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Éducation : halte aux suppressions de postes & à la dégradation des conditions de travail des élèves et des personnels !

Mercredi 25 janvier 2012

Après les 40 000 postes supprimés depuis 2008, les 14 000 nouvelles suppressions annoncées par Luc Chatel sont une étape supplémentaire dans la politique de destruction de l’école publique que les ministres de Sarkozy auront pratiquée pendant 5 ans.

Les promesses n’engagent que ceux qui croient les menteurs, pourtant Sarkozy avait promis au printemps dernier qu’il n’y aurait plus de fermetures dans le primaire. Alors que les postes de non-enseignants sont en voie de disparition et que les réseaux d’aide sont exsangues des successives suppressions de postes, il faudra que le primaire liquide 5 700 postes. Dans les villes, ce seront des classes surchargées qui empêcheront un suivi des élèves en difficulté. Dans les campagnes s’ajoutera une généralisation des classes à cours multiples, rendant le métier plus contraignant pour les enseignants. Comment apprendre à lire à 32 CP-CE1 ? Comment gérer des quadruples niveaux à 28 élèves ?

Le secondaire est aussi largement touché avec plus de 6 500 postes à rendre. Alors que la difficulté des conditions de travail et le manque de reconnaissance de la profession poussent des collègues jusqu’au suicide, Luc Chatel n’a comme unique réponse qu’une nouvelle vague de suppressions de postes. Pourtant, comment garantir la « réussite de tous » avec les tailles disproportionnées que peuvent prendre les classes, comment gérer des terminales de 38 élèves ? Mais les suppressions de postes contribuent aussi à un abaissement de l’éventail éducatif, la disparition de l’enseignement de l’histoire en terminale S constituant un sinistre exemple de l’abandon d’une politique éducative générale permettant à chacun d’acquérir une culture générale suffisante. Les seuls recrutements que le Ministre opère sont ceux d’Équipes Mobiles de Sécurité et autres agents de sécurité qui participent un peu plus au climat délétère qui peut régner dans certains établissements.

Toute les académies sont touchées, même celles dont les effectifs sont en augmentation, faisant fi de toute perspective. Pourtant Luc Chatel nous assure que le niveau d’encadrement reste suffisant. Mais comment se fait-il que les annonces de recrutements de chômeurs sur des postes d’enseignants se multiplient dans les Pôles Emploi ? Comment se fait-il que le nombre de remplacements non assurés augmente chaque année ? La seule réponse est que cette politique s’inscrit bien dans la déconstruction du système éducatif, préparant ainsi la privatisation de l’enseignement.

Dans le Nord Pas-de-Calais, les 1 020 suppressions de postes annoncées pour la rentrée 2012 toucheraient aussi bien le premier et le second degrés que les postes administratifs et auraient pour conséquence la dégradation des conditions de travail des personnels et des élèves (fermetures de classes, de sections, d’établissements, augmentations du nombre d’élèves par classe, extinctions de certains corps de personnels, disparition des RASED, torpillage du remplacement, liquidation de l’enseignement professionnel au profit de systèmes privés ou semi-privés…).

Face à tous ces coups, il n’est pas question d’attendre un quelconque sauveur, au risque de se réveiller avec les mêmes liquidateurs au pouvoir. Il est temps d’en finir avec les mobilisations éparpillées qui ne nous ont menées à rien ces dernières années. Seul un mouvement fort et prolongé, s’appuyant sur les décisions prises par la base, sera à même de créer le rapport nécessaire à l’arrêt de ces suppressions et à la mise en place d’une politique éducative tenant compte des besoins des élèves et des personnels.

Des préavis couvrent les personnels souhaitant se mettre en grève dès aujourd’hui. La CNT 59/62 soutient les actions déjà mises en place. Elle appelle à coordonner et amplifier ces actions en les faisant converger le 31 janvier (date de la prochaine grève nationale & intersyndicale dans l’éducation) et en préparant d’ores et déjà la suite du mouvement.

Manifestation intersyndicale mardi 31 janvier :
14h30, porte de Paris, Lille

> Télécharger le tract de la CNT éducation 59/62 au format pdf

> Envoyer un mail à la CNT éducation 59/62

> Télécharger le communiqué de l’intersyndicale académique au format pdf

 

A propos de la situation dans l’Éducation

Mardi 27 septembre 2011

Ça y est ! Ils l’avaient promis, ils l’ont fait : plus de 50 000 postes supprimés en 4 ans dans l’Éducation… Quelle entreprise privée – puisque c’est leur modèle – supporterait une telle saignée sans s’effondrer ? Quasiment plus aucune école, plus aucun bahut n’est épargné ou ne perçoit pas directement les conséquences des réductions de postes.

