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Amiens : aidons les salarié.es de Whirpool à faire payer leur direction au prix fort !

jeudi 16 mars 2017

En 2016, Whirlpool – le n° 1 mondial de l’électroménager – a réalisé 900 millions de dollars de bénéfices. Mais les actionnaires n’en ont jamais assez ! Après avoir racheté plusieurs sociétés concurrentes (Moulinex, Indesit, etc.), après avoir touché de l’État plusieurs dizaines de millions d’euros (au titre notamment du CICE), après avoir demandé de nombreux efforts aux salarié.es (flexibilité du travail et augmentation des cadences), voilà que ces sangsues passent à l’étape suivante : diminuer le nombre d’usines appartenant au groupe pour se remplir les poches encore davantage !

C’est ainsi que début 2017, la direction de la multinationale a annoncé que l’usine d’Amiens fermerait ses portes le 1er juin 2018. Conséquence pour les salarié.es : 290 licenciements ! Seront également touchés par cette décision : les intérimaires travaillant sur le site et les 56 salarié.es de Prima, une usine voisine qui sous-traite pour Whirlpool.

Le 16 mars 2017, en visite à Amiens, le premier ministre a déclaré : « Le gouvernement veille à ce que Whirlpool respecte ses obligations » (cf. propositions de reclassement et ré-industrialisation du site). Bref, le bla-bla habituel !

Face à cette situation, les salarié.es en lutte ont besoin de notre soutien. Certes, le rapport de force ne permettra pas l’annulation du plan de licenciements (PSE) car,  pour cela, il faudrait un mouvement massif et combatif sur le plan national et interprofessionnel. Par contre, il est possible de faire en sorte que ce PSE soit le moins mauvais possible. Et, si on s’en donne les moyens, il est même possible de faire payer au prix fort la direction de Whirpool !

Enfin, rappelons que – fondamentalement – licenciements et chômage ne pourront être abolis que par l’expropriation des capitalistes, la socialisation des moyens de production et de distribution, la gestion des entreprises par les travailleurs/euses eux-mêmes, le partage égalitaire des richesses… c’est à dire la construction d’une autre société où nous ne serons plus les esclaves salarié-es du Capital mais les maîtres de notre destinée, administrant la production et les services non plus pour augmenter les profits d’une minorité mais pour répondre aux besoins de l’humanité !

Loi Travail : vers la grève générale reconductible ?

mercredi 4 mai 2016

manif-image-verticaleAdresse publique de la CNT aux autres organisations syndicales pour une grève générale reconductible :

Notre confédération a entendu vos appels à la construction d’une grève reconductible, que ce soit lors du 51e congrès de la CGT à Marseille, lors du dernier CCN de FO, ou jeudi 28 avril sur la place de la République à Paris lors de l’AG de convergence des luttes « Syndicats – Nuit Debout ». Lire le suite sur le site confédéral de la CNT

La Coordination nationale étudiante appelle à se mobiliser :

  • le mardi 10 mai : avec les cheminot-e-s en lutte contre le décret-socle ferroviaire et le projet de convention collective du rail ;
  • le mardi 17 mai : date pour laquelle la coordination s’adresse à tou-te-s les salarié-e-s et interpelle l’intersyndicale afin d’en faire une journée de grève générale, début d’un mouvement de grève reconductible.

AG interprofessionnelle :

Mardi 10 mai à 19h30 au Théâtre du Nord, Grand’place, Lille.

banderole-loi-travail-universite-lille3

Un bilan parmi d’autres de la manifestation du 28 avril à Lille contre la loi Travail

jeudi 28 avril 2016

amphi-archimede-occupeCommuniqué du Collectif de mobilisation de l’université de Lille 1 :

Jeudi 28 avril, la mobilisation contre la loi travail a rassemblé une importante foule dans les rues de Lille et de nombreuses villes de France, rassemblant près de 500 000 manifestants selon les organisations syndicales, dont 25 000 dans les villes du Nord.

Force est de constater que les principaux organes de presse papier et télévisuelle, ainsi que les porte paroles gouvernementaux, ont fait le choix de se focaliser exclusivement sur les débordements des dits « casseurs ». Nous souhaitons rappeler avec force et détermination que les mobilisations contre la loi travail ne se limitent absolument pas à ces actions et concernent un nombre important d’organisations et de stratégies de lutte. Il est en cela malhonnête d’évacuer purement et simplement la grande majorité des personnes présentes qui ont défilé pacifiquement durant toute la durée de la manifestation. Les contraintes économiques du champ médiatique, qui lui impose une course effrénée au sensationnalisme, ne doivent en aucun cas primer sur la déontologie journalistique.

Cependant, et conformément à la décision de la Coordination Nationale Étudiante de non-distinction des stratégies de lutte, nous refusons fermement de condamner d’hypothétiques « casseurs » dans la mesure où ceux-ci ne ciblent que les symboles ostentatoires du libéralisme économique, de l’arbitraire du pouvoir et du monopole de la violence physique légitime. La manifestation de Lille du 28 avril a ainsi fait preuve d’actes de dégradations extrêmement ciblées : Apple Store, Printemps et banques. Nous maintenons ici que la véritable violence n’est pas celle des manifestant-e-s et qu’il est aussi inutile que dérisoire de s’en prendre au symptôme plutôt que d’attaquer les causes.

La manifestation de Lille du 28 avril a été faiblement réprimée, et nous nous félicitons de la décision prise par la police de quitter la place Charles de Gaulle sous la pression des manifestants. Toutefois, tous nos camarades n’ont pas eu cette chance : à Lille, des manifestant-e-s ont été gazé-e-s, d’autre interpellé-e-s. Le bilan de cette journée d’action nationale est entachée par un nombre d’arrestations et de garde à vue proprement scandaleux. Un étudiant de Rennes à perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball. Nos camarades et ami.e.s d’Amiens ont été victimes de violences policières disproportionnées, la police a attaqué des manifestant.e.s pacifiques [Note du webmaster : voir la vidéo ici]. La Nuit Debout de Paris a violemment été évacuée par une police visiblement peu préoccupée par sa tâche de protéger et de servir. Ces très nombreux actes de violence policière, peu relayée par une certaine presse servile et complaisante vis-à-vis de la Préfecture, ne peuvent être qualifiés de débordements. Ils font l’objet d’une stratégie délibérée d’un gouvernement qui se prétend socialiste et a fait le choix de réprimer des mouvements sociaux qui se battent, précisément, pour le maintien des promesses qui leur avait été faites.

Ni chair à patron, ni chair à matraque.

Collectif de mobilisation de Lille 1 contre la loi travail

Communiqué de l’AG de lutte contre la loi Travail à propos des événements du 20 avril à Lille

mercredi 27 avril 2016

Communiqué de l’AG de lutte contre la loi Travail :

megaphone-sur-fond-rougeLa manifestation du jeudi 20 avril à Lille, le saccage du local de la CNT par la police et l’arrestation de 2 camarades, ont donné lieu à de nombreux commentaires, témoignages de solidarité, condamnations indignées et mensonges médiatico-policiers. L’assemblée générale de lutte qui s’est trouvée au cœur de cette histoire entend, par ce communiqué, clarifier une histoire encore confuse pour beaucoup de monde.

De nombreuses personnes ont été profondément attristées de la manifestation du 9 avril. L’absence de cortège radical a scindé cette promenade déprimante en deux. La première moitié bien encadrée était suivie par une longue traine d’individus déçus par le caractère inoffensif de la manif. Des étudiants mobilisés de Lille 1 et Lille 3, des participants à l’AG de lutte et tous ceux qui veulent passer à l’offensive se sont organisés pour donner à la manif du 20 un aspect plus revendicatif.

Le 20 avril, peu de gens sont au rendez-vous. Nous sommes peut-être 500 au plus fort de la manif. Les jeunes derrière leurs banderoles « Ceci n’est pas un exercice » et « Ni chair à patrons, ni chair à matraque » sont les plus nombreux, la présence syndicale se révélant plus que symbolique. Cela n’empêche pas une poignée d’apparatchiks de vouloir prendre la tête de la manif. Les jeunes appuyés par la sono de SUD prennent tout de suite la tête, laissant la délégation de la CGT et de l’UNEF en queue de manif. Premier accroc…

Rapidement des slogans fusent. Les boules de peintures volent sur les banques et autres symboles du système marchand que nous croisons. Des pétards explosent. Des copains collent des affiches. Voilà les actes de violence inacceptables que l’on nous reproche. La police bloque rue Nationale, obligeant la manif à tourner rue de l’Hôpital Militaire. Traquenard. C’est dans cette rue que 5 agents de la BAC, sans brassards, cherchent à arrêter les copains collant des affiches. La réaction collective est rapide. Les policiers ne parviennent pas à leur fin. Tout le monde crie «Tout le monde déteste la police ». C’est cet événement, d’une violence très relative, des vidéos peuvent le prouver, qui devient une agression dans la version policière. Les gros bras de la BAC sont vexés de ne pas avoir réussi leur coup.

Alors que la manif est bloquée un peu plus loin. Le cortège “syndical” refuse de suivre. Il faut quelques vigoureux « Tous ensemble » pour les décider. Rapidement le cortège se disperse place de la République. Après un appel au micro, une cinquantaine de personnes partent groupées pour tenir l’AG de lutte à L’Insoumise, librairie occupée situé rue d’Arras à proximité du local de la CNT. Nous sommes suivis par les agents de la BAC, ceux-là même qui ont raté leur coup rue de l’hôpital militaire. Il convient de préciser que la version policière mentionne ici des agressions qu’ils auraient subies, place de la République et à proximité de la rue d’Arras. Mensonges complets inventés à posteriori pour justifier le forçage du local CNT. Personne n’a jamais agressé la police. Par contre la tentative d’interpellation des colleurs d’affiches par des agents non-identifiés peut facilement être comparée à une agression.

Arrivés à proximité de l’Insoumise, les flics courent et appellent leurs collègues à moto qui déboulent rapidement. Le groupe se rendant à l’AG de lutte se disperse, à proximité de L’Insoumise. Certains rejoignent des camarades de la CNT dans leur local. Une centaine de policiers se déploient rapidement bloquant la rue d’Arras. Nous sommes rejoints par des copains qui étaient restés place de la République. Les policiers gazent sans distinction manifestants et habitants du quartier, pendant que les agents de la BAC essaient de défoncer la porte du local.

Des grosses berlines arrivent, amenant les huiles de la hiérarchie policière. Aucun motif clair, ni aucun papier, ne sont donnés aux camarades réfugiés dans le local de la CNT. Le fait que certains manifestants étaient masqués ou que des policiers aient reçu de la peinture est ensuite évoqué. Une fois la porte défoncée, il faut bien arrêter quelqu’un pour justifier ce saccage. Deux copains qui n’ont pas été mêlés à l’épisode de la rue de l’Hôpital Militaire sont soi-disant reconnus par les agents de la BAC soi-disant agressés.

La solidarité a été exemplaire. Une manif sauvage de 200 personnes, rejointe par des voisins indignés par la violence des policiers, remontent les boulevards jusqu’au commissariat de Lille Sud, où un rassemblement se tient jusqu’à tard dans la nuit. Puis un autre devant le TGI, le vendredi 22. Les copains arrêtés ont refusé la comparution immédiate. Ils risquent un mandat de dépôt et la prison préventive. Ils sortent pourtant, avec un solide contrôle judiciaire leur interdisant de manifester, de se rassembler en AG et même de demeurer à Lille. Procès: le 25 mai. Les preuves de leur innocence sont nombreuses. La version policière sera battue en brèche.

