Articles avec le tag ‘extrême droite’

Deux initiatives contre l’extrême droite le 26 mars à Lille

mardi 21 mars 2017

Dimanche 26 mars 2017 à Lille (15h, parvis des halles de Wazemmes), l’AFA NP2C appelle à une manifestation contre le FN (à l’occasion du meeting de Marine Le Pen qui aura lieu ce jour-là à Lille) et contre le bar raciste « La Citadelle » (qui fête les deux ans d’existence de son bail). Le même jour (même endroit, même heure), l’union locale CGT de Lille, la FSU, les JC et la LDH appellent dans un communiqué commun à « se rassembler bruyamment pour protester contre la venue de la présidente du FN ». Même si la CNT n’appelle pas (ses différents syndicats n’ayant pas eu la possibilité d’en discuter préalablement dans leurs AG respectives), des cénétistes seront présent.es à titre individuel. Par ailleurs, il est probable que d’autres organisations (ou certain.es de leurs adhérent.es) se joignent soit au rassemblement, soit à la manif, soit aux deux. De son côté, la Préfecture a décidé de mettre les petits plats dans les grands pour protéger le meeting de Marine La Haine (cf. l’article de La Voix du Nord qui sert la soupe à la fois au préfet et au FN).

> Autres infos pour lutter contre l’extrême droite

Argumentaire syndical contre le programme du FN

samedi 18 mars 2017

Ci-dessous une brochure de 52 pages réalisée en 2012 par l’association VISA (Vigilance & Initiatives Syndicales Antifascistes) et mise à jour en mars 2017 même si l’idéologie du FN n’a pas été bouleversée depuis 2012, hormis certaines formules de pure opportunité…

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Parallèlement, voici quelques fiches “flashs” réalisées par VISA :

Enfin, rappelons l’adresse de notre dossier d’info contre l’extrême droite :

http://www.cnt-f.org/59-62/antifascisme

« Chez nous » : un film de fiction inspiré par l’accession au pouvoir du FN à Hénin-Beaumont

mardi 31 janvier 2017

Le 22 février 2017 sortira Chez nous, un film de fiction inspiré par l’accession au pouvoir du FN à Hénin-Beaumont. Ce drame, réalisé par le cinéaste belge Lucas Belvaux et tourné dans le département du Pas-de-Calais, est adapté d’un roman noir de Jérôme Leroy intitulé Le Bloc.

Parmi les actrices et acteurs principaux, citons Émilie Dequenne, André Dussollier, Guillaume Gouix, Anne Marivin et Catherine Jacob. Cette dernière joue le rôle de la présidente d’un parti d’extrême droite cherchant à se dédiaboliser, une présidente dont le portrait, le comportement et les propos font penser à Marine Le Pen.

Le film raconte comment une jeune mère célibataire (rôle incarné par Émilie Dequenne) est approchée par le Bloc patriotique (un parti xénophobe et nationaliste faisant penser au FN) pour se présenter aux élections municipales dans une ville “imaginaire” dénommée Hénard.

Après avoir vu la bande-annonce, Steeve Briois (l’actuel maire FN d’Hénin-Beaumont) a traité le film de « navet » et s’en est pris au physique de l’actrice Catherine Jacob. Quant à Florian Philippot, le vice-président du FN, il a trouvé que la sortie du film était « absolument inadmissible » en raison de sa proximité avec l’élection présidentielle du 23 avril 2017.

Bande-annonce du film :

Extrait de la note d’intention de L. Belvaux publiée dans le dossier de presse du film :

CHEZ NOUS est un film engagé […]. Il n’est pas militant pour autant, il n’expose pas vraiment de thèse. J’ai essayé de décrire une situation, un parti, une nébuleuse, de décortiquer son discours, de comprendre son impact, son efficacité, son pouvoir de séduction. De montrer la désagrégation progressive du surmoi qu’il provoque, libérant une parole jusqu’ici indicible. D’exposer la confusion qu’il entretient, les peurs qu’il suscite, celles qu’il instrumentalise. Le film ne s’adresse pas en priorité, et ne doit pas s’adresser, qu’à des gens mobilisés, très au fait de ce qu’est vraiment l’extrême-droite. Ce qu’il dit, montre, raconte, tout le monde peut le savoir, mais les gens s’informent plus à travers une presse qui favorise le spectaculaire ou l’émotion, que par des média d’analyses et de réflexions. J’ai essayé d’éviter « l’entre-soi », de parler à tous et à chacun, « d’homme à homme » en quelque sorte. De montrer plutôt que de démontrer. De tendre un miroir, non déformant, car, si les miroirs réfléchissent, ils font parfois réfléchir ceux qui s’y voient. Les miroirs nous montrent aussi ce qu’il y a derrière nous, ils nous inscrivent dans un décor, dans le monde, objectivement. Ils nous mettent en perspective et face à nous même. Dans le même temps. Ce film s’adresse d’abord, à ceux qui un jour, demain peut-être, seraient tentés de répondre au chant de ces sirènes. Je ne sais pas si c’est utile. Je suis sûr, en tout cas, que ça vaut la peine d’essayer. […] Lire la note d’intention dans son intégralité

Extrait de l’entretien avec L. Belvaux publié dans le dossier de presse du film :

Votre film se distingue de ce qu’on appelait des « fictions de gauche », qui étaient des dossiers résolument à charge. Vous êtes davantage dans une démarche pour comprendre, notamment ce qui peut susciter l’adhésion à un mouvement d’extrême droite. Mais, avec le cinéma, n’y a-t-il pas un danger d’empathie avec « l’ennemi » ?