Alors, les effectifs des classes augmentent tranquillement : même dans les quartiers populaires la « règle » des 25 élèves par classe n’est plus respectée.

Alors, nos conditions de travail se dégradent chaque jour : misères sociales et économiques allant croissantes avec la crise, on se retrouve avec de plus en plus de gamins pétant des câbles dans nos classes, parfois violents tant leur détresse est grande et nous sommes incapables d’y faire face faute de moyen humain, de temps, et surtout d’une école respectueuse de l’enfance et de l’adolescence. La suppression des RASED et des structures de prévention ou de soin fait qu’on parque tous ces gamins pêle-mêle quels que soient leurs maux dans des classes « clis » ou « ulis », pris en charge par des enseignants non formés ! Comment pourrait-il d’ailleurs y avoir encore une formation spécialisée lorsque c’est toute formation au métier d’enseignant qui est supprimée depuis l’année dernière ?

Alors, on assiste au délitement progressif de notre statut au profit d’une gestion individualisée de nos parcours professionnels, bientôt de nos salaires, avec la mise en place cette année des ECLAIR : les principaux de collèges peuvent commencer à recruter qui bon leur semble, sur « profil ». Bientôt, les directeurs/directrices d’école qui ne seront plus des pair-e-s mais des supérieur-e-s hiérarchiques feront de même. Tou-te-s nous feront passer des entretiens individuels qui permettront de moduler nos salaires, donner une prime aux « méritant-e-s ».

Au quotidien, on voudrait donc que notre métier se réduise de plus en plus à des missions de sélection (les notes, les évaluations nationales, le livret personnel de compétence), de fichage (sconet, base élève).

Pour autant, nous ne sommes pas dupes de la journée « d’action » du 27 septembre 2011 : nous avons déjà fait la même l’année dernière… et l’année d’avant… et celle d’avant encore… Une journée sans lendemain, décidée par des centrales syndicales qui préparent les élections professionnelles qui auront lieu dans quelques semaines et pour lesquelles l’enjeu de cette journée est probablement ailleurs que dans la préparation à une lutte nécessaire. Nous savons donc d’ores et déjà que, ce soir, nos revendications ne seront pas satisfaites… sauf… sauf si nous parvenons à imposer des démarches résolument collectives et massives.

Avoir une démarche collective, c’est s’unir pour réclamer plus de postes non pas pour son école ou son collège mais bien pour toutes les écoles et tous les collèges ; c’est décider ensemble et en assemblée générale des luttes que l’on mène, de leur date et de leur durée.

Ce ne sont pas les élections de mi-octobre, ni même celles du 6 mai 2012 qui nous redonneront tous les postes et les formations perdus. Ce ne sont pas ces votes qui nous permettront de lutter efficacement contre les mouvements actuels de privatisation, individualisation, rentabilisation des services publics du monde entier (ou ce qu’il en reste). Ces destructions sont décidées et initiées internationalement bien au-dessus de tous ces élus, mais avec leur concours.

Alors, s’il est un vote aujourd’hui encore vraiment utile… c’est bien celui de la grève ! Mais d’une vraie grève… celle qui impose un vrai rapport de force, celle qui se bat réellement, jusqu’à la victoire de nos revendications !

> Télécharger ce tract de la CNT éducation (pdf – 1 page – 598 ko)

> Site de la Fédération CNT des Travailleurs/euses de l’Éducation (FTE)

> Communiqué de la CNT-FTE suite à la grève de ce 27 septembre 2011 (pdf – 1 page – 447 ko)

Éducation : non à la suppression de 865 emplois dans la région !

Mardi 25 janvier 2011

Le Rectorat de Lille a décidé la suppression de 865 emplois dans le Nord et le Pas-de-Calais : 336 dans les écoles, 470 dans les collèges et lycées, 59 chez les personnels administratifs.

Dans le 1er degré, alors que les effectifs sont en légère augmentation, sont principalement touchés : les écoles maternelles, les écoles élémentaires qui ne sont pas en REP, les intervenants en langues (dont certains sont en CDD depuis plus de 14 ans !), les brigades de remplacement et les RASED (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté).