Articles avec le tag ‘enseignement’

Éducation : exigeons le retrait du « livret scolaire unique » !

dimanche 5 février 2017

Le bulletin Classes En Lutte (cf. lien de téléchargement ci-dessous) consacre son numéro de février 2017 au LSU (livret scolaire unique). La fédération CNT des travailleuses et travailleurs de l’Éducation y expose brièvement les raisons majeures pour lesquelles elle exige le retrait de ce nouveau livret qui lui apparaît comme un outil de fichage généralisé des élèves du CP à la 3e. Pour permettre aux parents et enseignant.es de s’y opposer collectivement, un modèle de motion pour les Conseils d’école ou CA de collège est proposé en page 2.

Sur le même sujet et parallèlement à ce numéro de Classes En Lutte, la CNT éducation a réalisé un argumentaire plus détaillé (cf. liens de téléchargement ci-dessous).

Liens de téléchargement de Classes En Lutte et de l’argumentaire :

Livret scolaire unique numérique (LSUN) : le casier scolaire

mardi 29 novembre 2016

ordi-tag-2Avec la mise en place du livret numérique scolaire unique du CP à la 3e, nous assistons à l’accélération du fichage généralisé. Big Brother va très bientôt watching you !

Il s’agit pour les enseignants de renseigner sur internet les compétences acquises par les élèves. Ces compétences seront accompagnées de toutes les attestations possibles, remarques des profs, éléments relatifs à la vie scolaire (absences, retards, comportement, attitudes) et des dossiers éventuels sur les difficultés scolaires ou de santé.

Un vrai régal pour les patrons et le ministère de l’intérieur. En effet, toutes les institutions, notamment policières, auront accès aux données recensées, conformément aux diverses lois votées ces dernières années : loi du 5 mars 2007 sur la « prévention de la délinquance » et le « secret professionnel partagé », loi du 7 mars 2016 sur le « droit de communication » réservé aux préfets.

D’un livret personnel papier propriété des enfants et des parents des élèves, l’État s’arroge le droit d’un livret informatique qu’il serait seul en mesure de valider, supprimer, amender.

En plein état d’urgence indéfiniment renouvelé, encore sous le coup de la répression judiciaire et des violences policières anti-syndicales, dans les ZAD, contre les migrant.e.s, les élèves sans-papiers ou les quartiers populaires, ce fichage est intolérable.

La CNT exige le retrait de ce livret numérique, encourage les enseignants à ne pas le renseigner et à s’organiser collectivement pour obtenir son abolition.

Fédération CNT des travailleuses-eurs de l’Éducation

La rentrée et son monde

samedi 3 septembre 2016

apres-plage-rentree-lutte-des-classesCommuniqué de la fédération CNT des travailleurs/euses de l’Éducation (FTE) :

La rentrée et son monde

Les drames se sont succédé cet été et cette rentrée ne s’annonce pas réjouissante. Enfermés dans leurs délires sécuritaires et racistes, les politiciens enchaînent les propositions stupides : envoyer les recalés du Bac à l’Armée (Sarkozy), organiser des « test de radicalisation » dans les collèges et lycées (Geoffroy Didier, vice-président LR en Île de-France) et Fillon veut récrire les programmes d’histoire pour « retrouver la confiance dans notre patrie ». Les rendez-vous de l’an prochain s’annoncent joyeux pour l’École. Pour sa dernière rentrée, la droite socialiste, elle, gère son auto-suffisance. Le primaire doit se satisfaire de la « refondation » de l’École, ses rythmes et ses nouveaux programmes. Le secondaire doit appliquer LA réforme du Collège malgré une opposition affichée de toute la profession. Quant aux collègues aides éducateurs, aides de vie scolaire, professeurs vacataires, ils restent malmenés et cadenassés par des contrats précaires.

