier 2014

Après deux années de disette et de déception lors des NAO (négociations annuelles obligatoires) et la culture nauséabonde d’axiomes ultra-libéraux parmi les plus pourris du style “rien pour les salariés, tout pour les actionnaires”, notre nouvelle directrice générale n’a pas lésiné sur les moyens pour récompenser justement l’investissement et le professionnalisme des salariés de l’hôpital privé de Bois-Bernard en 2013 : une clémentine, une papillote, un baby-croissant et un quart de brownie…

Enfin une rétribution à la hauteur et une reconnaissance légitime et méritée des efforts de tous ! Louable démarche en une période entièrement dédiée aux gains de productivité, ayant vu la tragique mais inexorable agonie des augmentations de salaire et où des expressions comme “prime de participation” ou “intéressement” appartiennent désormais à un registre de vocabulaire défunt, un passé définitivement révolu…

Même les radoteurs impénitents de la CNT, éternels insatisfaits, jamais contents, ont été impressionnés par cette incroyable générosité, frappés par l’inventivité et l’originalité de l’idée, subjugués par le style et la poésie de la présentation. Voilà une entreprise où l’on ne se moque pas des travailleurs ! Devant une telle munificence et une telle imagination, il est permis de s’interroger sur la nature de ce que nous réservent nos dirigeants pour l’année prochaine. Pourquoi pas des pommes, des poires avec des scoubidous ?

La section CNT de l’hôpital privé de Bois-Bernard (62)