Articles avec le tag ‘fichage’

Éducation : exigeons le retrait du « livret scolaire unique » !

dimanche 5 février 2017

Le bulletin Classes En Lutte (cf. lien de téléchargement ci-dessous) consacre son numéro de février 2017 au LSU (livret scolaire unique). La fédération CNT des travailleuses et travailleurs de l’Éducation y expose brièvement les raisons majeures pour lesquelles elle exige le retrait de ce nouveau livret qui lui apparaît comme un outil de fichage généralisé des élèves du CP à la 3e. Pour permettre aux parents et enseignant.es de s’y opposer collectivement, un modèle de motion pour les Conseils d’école ou CA de collège est proposé en page 2.

Sur le même sujet et parallèlement à ce numéro de Classes En Lutte, la CNT éducation a réalisé un argumentaire plus détaillé (cf. liens de téléchargement ci-dessous).

Liens de téléchargement de Classes En Lutte et de l’argumentaire :

Livret scolaire unique numérique (LSUN) : le casier scolaire

mardi 29 novembre 2016

ordi-tag-2Avec la mise en place du livret numérique scolaire unique du CP à la 3e, nous assistons à l’accélération du fichage généralisé. Big Brother va très bientôt watching you !

Il s’agit pour les enseignants de renseigner sur internet les compétences acquises par les élèves. Ces compétences seront accompagnées de toutes les attestations possibles, remarques des profs, éléments relatifs à la vie scolaire (absences, retards, comportement, attitudes) et des dossiers éventuels sur les difficultés scolaires ou de santé.

Un vrai régal pour les patrons et le ministère de l’intérieur. En effet, toutes les institutions, notamment policières, auront accès aux données recensées, conformément aux diverses lois votées ces dernières années : loi du 5 mars 2007 sur la « prévention de la délinquance » et le « secret professionnel partagé », loi du 7 mars 2016 sur le « droit de communication » réservé aux préfets.

D’un livret personnel papier propriété des enfants et des parents des élèves, l’État s’arroge le droit d’un livret informatique qu’il serait seul en mesure de valider, supprimer, amender.

En plein état d’urgence indéfiniment renouvelé, encore sous le coup de la répression judiciaire et des violences policières anti-syndicales, dans les ZAD, contre les migrant.e.s, les élèves sans-papiers ou les quartiers populaires, ce fichage est intolérable.

La CNT exige le retrait de ce livret numérique, encourage les enseignants à ne pas le renseigner et à s’organiser collectivement pour obtenir son abolition.

Fédération CNT des travailleuses-eurs de l’Éducation

Petite introduction à l’auto-défense numérique

jeudi 3 novembre 2016

petition-en-ligneSamedi 5 novembre 2016 à 16h, l’union locale CNT de Lille organise une formation sur l’auto-défense numérique. Services de renseignement des États, multinationales du web (GAFAM), employeurs – voire proches – indiscrets… à l’heure de l’omniprésence du web dans nos vies, nous sommes tou-te-s fiché-e-s et surveillé-e-s. Cependant, il existe des méthodes (plus ou moins efficaces) qui permettent de limiter les dégâts. Au cours d’un atelier pratique destiné aux débutant-e-s, nous découvrirons les principes généraux des techniques de fichage et de surveillance puis manipulerons quelques outils permettant de s’en protéger sur ordinateur et sur téléphone mobile. Nous parlerons chiffrement et anonymat puis découvrirons – entre autres – Tor, Tails et Signal.

Rendez-vous à la Maison des syndicats CNT, 32 rue d’Arras à Lille (entrée gratuite).

L’atelier sera suivi d’une discussion, d’un apéro et d’une soirée DJ.

Rentrée scolaire : communiqué de la fédération CNT éducation

dimanche 2 septembre 2012

Le changement, ce sera… un jour

De la maternelle à l’université, défendre l’école telle que nous la concevons, c’est défendre les intérêts de ceux et celles qui y travaillent, mais c’est aussi construire une autre école, qui œuvre dans l’intérêt de toutes et tous, élèves comme parents.