Rapidement, la machine médiatique se met en branle. La Voix du Nord et France 3 Nord ne répercutent que la version policière. La manif est décrite comme une véritable émeute. Les étudiants des casseurs. La palme de l’infamie allant à France 3 qui, sans pitié, balance les noms des copains et fait d’eux de dangereux individus « bien connus des services de police ». Eh oui ce sont des militants antifascistes et anticapitalistes de longue date. Les médias révèlent ainsi la nature de leur objectivité. Quand la préfecture sonne le rappel, ils sont aux ordres.

Après les médias, ce sont les bureaucraties syndicales de CGT et FO qui se ridiculisent en prenant position en faveur de la police et contre les copains interpellés et la CNT. Le 22 avril, l’union départementale CGT Nord pond un communiqué indigne d’un syndicat ouvrier appelant à condamner « des épisodes violents inacceptables » et à manifester bourgeoisement « dans le respect des biens et des personnes ». L’intersyndicale réunissant CGT, FO, FSU et UNEF accable SUD, dont le seul tort est d’avoir prêté sa sono au cortège jeune, et décide à la suite d’un magnifique tirage au sort de reléguer SUD en queue de cortège le 28 avril. Ces jeux de bureaucrates honteux scandalisent de nombreux CGTistes. Face à ce mécontentement, l’UD finit par réaligner le tir et condamne finalement les violences policières dans un second communiqué daté du 27 avril. Merci aux camarades CGTistes qui ont su faire plier les irresponsables qui squattent l’UD.

Cet événement prouve une chose. Nous les inquiétons. Cette répression ciblée prouve que l’État et sa police ne veulent pas voir se développer une ligne offensive de lutte contre la loi travail. Malgré la répression, les mensonges des médias et les manœuvres des bureaucraties syndicales, nous continuerons. Et nous ferons reculer les patrons et les politiciens par les grèves, les blocages, et les manifs déter.

L’AG de lutte contre la loi Travail

Loi travail : le combat continue ! Grèves et manifestations les 12, 14, 20 et 28 avril…

dimanche 10 avril 2016

Suite aux manifestations des 5 et 9 avril 2016, le gouvernement – relayé par de nombreux médias – insinue que la mobilisation contre la loi Travail est en baisse, notamment depuis le 31 mars (date à laquelle plus d’un million de personnes était descendu dans la rue). Mais la comptabilité gouvernementale est malhonnête. Car on ne peut pas comparer une journée comme celle du 31 mars (pour laquelle toutes les organisations syndicales opposées à la loi Travail avaient lancé un appel clair et interprofessionnel à la grève) et une journée comme celle du 5 avril, impulsée par les organisations étudiantes et lycéennes (qui plus est en période de vacances scolaires pour 7 académies sur 12) et que les syndicats de salarié-e-s appelaient seulement à soutenir. On ne peut pas non plus comparer la journée du 31 mars à celle du 9 avril. Dans un mouvement social lié au travail, si des manifestations organisées un samedi après-midi peuvent être intéressantes pour faire descendre dans la rue des personnes qui n’y descendraient pas autrement, la mobilisation est rarement massive ce jour-là.

Ces précisions étant faites, on s’aperçoit que les manifestations des 5 et 9 avril sont loin d’avoir été des échecs. Au contraire, elles sont la preuve que depuis le 9 mars le mouvement contre la loi Travail s’inscrit dans la durée. De plus, la mobilisation s’élargit grâce à des initiatives comme “Nuit debout” (qui font se rencontrer des gens d’horizons divers dans le cadre de la convergence des luttes). Plus généralement, le projet de loi El Khomri et sa destruction du code du travail est désormais le catalyseur de toutes les colères sociales accumulées ces dernières années : stagnation et/ou baisse des salaires, chômage de masse, destruction des services publics, attaques contre la sécurité sociale et les retraites, délabrement des logements sociaux délabrés, sans oublier la chasse aux chômeurs/euses avec l’actuelle négociation de la convention de l’assurance-chômage ! Cette loi Travail n’est d’ailleurs que la suite de lois profondément anti-sociales telles que la loi Macron, le CICE ou l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi.

Daffiche-cnt-npdcp-greve-28-04-2016-contre-loi-travailans ce contexte de développement de la contestation, la CNT insiste sur la nécessité de faire converger les revendications de tous les secteurs afin de construire un mouvement de grève interprofessionnel à même de mettre en échec cette politique dictée par le patronat qui met un pièces l’ensemble des acquis historiques de la classe populaire.

D’autre part, comme nous l’a montré l’échec de nombreux mouvements sociaux passés, la stratégie des journées de mobilisation ponctuelles ne suffira pas. Au-delà des 12, 14, 20 et 28 avril prochains (journées de lutte auxquelles la CNT appelle), c’est dans une perspective de construction de la grève générale reconductible qu’il nous faut désormais inscrire le mouvement social.

Prochains RDV à l’appel de la coordination nationale étudiante : mardi 12, jeudi 14 et mercredi 20 avril

Prochaine grande grève générale interpro public/privé : jeudi 28 avril

affichette-greve-generale-28-avril-2016> Rappels sur le droit de grève
> Vidéo et textes de décryptage de la loi Travail
> Affiche « Grève générale jusqu’au retrait de la loi Travail »
> Tract pour annoncer la grève du 28/04 et la manif à Lille
> Affiche pour annoncer la grève du 28/04 et la manif à Lille
> Autre affiche pour annoncer la grève du 28/04 et la manif à Lille

Manifs du 9 mars contre la loi sur le travail : ce n’est qu’un début, continuons le combat !

mercredi 9 mars 2016

manif-9mars2016-lille-etudiants-contre-loi-travailPrès de 20 000 personnes ont manifesté le 9 mars 2016 dans le Nord Pas-de-Calais contre le projet de loi sur le Travail. Les premiers à sortir dans la rue furent les lycéens de Cambrai (une centaine de manifestants), puis ceux des lycées Pasteur et Faidherbe à Lille (dont les portes ont été bloquées un moment par plusieurs dizaines de grévistes). Ensuite, tout au long de la journée, des manifestations interprofessionnelles ont eu lieu à Valenciennes (2 500 personnes), Arras (300), Boulogne-sur-Mer (700), Calais (500), Dunkerque (350) et Lille (15 000). Ce n’est qu’un début, continuons le combat !

Prochain rendez-vous interprofessionnel et régional : vendredi 11 mars à Douai (10h, place d’Armes) pour une manifestation unitaire contre le projet de loi El Khomri mais aussi contre la répression anti-syndicale & anti-sociale à l’œuvre à Goodyear, à Air France, à Calais, à Notre-Dames-des-Landes, dans les quartiers populaires, etc.

D’autre part, une AG de lutte contre la loi Travail a été créée sur Lille. Elle regroupe des salarié-es, des chômeurs-es, des étudiant-es et des lycéen-nes. Prochaine réunion : samedi 12 mars à 17h30 à l’Insoumise (10 rue d’Arras à Lille).

Enfin, plusieurs composantes du mouvement étudiant et lycéen appellent la jeunesse à se mobiliser le jeudi 17 mars (à Dunkerque, rendez-vous à 9h devant la gare et à Lille, rendez-vous à 14h place de la République). Pour préparer cette journée, des assemblées générales sont prévues dans les facs : jeudi 10 mars à Lille 1, mercredi 16 mars à Lille 3, etc. La question du blocage des universités sera mise à l’ordre du jour de ces AG (pour en savoir plus, voir la page fb des étudiants lillois contre la loi Travail). Mais la journée du 17 mars ne sera pas seulement celle de la jeunesse. Plusieurs syndicats de salarié-e-s appellent en effet à cesser le travail ce jour-là. De manière plus générale, des préavis de grève couvrant la période du 17 au 31 mars ont été déposés dans les trois secteurs de la fonction publique. Quant au secteur privé, les appels à préparer la grève générale reconductible se multiplient. L’occasion de rappeler à nouveau le cadre juridique et pratique du droit de grève : lire ici
 

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Loi El Khomri : l’union régionale des syndicats CNT du Nord Pas-de-Calais appelle à la mobilisation générale !

dimanche 28 février 2016

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Réunie en congrès le 27 février 2016, l’union régionale des syndicats CNT du Nord Pas-de-Calais appelle à soutenir toutes les initiatives qui ont d’ores et déjà été annoncées pour le retrait du projet de loi El Khomri (rassemblement du mercredi 9 mars à partir de 13h sur la place de la République à Lille + manifestation du vendredi 11 mars à 10h sur la place d’Armes à Douai) ainsi que celles qui seront prises dans les jours et semaines à venir.

Qui est concerné ?

Le projet de loi El Khomri ne concerne pas que les salarié-e-s du secteur privé. Il concerne aussi les personnes à la recherche d’un emploi ainsi que les lycéen-ne-s et les étudiant-e-s dont l’avenir professionnel va s’assombrir encore davantage si la loi est votée. Enfin, les salariés du secteur public sont également concernés. En effet, si les fonctionnaires ne sont pas régis par le Code du travail, leur statut n’en est pas complètement déconnecté. Par conséquent, toute dégradation des droits des salariés du secteur privé finira par avoir une incidence sur le statut des fonctionnaires (déjà régulièrement remis en question par ailleurs). À ce sujet, voir le tract de la CNT éducation intitulé « Salarié-e-s de l’Éducation nationale, pourquoi être en grève le 9 mars ? ». Voir aussi la lutte menée depuis quelques mois par les agents du Conseil départemental du Nord concernant leur temps de travail, leur primes et la restructuration des services (dans les faits, quelque chose d’assez voisin de la loi El Khomri : suppression de 9,5 jours de congés, suppressions de postes, primes au mérite, contrôle des agents, remise à l’ordre du jour des sanctions, pouvoir accru à l’encadrement, etc.).

Quel type de mobilisation pour espérer faire reculer le gouvernement ?

En termes de mobilisation, les choses sont claires pour la CNT. Il s’agit de construire les conditions d’une grève générale reconductible capable de bloquer massivement et durablement l’économie du pays pour instaurer un rapport de force face au gouvernement et pour frapper au porte-monnaie les commanditaires et futurs bénéficiaires de la loi El Khomri (les patrons et les actionnaires). Afin de parvenir à cet objectif, il faudra bien plus qu’une ou plusieurs journées d’action et bien plus qu’une pétition (même s’il est important de la signer ; voir le lien ci-dessous). Il va falloir multiplier les appels à cesser le travail et à manifester. Il va falloir aussi coordonner les différents secteurs en lutte. Car une véritable grève générale reconductible ne se décrète pas en appuyant sur un bouton. C’est un processus qui fonctionne sur le principe de l’exemplarité et de la contagion. Tout le monde ne rentre pas dans la danse en mgreve-generale-avec-chat-cntême temps. Mais, à chaque fois qu’un secteur, une entreprise ou un établissement se lance, que la durée du mouvement de grève dépasse 24 heures et qu’une caisse de soutien destinée à aider les grévistes les plus démunis financièrement est mise en place, l’exemple donne aux autres l’envie d’en faire autant. En faisant tâche d’huile (on appelle ça aussi l’effet boule de neige), le mouvement s’étend et s’amplifie.

> Pétition Loi travail, non merci !
> Clip vidéo confédéral de la CNT
> Tract et argumentaire confédéraux de la CNT
> Quelques rappels importants sur le droit de grève
> Affiches de la CNT 59/62 contre le projet de loi et communiqué confédéral du 25 février

Droit du travail : position de la CNT face au projet de loi El Khomri… et appels à la grève !

jeudi 25 février 2016

affiche-cnt-nord-pdc-loi-el-khomriCommuniqué confédéral CNT du 25 février 2016 :

Ton droit du travail vaut bien une grève générale !