Loi Travail, saison 2

Heureusement, la saison 1 contre la loi Travail a révélé d’autres choix pour une autre École et un autre monde ! La CNT éducation, ses militantEs y ont pris leur part. Sans attendre, dans les luttes, c’est au quotidien, avec nos élèves, qu’il faut tenter de bâtir une pédagogie de l’émancipation. Pour cela, il n’y a pas d’autres alternatives que l’engagement dans des pédagogies pour le peuple, pour reprendre les mots de Freinet. Pas d’autres alternatives que de montrer notre détermination à combattre, tous ensemble, quels que soient nos statuts et nos contrats, le pouvoir des chefs, inspecteurs et autres ministres pour exiger la titularisation de tous les contractuels, des formations ambitieuses et de réelles augmentations de salaires. Pas d’autres alternatives que s’engager contre la loi Travail et son monde. Le jeudi 15 septembre : grève générale !

(suite…)

Appel de la CNT éducation pour la grève générale du 14 juin contre la loi Travail

mercredi 8 juin 2016

Aujourd’hui, c’est le privé qui est attaqué. Demain, ce sera le public ! Tou.te.s contre la loi Travail !

La loi Travail, c’est quoi ?

greve-generale-educationAujourd’hui, le Code du travail garantit les droits de base des salarié.e.s sur le temps et les conditions de travail, le paiement des heures supplémentaires, etc. Un accord local ne peut être signé que s’il est plus favorable aux salarié.e.s que l’accord de branche. Un accord de branche ne peut être signé que s’il est plus favorable aux salarié.e.s que les dispositions des conventions collectives nationales. L’article 2 de la loi Travail met fin à cette situation : c’est l’inversion de la hiérarchie des normes. Un accord moins favorable aux salarié.e.s que les accords de branche ou nationaux pourra être signé !

La loi Travail permet aussi aux employeurs :

  • de faciliter les licenciements économiques en augmentant leurs critères ;
  • d’imposer aux salarié.e.s l’allongement et la flexibilité de la durée du travail, notamment en augmentant la durée de la journée et en fractionnant les temps de repos obligatoires ;
  • de contourner des accords syndicaux (surtout quand ils sont favorables aux salarié.e.s !) par la mise en place d’un référendum au sein de l’entreprise ;
  • de faciliter la réduction des salaires en élargissant les critères de calcul de baisse de l’activité de l’entreprise ;
  • de restreindre les possibilités d’intervention de la médecine du travail…

Il s’agit quasi exclusivement de mesures susceptibles de dégrader les conditions de travail des salarié.e.s.

L’Éducation directement touchée

De nombreux personnels de l’Éducation ont des contrats précaires (de type CUI, CDD). Certains sont même des vacataires (agents techniques, AVS, personnels administratifs, personnels d’animation… ). Parmi ces contrats, certains sont de droit privé. Des personnels seront donc sous la coupe de cette loi !

Les fonctionnaires dans la ligne de mire du gouvernement

La logique de la loi Travail est déjà présente dans le rapport Laurent sur la fonction publique, rapport que Manuel Valls a tenté d’escamoter au vu de l’ampleur de la contestation actuelle. Selon ce rapport, les fonctionnaires travailleraient en moyenne quinze jours de moins que les salarié.e.s du privé. Sa conclusion est simple : il faut allonger le temps de travail des fonctionnaires ! Une ATSEM, selon le rapport, travaillerait 1553h par an. Il faudrait donc lui supprimer au moins une semaine de congés…

Les mesures préconisées ont leurs équivalents dans la loi Travail :

  • réduction des congés (suppression du rattrapage de RTT en cas de congés maladie, suppression des congés supplémentaires pour les jours fractionnés) ;
  • allongement du temps de travail (les temps de pause et de repas ne seraient plus comptés dans le temps de travail) ;
  • réduction des autorisations spéciales d’absence pour le décès d’un proche, un enfant malade, etc. ;
  • réduction des rémunérations (actuellement un temps partiel de 80% est rémunéré 85,7% du traitement plein et un temps partiel de 90% est rémunéré 91,4% ; le rapport préconise de revenir à une stricte proportionnalité ; comme ce sont les femmes qui majoritairement ont recours aux temps partiels, ce seront elles les premières touchées !).

