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La « Maison des ouvriers » de Bruay-la-Buissière : un piège pour les exploité-e-s !

mardi 21 février 2012

Voici le tract dénonçant l’ouverture du local fasciste “la maison des ouvriers” qui a été distribué le 21 février dans la ville de Bruay-la-Buissière par des militants libertaires du Bruaysis.

> Le tract au format PDF

Le « Front Populaire Solidariste » annonce l’ouverture prochaine d’un local dans notre ville de Bruay-la-Buissière. Mais d’où sort cette organisation inconnue jusqu’aux récents articles dans la presse régionale ? Le « Front Populaire Solidariste » est un regroupement des organisations les plus radicales de l’extrême-droite française fondé par Serge Ayoub à l’occasion de la manifestation fasciste du 8 octobre 2011 à Lille. Ce rassemblement avait regroupé quelques 400 nervis d’extrême-droite aux vêtements et aux tatouages explicites venus de tout l’hexagone et de Belgique. Plus de 2000 lilloisES s’étaient alors mobiliséEs pour rappeler que le Nord Pas-de-Calais est une terre d’accueil, populaire et métissée, où le racisme, le fascisme, la xénophobie, le sexisme et l’homophobie n’ont pas lieu d’être.

Notre région est une terre de lutte, nous travailleurEs, chômeurEs, filles et fils de mineurs, exploitéEs depuis tant de générations, nous ne sommes plus dupes ! Nous avons appris que depuis toujours c’est la bourgeoisie qui finance les groupuscules fascistes, c’est la bourgeoisie qui cherche à tromper les exploitéEs en leur faisant croire que l’ennemi est l’étranger qui “volerait leur travail” alors que l’ennemi c’est le patron qui vit grassement grâce au travail de ses salariéEs d’ici et d’ailleurs, l’ennemi c’est l’État qui, via ses lois, sa police et sa justice, permet aux générations successives de bourgeois d’être toujours plus riches pendant que le peuple est toujours plus pauvre. Face à l’exploitation nous devons développer la solidarité de la classe laborieuse, nous devons nous organiser en tant que travailleurEs pour défendre nos intérêts et en dehors de partis politiques corrompus. Nous exigerons la répartition égalitaire des richesses et imposerons que les décisions soient prises par le peuple, pour le peuple, sans « élus » ni bureaucrates pour nous confisquer le pouvoir. Nous devons rejoindre les organisations autogestionnaires de la classe ouvrière telles que les syndicats de lutte (CNT, SUD, CGT lutte de classe) qui existent sur nos lieux de travail et les groupes libertaires ou autonomes de nos villes (Le Cri du Coron, Turbulences Sociales, SCALP, Fédération Anarchiste, CGA…). Si ces structures n’existent pas, il nous faut les créer ! Ce n’est qu’en étant nombreuxSES, structuréEs et organiséEs que nous arriverons à reprendre ce qui nous appartient, à faire plier les patrons et l’État responsables de notre misère. Face au racisme et à la violence des nazillons du « Front Populaire Solidariste », nous devons nous battre pour dénoncer l’imposture sociale qu’est cet organe de la bourgeoisie. Nous devons saper leurs tentatives d’implantation en boycottant leurs locaux, en arrachant leurs affiches, en excluant leurs militants de nos rues, de nos quartiers, de nos soirées. Nous devons constituer des groupes de défense pour empêcher les nervis fascistes d’exercer leur violence et leur rappeler que nous ne laisserons pas la peste brune gagner du terrain.

Petit tour d’horizon des composantes du « Front Populaire Solidariste »
et de leurs méfaits :

Troisième Voie / Jeunesse Nationalistes Révolutionnaires

C’est l’organisation d’origine de Serge Ayoub, leader du « Front Populaire Solidariste ». Dans les années 80 Serge Ayoub alias « BatSkin » (pour son amour des battes de base-ball) était le chef des skinheads néo-nazis parisiens réputés pour leur ultra-violence. Ses fréquentations sont restées les mêmes. Troisième Voie et les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (son organisation de jeunesse) sont principalement composées de skinheads néo-nazis et de hooligans (LOSC Army, indépendants du RC Lens ici dans le Nord Pas-de-Calais). Ils sont responsables de nombreuses agressions envers des personnes « d’origine étrangère » ainsi que des militantEs syndicaux et politiques marquéEs à gauche. Rien que depuis un an dans notre région ils ont déjà attaqué un bar lillois accueillant régulièrement des conférences-débats sur la thématique du racisme, un local syndical, et des concerts. Le slogan de Troisième Voie est « croire, combattre et obéir », une adaptation du slogan mussolinien « croire, obéir, combattre ».