Ce n’est pas la poignée de postes ouverts cette rentrée qui va changer le quotidien des élèves, ni les conditions de travail des collègues. Et en ce début septembre, la France pointe ainsi toujours aux plus mauvaises places des taux d’encadrement, sans même parler de la rémunération des personnels. Et le changement ?

Pourtant, avec l’accumulation de vacataires et de contractuels laissés par les anciens ministères, le gouvernement tenait là un vivier d’enseignants aptes à augmenter la présence auprès des élèves. La titularisation de ces personnels est bien sûr une priorité ! Mais pas de changement en vue.

En attendant, le ministre joue la diversion avec un nouvel aménagement des rythmes scolaires. S’il est évident que la situation actuelle n’est pas satisfaisante, il est illusoire de croire que cette simple réforme puisse être réellement déterminante. Quel sera son effet sur des enfants accueillis en garderie parfois dès 7h du matin et jusqu’à 19h ? Plus que le simple rythme scolaire c’est bien la question du rythme de vie de l’enfant et de sa famille qui se pose. D’ailleurs si le ministre veut s’attaquer aux rythmes scolaires, il nous paraît important qu’il clarifie ce que sera le rythme dans la classe même. Pour l’instant, il ne semble pas vouloir remettre en cause le système de compétences construit par ses prédécesseurs. Pourtant celles-ci, en découpant chaque activité en micro-domaines, induisent le bachotage, empêchent la prise en compte de l’apprentissage dans sa globalité et ne permettent pas aux enfants d’apprendre en s’épanouissant. Alors que nombre de pays qui, il y a 20 ans, s’étaient engagés dans cette direction, en reviennent aujourd’hui, le nouveau ministre va-t-il continuer à réduire la notion d’éducation à des statistiques déconnectées de toute réalité ? Oser changer de pédagogie, ce serait bien là un véritable changement dans le rythme des enfants !

Malgré un constat d’échec, peu d’annonces concernant l’éducation prioritaire si ce n’est l’évocation d’une refondation ultérieure. En attendant, le dispositif Éclair, ayant simplement vocation à être « repensé », reste en place et ses règles actuelles sont maintenues à la rentrée ! La suppression de ce dispositif managérial et dérégulateur, reste pourtant un préalable incontournable. Le changement, ça viendra !

Du côté de la formation, le ministère ne semble pas non plus vouloir revenir sur la masterisation des concours de l’enseignement et on ne peut compter sur les quelques milliers d’emplois d’avenir promis pour réellement ouvrir, à tous, les possibilités de poursuites d’études jusqu’à bac + 4. Par ce statu quo, il entérine l’écrémage social dans le recrutement enseignant.  Et ça, ça n’est pas près de changer !

Le flou est tout à fait artistique aussi sur l’accompagnement des élèves handicapés. Les EVS et AVS ne savent toujours pas quel sort leur sera réservé à moyen terme. Ces personnels qui, pour certains, ont développé leur savoir-faire pendant 5 ans, se retrouvent sans rien du jour au lendemain, laissant les élèves et les équipes enseignantes face au bon-vouloir des administrations locales. Là aussi, ces véritables besoins doivent donner lieu à des créations de postes statutaires. Le changement c’est pour quand ?

Et si on parlait des changements attendus par les AED, victimes d’une hiérarchie omnipotente ? Ou de l’arrêt du fichage généralisé des élèves et des personnels ? Et même, soyons réalistes, exigeons une école qui enseigne des savoirs polytechniques dans un esprit de coopération ! Une école ouverte sur les familles et les quartiers !

Nous avons dû trop souvent combattre l’an passé dans nos établissements, en réunion syndicale ou ailleurs, un attentisme bienveillant de nombreux collègues vis à vis de cette alternance électorale. Désormais, les choses sont claires, nous n’obtiendrons rien sans efforts ni rapport de force. Et ça, ça ne changera jamais !

Télécharger le numéro de rentrée du bulletin”Classes en Luttes”


A propos de la situation dans l’Éducation

mardi 27 septembre 2011

Ça y est ! Ils l’avaient promis, ils l’ont fait : plus de 50 000 postes supprimés en 4 ans dans l’Éducation… Quelle entreprise privée – puisque c’est leur modèle – supporterait une telle saignée sans s’effondrer ? Quasiment plus aucune école, plus aucun bahut n’est épargné ou ne perçoit pas directement les conséquences des réductions de postes.

Alors, les effectifs des classes augmentent tranquillement : même dans les quartiers populaires la « règle » des 25 élèves par classe n’est plus respectée.

Alors, nos conditions de travail se dégradent chaque jour : misères sociales et économiques allant croissantes avec la crise, on se retrouve avec de plus en plus de gamins pétant des câbles dans nos classes, parfois violents tant leur détresse est grande et nous sommes incapables d’y faire face faute de moyen humain, de temps, et surtout d’une école respectueuse de l’enfance et de l’adolescence. La suppression des RASED et des structures de prévention ou de soin fait qu’on parque tous ces gamins pêle-mêle quels que soient leurs maux dans des classes « clis » ou « ulis », pris en charge par des enseignants non formés ! Comment pourrait-il d’ailleurs y avoir encore une formation spécialisée lorsque c’est toute formation au métier d’enseignant qui est supprimée depuis l’année dernière ?

Alors, on assiste au délitement progressif de notre statut au profit d’une gestion individualisée de nos parcours professionnels, bientôt de nos salaires, avec la mise en place cette année des ECLAIR : les principaux de collèges peuvent commencer à recruter qui bon leur semble, sur « profil ». Bientôt, les directeurs/directrices d’école qui ne seront plus des pair-e-s mais des supérieur-e-s hiérarchiques feront de même. Tou-te-s nous feront passer des entretiens individuels qui permettront de moduler nos salaires, donner une prime aux « méritant-e-s ».

Au quotidien, on voudrait donc que notre métier se réduise de plus en plus à des missions de sélection (les notes, les évaluations nationales, le livret personnel de compétence), de fichage (sconet, base élève).

Pour autant, nous ne sommes pas dupes de la journée « d’action » du 27 septembre 2011 : nous avons déjà fait la même l’année dernière… et l’année d’avant… et celle d’avant encore… Une journée sans lendemain, décidée par des centrales syndicales qui préparent les élections professionnelles qui auront lieu dans quelques semaines et pour lesquelles l’enjeu de cette journée est probablement ailleurs que dans la préparation à une lutte nécessaire. Nous savons donc d’ores et déjà que, ce soir, nos revendications ne seront pas satisfaites… sauf… sauf si nous parvenons à imposer des démarches résolument collectives et massives.

Avoir une démarche collective, c’est s’unir pour réclamer plus de postes non pas pour son école ou son collège mais bien pour toutes les écoles et tous les collèges ; c’est décider ensemble et en assemblée générale des luttes que l’on mène, de leur date et de leur durée.

Ce ne sont pas les élections de mi-octobre, ni même celles du 6 mai 2012 qui nous redonneront tous les postes et les formations perdus. Ce ne sont pas ces votes qui nous permettront de lutter efficacement contre les mouvements actuels de privatisation, individualisation, rentabilisation des services publics du monde entier (ou ce qu’il en reste). Ces destructions sont décidées et initiées internationalement bien au-dessus de tous ces élus, mais avec leur concours.

Alors, s’il est un vote aujourd’hui encore vraiment utile… c’est bien celui de la grève ! Mais d’une vraie grève… celle qui impose un vrai rapport de force, celle qui se bat réellement, jusqu’à la victoire de nos revendications !

> Télécharger ce tract de la CNT éducation (pdf – 1 page – 598 ko)

> Site de la Fédération CNT des Travailleurs/euses de l’Éducation (FTE)