Lucas Belvaux : Oui. Mais on a besoin de cette empathie. Il est inhérent à la démarche puisque j’essaie de comprendre comment on en arrive là. Mais empathie ne veut pas dire identification. Je n’ai pas forcément envie que le spectateur s’identifie au personnage. L’idée, c’est d’être avec lui, à côté, d’essayer de se mettre à sa place, de partager son point de vue, pour essayer de comprendre son cheminement. Comprendre une démarche, ce n’est pas la partager. Ce n’est pas l’excuser. C’est une chose à laquelle j’accorde beaucoup d’attention en tant que cinéaste. Je veux que le spectateur soit libre de penser ce qu’il veut. Je pense qu’il y a un cinéma totalitaire, qui impose ses points de vue en instrumentalisant ses personnages, les “bons” comme les “méchants”. Et qu’il y a un cinéma qui raconte les histoires “démocratiquement”, où le cinéaste ne cache pas son point de vue, mais laisse assez de liberté au spectateur pour qu’il puisse développer le sien. […] Lire l’entretien dans son intégralité

Informations et lutte contre l’extrême droite :

Voir le dossier de la CNT Nord PdC Picardie

Hier, aujourd’hui et demain… résistance anti-fasciste !

mardi 15 novembre 2016

Le 12 novembre 2016 à Lille, des syndicalistes étudiants et lycéens (UNEF et UNL) ainsi que des militants de la jeunesse communiste (MJCF et UEC) fêtaient l’anniversaire de l’un des leurs dans un bar du centre-ville. Vers 23h30, ils ont été attaqués par un groupe d’individus se réclamant de « La Citadelle », un estaminet ségrégationniste (c’est à dire réservé aux « blancs ») que le mouvement d’extrême droite « Génération identitaire » a inauguré le 24 septembre dernier à proximité de la Grand-Place. Après une menace homophobe (« Ce soir on ne va pas violer des PDs mais on va leur péter la gueule »), les agresseurs – armés de poings américains – s’en sont pris physiquement et verbalement à tous les jeunes présents, blessant au visage un lycéen (agression que l’union locale des syndicats CNT de Lille tient à condamner fermement).

Ce phénomène n’est pas nouveau. Depuis quelques temps, les agressions d’extrême droite se multiplient. Elles frappent des militants (syndicalistes, politiques, féministes, anti-fascistes, etc.) et violentent des personnes pour leur seule « différence » (immigrés, LGBT, SDF, etc.). De manière générale, ces agressions sont le symptôme de la montée des idées autoritaires et réactionnaires dans notre société. À Lille, elles sont renforcées par la présence en plein centre-ville de l’estaminet « La Citadelle », véritable repaire de militants néo-nazis.

banderole-unitaire-manifestation-antifasciste-Lille-8-octobre-2011-webUni-e-s et solidaires face au racisme, à l’homophobie et au fascisme !

Toutes et tous à la manifestation organisée samedi 19 novembre à Lille (rendez-vous place de la République à 14h30) !

> Dossier d’info et de lutte contre l’extrême droite

Manifestation le 19 novembre à Lille pour la fermeture du bar raciste « La Citadelle »

mercredi 2 novembre 2016

Appel inter-organisationnel :

manif-contre-bar-la-citadelle-lille-19nov2016Génération Identitaire a ouvert fin septembre 2016 à Lille un bar réservé exclusivement aux personnes de « race blanche et de religion chrétienne ». Le responsable du bar proclame ouvertement sa volonté d’être « le quartier général » d’une « France blanche et chrétienne » pour la « reconquête de nos villes occupées par des populations étrangères ». L’existence de ce bar ségrégationniste est une insulte pour la population lilloise. Quatre ans après la fermeture de « La maison flamande » à Lambersart, nous refusons que ces racistes radicalisés déversent impunément leur idéologie haineuse et organisent leurs milices anti homosexuel-les et anti démocrates…

Une manifestation organisée dans l’urgence a rassemblé plus de 500 personnes le 24 septembre et, en un mois, 67 000 personnes ont signé la pétition exigeant la fermeture de ce bar ! Ni la Mairie ni la Préfecture n’ont engagé des démarches sérieuses et efficaces. Pire, la Préfecture a tenté d’interdire la manifestation antiraciste et a mobilisé un impressionnant dispositif policier pour protéger l’inauguration du bar !

L’existence de ce bar est une injure aux valeurs humanistes proclamées dans la Charte des nations unies de 1945, dans la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948, dans le préambule de la Constitution de la cinquième république de 1958, dans la loi relative à la lutte contre le racisme de 1972. Elle tombe sous le coup de l’article R.625 du Code pénal. « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

C’est pourquoi nous demandons la mise en œuvre de tous les moyens d’investigation, de contrôle et de sanctions dont disposent la Préfecture du Nord et la Mairie de Lille pour faire cesser le trouble à l’ordre public que constitue l’existence de ce club-bar qui préconise et pratique la discrimination. L’ouverture de ce bar est d’autant plus grave qu’elle se situe dans un contexte de développement du racisme, de la xénophobie, de l’homophobie et de montée des volontés d’exclusion (tentatives de déchéance de nationalité, manifestations contre le mariage pour tous, droite « décomplexée » sur les bases de l’extrême-droite, rejet des réfugiés, déclarations de droite et de gauche contre les immigrés dans le cadre de la pré-campagne des élections présidentielles). Cette politique de création de boucs-émissaires (les jeunes des quartiers, les roms, les sans-papiers, les musulmans…) permet de détourner la colère de la population qui subit depuis des années les politiques anti-sociales, anti-démocratiques et anti-écologiques.