Tou.te.s en grève et dans la rue mardi 14 juin !

Nous devons collectivement nous organiser et nous battre contre ces régressions de nos conditions de travail qui affecteront en premier lieu les précaires et les personnels de catégorie C dans l’Éducation. Ce gouvernement veut faire passer ces mesures régressives à coups de 49.3, de matraques et de condamnations. Ne nous laissons pas faire !

> Vidéo d’appel pour le 14 juin et départ en autocar à partir de Lille

L’intersyndicale académique appelle à mettre en échec les réunions de formation sur la réforme du Collège

jeudi 5 novembre 2015

L’intersyndicale académique appelle les enseignant-es à mettre en échec toutes les réunions de formation sur la réforme des collèges, en transformant en AG de mobilisation celles qui se dérouleraient dans l’emploi du temps hebdomadaire, et en refusant de participer à celles qui se tiendraient en dehors de leur emploi du temps, même lorsque la hiérarchie prétend qu’elles sont obligatoires. Elle appelle à se réunir collectivement pour organiser la poursuite de la mobilisation. Elle soutiendra les personnels qui auraient à subir des pressions hiérarchiques au sujet de ces formations.

Tract d’appel :

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Lettre-pétition (véritable assurance collective
contre les pressions éventuelles à l’égard des “refuseux”) :

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La fédération CNT éducation se dote d’une nouvelle revue

mercredi 7 octobre 2015

La fédération CNT des travailleuses et travailleurs de l’Éducation (FTE) vient de sortir une nouvelle revue. Son titre : « La Mauvaise Herbe ». Et sous ce titre une question : « Qu’est-ce qu’une mauvaise herbe sinon une plante dont on n’a pas encore découvert les vertus ? ». Vous pouvez vous abonner à cette nouvelle revue (12 euros pour 4 numéros) en écrivant à : CNT-FTE, 33 rue des Vignoles, 75020 Paris.

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Éducation : grève le 11 juin dans le second degré

dimanche 31 mai 2015

appel-greve-11-juin-2015-contre-reforme-college

Manifestation régionale : rendez-vous à 11h, porte de Paris, Lille
Tract de l’intersyndicale régionale : cliquer ici
Tract de la CNT : voir ci-dessous

tract-cnt-reforme-college-page-01tract-cnt-reforme-college-page-02

Éducation : bilan de la grève du 19 mai et perspectives

jeudi 21 mai 2015

Avec 50% de grévistes dans les collèges du Nord Pas-de-Calais (même pourcentage que la moyenne nationale), la journée organisée le 19 mai 2015 dans le second degré a été une réussite. Mais c’était sans compter sur le mépris du gouvernement vis à vis des personnels et sur sa volonté de passer en force ! En effet, dès le lendemain de la grève, le décret et l’arrêté portant sur la réforme du Collège ont été publiés au Journal Officiel ! Il s’agit donc maintenant d’amplifier la mobilisation…

L’intersyndicale nationale du second degré :

  • dénonce les manœuvres de récupération politiciennes menées par les partis de droite,
  • demande l’abrogation des textes parus le 20 mai au Journal Officiel,
  • appelle à poursuivre les mobilisations en cours (assemblées générales, délégations, rassemblements…),
  • appelle à faire du jeudi 4 juin une journée nationale d’information, de rencontres et de débats avec les personnels et les parents,
  • appelle à une nouvelle journée nationale de grève le jeudi 11 juin.

Concernant la grève du 11 juin, l’appel de l’intersyndicale Nord Pas-de-Calais est disponible ici.
 
19-mai-2015-Lille-banderole-intersyndicale-education
 
Nouvelle ministre, nouvelle réforme. Tout va changer ?