Le gouvernement vient de divulguer son projet de loi sur la négociation collective, le travail et l’emploi. Ce projet est une véritable contre-révolution libérale qui vise à détruire l’ensemble des protections collectives des salarié-e-s. Tout y passe : protection contre les licenciements, temps de travail et heures supplémentaires, médecine du travail, amplitudes horaires identiques pour les mineurs [ou : « amplitudes horaires même pour les mineurs », selon le sens], plafonnement des indemnités prud’homales… et instauration de référendums d’entreprise qui permettront aux patrons de contourner les syndicats en mettant directement le pistolet sur la tempe des salarié.e.s. C’est un vrai catalogue du MEDEF, un cahier revendicatif en bonne et due forme transposé en texte de loi par un gouvernement vassal.

Après avoir annoncé ces mesures sur un ton hautain et autoritaire, menaçant immédiatement d’user du 49.3, le gouvernement s’est voulu rassurant ce lundi, lors de la visite de Manuel Valls, de Myriam El Khomri et d’un autre misérable tartuffe à Mulhouse. Une visite pleine de mépris lorsqu’un délégué CGT a remis une pétition s’opposant à cette contre-réforme de plus de 400 000 signatures (en cinq jours !), pétition initiée par des syndicalistes que l’on ne peut pourtant qualifier de révolutionnaires, certains étant même proches du PS.

Ce gouvernement cherche clairement l’affrontement avec les classes populaires et cette destruction du code du travail, couplée à celle de l’assurance chômage restreignant les droits des chômeuses et des chômeurs, ne reflète rien d’autre que la volonté de libéraliser totalement le marché du travail. Après la loi Macron, et toutes les mesures d’exonération de cotisations sociales dont le patronat a usé et abusé pour augmenter ses bénéfices, après les terribles réformes sur les retraites qui se sont enchaînées, après la destruction systématique de tous les services publics, sans qu’une réaction d’envergure ne se fasse jour, il fallait bien que le coup fatal arrive : en finir avec les restrictions collectives et individuelles aux licenciements, en finir avec toute forme de protection des salarié-e-s.

La propagande est toujours la même. Le cadre légal serait trop lourd et désuet pour faire face à la mondialisation capitaliste, ce qui empêcherait la croissance et donc l’emploi. C’est une aberration totale quand on sait que le pays est le deuxième au monde en termes de productivité. Car c’est bien le Code du Travail  qui a permis de donner aux travaillleur.se.s des garanties sur leur temps de travail, leur santé, leur protection sociale et la relative durabilité de leurs emplois. C’est bien bien le Code du Travail qui a permis aux salariés de faire face au rapport inégal qu’ils entretiennent avec le patronat du fait du lien de subordination inhérent à toute relation salariale. Ce n’est donc pas au nom de l’emploi et de la compétitivité, mais bien pour son propre profit que le MEDEF, aidé par ce gouvernement aux ordres, veut tout reprendre sous couvert d’une crise économique dont ils sont les seuls responsables. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre !

De plus, cette réforme touche l’ensemble de la réglementation du travail au prétexte d’alléger et de simplifier sa lecture qui, selon nos dirigeants, serait trop complexe actuellement. Une fois de plus, cela va en sens unique, tandis que l’accès aux droits des chômeurs et des chômeuses relève du parcours du combattant !

Selon le Premier Sinistre, « nous sommes au XXIe siècle, pas au XIXe ». Très bien. Si c’est le cas, qu’il cesse de vouloir nous y ramener en donnant tous les droits au patronat qui n’en demandait pas tant.

Il y a plus grave encore. Cette réforme, tout comme celles portant sur la Constitution et la loi pénale, se fait alors que nous sommes sous état d’urgence et que la répression frappe l’ensemble des militant-e-s syndicaux, allant même jusqu’à la prison. Comment ne pas penser dès lors que ce gouvernement joue au pompier pyromane, alors que le FN se tient en embuscade, éructant déjà des saillies sur cette réforme et dénonçant l’usage éventuel de l’article 49.3 qu’il ne renierait pourtant pas si on lit bien son programme ? Comment ne pas penser que ce gouvernement de sociaux-traîtres (à défaut de socialistes) s’est donné les armes pour museler toute contestation sociale, qui ne pourra qu’arriver à la vue de cette politique d’austérité sans précédent ?

Pour la CNT, les choses sont claires. Le rôle du syndicalisme n’est pas d’écrire avec le gouvernement la pire opération de destruction des acquis sociaux de l’Histoire, il consiste à s’inscrire dans un rapport de force, celui de la lutte des classes, qui permettra d’imposer au gouvernement l’abandon total et définitif de l’ensemble des dispositions scélérates qui constituent ce projet de loi. Pour nous, comme pour les générations futures, celles de nos enfants, rien n’est impossible : il est nécessaire de faire front pour faire reculer la loi du Capital !

Il appartient désormais à toutes celles et à tous ceux qui sont conscient-e-s de ce terrible enjeu pour les classes populaires d’informer partout les travailleurs et travailleuses de la perversité d’une telle réforme, de multiplier les réunions publiques et les assemblées générales ainsi que les débrayages affiche-cnt-nord-pdc-bras-croises-tous-en-greve-version-encadreedans tous les secteurs d’activité, de coordonner les initiatives unitaires et de participer à toutes celles qui verront le jour pour mettre en échec ce projet en développant grèves, occupations et blocages. Bref, il appartient dorénavant à chacun.e de se mobiliser, sur tous les terrains, pour gagner le retrait de cette réforme ignoble. Car assurément, le code du travail vaut bien une grève générale !

> Télécharger ce communiqué au format PDF
> Mise en exergue de quelques éléments du projet + lien vers la pétition Loi travail, non merci !
> Affiche de la CNT 59/62 « Grève générale contre la loi Travail » (format PDF)
> Affiche de la CNT 59/62 contre la loi El khomri (format PDF)
> Affiche « Toutes et tous en grève ! » (format PDF)

Vers une grève générale reconductible ?

En raison de l’accord de plusieurs organisations avec certaines dispositions du projet de loi, l’intersyndicale nationale du 23 février a accouché d’une souris en termes de mobilisation. Du coup, sous la pression de sa base, la direction confédérale de la CGT a décidé d’appeler unilatéralement à une « journée d’action » le jeudi 31 mars, date à partir de laquelle le projet de loi commencera à être débattu à l’Assemblée nationale.

Mais, trouvant ce rendez-vous trop lointain et trop timide (une « journée d’action » au lieu d’un appel à la grève générale), diverses composantes du mouvement syndical ont aussitôt annoncé leur intention d’appeler à cesser le travail, à se rassembler et à manifester dès le mercredi 9 mars, date à laquelle le projet de loi sera présenté au conseil des ministres.

Depuis le 24 février, des appels similaires fleurissent sur les réseaux sociaux. À ce jour, l’un d’entre eux a déjà recueilli l’adhésion de 21 000 personnes. Cet appel « citoyen et militant » (comme il se présente) prône « la convergence des luttes des salariés, des chômeurs, des retraités et des jeunes contre la loi Gattaz-Hollande-Valls-Macron-El Khomri et toutes les régressions sociales, avec ou sans les directions syndicales ». « Le 9 mars […], précise-t-il, on ira défendre notre peau. Le 10 on remet ça (avec les retraités qui ont déjà prévu de manifester) et les jours suivants jusqu’au retrait total de ce projet de loi ! ». Pour en savoir plus : 9/03 – grève générale pour le retrait de la loi “travail”

affiche-cnt-nord-pdc-bras-croises-greve-illimitee-version-encadreeÀ Lille, un « rassemblement citoyen pour exiger le retrait du projet de loi » est annoncé pour le 9 mars à 13h place de la République. À 14h, même jour et même endroit, plusieurs organisations syndicales, associatives et politiques de la jeunesse appellent à se rassembler.

D’autre part, vendredi 11 mars, l’UL-CGT de Douaisis appelle toutes les structures progressistes de la région Nord Pas-de-Calais à s’associer à la manif qu’elle organise à Douai (10h, place d’Armes) dans le cadre de la lutte contre le projet de loi El Khomri mais aussi contre la répression anti-syndicale et anti-sociale à l’œuvre à Goodyear, à Air France, lors de la COP 21, à Calais, à Notre-Dames-des-Landes, dans les quartiers populaires, etc.

Concernant cette mobilisation des 9 & 11 mars (et au-delà), voir le clip vidéo de la CNT 59/62.

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Petit jeu de l’oie estival pour les salarié-e-s de l’industrie

samedi 11 juillet 2015

Salarié-e-s de l’industrie : avant, pendant ou après vos congés d’été, voici un jeu de société pour préparer la rentrée sociale…

jeu-de-l-oie

Vidéo du rassemblement et de la manif du 9 avril 2015 à Lille

samedi 11 avril 2015

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Communiqué confédéral de la CNT
suite à la mobilisation du 9 avril :

Contre l’austérité, le capitalisme et ses sbires, amplifions la riposte !

Avec plus de 300 000 manifestants en France, la journée d’action contre l’austérité et la loi Macron de ce jeudi 9 avril est l’une des plus grosses mobilisations syndicales depuis l’accession de François Hollande au pouvoir, preuve que de plus en plus de la colère des travailleur-se-s gronde face à une situation économique, sociale et politique dramatique.

La CNT a contribué à cette journée en préparant la grève depuis des semaines et a activement participé à l’amplification des rassemblements et manifestations dans de très nombreuses localités, les initiant parfois, là où les appareils syndicaux avaient fait le choix de ne pas proposer de perspective dans la rue. Les cortèges de la CNT ont ainsi été visibles à Paris mais aussi dans toutes les villes de France où ses syndicats sont implantés.

De plus, il est à remarquer que dans de nombreuses manifestations, des revendications locales (luttes contre les licenciements, pour les salaires et l’amélioration des conditions de travail, pour des moyens à la hauteur des besoins dans les services publics…) se sont greffées aux revendications interprofessionnelles contre l’austérité et la loi Macron, esquissant une convergence des luttes nécessaire à leurs succès.

Cette journée de grève et de manifestations est loin d’être suffisante et ne peut constituer une fin en soi. Si elle est un point d’appui de la construction d’une mobilisation sociale d’ampleur, une suite à la mobilisation du 9 avril doit voir le jour au plus vite afin que l’espoir qu’elle suscite aujourd’hui chez les travailleur-s-se se transforme demain en victoires. Pour cela, il est nécessaire que la lutte se construise à la base et que l’ensemble des travailleur-s-e et des équipes syndicales combatives développent les initiatives locales, alors que la priorité accordée par les bureaucraties syndicales à la manifestation parisienne a exclu de fait une grande partie des travailleur-se-s. Cette stratégie malheureuse aura permis à des médias déjà peu enclins à donner sa vraie place au mouvement social l’occasion de n’analyser cette journée que comme une démonstration de force de la CGT et FO. Exit du débat les vraies raisons de la présence de centaines de milliers de travailleurs dans les rues et des multiples conflits sociaux dans tous les secteurs d’activité.

Alors que le patronat a à sa disposition un gouvernement disposé à accéder à ses rêves les plus fous – casse du code du travail, destruction des droits syndicaux – la CNT continuera, et cela sans attendre le 1er mai, à construire la grève générale reconductible, seule riposte viable face à l’austérité et aux lois anti-sociales qui se succèdent !

Plus largement, il est urgent de bâtir une alternative autogestionnaire et émancipatrice pour les classes populaires. Un projet de société révolutionnaire et anticapitaliste qui se construit au-delà du calendrier dicté par les échéances électorales et le bon vouloir des directions syndicales !