Face au poison du racisme que diffusent au sein de la société les identitaires du bar « La Citadelle » – poison mortel non seulement pour les victimes du racisme, mais aussi pour l’ensemble de la population – nous invitons les citoyens, les jeunes, les salariés, les chômeurs, toutes celles et tous ceux qui défendent et font vivre l’humanisme et la fraternité, à se rassembler et à manifester pour la fermeture du bar « La Citadelle » samedi 19 novembre à 14h30, place de la République à Lille.

Premiers signataires : Ligue des droits de l’Homme, MRAP, CSP 59, Union nationale des lycéens, FUIQP, Théâtre de l’Opprimé, JC, SUD Solidaires, SUD Étudiant, FSU, CNT, UNEF, UEC, CGT (UD et UL), Joe Dabit pour les signataires de la pétition

Projection-débat du film « Bassin miné » (décryptage de la montée du FN à Hénin-Beaumont)

dimanche 13 décembre 2015

affiche-film-bassin-mine-webUne projection du film d’Edouard Mills-Affif « Bassin miné » (décryptage de la montée du FN à Hénin-Beaumont) * est organisée par le syndicat CNT des travailleurs de l’industrie, du commerce et des services du Nord le vendredi 18 décembre 2015 à 19h dans ses locaux, 32 rue d’Arras à Lille.

* En 2003, Edouard Mills-Affif a été le premier à témoigner de la percée du FN dans le bassin minier du Pas-de-Calais. “Au pays des Gueules noires : la fabrique du Front national” pénétrait ainsi dans les coulisses du laboratoire de Steeve Briois et dévoilait la face cachée de la stratégie de “dédiabolisation” chère à Marine Le Pen. En 2014, Edouard Mills-Affif a poursuivi son travail de décryptage sur la stratégie de conquête du pouvoir du FN à Hénin-Beaumont. En résulte un film (“Bassin miné”) qui jette un regard lucide sur 10 ans de percée de l’extrême droite dans le bassin minier du Pas-de-Calais, sans complaisance vis-à-vis du FN et très critique aussi à l’égard des élus locaux du PS. Pour en savoir plus sur la genèse de ce documentaire que la CNT 59/62 a soutenu par le biais d’une souscription lancée par l’équipe de production, lire cet article : www.cnt-f.org/59-62/?p=10237

 
> Bande-annonce du film
> Tract CNT réalisé en 2014 suite à la victoire du FN à Hénin-Beaumont
> Compte-rendu de la projection organisée le 8 octobre 2014 à Avion (Pas-de-Calais)

Contre l’extrême droite : offensive sociale et populaire !

lundi 7 décembre 2015

L’extrême droite se nourrit des contre-réformes libérales menées depuis des décennies par tous les gouvernements successifs, qu’ils soient UMP ou PS. Elle se délecte des renoncements idéologiques politiques et syndicaux.affiche-CNT-ami-entends-tu Elle prospère sur le terrain du recours aux faux-semblants de patrie, d’État protecteur et de personnalisation du pouvoir. Elle grossit des affaires de corruption à répétition entre détenteurs du pouvoir politique ou économique. Elle s’extasie de la destruction des systèmes de solidarité comme du repli sur soi et de la peur qui s’ensuivent. Si nous voulons renvoyer l’extrême droite dans les poubelles de l’Histoire, nous devons reprendre l’offensive sociale, renforcer l’auto-organisation des travailleurs/euses (avec ou sans emploi), reconstruire des lieux d’entraide et refuser de déléguer notre pouvoir de décision à qui que ce soit. L’extrême droite hait les syndicats, les grèves et les victoires sociales parce qu’elle ne vit que de la misère, de la peur et de la victimisation. Nous ne la vaincrons qu’en construisant un syndicalisme de combat, capable d’inverser le rapport de force avec l’État, le capitalisme et le patronat, capable de conquérir de nouveaux droits.

> Notre dossier d’info et de lutte contre l’extrême droite
> Les résultats du 1er tour des élections régionales 2015 en Nord Pas-de-Calais Picardie

Appels à descendre dans la rue contre le FN

dimanche 6 décembre 2015

Depuis le 7 décembre 2015 (lendemain du 1er tour des élections régionales), plusieurs appels à se rassembler et/ou manifester contre le FN circulent dans la région, ceci à l’initiative de lycéen-ne-s, d’étudiant-e-s et de militant-e-s antifascistes.no-fn

Liste non exhaustive :

  • Boulogne-sur-Mer : jeudi 10 décembre (14h, place Dalton)
  • Loos-en-Gohelle : samedi 12 décembre (14h, terril 11/19)
  • Lille : samedi 12 décembre (15h, place de la République)

Un groupe fasciste viré du rassemblement organisé à Lille en solidarité avec les victimes des attentats du 13 nov. à Paris

samedi 14 novembre 2015

Samedi 14 novembre 2015 à Lille, un groupe « identitaire » a voulu s’intégrer au rassemblement de solidarité avec les victimes des attentats survenus le 13/11 à Paris. Leur objectif : profiter de ces attentats abjects pour répandre leur haine raciste et xénophobe. Très rapidement, plusieurs dizaines de personnes se sont précipitées sur les militants d’extrême droite au cri de « Dehors les fachos ! ». Les fascistes ont pu ainsi être repoussés et virés du rassemblement.

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Antifascisme : tract de la CNT 59/62 face à l’extrême droite

vendredi 6 novembre 2015

Réalisé à partir d’un texte du syndicat CNT de la presse et des médias :

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Documentation antifasciste

mercredi 30 septembre 2015

Prochainement, l’union des syndicats CNT du Nord Pas-de-Calais va sortir plusieurs affiches contre l’extrême droite. En attendant, voici quelques documents non CNT susceptibles de vous intéresser…

Cartographie de l’extrême droite française (mise à jour de septembre 2015)

schema-2015-extreme-droite-francaiseÀ quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Pour la 4e année consécutive, le site LA HORDE et la revue REFLEX(es) proposent – sous forme de schéma – une cartographie des principaux groupes ou partis nationalistes, racistes et réactionnaires, regroupés par « familles ». Cette mise à jour de septembre 2015 est accompagnée d’un article à lire en ligne sur le site La Horde.

« Lumière sur mairies brunes » : récit détaillé des faits et méfaits du Front national et de ses alliés au terme d’une année d’exercice du pouvoir municipal dans les 15 villes qu’ils occupent depuis le printemps 2014

lumiere-sur-mairies-brunesSi depuis le printemps 2014, le FN ne transforme pas brutalement les villes conquises en laboratoires d’expérimentations fascistes, il n’en demeure pas moins que nombre de leurs délibérations sont marquées du sceau de la destruction des politiques sociales, du racisme, de la stigmatisation des étrangers et des populations d’origine immigrée et de la mise au pas des opposants. Attaques frontales contre la culture, baisses drastiques des subventions aux associations non soumises, surarmement des policiers municipaux, noms de rues changés, appropriation et falsification de symboles ouvriers, fonctionnaires territoriaux mis sous pression, ségrégation dans l’attribution des logements sociaux… Tel est le quotidien dans les municipalités brunes dont ce livre, composé et publié par l’association « Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes » (VISA), dresse le catalogue accablant mais indispensable pour amplifier la riposte. Pour toute commande, envoyer un courrier et un chèque à VISA, 80-82 rue de Montreuil, 75011 Paris. Tarif dégressif : 5 € (de 1 à 10 exemplaires), 4 € (de 11 à 100 exemplaires), 3 € (à partir de 101 exemplaires).

Clip d’un syndicaliste de la métropole lilloise à propos des élections régionales 2015

image-extraite-du-clip-anti-FN-elections-regionales-2015Les 6 et 13 décembre 2015 auront lieu les élections régionales. Dans la grande région Nord Pas-de-Calais Picardie (résultat de la fusion du Nord Pas-de-Calais et de la Picardie voulue par la réforme territoriale de 2014), le risque est grand de voir l’extrême droite gagner ces élections et accéder à la présidence de la région (cf. le sondage réalisé le 17 septembre 2015 par La Voix du Nord et Le Courrier Picard en collaboration avec l’Ifop). Si les anarcho-syndicalistes et les syndicalistes révolutionnaires ne soutiennent aucun candidat aux élections politiques (quelles qu’elles soient) et ne placent aucun espoir dans le système de représentation actuel, certain-e-s d’entre eux/elles sont néanmoins attentifs au développement électoral de l’extrême droite. Car, à côté de l’antifascisme qu’ils/elles pratiquent au quotidien sur le terrain social (sur les lieux de travail et dans les quartiers), leur rôle est aussi de mettre en garde les travailleurs/euses qui à l’occasion d’une élection politique seraient tentés, par ignorance ou par dépit, de voter pour le FN. En effet, si mettre un bulletin d’extrême droite dans une urne est gravissime et dangereux, ceux et celles qui font ce geste ne sont pas tou-te-s pour autant des « fachos ». Un partie d’entre eux/elles se fait abuser, une autre joue avec le feu. Bien sûr, profiter d’une élection politique pour tenter d’affaiblir le score du FN en appelant les travailleurs/euses à ne pas voter pour lui ne résoudra pas le problème de fond. Mais, à court et moyen termes, c’est loin d’être inutile car le développement de l’extrême droite ne dépend pas seulement de son influence sur le plan social mais aussi de ses victoires sur le plan électoral. C’est dans cet esprit qu’un syndicaliste de la métropole lilloise a réalisé un clip intitulé « Nord Pas-de-Calais Picardie : pas une voix pour l’extrême droite ! ». Pour visionner ce clip : http://dai.ly/x37dp8v

Autres documents

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Manifestation contre l’extrême droite, les agressions néo-nazies, les politiques racistes, les violences policières et la surveillance d’État

vendredi 29 mai 2015

Une manifestation contre l’extrême droite, les agressions néo-nazies, les politiques racistes, les violences policières et la surveillance d’État (cf. la loi sur le renseignement votée début mai à l’Assemblée nationale) aura lieu le vendredi 5 juin 2015 à Lille, à l’initiative de SUD étudiant-e-s et de l’Action Antifasciste NP2C (qui, ce jour-là, souhaitent également commémorer la mort de Clément Méric survenue il y a deux ans).

N’ayant pas eu le temps d’en discuter en assemblée générale, l’union locale CNT de Lille n’est pas signataire des textes d’appel proposés par SUD étudiant-e-s et par l’AFA. Mais elle apporte son soutien à l’initiative et invite ses adhérent-e-s & sympathisant-e-s à y participer sur les bases syndicales qui sont les siennes. Rendez-vous à 18h, place du marché de Wazemmes.

Résultats des élections départementales 2015 dans le Nord Pas-de-Calais

dimanche 29 mars 2015

carte_NPDCLes élections départementales 2015 ont lieu les 22 et 29 mars afin de renouveler l’intégralité des conseils départementaux (nouvelle appellation des conseils généraux), cela pour un mandat de 6 ans.

Dans le département du Nord, à l’issue du second tour de ces élections, les candidats UMP, UDI et divers droite ont obtenu la majorité absolue (26 cantons sur 41).

Quant au Pas-de-Calais, les candidats PS et divers gauche ont obtenu la majorité relative (20 cantons sur 39). À noter : un taux très important d’abstention (53,55 % dans le Nord et 48,01 % dans le Pas-de-Calais) ainsi qu’un nombre de bulletins blancs ou nuls en hausse (3,78 % dans le Nord et 3,98 % dans le Pas-de-Calais).

En ce qui concerne l’extrême droite, elle n’obtient pas le triomphe escompté mais elle réalise tout de même des scores inquiétants : 272 589 voix dans le Nord (36,69 % des suffrages exprimés, soit 15,66 % des inscrits) et 211 250 voix dans le Pas-de-Calais (41,48 % des suffrages exprimés, soit 19,91 % des inscrits).

Dans le département du Nord, le FN ne gagne aucun canton mais il s’en est fallu de peu à Dunkerque 1 et à Anzin.

Quant au Pas-de-Calais, les fascistes remportent 6 cantons dans le bassin minier (Harnes, Hénin-Beaumont 1, Hénin-Beaumont 2, Lens, Lillers et Wingles), soit 12 sièges de conseillers départementaux. Et il s’en est fallu de peu pour que les cantons de Douvrin et de Calais 3 ne tombent aussi dans leur escarcelle.

affiche-cnt-nord-pas-de-calais-l-espoir-est-dans-nos-luttesAvec 64 % d’abstention chez les ouvriers, 53 % chez les employés et 64 % chez les moins de 35 ans (pourcentages nationaux calculés à l’issue du 1er tour), ces élections départementales nous montrent plusieurs choses : que la majorité des ouvriers et employés n’attend plus rien d’une classe politique qui les a mis de côté de la vie démocratique et qui cire les pompes des patrons ; que le FN ne recueille pas la majorité du vote ouvrier et employé ; que la classe politique (tous partis confondus) est rejetée par une grande partie des jeunes et qu’elle n’incarne pas l’avenir.

Au-delà de ces résultats et de ces constats, il s’agit maintenant de tout mettre en œuvre pour consolider le mouvement syndical et amplifier les luttes. Car, fondamentalement, ce n’est pas dans les urnes que l’on fera reculer les scores du FN. C’est en remportant, sur le terrain social, des victoires en termes de salaires, d’emploi et de conditions de travail !

> Dossier d’info et de lutte contre l’extrême droite

Mise au point suite à la parution d’un article de La Voix du Nord mentionnant la CNT

mardi 6 janvier 2015

Le 5 janvier 2015, La Voix du Nord publiait une « enquête chez les ultras » (selon les termes choisis par les journalistes), supposée rendre compte de l’affrontement entre des militant-e-s antifascistes et l’ultra-droite dans la région.

L’analyse politique ne fait pas dans la finesse et le terme d’enquête fait sourire (plus que le texte) mais ce n’est pas tellement sur le propos ou la qualité journalistique de l’article que nous souhaitons réagir. Notre organisation y est mentionnée par deux fois, c’est d’ailleurs la seule organisation syndicale qui le soit. Cela nous amène à réagir…

Dans un premier paragraphe, les journalistes rendent compte de la présence d’un « mégaphone aux couleurs du syndicat CNT (anarchistes) » lors d’une manifestation lilloise en hommage à Rémi Fraisse, victime de la violence d’État. Nous tenons à rappeler que la CNT n’est pas une organisation politique, et nous refusons de nous voir accoler un quelconque qualificatif politique (anarchiste ou autre), à plus forte raison encore si ce qualificatif s’adresse à chacun de nos adhérent-e-s (« anarchistes »). La Voix du Nord procède-t-elle de même avec les autres syndicats de la région ? Bien sûr, la CNT revendique une perspective de transformation sociale révolutionnaire et autogestionnaire. Mais l’adhésion à la CNT est avant toutes choses une adhésion à un projet syndical de lutte de classes. Ce projet s’inscrit essentiellement dans deux courants historiques du mouvement syndical : l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire (plus d’info ici).

On apprend plus loin que les journalistes ont cherché à prendre contact avec un militant “proche” de la CNT (les journalistes disent « du CNT »), par l’intermédiaire d’un militant d’extrême gauche « repenti ». Ils se plaignent alors que celui qui est passé d’un paragraphe à l’autre du statut de « proche du CNT » à “l’anarcho-syndicaliste” n’ait pas donné suite à leurs messages téléphoniques. Il est regrettable que les besoins de l’enquête, qui « prend des neurones » comme nous le disent les journalistes dans son troisième volet paru peu après, ne les aient pas conduit à chercher à entrer directement en relation avec le syndicat qu’il mentionne, en utilisant un des contacts figurant sur notre site internet (taper par exemple CNT et Nord, sur une clavier d’ordinateur, dans un moteur de recherche), ou en passant à l’un de nos locaux de Béthune ou de Lille lors de l’une de nos permanences hebdomadaires. Ou tout simplement en donnant suite à un message que l’un d’entre nous, alerté par un militant de L’Action Antifasciste Nord Pas-de-Calais de l’existence de ce reportage, avait laissé sur les répondeurs téléphoniques (portable et fixe) de l’un des deux journalistes.

En prenant contact avec nous, les journalistes auraient appris :

  • que nous ne nous retrouvions pas dans les termes du débat, termes qui reprennent un vocabulaire policier et qui mettent sur le même plan les fascistes et leurs opposants (nous sommes d’ailleurs rassurés que les journalistes finissent par convenir, dans le dernier volet de « l’enquête », que « les ultras de droite et de gauche ne sont pas comparables en tous points ») ;
  • que nous avions bien compris qu’il ne s’agissait pas de faire un reportage sur l’antifascisme, ou sur le relatif développement des groupes fascistes dans la région, mais de faire du sensationnel et de la caricature (on a été servi, l’humour n’excuse pas tout) ;
  • que notre antifascisme est un antifascisme syndicaliste et de terrain ; que les militant-e-s de la CNT agissent au jour le jour, sur leur lieu de travail, dans les luttes sociales pour réaffirmer la nécessaire solidarité de classe de tous les travailleurs (exemple ici) ;
  • que notre union régionale est adhérente au collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) dont nous diffusons la dernière brochure (exemple ici) ;
  • que nous avons répondu à l’appel à souscription en vue de la sortie du film Bassin Miné traitant de la prise de la mairie d’Hénin-Beaumont par le Front National, que nous avons relayé et commenté les projections locales (voir ici) ;
  • que nous produisons ou relayons des analyses visant à mieux comprendre l’extrême droite pour mieux la combattre (voir ici).