La Maison Flamande / Opstaan

La Vlaams Huis ou Maison Flamande est un local fasciste implanté à Lambersart dans les faubourgs bourgeois de Lille. Financé par un riche médecin, ses chefs politiques sont le très médiatique Claude Hermant, ancien mercenaire en Afrique, ancien membre du service d’ordre du Front National et Luc Pécharman, patron d’une boutique de vêtements et d’armes destinés aux militants d’extrême droite à Lille. D’abord passés par le Bloc Identitaire (parti d’extrême droite xénophobe se positionnant à la droite du Front National), puis par le « régionalisme flamand », les militants de la Maison Flamande ont  rallié le « Front Populaire Solidariste » de « BatSkin » Ayoub depuis cet automne. Ce sont ces mêmes gens qui ont tenté d’implanter un local fasciste à Auchel l’année passé, projet qui semble avoir échoué face à la mobilisation des habitantEs, des organisations syndicales locales, du Parti Communiste et des militantEs antifascistes. On se rappellera que les nervis de la Maison Flamande ont attaqué cet été une manifestation de la CGT sur le marché d’Auchel. Ils sont également responsables de l’agression de jeunes lycéens maghrébins à la sortie d’un lycée lillois lors d’une distribution de tracts et on ne compte plus les jeunes skinheads fréquentant la Maison Flamande ayant agressé des passants, généralement basanés, dans le secteur de la gare Lille-Flandres à Lille. Parlons un peu du bilan de la Maison Flamande en terme de défense des travailleurs, soit disant leur priorité depuis leur adhésion au « Front Populaire Solidariste » : il est inexistant ! La défense des acquis sociaux par l’extrême droite est une vaste blague. Aucune action à porter à leur crédit. En fait si, une seule : lors du grand mouvement de grève de l’automne 2011 pour la défense de nos retraites, Opstaan organisa un rassemblement… « contre les casseurs » pour réclamer une répression du mouvement social encore plus féroce à l’État et aux patrons.

Nation

Organisation d’extrême droite de la Belgique francophone, leur chef Hervé Van Laethem est un nazi pure souche : militant d’extrême droite depuis toujours, défenseur des négationistes (qui nient ou minimisent le génocide des juifs par les nazis dans les camps de la mort), fondateur du groupe néo-nazi « l’Assaut » (descendant revendiqué des Jeunesses Légionnaires, milice pro-nazi pendant l’occupation de la Belgique par le IIIème Reich, dont le journal portait le même nom). Les skinheads néo-nazis membres de Nation n’hésitent pas à prêter main forte aux membres de la Maison Flamande pour faire le coup de poing. Ils assurent également le service d’ordre des rassemblements catholiques intégristes xénophobes et/ou opposés au droit à l’avortement tels que ceux appelés par Civitas.

Le Front Comtois, les Nationalistes Autonomes, Lyon Dissident…

Le « Front Populaire Solidariste » est une organisation nationale. Elle fédère de nombreux groupuscules fascistes présents partout en France. Ce sont partout les mêmes recettes : haine des étrangers, sexisme, homophobie, islamophobie maquillés par un discours social critiquant les méfaits du capitalisme. Lyon est un triste exemple du développement de cette frange radicale de l’extrême droite. Après s’être structurés et avoir ouvert des locaux, les nervis fascistes sont passés à l’action : attaques de rassemblements contre l’homophobie, de manifestations pour le droit des femmes à disposer de leurs corps, de militantEs syndicaux à la sortie de leurs réunions, de concerts, d’étrangers bien-entendu… L’extrême droite lyonnaise fait régner un climat de terreur.

Ne laissons pas la vermine fasciste se développer à Bruay ni ailleurs !

Note du webmaster :

Un deuxième tract a été distribué par des groupes autonomes antifascistes du bassin minier.
Le voici ci-dessous :

L’extrême droite sème le trouble…

vendredi 7 octobre 2011

ou quand les néo-fascistes essayent de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas !

La manifestation organisée le 8 octobre 2011 à Lille par un collectif intitulé « Front populaire solidariste » (composé de la Maison flamande, des Nationalistes autonomes, du Front comtois et de 3ème voie) a pour thème officiel la « défense de l’emploi » et se fera sous le « patronage » de Roger Salengro (ministre du Front populaire et militant socialiste SFIO originaire de Lille qui s’est suicidé en 1936 suite une campagne de diffamation menée par les journaux d’extrême droite « L’action française » et « Gringoire »). Cette thématique de la « défense de l’emploi » est une escroquerie et une manipulation. C’est bien d’une manifestation d’extrême droite dont il s’agit ! D’ailleurs, la Nouvelle droite populaire (organisation qui, comme son nom l’indique, affiche clairement son appartenance… à la droite !) soutient cette manifestation et annonce qu’une délégation sera présente à la manifestation lilloise. Tout comme Marine Le Pen qui, en octobre 2010 lors du mouvement de la grève contre la réforme des retraites, demandait à Sarkozy de contraindre les salariés grévistes à reprendre le travail, les néo-fascistes mentionnés ci-dessus sont les adversaires du monde du travail. Racistes et xénophobes, ils trouvent Marine Le Pen trop molle. Autoritaires, ils préconisent l’instauration d’un régime dictatorial. Les organisateurs de la manifestation du 8 octobre ont beau avoir supprimé la possibilité de publier des commentaires sur les sites officiels de leurs organisations réciproques, militants et sympathisants néo-fascistes répandent leur haine du métissage et leurs idées nauséabondes sur des sites satellites ou des blogs personnels.

Malgré des divergences doctrinales, des querelles intestines, des différences sociologiques et des looks très diversifiés, de nombreuses passerelles existent entre les militants des organisations d’extrême droite (Troisième voie, Front national, Mouvement national républicain, Parti de la France, Bloc identitaire, Opstaan, Nationalistes autonomes, Nouvelle droite populaire…) et leurs satellites (Riposte laïque, Égalité et réconciliation…).

Bien que réfutant leur appartenance à l’extrême droite, toutes ces organisations s’apparentent historiquement et idéologiquement au fascisme et même, pour certaines d’entre elles, au nazisme. Troisième voie, par exemple, fait partie de la tradition « nationaliste-révolutionnaire » (GUD, GNR, Nouvelle résistance, Unité radicale, Jeune Europe…). Comme beaucoup de mouvements d’extrême droite des années 1920-1930-1940, ces organisations tentent de séduire le monde du travail en prétendant lutter contre le capitalisme, en récupérant les symboles du mouvement ouvrier et en se revendiquant de certains de ses militants. La récupération par l’extrême droite des thématiques, des slogans, des codes et de l’iconographie des différentes composantes de la gauche et du mouvement ouvrier n’est pas nouvelle. C’est ainsi par exemple qu’en Allemagne, dans les années 1920, les fascistes ont créé le parti nazi (l’acronyme « nazisme » étant la contraction de « Nationalsozialismus » dont la traduction en français est « national-socialisme »). Le programme du parti nazi prétendait avoir une dimension sociale (d’où la couleur rouge de son drapeau). D’après les travaux de l’historien Götz Aly (source : Wikipédia), les nazis témoignaient d’un réel souci des classes populaires (créant des mutuelles et des prestations sociales, luttant contre le chômage, favorisant des loisirs et des fêtes pour les couches populaires, etc.). Pour Aly, ce fut d’ailleurs l’une des clés de la popularité du régime. Bien sûr, la tendance « socialisante » (avec des guillemets !) de la doctrine nazie fut cause de dissensions graves entre les dirigeants du parti. Alors que Goebbels qualifiait le nazisme à ses débuts de « bolchévisme national », Hitler – par pragmatisme et opportunisme politique – finira par accepter de collaborer avec les capitalistes allemands tout en éliminant les courants du parti jugés trop « socialisants ».

Le vrai visage des identitaires, solidaristes et compagnie :

> Appel à la manifestation ANTI-FASCISTE organisée le 8 octobre à Lille

> L’extrême droite : mieux la connaître pour mieux la combattre !