Le 17 mars, bloquons Douai pour dire non à la loi Macron et à l’austérité !

samedi 7 mars 2015

manifestation-17-mars-2015-DouaiL’assemblée générale des syndicats CGT du douaisis appelle à une manifestation unitaire le mardi 17 mars 2015 à Douai (59). Extrait du tract d’appel : « La loi du millionnaire Macron c’est la sécurisation juridique pour les patrons voyous, l’incitation aux licenciements, l’allongement du temps de travail, la pénibilité du travail de nuit non reconnue, les prud’hommes, l’inspection du travail et la médecine du travail balayées, la privatisation de tous les services publics, etc. Une loi du 19ème siècle, une loi de classe !!! La loi Macron est le complément du CICE, du pacte d’austérité et de la loi de sécurisation (ANI). Elle porte en elle un projet de société qui réduit le salarié à sa force de travail, qui doit être exploitable au gré des employeurs et des marchés. Nous appelons à l’unité la plus large pour battre ce texte et exiger son retrait le 17 mars à 10h place du Barlet à Douai ».

Les syndicats lycéens et étudiants SGL, UNL, UNEF et SUD ont décidé de s’associer à cet appel. Extrait de leur communiqué commun : « Nous sommes dans une optique de convergence des luttes ! Le combat mené pour un retour à la gratuité des transports en commun pour les lycéens, n’est pas fini. Les dernières annonces du gouvernement ne vont pas du tout dans notre sens ! Oublions la « priorité jeunesse », aujourd’hui c’est le MEDEF la priorité du PS. Avec la loi Macron, le droit des patrons prime sur ceux des salariés ! Le travail du dimanche n’est en rien bénéfique pour la jeunesse : dans un monde idéal, les étudiants révisent le dimanche, ils ne travaillent pas ! Il ne faut pas oublier que si les étudiants travaillent, c’est pour financer leurs études car celles – ci ont des coûts exorbitants ! Et justement, on continu de casser l’école publique : les classes prépas (CPGE) seront payantes l’année prochaine car les étudiants ont l’obligation d’inscriptions en fac : on passe donc d’un droit gratuit à une obligation payante (184 €) ! Et la loi Macron, avec sa destruction de la défense des salariés, on en parle ? En tout cas pas dans le débat public ! L’austérité est donc de mise au PS, pourtant la jeunesse n’est en rien responsable de la crise ! Nous refusons de payer la crise ! L’austérité est nocive à l’éducation ! Nous appelons donc à la plus grande mobilisation des lycéens et des étudiants le 17 mars dans le douaisis et annonçons déjà 4 lycées appelant au blocage : Corot, Labbé, Châtelet et Rabelais ! ».

L’union régionale des syndicats CNT du Nord Pas-de-Calais
apporte son soutien à tous les mouvements sociaux unitaires,
notamment lorsqu’ils sont à l’initiative de la base.

Elle appelle donc ses sympathisant-e-s du douaisis
(qu’ils/elles soient salarié-e-s, retraité-e-s, sans emplois, étudiant-e-s ou lycéen-ne-s)
à contribuer au succès de cette manifestation du 17 mars.

 
Mise à jour du 19 mars 2015 :

1) Communiqué des communistes libertaires de la CGT suite à cette manif du 17 mars :
Douai en état de siège !

2) Contre contre la loi Macron et les politiques d’austérité :
Grève générale et rassemblement régional le 9 avril à Lille

Droit syndical : création d’une section dans le secteur privé et désignation d’un RSS

mardi 11 février 2014

syndicalistes-CNTLa loi « portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail », effective depuis le 20 août 2008, a refondé le droit syndical dans les entreprises du secteur privé.

Sans rentrer dans les débats politiques et idéologiques sur les motivations générales de cette loi, largement critiquables (cf. la motion votée au congrès confédéral CNT de septembre 2008), il est un élément – le/la représentant-e de la section syndicale (RSS) – qui pour la CNT constitue une certaine forme d’avancée. En effet, avant, n’existait que le/la délégué-e syndical-e (DS). Il fallait alors créer clandestinement une section syndicale, s’assurer de remplir des critères de représentativité (activité, ancienneté et nombre d’adhérents notamment, tout ça clandestinement) et déclarer la section ; celle-ci étant ensuite très souvent attaquée par l’employeur devant un tribunal d’instance pour… non-représentativité ! Un exemple dans la région : celui de la section CNT de La Redoute qui, malgré une cinquantaine d’adhérent-e-s, s’est vue recalée 3 fois de suite par le tribunal d’instance de Roubaix et qui a finalement disparu en 2003 suite à la répression menée par la direction de l’entreprise à l’encontre de plusieurs de ses militantes (pour ceux et celles qui s’intéressent à l’histoire ouvrière du Nord Pas-de-Calais, lire ici l’interview que deux camarades CNT de La Redoute avaient accordée à cette époque à une étudiante en sociologie de Lille dans le cadre d’un travail universitaire intitulé « Le conflit de représentativité syndicale dans l’entreprise La Redoute : l’encadrement de la liberté syndicale contre la lutte des classes »).

Depuis le 20 août 2008, la CNT peut désormais engager une action syndicale d’entreprise plus facilement en désignant un RSS et ainsi une section syndicale avec des droits de base sans qu’elle ait obtenu la représentativité proprement dite, mais en remplissant tout de même des critères restreints (voir ci-dessous le paragraphe « Création d’une section syndicale »).

Voici donc une fiche pratique sur le droit d’implantation syndicale dans une entreprise du secteur privé et sur le RSS. Vous trouverez en bas de page l’ensemble des articles du Code du travail mentionnés (cf. note n°1) ainsi que des modèles de désignation de RSS pour les entreprises de plus de 50 salarié-e-s (cf. note n°2) et pour celles de moins de 50 salarié-e-s (cf. note n°3).

1. Création d’une section syndicale

La constitution d’une section syndicale est depuis la nouvelle loi ouverte à tous les syndicats, y-compris les syndicats non représentatifs nationalement ou dans la branche d’industrie concernée, avec trois exigences (Code du travail, art. L. 2142-1) :

  • l’indépendance ;
  • le respect des valeurs républicaines * ;
  • être affilié à un syndicat légalement constitué depuis au moins deux ans et comprenant l’entreprise dans son champ professionnel et géographique ;
  • avoir plusieurs adhérents.

* Concernant le « respect des valeurs républicaines », plusieurs employeurs ont tenté de contester la déclaration d’une section CNT au sein de leur entreprise en arguant du fait, auprès d’un tribunal d’instance, que la CNT ne satisfaisait pas à ce critère. Mais, à chaque mois, ces employeurs ont été déboutés par la Justice et ces jugements font maintenant jurisprudence. Dans la région, ce fut le cas en 2011 avec l’entreprise Sevelnord (filiale du groupe PSA) que le tribunal d’instance de Valenciennes a débouté de sa demande de contestation (pour voir le compte-rendu du jugement, cliquer ici).

2. Désignation d’un RSS

Tant qu’un syndicat n’est pas représentatif dans l’entreprise ou l’établissement, il n’est pas en droit de désigner un délégué syndical (DS). En revanche, s’il constitue une section syndicale au sein de cette entreprise ou de cet établissement, il peut désormais désigner un représentant de la section syndicale (RSS) qui aura pour mission de le représenter.

Le RSS doit, comme le délégué syndical, être âgé de 18 ans révolus, travailler dans l’entreprise depuis un an au moins (4 mois en cas de création d’entreprise, 6 mois dans les entreprises de travail temporaire) et n’avoir fait l’objet d’aucune interdiction, déchéance ou incapacité relatives à ses droits civiques (Code du travail, art. L. 2143-1 et L. 2143-2).

Dans les entreprises de moins de 50 salariés, le RSS doit être un délégué du personnel et est désigné pour la même durée que celle de son mandat de DP (Code du travail, art. L. 2142-1-4). Rappel : pour obtenir un DP, il faut se présenter aux élections de DP. Et pour que l’employeur soit obligé d’organiser ces élections, il faut qu’il y ait dans l’entreprise plus de 11 équivalents temps plein.

La désignation du RSS suit les mêmes modalités de publicité (information de l’employeur, affichage, transmission à l’inspecteur du travail) et de contestation (saisine du juge judiciaire dans les 15 jours) que celles des délégués syndicaux (Code du travail, art. L. 2143-7 et L. 2143-8), c’est à dire que le RSS peut être contesté devant le tribunal d’instance sur la base de critères évoqués dans la note n°1.

Ce mandat est cumulable avec la fonction de DP, d’élu ou de représentant syndical au comité d’entreprise ou d’établissement (Code du travail, art. L. 2143-9).

3. Droits du RSS

Le RSS bénéficie d’un statut et d’attributions proches de ceux du délégué syndical (DS), à l’exception du pouvoir de négocier et conclure des accords collectifs sauf dans une situation bien précise : en l’absence de délégué syndical dans l’entreprise et dans l’hypothèse où il n’a pas été possible de conclure d’accord collectif avec un représentant élu ou un salarié mandaté.

Concrètement, le RSS bénéficie d’un crédit d’heures de délégation d’au moins 4 heures par mois (Code du travail, art. L. 2142-1-3) et bénéficie des moyens mis à disposition de la section syndicale (affichage, distribution de tracts, etc.), notamment le local commun à toutes les sections dans les entreprises de plus de 200 salariés. En revanche, dans les entreprises ou établissements de 1 000 salariés ou plus, l’obligation de mettre un local distinct à disposition de chaque section syndicale est désormais réservée aux sections créées par des syndicats représentatifs (Code du travail, art. L. 2142-8).

Le RSS est protégé contre le licenciement de la même manière qu’un délégué syndical (Code du travail, art. L. 2142-1-2), c’est-à-dire que son licenciement est soumis, après enquête contradictoire, à l’autorisation de l’inspection du travail, pendant son mandat et un an après la fin de celui-ci.

Dans les entreprises de moins de 50 salariés, le mandat de RSS ouvre droit à un crédit d’heures uniquement si une disposition conventionnelle le prévoit. Le temps dont dispose le délégué du personnel pour l’exercice de son mandat d’élu peut être utilisé dans les mêmes conditions pour l’exercice de ses fonctions de RSS (Code du travail, art. L. 2142-1-4).

4. Fin du mandat de RSS

Le mandat du RSS prend fin, à l’issue des premières élections professionnelles suivant sa désignation. Deux cas sont alors possibles :

  • si le syndicat est reconnu représentatif c’est-à-dire qu’il a obtenu au moins 10% des suffrages au premier tour des élections de CE, DUP ou à défaut DP, la section syndicale peut alors désigner un délégué syndical ;
  • si le syndicat qui l’a désigné n’est pas reconnu représentatif dans l’entreprise, le RSS ne peut pas être désigné à nouveau comme représentant syndical jusqu’aux six mois précédant la date des élections professionnelles suivantes dans l’entreprise (Code du travail, art. L. 2142-1-1). Le syndicat qui demeure non représentatif peut en revanche désigner un autre salarié comme RSS.

Quoi qu’il en soit, l’ex-RSS reste protégé contre le licenciement après son mandat de la même manière qu’un ex-délégué syndical pour une durée de 12 mois : l’autorisation de l’inspecteur du travail doit être donnée. En cas d’acceptation du licenciement par l’inspection du travail, des recours existent encore : recours hiérarchique auprès du ministre du travail, et recours contentieux au tribunal administratif.

5. Précisions

Trois mois après la publication de la loi du 20 août 2008 réformant la représentativité syndicale, la DGT (direction générale du travail) – dans sa circulaire n° 20 du 13 novembre 2008 – a fait le point sur cette réforme et sur les dates d’entrée en vigueur des nouvelles règles (représentativité dans l’entreprise ou l’établissement, désignation des DS et les RSS, protocole d’accord pré-électoral, salariés mis à disposition…). Pour télécharger cette circulaire, cliquer ici.

Quelques liens pour en savoir plus :

> Les institutions représentatives du personnel (brochure CNT)
> Syndicalisme révolutionnaire & droit syndical
> Quelques conseils pour lutter sur le lieu de travail
> Page juridique de la CNT 59/62

Notes :

1. Articles du Code du travail sur le RSS

Article L. 2142-1
Dès lors qu’ils ont plusieurs adhérents dans l’entreprise ou dans l’établissement, chaque syndicat qui y est représentatif, chaque syndicat affilié à une organisation syndicale représentative au niveau national et interprofessionnel ou chaque organisation syndicale qui satisfait aux critères de respect des valeurs républicaines et d’indépendance et est légalement constituée depuis au moins deux ans et dont le champ professionnel et géographique couvre l’entreprise concernée peut constituer au sein de l’entreprise ou de l’établissement une section syndicale qui assure la représentation des intérêts matériels et moraux de ses membres conformément à l’article L. 2131-1.

Article L. 2142-1-1
Chaque syndicat qui constitue, conformément à l’article L. 2142-1, une section syndicale au sein de l’entreprise ou de l’établissement de cinquante salariés ou plus peut, s’il n’est pas représentatif dans l’entreprise ou l’établissement, désigner un représentant de la section pour le représenter au sein de l’entreprise ou de l’établissement. Le représentant de la section syndicale exerce ses fonctions dans le cadre des dispositions du présent chapitre. Il bénéficie des mêmes prérogatives que le délégué syndical, à l’exception du pouvoir de négocier des accords collectifs. Le mandat du représentant de la section syndicale prend fin, à l’issue des premières élections professionnelles suivant sa désignation, dès lors que le syndicat qui l’a désigné n’est pas reconnu représentatif dans l’entreprise. Le salarié qui perd ainsi son mandat de représentant syndical ne peut pas être désigné à nouveau comme représentant syndical au titre d’une section jusqu’aux six mois précédant la date des élections professionnelles suivantes dans l’entreprise.

Article L. 2142-1-2
Les dispositions des articles L. 2143-1 et L. 2143-2 relatives aux conditions de désignation du délégué syndical, celles des articles L. 2143-7 à L. 2143-10 et des deuxième et troisième alinéas de l’article L. 2143-11 relatives à la publicité, à la contestation, à l’exercice et à la suppression de son mandat et celles du livre IV de la présente partie relatives à la protection des délégués syndicaux sont applicables au représentant de la section syndicale.

Article L. 2142-1-3
Chaque représentant de la section syndicale dispose d’un temps nécessaire à l’exercice de ses fonctions. Ce temps est au moins égal à quatre heures par mois. Les heures de délégation sont de plein droit considérées comme temps de travail et payées à l’échéance normale. L’employeur qui entend contester l’utilisation faite des heures de délégation saisit le juge judiciaire.

Article L. 2142-1-4
Dans les entreprises qui emploient moins de cinquante salariés, les syndicats non représentatifs dans l’entreprise qui constituent une section syndicale peuvent désigner, pour la durée de son mandat, un délégué du personnel comme représentant de la section syndicale. Par disposition conventionnelle, ce mandat de représentant peut ouvrir droit à un crédit d’heures. Le temps dont dispose le délégué du personnel pour l’exercice de son mandat peut être utilisé dans les mêmes conditions pour l’exercice de ses fonctions de représentant de la section syndicale.

Article L. 2143-1
Le délégué syndical doit être âgé de dix-huit ans révolus, travailler dans l’entreprise depuis un an au moins et n’avoir fait l’objet d’aucune interdiction, déchéance ou incapacité relative à ses droits civiques. Ce délai d’un an est réduit à quatre mois en cas de création d’entreprise ou d’ouverture d’établissement.

Article L. 2143-7
Les noms du ou des délégués syndicaux sont portés à la connaissance de l’employeur dans des conditions déterminées par décret. Ils sont affichés sur des panneaux réservés aux communications syndicales. La copie de la communication adressée à l’employeur est adressée simultanément à l’inspecteur du travail. La même procédure est appliquée en cas de remplacement ou de cessation de fonctions du délégué.

2. Lettre-type de désignation d’un RSS dans une entreprise de plus de 50 salarié-e-s

Recommandé avec accusé de réception

À… , le…

Nom et adresse du syndicat CNT auquel la section est affiliée

À Madame / Monsieur XXX
Société XXX
Adresse…

Objet : désignation d’un représentant de la section syndicale (RSS)

Madame / Monsieur,

Conformément à l’article L2142-1-1 du Code du travail, nous vous informons de la désignation de M. / Mme XXX comme représentant-e de la section syndicale CNT pour l’entreprise (ou l’établissement) XXX.

Vous voudrez bien afficher une copie de la présente dans l’entreprise et mettre un panneau d’affichage à disposition de la section syndicale CNT.

Nous vous demandons également un exemplaire de la convention collective dont dépendent les salarié-e-s de votre établissement, ainsi qu’un Code du travail comme le prévoit la loi (article L 412-11 du Code du travail).

Un double de cette lettre de désignation est adressé concomitamment à l’inspecteur du travail.

Veuillez agréer, Madame / Monsieur, nos salutations distinguées.

Pour le syndicat CNT…. de….,
nom, prénom et signature du syndicat auquel la section est affiliée

3. Lettre-type de désignation d’un RSS dans une entreprise de moins de 50 salarié-e-s

Recommandé avec accusé de réception

À… , le…

Nom et adresse du syndicat CNT auquel la section est affiliée

À Madame / Monsieur XXX
Société XXX
Adresse…
Objet : désignation d’un délégué du personnel (DP) comme représentant de la section syndicale (RSS)

Madame / Monsieur,

Conformément à l’article L2142-1-4 du Code du travail, nous vous informons que nous désignons M. / Mme XXX , à ce jour délégué-e du personnel titulaire, comme représentant-e de la section syndicale CNT, pour toute la durée de son mandat, pour l’entreprise (ou l’établissement) XXX.

Vous voudrez bien afficher une copie de la présente dans l’entreprise et mettre un panneau d’affichage à disposition de la section syndicale CNT .

Nous vous demandons également un exemplaire de la convention collective dont dépendent les salarié-e-s de votre établissement, ainsi qu’un Code du travail comme le prévoit la loi (article L 412-11 du Code du travail).

Un double de cette lettre de désignation est adressé concomitamment à l’inspecteur du travail.

Veuillez agréer, Madame / Monsieur, nos salutations distinguées.

Pour le syndicat CNT… de…,
nom, prénom et signature du secrétaire du syndicat auquel la section est affiliée

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Formation syndicale : comment mener une négociation avec l’employeur

dimanche 9 février 2014

patron-et-travailleurs-cntNous avons retrouvé dans nos archives un texte de formation syndicale intitulé « La négociation ». Ce texte a été publié à la fin des années 1990 sur un site internet aujourd’hui disparu. Après quelques recherches, nous n’en avons trouvé aucune autre trace sur la Toile. C’est pourquoi nous le reproduisons ci-dessous.

La négociation

Le premier conseil utile qu’il faut donner à tout négociateur est simple : n’entrez jamais en négociation avant de savoir quelle sera votre position si celle ci échoue et quelle alternative vous allez choisir à ce moment-là. Négliger ce conseil équivaut à sous estimer vos interlocuteurs et peut amener certaines situations très inconfortables tout simplement parce que vous ne les avez pas prévues. Le deuxième conseil est simple : ne confondez jamais tactique et stratégie ! La tactique est la science des moyens, la stratégie la science des buts.

Ne confondez pas les buts et les moyens. Vous avez un but (préserver les emplois, améliorer les conditions de travail, parvenir à un partage plus équitable des richesses etc.) et pour cela vous  pouvez employer plusieurs moyens : la négociation, la pression, l’influence, la dénonciation, la subversion, etc. Fixez vous toujours des buts car ne pas savoir ce que l’on veut est une des plus sûres manières de ne jamais l’obtenir. Choisir les buts se nomme définir une stratégie. Choisir les moyens c’est élaborer une ou plusieurs tactiques. La négociation doit toujours être considérée comme un des moyens prioritaires pour parvenir à un but. Entrer en négociation signifie déjà que des concessions seront admises de part et d’autres afin de parvenir à un accord (voir plus bas le triangle de la négociation) et, pour ces raisons, certains refusent de négocier. Cette attitude doit toujours être considérée comme négative et vous devez la rejeter.

Une négociation doit toujours être forcée par la grève, la dénonciation, la médiatisation, le boycott ou par tout autre moyen légal. Un site internet peut faire partie de ces moyens…

Une négociation n’est jamais une partie de plaisir, aussi elle se prépare avec soin. Richard Nixon (!) disait : « Il faut toujours être prêt à négocier mais ne jamais négocier sans être prêt ». Préparez les faits, les chiffres, les arguments, les objections, les réponses aux objections. Bien négocier c’est souvent bien prévoir et souvent la partie qui s’en sort à son avantage est celle qui a le mieux prévu le futur déroulement d’une négociation. Si vous désirez progresser dans l’art de négocier, exercez-vous à la pratique de celle ci… Un habile négociateur est pareil à un maître des arts martiaux : il affine et travaille ces techniques, il apprend de nouveaux “coups”, de nouvelles “parades” et il les met en pratique sans tarder. Le parallèle le plus judicieux qui puisse être trouvé est celui des échecs. Pratiquer les échecs permet non seulement de mieux négocier, plus facilement et plus habilement mais aussi de progresser dans l’art d’appréhender globalement la négociation. Le jeu d’échecs est une suite de retournements où menaces, contre-menaces, attaques et défenses se succèdent constamment exactement comme dans une négociation. Pratiquer les échecs permet d’améliorer son attitude en négociation, de rester calme, de réfléchir, de ne  jamais s’avancer sur un terrain dangereux sans avoir prévu et mesuré les risques. Il s’agit de connaître à l’avance les risques mais aussi les gains éventuels. Avant de jouer un coup aux échecs, le joueur expérimenté regarde quelles sont les menaces qui pèsent sur lui, il les évalue et choisit son mode de réponse en fonction de ce qui doit arriver ensuite. Un joueur habile voit les coups à l’avance, il prévoit les coups qu’il va jouer et les réponses de son adversaire. C’est ainsi que l’on dit aux échecs que des coups sont forcés. L’adversaire est obligé de se protéger d’une menace importante (sinon il perd la partie). Il en est de même en négociation. Aux échecs, un joueur qui subit une menace peut : soit défendre, soit organiser une contre-menace, soit attaquer à son tour une pièce plus importante de son adversaire. Le choix de la riposte n’est jamais gratuit ni  hasardeux. Il est toujours réfléchi et cohérent. Un joueur d’échecs ne s’emporte pas. Il analyse froidement  la situation et joue le coup qui lui est le plus favorable et qui perturbe le plus son adversaire. Soyez redoutables aux échecs et vous deviendrez de redoutables négociateurs. C’est une évidence peut-être étonnante pour certains mais bien réelle. Un des principes de base doit être celui en négociation : n’acceptez jamais aucune concession sans contrepartie. Un joueur d’échecs ne sacrifie jamais une pièce s’il n’est pas certain d’avoir une contre-partie au moins équivalente (mais souvent supérieure car alors le sacrifice n’est pas motivé).

Voici maintenant quelques outils simples qui vous permettront de bien approcher une négociation. Si vous ne connaissez pas ces techniques, apprenez-les et ceci pour une raison bien simple : vos interlocuteurs eux les connaissent. Et s’ils ne les connaissent pas, tant mieux pour vous !

L’art des questions :

Garder la maîtrise
Au cours d’un entretien ou d’une négociation, il est important de savoir diriger celui-ci en fonction du but à atteindre. Ce qui peut sembler difficile et rebuter le débutant, c’est de pouvoir contrôler ceci face à face avec l’interlocuteur. L’art des questions permet de garder la maîtrise de l’entretien et d’amener l’autre où vous voulez le conduire.

Faire parler l’autre
Si vous voulez obtenir des opinions, des impressions générales, du vague, du flou, faites parler l’autre, aidez à se vider, recherchez les problèmes. Vous poserez une question générale ou imprécise du genre : “Comment vont les affaires ? “. A mauvaise question, mauvaise réponse ! Et l’interlocuteur pourra alors vous dire n’importe quoi et souvent ce qui lui passe par la tête dans l’instant.

Des faits
Vous avez identifié un problème : il vous faut des faits, du concret, du solide, des réponses précises. Vous désirez connaître le chiffre d’affaire sur une période, les ventes des produits ou d’autres données essentielles : vous poserez une question directe ou précise. Cette question commencera par : « Qui ? Que ? Quoi ? Comment ? Combien ? Ou ? Pourquoi ? ». Et vous obtiendrez des réponses précises, des chiffres, de l’information immédiatement exploitable.

Désarçonner la mauvaise foi
Vous voulez alimenter indéfiniment la conversation ou désarçonner la mauvaise foi ? Vous poserez une question piège. Ces questions pièges commencent toujours par : “Pourquoi ? Pourquoi pas ? Et à part cela ?”. Si votre interlocuteur est de mauvaise foi, vous allez l’obliger à expliciter (ce qui n’est pas agréable) et il commettra certainement une erreur que vous relèverez. En fait, il a de grandes chances de se couper, de se contredire lui-même s’il pousse son raisonnement jusqu’au bout. Vous désirez des précisions indispensables, vous voulez vous débarrasser d’un contradicteur ou écarter le danger si vous êtes embarrassé ? Il vous faut éviter les discussions stériles car vous manquez de temps. Il faut alors poser des questions en retour à l’envoyeur, demander à ce même contradicteur qu’il vous précise sa pensée et demander des faits, du concret, du solide à  l’appui de son opinion, en un mot : les preuves de ce qu’il avance.

Éviter les malentendus
Si vous voulez vérifier si vous êtes bien d’accord, évitez tout malentendu, esquivez un point au profit d’un autre ou grossissez un point que l’autre esquive. Puis posez des questions en relai dans lesquelles vous reformulerez arguments ou contre arguments avec vos mots et à votre manière.

Détourner l’attention d’un point dangereux
Vous êtes en difficulté car la partie adverse a soulevé un problème épineux qui vous gêne quelque peu. Renvoyez la question délicate à plus tard, au prochain rendez-vous, à la fin de l’entretien, et oubliez-la…

Attirer l’argument de votre côté
Une objection, un contre argument vous dérange ? Vous souhaitez l’attirer de votre côté, à votre avantage ? Vous poserez une question en relai déformant. : il faut reformuler  l’argument à votre façon en mettant en valeur ce qui vous intéresse et ce faisant vous ferez ressortir ce qui est positif pour vous. Une objection, un contre argument vous dérange ? Vous souhaiter l’attirer de votre côté, à votre avantage ? Vous poserez une question en reformulant l’argument à votre façon en mettant en valeur ce qui vous intéresse. Ce faisant, vous ferez ressortir ce qui est positif pour vous.

De même, il peut être très utile de connaître la PAE ou « analyse transactionnelle » :

Le triangle de la négociation
Lorsque chaque partie qui entre en négociation n’a que son objectif en tête sans prendre en compte son interlocuteur, cela conduit rapidement à une relation sans issue. Pour en sortir, les négociateurs vont devoir communiquer pour parvenir à un accord. La situation met en jeu trois éléments : le 1er négociateur “A” (ou son équipe), le 2e négociateur “B” (ou son équipe) et l’accord “C” auquel il faut parvenir. Ces 3 éléments, eux-mêmes liés par 3 relations, forment une figure et un concept appelé le triangle de la négociation. La ligne reliant A vers B est la relation. La ligne A vers C sont nos propositions, la ligne B vers C leurs propositions. En cours de négociation, chaque camp se déplace d’une zone à l’autre au gré du déroulement de celle ci. Dans une négociation, le concept du triangle de la négociation permet d’établir la différence entre les aspects de contenu (la manière dont l’accord est à établir) et ceux des problèmes relationnels (la façon d’établir l’accord). La seule manière de s’en tirer est de traiter au fur et à mesure les zones qui posent problèmes.

Déjouer la manipulation
Un des pièges systématiquement tendu par les directions, et aussi un des plus redoutable, est la manipulation. Avant de d’apprendre à déjouer la manipulation, il faut savoir certaine choses. Négocier implique qu’il faut avoir un certain courage relationnel qui n’est malheureusement  pas à la portée de tout le monde. Mais il peut s’apprendre. La timidité, l’introversion sont des obstacles qu’il faut franchir rapidement. Pour cela, le meilleur conseil est de vous lancer sans vous posez de question sur vous même. En négociation, ne laissez jamais ceux d’en face vous juger, vous définir, vous critiquer sans relever le fait et faire (ou menacer de faire) immédiatement la même chose à leur égard. Si vous suivez ce principe, personne ne vous agressera car l’agresseur comprend qu’il risque d’être agressé à son tour. Si quelque chose ne vous plait pas, dites-le ! Si l’on vous fait quelque chose qui ne vous plait pas, dites le aussi ! Et menacez de faire la même chose. Tout ceci pour que vous compreniez qu’en négociation il faut communiquer sur la négociation elle-même. Ceci se nomme : méta-communiquer. Ne retenez pas le terme si cela vous complique les choses mais faites-le ! Des phrases comme : “On tourne en rond !” ou “Le serpent se mord la queue !” indiquent que vous sentez que la négociation se dirige dans une impasse et votre interlocuteur peut réagir en faisant une concession (par exemple). Des phrases comme “Nous prenez vous pour des gens stupides ?” ou “Vous pensez que nous allons vous croire sans vérifier ?” indiquent que vous sentez venir la manipulation et vous permet de la dénoncer. Et voila une autre des réactions possibles face à la manipulation : la dénoncer sans attendre… Un manipulateur découvert est en mauvaise posture. Souvent, il se met en colère (ce qui ne fait que confirmer qu’il voulait manipuler l’autre). Aussi vous lui ferez remarquer cette attitude pour le recadrer : “Pourquoi diable vous mettez vous en colère ?”. Ceci ne fera que l’enfoncer davantage et vous parviendrez peut-être à obtenir un accord partiel sur un point déterminant en le soulevant tout de suite et en échangeant l’oubli de l’attitude de votre interlocuteur contre cet accord. Ce faisant, vous manipulez à votre tour car l’oubli d’une attitude est une fausse concession et les phrases du genre “J’oublie votre attitude envers le personnel de l’entreprise et ses représentants contre 3% d’augmentation cette année ” sont d’énormes manipulations mais un manipulateur découvert peut être tenté d’y souscrire car il a mauvaise conscience d’avoir essayé de manipuler l’autre. Aussi, contre la manipulation, vous pouvez manipuler à votre tour ! Qui manipule s’expose à être manipulé en retour par un négociateur habile… La manipulation ne doit jamais faire partie d’une tactique. Si vous excellez dans l’art de la contrer, jamais vous ne l’emploierez de peur d’être contré à votre tout de la même manière. Face à la manipulation, ce qu’il ne faut jamais faire c’est se taire, de peur de paraître ridicule par exemple, car c’est ce que l’autre souhaite… Une des tactiques préférées de certains (ils se reconnaîtront) est basée sur la vitesse pour embrouiller les autres. Ces gens, qui au départ travaillaient dans la lessive, ne font pas dans le tout blanc. Une fois reconnues et dénoncées par la partie adverse, ces tactiques sont perdantes et exposent ceux qui les utilisent à des déroutes cuisantes car, ici, leur mauvaise foi est mise en évidence et vous pouvez aller jusqu’à refuser de négocier avec ces personnes, mettant ainsi en cause leur mandat et leur existence… Idéal si vous désirez changer d’interlocuteur ! Pour ne pas être manipulé, il est impératif de ne pas dépendre de l’autre pour autre chose que l’objet même de la négociation. Aucun  délégué ne doit  rien attendre de son employeur. S’oublier soi même (et sa carrière personnelle) est la règle de base pour pouvoir défendre et représenter efficacement les salariés d’une entreprise. Qui oublie ce principe fondamental est indigne du mandat qu’il a obtenu par son élection. Inutile de vous préciser ce qu’il faut penser de ce genre d’individus (pas si rares il faut bien le dire).

Voici quelques exemples de manipulation et les parades à celles-ci :

le-manipulateur-et-la-parade

Derniers conseils utiles :

  • N’approchez jamais une direction ou ses représentants avec enthousiasme.
  • Réagissez toujours mal à une première offre ou aux premières propositions. Vos interlocuteurs vont les améliorer…
  • Demandez toujours l’impossible. Tout ce que vous risquez, c’est de l’obtenir !
  • Répondez-leur « qu’il va falloir proposer beaucoup mieux que ça ! » Ils peuvent le faire…
  • Soyez toujours le sous-fifre de quelqu’un. Un négociateur expérimenté n’apparaît jamais comme étant décisionnaire, ceci lui évitant de faire des concessions qu’il ne pourrait pas tenir…
  • Soyez intelligents… faites les idiots ! Demandez que l’on vous explique, dites que vous ne comprenez pas. L’autre partie risque effectivement de vous prendre en pitié et de faire des concessions ou de vous sous-estimer et de faire des erreurs (trop en dire, vous donner des arguments…).
  • Ne faites jamais de conclusion sans demander de contrepartie (tactique du donnant-donnant). Essayez d’obtenir des contreparties sans concession ou en faisant de fausses concessions…
  • Soyez toujours prêt à rompre les discussions et la négociation et dites-le ! La pression du risque d’échec est alors sur la partie adverse…
  • N’oubliez pas qu’il existe souvent des “bons” et des “méchants” et que des concessions peuvent être obtenues par les “gentils”…
  • Appliquez le principe de “Pareto”. Dans une négociation, 80 % des concessions sont faites dans les dernières étapes (les derniers 20 % du temps de négociation). Aussi, formulez vos demandes les plus importantes en fin de négociation !
  • Ne vous laissez pas enfermé dans une impasse. Exercez vous à contourner celle-ci et à proposer à ce que la négociation porte sur d’autres points sur lesquels vous formulerez d’autres demandes. Il sera toujours temps de revenir sur les points qui posent problème.
  • Si vous êtes en difficulté, sachez changer de sujet et oubliez ce qui vous pose problème. Si la partie adverse refuse,  proposez un report à plus tard pour manque d’information ou d’éléments. Si la partie adverse vous joue le même scénario, notez le report à plus tard et revenez y en fin de négociation pour emporter le morceau. Désigner quelqu’un dans l’équipe pour revenir sur les renvois à plus tard, les noter immédiatement et les remettre sur la table. Il obtiendra des concessions majeures…

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Deux autres textes intéressants :

> Quelques conseils pour s’organiser sur le lieu de travail

> Conseils pour mener une lutte syndicale

Formation syndicale : quelques conseils pour s’organiser sur le lieu de travail

dimanche 9 février 2014

union-syndicat-revendicationsNous avons retrouvé dans nos archives un texte de formation syndicale intitulé « Organiser un syndicat ». Ce texte a été publié à la fin des années 1990 sur un site internet aujourd’hui disparu. Après quelques recherches, nous n’en avons trouvé aucune autre trace sur la Toile. C’est pourquoi nous le reproduisons ci-dessous.

Organiser un syndicat

Certains, quand ils sentent pour la première fois qu’ils sont traités injustement, s’énervent et commencent à protester bien fort contre le patron. Cela peut être dangereux. L’encadrement tient très fort à son autorité sur le lieu de travail et, quand tu commences à contester cette autorité, tu deviens une menace. Dans la plupart des entreprises, à partir du moment où tu contestes l’autorité, tu deviens un élément gênant aux yeux de l’encadrement. Si avant tu n’avais jamais fait de vagues là où tu travailles, il se peut que tu sois choqué, blessé ou révolté de voir à quelle vitesse l’encadrement se retourne contre toi. C’est une bonne raison pour être discret quand tu commences à parler aux autres.

Parle à tes camarades de travail et demande-leur ce qu’il pense de ce qui se passe au travail. Que pensent-ils des problèmes qui les concernent ? Écoute ce que les autres ont à dire. Récolte leurs façons de voir et leurs opinions. La plupart des gens pense qu’un syndicaliste est un agitateur (et il y a des fois où un syndicaliste doit être cela), mais un bon syndicaliste est avant tout celui qui pose les bonnes questions et écoute bien les autres. Si tu as bien écouté, tu seras capable d’exprimer non seulement ta façon de voir et tes opinions, mais aussi celles de tes collègues.

Presque inévitablement, il y aura quelques personnes qui seront plus concernées par les problèmes que nous rencontrons que les autres. Et une petite partie des ces personnes voudra faire quelque chose. Ces quelques individus forment maintenant le noyau initial de votre “organisation”. Tu peux inviter les deux les plus intéressés à prendre un café ou manger, les faire se rencontrer et poser la question « Que pensez-vous de cela ? ». S’ils sont réellement prêts à faire quelque chose et pas seulement se plaindre, alors vous êtes presque prêt à commencer à vous organiser.

Fais un plan de ton lieu de travail. Le Savoir, c’est le Pouvoir. Ou c’est au moins le début du pouvoir. Tu devras connaître tout ce que tu peux de ton lieu de travail et de ton employeur. Ce sera une formation continue de longue durée. Il vaut mieux commencer par son service. L’encadrement a depuis longtemps compris l’intérêt d’identifier les groupes de travail informels, leurs animateurs naturels et leurs faiblesses. En fait, un des principaux trucs de la formation des cadres est de développer des stratégies pour transformer la psychologie du lieu de travail. Par exemple, la multinationale United Parcel Service (UPS et ses camions de livraisons marron) a développé des techniques de manipulation psychologiques très raffinées. Le manuel de formation de l’encadrement d’UPS, intitulé “Observer les sphères ou groupes d’Influence”, montre comment faire une carte du lieu de travail pour identifier les groupes de travail informels, isoler les animateurs naturels ou agitateurs dans ces groupes, exploiter leurs faiblesses et, finalement, casser ces groupes s’ils ne peuvent être utilisés à l’avantage de l’encadrement. Bien que la plupart des entreprises n’a pas développé des techniques de gestion de la main d’œuvre d’une manière aussi raffinée que le Big Brother “UPS” l’a fait, la plupart utilise quelques-unes des mêmes méthodes. Est-ce que des travailleurs qui osaient dire ce qu’ils pensaient, des agitateurs ou des syndicalistes ont été transférés, ont reçu un poste de chef ou ont été frappés d’une sanction disciplinaire ? Est-ce que les équipes de travail sont régulièrement cassées et réarrangées ? Est-ce que le lieu de travail a été configuré pour rendre la communication difficile entre les travailleurs ? Dois-tu te déplacer pour ton travail ? Qui doit ? Qui ne doit pas ? Est-ce que l’encadrement s’en prend publiquement à certains travailleurs ? Voire les punit ? Quel effet cela a-t-il sur les collègues ? As-tu l’impression que tu es toujours sous surveillance ? Fais le point. Tout cela peut être utilisé pour briser l’unité et la communication entre les travailleurs dans ton entreprise. Cependant, cela ne rend ni nos employeurs invincibles, ni nos efforts vains pour autant (malgré toute la formation reçue par leurs cadres, les travailleurs d’UPS ont gagné une grève de masse en août 1997). Dis que tu as un message important à communiquer, mais que tu n’as ni le temps ni les moyens d’atteindre chacun de tes collègues. Si tu peux contacter les animateurs naturels des groupes de travail informels et les mettre de ton côté, tu peux parier que le mot va passer à tout le monde. Une fois que les animateurs ont été identifiés et acceptent de coopérer, il est possible de développer un réseau qui peut exercer une influence et un pouvoir considérable. Les groupes de travail informels ont l’avantage de créer une certaine loyauté parmi leurs membres. Tu peux utiliser cette loyauté pour élaborer des stratégies unifiées sur vos revendications et profiter de la tendance naturelle des individus à défendre ceux qui sont proches d’eux.

En plus de travailler avec les animateurs de groupes, il est important d’entraîner les travailleurs isolés aussi. Il est plus que probable que leur apathie, leur isolement ou leurs opinions anti-syndicales viennent de leur sentiment personnel d’impuissance et de peur. Si l’action collective réussit et qu’une certaine sécurité s’instaure grâce à l’action du groupe, la peur et le sentiment d’impuissance peuvent être diminués.

Si vous avez une personne sur votre lieu de travail qui menace sérieusement l’unité, ne soyez pas effrayés d’utiliser la pression du groupe de travail pour que cette personne se tienne tranquille. Ceci s’applique au personnel d’encadrement aussi, spécialement aux chefs qui aiment penser qu’il ou elle est l’ami de tout le monde.

Le but de cette organisation sur le lieu de travail est de faire pencher le rapport de force à la faveur des travailleurs. Cela peut permettre de gagner des revendications. Si les revendications restent des problèmes individuels ou sont délégués à des responsables syndicaux, l’organisation naturelle et la loyauté qui existe parmi les groupes de travail est perdue. Il y a beaucoup de chances que les revendications aussi.

Si les groupes de travail peuvent être utilisés pour faire démonstration de notre unité, la menace que la production puisse être interrompue peut être suffisante pour forcer l’encadrement à un accord. Les revendications peuvent être seulement gagnées quand l’encadrement a compris que la revendication ne concerne plus seulement un individu, mais est devenu la préoccupation de tous et qu’il y aura toujours des problèmes tant que cela ne sera pas résolu.

Quelques principes basiques

La liste suivante est composée des principes que les syndicalistes victorieux trouvent les plus importants.

Contester l’autorité
L’organisation syndicale commence quand les gens contestent l’autorité. Quelqu’un dit : “Qu’est-ce qu’ils nous font ? Pourquoi font-ils ça ? Est-ce que c’est juste ?”. Il faut amener les gens à se demander : “Qui prend les décisions ? Qui est obligé de subir ces décisions ? Et pourquoi ce serait comme ça ?”. Les gens ne devraient pas accepter une loi ou une réponse simple parce que cela vient d’une autorité, que cette autorité soit le gouvernement, le patron ou le syndicat ou toi-même. Un syndicaliste doit encourager ses collègues à penser par eux-mêmes.

Parler à chacun
Presque tous les syndicalistes expérimentés sont d’accord pour dire que “la chose la plus importante pour organiser est de discuter personnellement avec chacun.” Les tracts sont nécessaires, les réunions sont importantes, les rassemblements sont merveilleux, mais rien ne remplace une discussion personnelle. Souvent, quand tu écoutes un de tes collègues et que tu comprends ce qu’il a dans la tête, tu l’as gagné parce que tu es le seul ou la seule qui l’écoutera. Quand tu parles à Isabelle à côté de toi à la chaîne (ou au bureau) et que tu surmontes ses peurs, réponds à ses questions, remonte lui le moral, invite-la à la réunion ou au rassemblement. C’est tout cela l’organisation syndicale.

Trouver les animateurs naturels
Chaque lieu de travail a ses groupes de collègues et d’amis. Chaque groupe a son faiseur d’opinion, son animateur naturel. Ils ne sont pas toujours les plus bruyants ou causants, ils sont ceux que les autres écoutent et respectent. Tu auras fait un bon bout de chemin si tu gagnes ces animateurs naturels.

Impliquer chacun dans l’action
La vie n’est pas une classe d’école et les gens n’apprennent pas seulement en allant aux réunions et en lisant les tracts. La plupart des gens apprennent, changent et progressent au cours de l’action. Prendras-tu ce tract ? Le passeras-tu à un collègue ? Signeras-tu la pétition ? Si tu veux qu’il y ait de nouveaux syndicalistes, il faut impliquer les collègues dans l’organisation.

Nous sommes le syndicat !
Le but de l’organisation syndicale n’est pas seulement d’impliquer les individus, mais de les relier par une conscience d’être un groupe solidaire. Nous voulons créer un groupe qui se considère comme un ensemble : « Viendras-tu à la réunion ? Peut-on entraîner tout le service pour aller voir ensemble le patron ? Peut-on compter sur tout le monde pour le piquet de grève ? ».

Les actions doivent progresser dans le temps
Demande aux gens de s’impliquer dans des activités plus risquées et difficiles progressivement. « Porteras-tu un badge du syndicat ? Voteras-tu pour la grève ? Es-tu prêt à participer au piquet de grève ? Es-tu prêt à être arrêté ? ». Des campagnes syndicales ont vu des centaines de militants aller en prison pour ce qu’ils croyaient être juste ? Pour la plupart, cela a commencé par cette première question : “Prendras-tu ce tract ?”.

Affronter l’encadrement
Le syndicalisme a pour but de changer les relations sociales, le rapport de force entre le patronat et les travailleurs. La confrontation avec l’employeur doit être préparée dans le temps par la progression des actions. Si les collègues ont peur de faire de la peine au patron, ils perdront.

Gagner des petites victoires
La plupart des mobilisations, d’un petit groupe sur un lieu de travail à la grève générale se développe sur la base de petites victoires. La victoire donne la confiance que l’on peut faire plus. Elle permet de rallier de nouveaux soutiens qui réalisent que l’”on peut battre l’employeur”. Avec chaque victoire, le collectif de travailleurs prend confiance et devient capable d’emporter de plus grandes victoires.

Se préparer à la retraite
Rien ne s’est passé comme on voudrait dans la vie et le syndicalisme ne fait pas exception. Si ça ne marche pas au début, sois patient. Les données changent toujours avec le temps, de nouvelles personnes vont et viennent. Peut-être qu’en quelques mois, tes camarades de travail seront plus intéressés qu’ils ne le sont actuellement. Tôt ou tard, ton employeur fera quelque chose qui accélérera les choses.

Ne pas oublier que tu fais partie d’une grande famille : le prolétariat
Les conflits entre les travailleurs et leur patron ont une grande influence sur la confiance des autres travailleurs à se mobiliser pour eux-mêmes. C’est notre intérêt de construire des liens et des réseaux de soutiens mutuels avec les travailleurs des autres entreprises et des autres industries car, en se battant ensemble, nous augmenterons grandement notre capacité à gagner plus de contrôle sur nos propres conditions d’existence.

Produire sa propre propagande
C’est la meilleure manière de faire passer son message, mais n’oublie pas d’impliquer tes collègues dans sa production.

Garder le sens de l’humour
Ne sois jamais mortellement sérieux dans tout ce que tu fais. Faire du syndicalisme peut et doit être sympa. Utilise des dessins, des chansons, des blagues et des histoires. Dans ta propagande, ne parle pas seulement de la dure réalité mais aussi des tes aspirations et désirs.

Tout est dans l’organisation
L’organisation syndicale ne nécessite pas un excès de formalisme ou une lourde structure, mais elle doit être effective. Une chaîne téléphonique et une liste d’adresses peuvent suffire à une organisation. Mais si vous avez besoin de cela, vous devez alors les avoir. L’histoire du mouvement syndical est remplie d’exemples de sections syndicales qui se sont durement battues, qui eurent des victoires et qui disparurent simplement parce qu’elles ne restèrent pas organisées. Comme disent les syndicalistes : “Seules les organisés survivent”.

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Autres ressources intéressantes :

> Conseils pour mener une lutte syndicale
> Conseils pour mener une négociation avec l’employeur
> Comment organiser une assemblée générale
> Comment organiser un piquet de grève
> Le représentant de la section syndicale (RSS)
> Le délégué du personnel (DP)
> La section syndicale (vidéo 1)
> La section syndicale (vidéo 2)
> Interview vidéo de deux RSS de la CNT 59/62
> Syndicalisme révolutionnaire et droit syndical
> Page juridique du site CNT 59/62

Formation syndicale : comment organiser un piquet de grève

dimanche 9 février 2014

piquet-de-greve-CNTVous trouverez ci-dessous quelques conseils utiles lorsque vous voulez organiser un piquet de grève (extraits d’une fiche pratique circulant sur internet)…

Prévenir des personnes qu’il y aura un piquet de grève. C’est important de ne pas se retrouver tout-e seul-e dans le froid du petit matin. Vingt ou trente personnes nous semble un bon ratio pour pouvoir bloquer suffisamment les portes et avoir le nombre de notre côté. L’effet du nombre nous rassure sur notre force et nous rend plus solidaire. Il dissuade aussi les forcenés près à tout pour passer outre le piquet de grève.

Prévenir les médias que vous aller faire un piquet de grève si vous voulez qu’on parle de vous.

Essayer d’être en forme. La veille, se coucher tôt et ne pas trop boire ni fumer. La fatigue nous fait nous emporter facilement.

Amenez des cadenas et des chaînes pour fermer les grilles. C’est toujours mieux que 5 gros bras qui font peur. Un antivol de vélo peut faire l’affaire.

Retrouvez-vous au moins ¾ d’heure avant l’ouverture du bâtiment que vous voulez bloquer pour être sûr que personne n’est encore entré.

Une fois que les personnes sont devant le bâtiment tôt le matin, se répartir les portes selon les affinités de chacun-e.

Poser les chaînes si c’est possible. Si ce n’est pas possible, faire une chaîne humaine devant les portes et ne laisser entrer personne en expliquant clairement pourquoi vous faites cela.

Si les gens sont des forcenés qui essaient de forcer le piquet de grève, se tenir par les coudes et ne pas céder. Il est important de ne jamais élever la voix et, lors des bousculades possibles, de ne pas répondre de manière violente. Utiliser l’humour pour désamorcer les tensions. L’humour est notre meilleure arme. Si le ton monte, il faut calmer les personnes.

Tout le monde est responsable de tou-te-s. Ne jamais laisser les gens seuls. C’est dans ces cas-là que le ton monte. Si vous voyez quelqu’un de pris à partie, aller le/la rejoindre pour l’entourer. L’effet du nombre calme souvent les esprits bien échauffés.

Il est important que les gens qui ont peur ou se sentent mal puissent le dire. Nous ne sommes pas là pour nous sentir mal et faire des choses que nous ne voulons pas faire. Il n’y a pas de honte à avoir peur, mais il faut le dire. Les personnes doivent alors réconforter la personne. Si cela ne suffit pas, la personne doit pouvoir partir sans qu’on lui fasse des remarques désobligeantes.

Avoir des tracts, des journaux, des bonbons et du café à offrir car ça détend l’atmosphère et c’est toujours bon de partager avec les gens qui nous entourent.

Un autre texte intéressant :

> Comment organiser une assemblée générale (AG)

Mardi 18 mars : journée d’actions interprofessionnelles (grèves, manifs et rassemblements)

samedi 1 février 2014

La CGT, la FSU, FO et Solidaires appellent les salarié-e-s (du secteur public comme du secteur privé), les chômeurs/euses et les retraité-e-s à se mobiliser mardi 14 mars 2014 dans le cadre d’une journée d’actions interprofessionnelles (grèves, manifestations et rassemblements) pour exiger du gouvernement et du patronat “des mesures urgentes en faveur des salaires, de l’emploi, de la protection sociale et du service public” (cf. le texte d’appel interpro et le texte d’appel fonction publique).

En Moselle, la CNT a d’ores et déjà décidé de participer à cette journée avec FO et la CGT (cf. le texte d’appel). Dans le Nord Pas-de-Calais et ailleurs, les syndicats de la CNT vont étudier prochainement – au sein de leurs assemblées générales – l’opportunité et la possibilité de se joindre ou non à l’appel national CGT-FO-FSU-Solidaires, et cela en fonction des réalités locales, d’entreprise et de branche. Plus d’informations ici dans quelques jours…

Mise à jour du 05/03/2014 :

La CNT 59/62 appelle à la grève le 18 mars ! Pour voir le texte de mobilisation, cliquer ici.

 

Retraites-salaires-emplois-2013-Hollande-Ayrault-au-service-des-patrons-CNT-59-62

Pour une inspection du travail au service des salariés !

mardi 17 décembre 2013

Nous, agents de contrôle de l’inspection du travail, nous opposons à tout projet supprimant tout contact avec les salariés et réduisant nos missions à du conseil en entreprise. Rejoignez-nous dans notre lutte ! Signez la pétition ci-dessous !

> Source de la vidéo
> Télécharger le fichier mp4 (clic droit sur le lien puis “Enregistrer la cible du lien sous…”)

Pétition « Pour une inspection du travail au service des salariés ! » :

Vos heures supplémentaires ne vous sont pas payées ? Votre employeur vous refuse la prise de vos congés payés ? Vous ne parvenez pas à faire respecter vos droits ? Aujourd’hui, vous avez la possibilité de vous adresser directement à votre inspection du travail pour solliciter son intervention. Demain, ce ne sera plus son rôle. Qui interviendra ? La succession des réformes (RGPP, casse du code du travail…) dégrade depuis des années les conditions d’exercice des missions de l’inspection du travail au service des salariés. Au lieu d’augmenter les moyens de l’inspection du travail, la réforme Sapin va détruire ses missions en réduisant les effectifs, en supprimant tout contact entre les agents de contrôle et les salariés, en remplaçant le contrôle direct par des plans d’intervention complètement inadaptés aux besoins des travailleurs. Ce projet porterait atteinte à l’indépendance de l’inspection du travail et nous cantonnerait à un rôle de maintien de la paix sociale, de conseil aux employeurs et de régulateur d’un marché concurrentiel. Nous, agents de contrôle, revendiquons une augmentation des moyens humains, matériels et législatifs de l’inspection du travail pour un code du travail véritablement protecteur des droits des salariés. Nous revendiquons le maintien d’une inspection du travail généraliste et indépendante, organisée dans des sections territoriales. Dans chaque section, le salarié doit pouvoir à tout moment prendre contact avec l’agent de contrôle du secteur, quelle que soit la question en droit du travail. Nous réclamons plus largement le maintien de services de renseignement au plus proche des salariés et que cesse la casse des missions de nos services Emploi et Formation professionnelle engagée par la nouvelle étape de décentralisation. Notre lutte rejoint votre combat quotidien pour le respect de vos droits dans l’entreprise. Soutenez-vous, dans un premier temps en signant cette pétition, puis dans nos actions pour la défense d’une inspection du travail au service des salariés.

> Signer cette pétition CGT, SNUTEFI-FSU, SUD Travail, CNT Travail & Affaires sociales

> Site du syndicat CNT Travail & Affaires sociales

Campagne de la CNT pour une répartition égalitaire des richesses

jeudi 13 octobre 2011

Durée : 2:03

 

> Pour télécharger ce fichier (6 Mo) : clic droit sur le lien et “Enregistrer la cible du lien sous…”

> Ne payons pas leur crise : tract du réseau européen des syndicats alternatifs et de base

Éditorial de la lettre d’info mensuelle et confédérale de la CNT :

C’est la rentrée ! Alors pour bien nous casser les pattes on nous ressort le coup de la crise. La dette, la dette, la dette ! Serrez vous la ceinture qu’ils nous disent ! Après la Grèce viendra le tour de la France d’être en faillite. Mais quand va donc cesser cette escroquerie ? Eh bien quand nous le déciderons ! Quand nous nous unirons pour dire stop à tous ces mensonges, stop à cette exploitation de la misère. Qu’on en juge. La dette française s’élève à un peu plus de 1600 milliards d’euros. Un chiffre colossal que nous avons peine à nous représenter. Mais qui dit dette dit emprunt et donc intérêt. Aujourd’hui, un prêt signifie forcément qu’on paye des intérêts à la banque mais cela n’a pas toujours été le cas. Jusqu’en 1973, l’État pouvait emprunter de l’argent à la banque de France sans intérêts pour se financer. Après, cela a été interdit et l’État est obligé depuis de passer par les banques privées pour se financer. Depuis 1973, nous avons donc versé plus de 1400 milliards d’euros d’intérêts aux requins de la finance. Si on n’avait pas payé ces intérêts, on arriverait donc à une dette de 200 milliards d’euros et quand on sait que les exonérations de cotisations sociales représentent plusieurs dizaines de milliards d’euros par an, on se dit que cette dette n’est que du vent. C’est une fabrication politique pure qui vise à en mettre plein les poches aux banquiers et autres capitalistes. Au niveau des autres pays de l’Europe ou de l’Europe tout court c’est la même histoire. Pire on est en train de se faire de l’argent sur la misère des travailleurs Grecs en leur prêtant de l’argent à des taux exorbitants alors que nous empruntons ce même argent à des taux faibles. Elle est belle la solidarité des marchés ! Ils veulent qu’on se serre la ceinture mais eux continuent à se faire péter le bide. Pendant ce temps la ceinture devient un anneau gastrique pour de plus en plus de monde. L’Insee nous révélait cet été que 13,5 % des français vivait sous le seuil de pauvreté soit 8,2 millions de personnes vivant avec moins de 954 € par mois. Plus dramatique encore, 4,1 millions de personnes en France vivent avec moins de 773 € ! Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté n’a cessé de baisser des années 70 aux années 90 puis a stagné jusqu’en 2000. Depuis 2002, ce nombre est en augmentation, résultat d’une véritable destruction de nos droits sociaux, de nos caisses de solidarité (Sécu, retraite, chômage) et de nos services publics. Le résultat est là : une société indigne ! Comment vivre aujourd’hui avec 954 € ? Une fois qu’on a payé son loyer et ses factures, que reste-t-il ? Cela nous amène aussi à constater que la revendication de la hausse du smic apparaît ici plus que légitime tant celui-ci est proche du seuil de pauvreté ! Assurément, il nous faut mettre un terme à cette vaste fumisterie. Les incapables qui gèrent ce monde ont réussi à nous enfumer une première fois avec la crise de 2008 en filant tout notre pognon aux banquiers mais là si on les laisse faire une deuxième fois, on va tous se retrouver à poil, sans boulot, sous le seuil de pauvreté. Alors réagissons, construisons l’offensive sociale pour un autre futur.