Cela fait la deuxième fois en quelques mois que la CNT est ainsi caricaturée dans les colonnes de La Voix du Nord. La première fois nous avait conduit à écrire une première mise au point (voir ici). Suite à cette mise au point, le journaliste ayant rédigé l’article avait rencontré et interviewé un militant de la CNT (voir ici). Comme quoi, nous sommes joignables…
 

Union régionale des syndicats CNT
du Nord Pas-de-Calais

Rassemblement anti-fasciste le 25 janvier à Calais

dimanche 4 janvier 2015

croix gammée poubelleDimanche 25 janvier 2015 à 14h, le groupe « Sauvons Calais » appelle à une marche contre l’immigration. Deux composantes de l’extrême droite européennefreedom-cnt-nord-pas-de-calais (le Vlaams Belang et l’English Defense League) ont annoncé leur présence. Le 7 septembre dernier, ce groupe avait déjà organisé un rassemblement devant la mairie de Calais et y avait multiplié saluts nazis, propos racistes et actes de violence.

À ce jour, on ignore encore si la manifestation d’extrême droite sera autorisée par la Préfecture du Pas-de-Calais (pour en savoir plus à ce sujet, voir l’article publié le 14/01 dans La Voix du Nord). Mais d’ores et déjà, le collectif « No Border » de Calais et l’Action antifasciste NP2C appellent à un contre-rassemblement à 12h sur la place d’Armes.

Dernières nouvelles : la marche contre l’immigration
a été interdite par la Préfecture du Pas-de-Calais.

Cadeau de Noël pour le « Restau Soleil » : 2 mois de fermeture administrative à partir du 11 décembre !

jeudi 11 décembre 2014

Restau-Soleil-LilleJeudi 11 décembre 2014, la préfecture du Nord a signifié à la gérante du “Restau Soleil”, 10 rue Henri Kolb à Lille, un arrêté de fermeture administrative de 2 mois pour “troubles à l’ordre public”. Parmi les raisons invoquées : une altercation qui a eu lieu le 25 octobre (à plus de 500 mètres du restaurant !) entre des militants antifascistes et des nervis d’extrême-droite présents ce soir-là dans les environs pour agresser les gens se rendant au “Restau Soleil”.

En 2007 et 2008, ce bar-pizzeria connu pour organiser régulièrement des débats et des concerts anti-racistes avait déjà fait l’objet de plusieurs fermetures administratives suite à des plaintes de la police municipale. Mais ces fermetures avaient été jugées illégales et annulées par le tribunal administratif de Lille. Aujourd’hui, à l’approche notamment des fêtes de fin d’année, c’est un nouveau coup dur pour ce lieu qui emploie 16 personnes !

Pour soutenir le “Restau Soleil”, rendez-vous dimanche 14 décembre à 11h30 sur le marché de Wazemmes, côté métro Gambetta, à l’appel du collectif “BAL” (Bars Actifs Lillois).

> Interview vidéo du responsable du “Restau Soleil”

Antifascisme : projection du film « Bassin miné » le 21 novembre à Villeneuve d’Ascq

lundi 17 novembre 2014

affiche-film-bassin-mine-webUne projection du film d’Edouard Mills-Affif “Bassin miné” (décryptage de la montée du FN à Hénin-Beaumont) * est organisée par “Les Amis du Monde Diplo” le vendredi 21 novembre 2014 à 20h au cinéma Le Méliès (Villeneuve d’Ascq).

La projection sera suivie d’un débat avec la participation du réalisateur. La CNT appelle à soutenir cette soirée.

* En 2003, Edouard Mills-Affif a été le premier à témoigner de la percée du FN dans le bassin minier du Pas-de-Calais. “Au pays des Gueules noires : la fabrique du Front national” pénétrait ainsi dans les coulisses du laboratoire de Steeve Briois et dévoilait la face cachée de la stratégie de “dédiabolisation” chère à Marine Le Pen. En 2014, Edouard Mills-Affif a poursuivi son travail de décryptage sur la stratégie de conquête du pouvoir du FN à Hénin-Beaumont. En résulte un film (“Bassin miné”) qui jette un regard lucide sur 10 ans de percée de l’extrême droite dans le bassin minier du Pas-de-Calais, sans complaisance vis-à-vis du FN et très critique aussi à l’égard des élus locaux du PS. Pour en savoir plus sur la genèse de ce documentaire sorti début octobre et que la CNT 59/62 a soutenu par le biais d’une souscription lancée par l’équipe de production, voir ici.

 
Tract de la CNT qui sera diffusé devant le cinéma avant la projection :

Le 23 mars 2014 à Hénin-Beaumont, la liste FN menée par Steeve Briois a obtenu la majorité absolue au premier tour des élections municipales. Parmi les raisons de ce succès, citons la fermeture des mines et la désindustrialisation de la ville (qui ont non seulement paupérisé une grande partie de la population mais qui ont aussi cassé les pratiques de solidarité très ancrées autrefois). Citons bien sûr l’ancrage local de Steeve Briois, ses origines ouvrières, son militantisme de terrain, la sympathie qu’il inspire à un grand nombre d’habitant-e-s et son discours social (qui emprunte beaucoup à la « gauche »). Citons également le climat actuel de recul des luttes, de dépolitisation croissante des classes populaires, d’inculture idéologique (qui brouille les frontières entre « valeurs de gauche » et « valeurs de droite ») ainsi que le phénomène de « dédiabolisation » du FN initiée par Marine Le Pen au niveau national. Enfin, citons le sentiment de trahison de la part de la population à l’égard du PS (cf. les malversations financières de l’ancien maire Gérard Dalongeville) mais aussi du PC (cf. le ralliement de ce parti à la liste PS alors que cette dernière, peu de temps auparavant, faisait l’objet de critiques très vives) ; un sentiment de trahison d’autant plus fort qu’une grande partie de la population a été habituée pendant des décennies à être « protégée » sur le plan social, d’abord par les Houillères (logement, santé…) puis, après la fermeture des mines, par les élus politiques, notamment ceux du PS (qui sont progressivement passés d’une certaine “protection” à un “clientélisme” certain).

Aujourd’hui, à Hénin-Beaumont comme ailleurs, le FN surfe sur le désarroi des classes populaires lassées par la dégradation de leurs conditions de vie. Les habitant-e-s les plus défavorisé-e-s ne doivent pas se laisser abuser par le discours soi-disant « social » du FN (non, le FN n’est pas opposé au capitalisme et à la politique pro-patronale de l’État) ni bien sûr par sa propagande du « bouc émissaire » (non, les immigré-e-s ne sont pas responsables du chômage et de la précarité !). Avec ou sans emploi, les travailleurs/euses ont de nombreux ennemis (à droite comme à « gauche » !) mais, parmi ces ennemis, l’extrême droite a toujours été la pire ! À Hénin-Beaumont comme ailleurs, non au FN ! Face aux dégâts sociaux causés par le capitalisme et par la politique pro-patronale de l’État, organisons-nous dans des syndicats de lutte de classe et ne comptons que sur nos luttes !

Au-delà de la poussée électorale du FN, signalons que l’extrême droite n’hésite plus à investir la rue. En janvier 2014, dans la foulée des « manifs pour tous » et de ses attaques homophobes, des milliers de catholiques intégristes et de militants d’extrême droite ont manifesté contre le droit à l’IVG. Quinze jours plus tard, une manifestation appelée « Jour de Colère » – clairement fasciste dans sa dynamique et ses composantes – a réuni plus de 20 000 personnes à Paris. Nous ne devons pas laisser se développer une telle banalisation de l’extrême droite. Chacune des victoires électorales du FN et chacune des apparitions publiques des groupuscules pullulant dans son sillage légitiment et renforcent les idées nauséabondes qui sont les leurs. Aujourd’hui plus que jamais : riposte sociale, populaire et antifasciste !

> Télécharger ce tract au format PDF

> Compte-rendu de la projection organisée le 8 octobre 2014 à Avion (Pas-de-Calais)

Compte-rendu de la projection de « Bassin miné » organisée le 8 octobre à Avion (Pas-de-Calais)

dimanche 9 novembre 2014

cinema-et-antifascismeUne petite centaine de personnes étaient présentes mercredi 8 octobre 2014 au cinéma Le Familia à Avion, pour assister à la projection du film documentaire Bassin miné en présence de son réalisateur Édouard Mills-Affif. Il s’agit du deuxième documentaire réalisé par ce dernier, à la suite d’Au pays des gueules noires : la fabrique du Front national, sorti en 2004, qui s’attachait alors à suivre l’implantation méthodique du FN à Hénin-Beaumont, menée par Steeve Briois et son très proche collaborateur Bruno Bilde (comme lui un ancien du MNR de Bruno Mégret, revenu ensuite au bercail).

Pour que Bassin miné puisse voir le jour, Édouard Mills-Affif aura eu besoin de lancer une souscription publique, à laquelle la CNT 59/62 a tenu à participer. Et il faut dire que cela en valait bien la peine, car le film est une réussite indéniable.

Dans la continuité d’Au pays des gueules noires, il nous immerge au cœur de la campagne électorale des municipales de 2014, avec cette fois comme fil conducteur le point de vue des opposants héninois à l’extrême droite, en suivant notamment la campagne et l’engagement antifasciste de Marie-Françoise Gonzales *, militante du Front de Gauche au sein du PG et digne héritière d’une famille de combattants républicains espagnols.

Notons également la présence d’Octave Nitkowski, jeune blogueur et auteur du livre Le Front national des villes et le Front national des champs, qui nous livre ici quelques analyses « à chaud » de la situation.

L’arrière-plan économique et social est bien présent, et le désarroi des habitants frappés de plein fouet par la paupérisation et la désindustrialisation, s’ajoute à la perte complète de repères politiques. Les dérives politico-judiciaires du PS local, incarnées par un Gérard Dallongeville qui semble à l’écran totalement inconscient de la situation, ne font ressortir que plus crûment le gâchis annoncé, accentué par l’indigence des réponses des forces de progrès et leur division funeste.

Édouard Mills-Affif met le doigt dans la plaie de façon presque salutaire, en montrant le renversement du rapport de force opéré par l’extrême droite, au cœur d’une terre où s’ancrent historiquement les luttes ouvrières. En ce sens, il nous expose le patient travail de terrain de Briois, qui à grand renfort de démagogie et de clientélisme, occupe efficacement la place laissée vacante par ses opposants officiels. Cette absence de réponse criante de la « gauche » de gouvernement dans ce qui fut un bastion « socialiste », amène le spectateur à se poser des questions sur la volonté réelle de résistance du PS et de ses alliés, qui ne semblent finalement pas si mécontents de se débarrasser du fardeau que représente pour eux Hénin-Beaumont…

Les apparitions épisodiques mais sur-médiatisées de la châtelaine de Montretout, venue adouber son poulain, s’ajoutent à ce triste tableau et nous laissent au final un goût amer mais sans pour autant nous faire tomber dans l’abattement. La sensation d’avoir assisté à une démystification efficace de la propagande frontiste fait de ce beau travail pédagogique un document stimulant, qui appelle à préparer la riposte au plus vite.

En fin de séance, la présence d’Édouard Mills-Affif donnait lieu à un débat avec les spectateurs, qui malgré les griefs de certains militants de terrain reprochant au réalisateur de ne pas figurer dans le film, s’avérait enrichissant et constructif.

Un pot de l’amitié venait conclure la soirée et la conversation au bar avec le réalisateur et Marie-Françoise Gonzales, elle aussi présente, autour d’une coupe de champagne, restait dans le sillage du visionnage et du débat, énergisante, source de réflexions et d’actions à entreprendre, riche de projets de combats à mener et de victoires à venir…

Luc, Seb et Olivier (UL CNT Béthune)

* Mille excuses à cette militante pour avoir écorché son nom dans la 1ère version de ce compte-rendu.

Belgique : mobilisation syndicale contre le nouveau gouvernement

vendredi 7 novembre 2014

Belgique-greve-generale-15decembre2014Le nouveau gouvernement belge qui a prêté serment le 11 octobre 2014 est né d’une coalition de droite entre le MR (parti wallon de centre droite), le CD§V (parti démocrate-chrétien flamand), l’Open VLD (parti libéral flamand) et la N-VA (parti nationaliste flamand).

Signe de l’extrême droitisation du pays, le N-VA a obtenu :
– le ministère de l’intérieur,
– le ministère des finances,
– le ministère de la défense et de la fonction publique,
– le secrétariat d’État à l’asile et la migration,
– le secrétariat d’État à la lutte contre la fraude et la pauvreté.

Autres signes tout aussi inquiétants : le 13 octobre, Jan Jambon – ministre de l’intérieur – a déclaré que les belges ayant collaboré avec l’Allemagne nazie « avaient leurs raisons » (il faut savoir qu’historiquement les nationalistes flamands sont liées à la collaboration nazie) et le 14 octobre, la presse a diffusé l’information selon laquelle Theo Francken – secrétaire d’État à l’asile et à la migration – avait participé le weekend précédent à l’anniversaire des 90 ans d’un membre des VMO (milice d’extrême-droite créée après la seconde guerre mondiale).

Parmi les premiers objectifs annoncés par le nouveau gouvernement, citons notamment :
– la mise en place d’un plan d’austérité,
– une marche arrière concernant le nucléaire (avec possibilité de construire une nouvelle centrale alors que l’ancien gouvernement était pour l’abandon de cette énergie),
– le recul de l’âge de départ à la retraite (67 ans à partir de 2030),
– l’allongement des carrières (avec possibilité de décourager les départs anticipés à la retraite),
– la possibilité d’obliger les demandeurs d’emploi à accepter des travaux d’intérêt général en contre-partie du versement de leurs indemnités chômage…

Face à cette situation, l’intersyndicale – traditionnellement molle et très accommodante avec l’ancien gouvernement (mises à part quelques branches de la FGTB) – a décidé de se mobiliser. Une première manifestation a eu lieu le 6 novembre à Brussel / Bruxelles (ce rassemblement a réuni plus 100.000 participants et des affrontements entre la police et plusieurs centaines de personnes – dont un grand nombre de dockers d’Antwerpen / Anvers – ont éclaté en fin de parcours). Et le 28 novembre ainsi que les 1er et 8 décembre prochains, des grèves tournantes seront organisées afin de préparer la grande grève générale prévue le lundi 15 décembre.

D’après les infos transmises par Sébastien, un camarade belge
domicilié à Tournai et militant de la CNT 59/62

 
PS : Le Réseau européen des syndicats alternatifs et de base a publié un communiqué de soutien à la grève du 15 décembre en Belgique. Pour le lire au format PDF, cliquer ici.

Premier bilan de la mobilisation :

Pour savoir où en est la mobilisation à la date du 8 décembre, voir ici.

Sortie du film « Bassin miné »

mercredi 1 octobre 2014

banniere-du-site-Bassin-Mine“Bassin miné” (dont nous vous avions déjà parlé ici et que nous avons soutenu par le biais d’une souscription lancée par l’équipe de production) vient de sortir.

En 2003, Edouard Mills-Affif, documentariste, était le premier à témoigner de la percée du FN dans le bassin minier du Pas-de-Calais. “Au pays des Gueules noires : la fabrique du Front national” pénétrait ainsi dans les coulisses du laboratoire de Steeve Briois et dévoilait la face cachée de la stratégie de “dédiabolisation” chère à Marine Le Pen.

En 2014, avec “Bassin miné”, Edouard Mills-Affif poursuit son travail de décryptage de la stratégie de conquête du FN à Hénin-Beaumont. Un film qui jette un regard lucide sur dix ans de percée de l’extrême droite dans le bassin minier du Pas-de-Calais, sans complaisance vis-à-vis du FN et très critique aussi à l’égard des élus locaux du PS.

Trois projection-débats en présence du réalisateur sont d’ores et déjà prévues dans la région :

  • Mercredi 8 octobre 2014 à Avion (20h – cinéma “Le Familia”)
  • Jeudi 9 octobre 2014 à Sin-le-Noble (20h – salle M. Casares, place J. Jaurès)
  • Vendredi 21 novembre 2014 à Villeneuve d’Ascq (20h – Le Méliès – plus d’infos ici)

 

Le DVD du film est désormais disponible au prix de 15 euros,
frais de port inclus (pour le commander, voir ici).

> CR de la projection du 8 octobre à Avion