Non, surtout pas ! Les programmes vont peut-être changer à la marge. Mais les méthodes resteront peu ou prou les mêmes, au gré des modes imposées par les inspecteurs-trices. L’objectif principal du collège restera de faire le tri social. Quant aux évaluations, elles resteront au service de ce tri, qu’elles soient chiffrées ou par compétences. Elles continueront à être anxiogènes pour les élèves et sources de casse-tête pédagogiques pour les enseignant-es. Sans parler de la division en classes (classes d’âge, classes de niveau ou classes sociales) dont on ne parlera même pas. Quelques idées paraissent bonnes, comme les Enseignements pratiques interdisciplinaires prévus dans l’emploi du temps. Ça permettra à la ministre de mettre de son côté les mouvements pédagogiques peu regardants sur les modalités d’application. Ils tiendront compagnie aux syndicats collabos qui signent des deux mains et les yeux fermés. Pourtant, il suffit d’avoir déjà travaillé dans l’Éducation nationale depuis quelques années et deux ou trois réformes pour voir qu’une bonne idée comme celle-ci ne sera pas mise en œuvre comme il le faudrait : aucune heure de concertation dans l’équipe, choix limité des disciplines croisées pour des questions d’emploi du temps impossible, pressions des conservatismes pour maintenir le nombre d’heures et les lourdeurs dans les programmes, etc. Par ailleurs, tout porte à croire que les décisions ne seront pas concertées, collégiales et portées par les enfants et les travailleurs-euses. Procès d’intention ? Non, expérience. Tout sera imposé par des petits chefs et leurs chien-chiens, dans un esprit démocratique digne d’un pouvoir militaire. Nous parlerons bien sûr encore moins des conditions de travail des adultes et des élèves : précarité, flexibilité, concurrence entre établissements, entre disciplines, travail à la maison trop important (et source d’aggravation des inégalités), classes surchargées, journées trop longues, enfermement, infantilisation, etc. Et les inégalités sociales ? Et le manque de moyens humains ? Et les créations de postes qu’on attend toujours ? Et les conditions d’accueil des élèves en situation de handicap ? Et celles des élèves isolés, qui se retrouvent de plus en plus souvent déscolarisés et à la rue ? Tout est prévu pour continuer à se détériorer, austérité oblige. Alors ça une réforme ? Non, c’est comme d’habitude l’expression carriériste d’un-e ministre pour faire avancer sa promotion vers plus de pouvoir, en laissant son nom sur une action politique qui ne sera même pas critiquée ; pas le temps, avant la prochaine réforme d’un autre ministre, qui n’aura surtout rien changé… Au passage, ça aura sûrement aidé à faire quelques économies. En fait, c’est clair, ce n’est pas d’une n-ième réforme dont on a besoin, mais d’une révolution !

(extrait du bulletin de la Fédération CNT des travailleurs et travailleuses de l’Éducation)

Éducation : le second degré en danger !

jeudi 16 avril 2015

Éducation : stagnation des salaires, manque de postes, précarité, arnaque sur l’éducation prioritaire, gestion managériale des équipes éducatives, etc.

mardi 10 février 2015

Ci-dessous un dossier du syndicat CNT éducation 59/62 réalisé à partir de tracts publiés en janvier 2015 par l’intersyndicale éducation CGT-CNT-SUD 31 ainsi que par les syndicats CNT éducation 69 & 75. Pour le télécharger au format PDF, cliquer ici.

terrains-de-lutte-cnt-educationMobilisons-nous
pour défendre nos conditions de travail
et les conditions d’apprentissage de nos élèves !

La plupart des luttes menées actuellement dans l’éducation se rejoignent autour des mêmes constats critiques à l’égard des politiques d’austérité : précarisation massive des personnels dans tous les secteurs liés à l’éducation, non prise en compte des besoins des enfants/élèves, manque criant de moyens financiers et humains, gestion managériale des équipes éducatives… Toutes ces luttes peuvent sembler sectorielles mais elles ne le sont pas. Nous sommes toutes et tous concerné-e-s ! Aujourd’hui plus que jamais, la nécessité de construire un front commun de lutte et de solidarité (notamment entre titulaires et précaires de droit public et privé) nous apparaît comme indispensable pour gagner sur nos revendications. Face à un gouvernement qui accumule les effets d’annonces et les mesures à moyens constants, entérine les dérives managériales et généralise les primes au mérite, il y a urgence à élaborer collectivement nos priorités pour le service public d’éducation. Plongé-e-s au quotidien dans l’ambigüité du système éducatif français « entre soumission et émancipation, production du savoir et reproduction sociale » (citation extraite de « Feu sur l’école », Manière de Voir, octobre-novembre 2013), c’est à nous, travailleurs et travailleuses de l’éducation de faire avancer notre réflexion pour défendre une autre idée de l’école, « n’autre » idée de l’école. C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

2010-2015 : 5 ans de gel des salaires

Cela fait maintenant 5 ans que les salaires des fonctionnaires stagnent. En cause, la volonté des gouvernements successifs de faire des économies sur le dos du service public et des fonctionnaires par le gel du point d’indice (acté au moins jusqu’en 2017). En d’autres mots, les mesures d’austérité menées par le gouvernement nous amènent à nous serrer la ceinture pour payer les effets d’une crise qui n’est pas la notre, mais celle des banques et du capitalisme.

Non à la rémunération au mérite

Attachés aux valeurs de coopération et de solidarité que nous défendons avec les élèves comme avec les collègues, nous refusons catégoriquement toute évaluation hiérarchique et arbitraire. Alors que la seule perspective d’augmentation de nos salaires résiderait dans la multiplication des inspections, nous revendiquons l’augmentation des salaires de toutes les travailleuses et tous les travailleurs de l’éducation !

Combattons la précarité

Dans un même souci de solidarité et d’égalité, nous combattons le recours systématique à de nombreux contrats précaires (AVS-AESH, AED, professeurs contractuels…). En plus d’imposer des conditions de travail déplorables à des travailleuses et travailleurs corvéables à merci, cela crée des inégalités de salaires, de statuts et de nombreux turnover dans les équipes pédagogiques, compliquant ainsi toute velléité de réflexion et de d’action pédagogique collective. Dans beaucoup d’établissements, les postes d’AED (assistant d’éducation) sont supprimés ou transformés en postes CUI (contrat unique d’insertion), encore plus précaires. Cela met en danger l’équilibre et la vie des établissements. Il faut doter la vie scolaire en postes suffisants. Les personnels de vie scolaire pourtant indispensables pour la vie d’un établissement doivent être reconnus et respectés. Il faut en finir avec la précarité !

Rétablissement des 80 000 postes supprimés

Il est urgent de rétablir à minima les 80 000 postes supprimés lors du précédent quinquennat. Nous insistons sur le fait que ces postes doivent être des postes de titulaires accompagné d’une réelle formation et sans condition de concours ; le rétablissement des postes ne saurait aller sans une titularisation massive des collègues contractuels et le développement de nouveaux contrats pérennes pour l’accompagnement des élèves, en remplacement des contrats d’AVS et d’AED. A l’heure où le gouvernement multiplie les attaques contre les travailleuses et travailleurs, il est temps de construire ensemble un mouvement social fort, capable de faire reculer le gouvernement !

Contre la supercherie des DGH

Partout, les DGH * qui tombent dans les établissements montrent que, sous le prétexte de “donner à l’éducation prioritaire”, on pille les établissements dits « classiques ». De fait, on diminue la « quantité » de service public (disparition de l’accompagnement éducatif par exemple) tout en détériorant sa « qualité » (effectifs pléthoriques dans les classes, enseignant-e-s surchargé-e-s de travail et d’heures supplémentaires,…). Pourtant, des établissements entrant en éducation prioritaire voient leur DGH insuffisamment abondée, voire en baisse.

* DGH (Dotation Globale Horaire) : enveloppe d’heures d’enseignement octroyée à un établissement par l’inspection académique (pour les collèges) ou par le rectorat (pour les lycées) qui en déterminent le montant en fonction des effectifs prévus d’une année à l’autre, des options ou des spécialités proposées et des diverses voies d’orientation après la seconde.

 
Malaise et colère dans le secteur péri-scolaire

Dans les centres municipaux d’accueil et de loisirs péri-scolaires, la politique d’austérité et la réforme des rythmes scolaires mettent à mal les conditions de travail (qui ne sont déjà pas très bonnes) des animateurs mais aussi la qualité de l’accueil des enfants. La dégradation du taux d’encadrement est à prévoir : au lieu d’un adulte pour 14 enfants actuellement, ce sera certainement très bientôt un pour 18, voire un pour 30.

Arnaque sur l’éducation prioritaire

Des établissements ayant déjà appartenu à l’éducation prioritaire ou qui en relevaient sont écartés de la réforme : c’est le cas des lycées et des LP. Par ailleurs, même pour les écoles et collèges labellisés REP/REP+, la réforme est très loin d’être satisfaisante ! Les moyens nécessaires à l’application de la réforme ne sont pas là ! REP+ = Rien En Plus ? D’autre part, la réforme de l’éducation prioritaire trahit une revendication souvent avancée par les personnels sur le terrain : une réelle diminution du temps de travail devant élèves afin de laisser aux équipes le choix d’organiser la concertation nécessaire. La pondération proposée se traduira à coup sûr par une augmentation des heures supplémentaires… Par ailleurs, ces mesures ignorent le premier degré (mis à part quelques miettes) et fait table rase de la question des RASED (alors que 3700 postes d’enseignants spécialisés ont été supprimés entre 2007 et 2012). Et quid des autres personnels ? Quid des services médicaux-sociaux, de vie scolaire, d’orientation ? Quid d’un seuil maximum d’élèves par classe ? Quid d’une réflexion sur les contenus d’enseignements et les pédagogies à mettre en œuvre ? Quid d’une réflexion sur les savoirs à construire ? Face à ces interrogations, on nous propose une nouvelle mouture du « socle », maintenant appelé “référentiel”. Quelle différence entre l’original et la copie ? Aucune. Le « socle » pour la majorité, les enseignements complémentaires pour l’élite et le soutien pour les autres ? Exigeons une vraie réflexion sur l’éducation prioritaire, engageant les acteurs et actrices de terrain !

Contre l’inspection-notation

L’inspection est censée assurer deux fonctions : conseiller et sanctionner. Or, ces deux opérations s’excluent. L’inspecteur donne des conseils, c’est vrai, parfois. Toutefois, que vaut un conseil quand l’inspecteur n’a pas les mêmes lubies que le précédent (ou le suivant) ? Que vaut un conseil figé dans un rapport ? Que vaut un conseil donné par quelqu’un qui ne pratique plus le métier depuis des années, s’il ne l’a jamais pratiqué ? Une inspection est un acte d’autorité. Même chargé de bonnes intentions, un inspecteur, c’est toujours un inspecteur. Cette subordination hiérarchique tend à l’infantilisation : plaire ou ne pas plaire à l’inspecteur. Pour nous, il ne saurait y avoir de collaboration pédagogique en dehors du cadre collectif et égalitaire d’une équipe. D’autre part, une inspection, c’est une note. Nous refusons la venue d’une personne qui ne vient que pour juger, faire un rapport et mettre une note. S’il est absurde d’évaluer le travail d’un élève sur un seul exercice, cela l’est tout autant pour le travail des enseignants. La notation, c’est le chantage à l’avancement au choix, à la mutation. Elle ne vise qu’à créer des inégalités dans le déroulement des carrières. L’inspection est une institution rétrograde qui fait partie d’un système social fondé sur la hiérarchie. Nous ne l’acceptons pas. Enfin, concernant ceux et celles d’entre nous qui font le choix militant de refuser l’inspection, rappelons qu’il ne s’agit pas d’un refus d’ouvrir sa classe à un regard extérieur, les « refuseux » estimant bien au contraire que la confrontation des pratiques est nécessaire.

Restons soudé-e-s ! Pas de division !

Les réformes successives et la mise en place de l’autonomie des établissements ont fait exploser les cadres nationaux tout en permettant de masquer la pénurie organisée des moyens. Désormais, c’est la mise en concurrence des établissements, des écoles et des collègues qui prévaut pour la gestion des moyens alloués Chaque établissement doit « se vendre » afin de pouvoir mettre en place sa propre politique éducative. Ne nous laissons pas diviser !

Revendications générales
à toute l’éducation

  • Augmentation de point d’indice (rattrapage du retard salarial accumulé depuis 2010) et revalorisation générale des salaires de tous les personnels.
  • Arrêt de la précarisation, titularisation sans condition de tous les personnels précaires (de la maternelle à l’université) pour un réel travail d’équipe et une meilleure prise en charge des élèves, recrutement massif de collègues sur des postes statutaires.
  • Formation initiale et continue répondant réellement aux besoins d’acquisition des savoirs et savoirs faire professionnels, informant et formant aux pédagogies émancipatrices.
  • Attribution immédiate des moyens humains et matériels nécessaires à tous les établissements scolaires ainsi qu’à toutes les structures rattachées à l’école (centres municipaux d’accueil et de loisirs péri-scolaires). En terme de postes, rappelons qu’en 2012 la France avait un des taux d’encadrement les plus faibles de l’OCDE (5 enseignants pour 100 élèves en moyenne) contre 9 pour le Portugal ou la Suède.
  • DGH à la hauteur des besoins, sans heures supplémentaires.
  • Baisse des effectifs par classe.
  • Réduction du temps de travail avec généralisation de la pondération pour tous.
  • Respect du droit à une éducation de qualité pour tous avec une prise en compte réelle des difficultés scolaires et sociales de nos publics.

Revendication spécifiques
à l’éducation prioritaire

  • Application de critères sociaux transparents pour définir les écoles et les établissements relevant de l’éducation prioritaire.
  • Application des pondérations pour tenir compte de la pénibilité du travail.
  • Heures postes pour l’ensemble des dispositifs de l’éducation prioritaire (non aux heures supplémentaires !).
  • Indemnités REP pour tous les personnels travaillant en éducation prioritaire (enseignants, documentalistes, administratifs, vie scolaire, collectivités territoriales, …).
  • Réduction et limitation des effectifs par classe + fixation de seuils nationaux.
  • Pérennisation des postes, sans postes à profil.
  • Créations des postes médico-socio-éducatifs nécessaires.
  • Pas de fléchage hiérarchique des concertations.

Organisons-nous sur nos lieux de travail en assemblées générales
et faisons des tournées d’établissement
afin de populariser l’idée d’une grève reconductible
seule à même de faire aboutir nos revendications !

À propos de la grève :

À chaque nouvel appel à la grève, on entend les mêmes remarques dans les salles de maîtres et de profs : « La grève, ça coûte cher et ça ne rapporte rien », « On ne gêne personne, surtout depuis l’instauration du SMA * », « Les journées ’’ballon’’, ça suffit, il faut une grève reconductible »… Il est vrai que, depuis plusieurs années, seules quelques grèves locales ou sur des revendications très précises (ouvrir une classe, refuser l’expulsion d’un élève, etc.) ont vu leurs revendications satisfaites. Sur le plan national, on s’aperçoit que les journées de grève de 24 heures, même massives, ne suffisent pas à obtenir une augmentation de salaire ou le retrait d’une réforme. D’où la nécessité de populariser l’idée de « grève reconductible jusqu’à satisfaction des revendications ». En attendant que les conditions d’un tel mouvement de lutte radical et prolongé soient réunies, la CNT éducation 59/62 participe néanmoins aux grèves de 24 heures car c’est un des seuls temps que nous pouvons nous offrir pour mener collectivement une réflexion sur ce que nous voulons et ce que nous refusons, c’est une manière d’arrêter le temps, le temps du travail, de la pression hiérarchique, des programmes, de la course quotidienne, pour se poser des questions, rencontrer d’autres collègues, affirmer que nous avons notre mot à dire sur la manière dont nous envisageons notre métier, parler avec les parents d’élèves. Bien sûr, la CNT éducation 59/62 ne s’associe pas formellement à tous les appels à la grève lancés par les autres syndicats (notamment lorsqu’ils ne s’inscrivent pas dans une démarche d’unité d’action). Toutefois, même dans ce cas, les réalités de terrain étant diverses (mobilisations locales menées par des intersyndicales ou des comités de grève unitaires, possibilités de constituer localement un point d’appui pour les luttes, etc.), la CNT éducation 59/62 se trouve du côté des grévistes.

* SMA : Service Minimum d’Accueil (loi obligeant les municipalités à accueillir les élèves du 1er degré si le taux prévisionnel de grévistes est supérieur ou égal à 25%).

 
> Position de la CNT éducation 59/62 à propos de la grève du 3 février 2015

Contre la logique inégalitaire de l’école capitaliste

mercredi 21 janvier 2015

stage-ecole-inegalitaire-mars-2015Les jeudi 26 et vendredi 27 mars 2015, la CNT-FTE, la CNT-SO, SUD Éducation, la CGT éduc’action 93, le GFEN Île-de-France, Émancipation pédagogique & syndicale, Questions de classe[s] et N’autre école organisent un stage syndical sur le temps de travail ouvert aux personnels de l’Éducation (enseignants, EVS, AVS, AESH…) ainsi qu’aux agents territoriaux et travailleurs du secteur socio-éducatif.

Thème d’étude, de réflexion et d’échanges : « À l’école et dans la société, quelles classes ? Combattre l’école inégalitaire pour s’affranchir des dominations ».

Ce stage aura lieu à la maison des syndicats de Créteil mais il s’agit d’une initiative d’envergure nationale. Par conséquent, quelle que soit sa région, tout le monde peut y participer.

Le samedi 28 mars, le stage sera prolongé par une journée « ZAD à l’école ! » ouverte à tous (parents, élèves, personnels du secteur socio-éducatif…) et consacrée aux luttes pour une éducation émancipatrice (salon, tables rondes, forums).

> Pour en savoir plus (contenu, déroulement, inscription…)

Éducation : les mutations, une lutte collective !

mardi 25 novembre 2014

carte-academiesBeaucoup de collègues s’intéressent en ce moment à la question des mutations. Chaque année, entre fin novembre et les premières semaines de décembre, les serveurs informatiques sont en effet ouverts pour formuler les vœux.

Le casse-tête des mut’

Le casse-tête administratif n’est jamais simple : calcul des points, prise en compte de la situation familiale, pari sur le nombre de points nécessaire, classement dans la procédure d’extension des académies… Et dans cette équation aux multiples variables, il est impératif d’appréhender l’impact des politiques ministérielles successives. En effet, les règles du jeu évoluent au fil des ans, rendant impossible une stratégie de mobilité professionnelle à long ou moyen terme. Sous couvert d’adaptation aux besoins des académies, le nombre de points correspondant à des situations particulières change régulièrement dans le temps et en fonction des académies d’accueil. Par exemple, jusqu’en 2005, 6 ans d’ancienneté au sein d’un établissement classé sensible entraînait une bonification de 600 point alors qu’à partir de 2005, il faut attendre 8 ans dans un établissement APV (affectation à caractère prioritaire justifiant une valorisation) pour bénéficier de 400 points. De même, dans le cadre du mouvement intra-académique, l’académie de Rennes compte 200 points pour avoir été TZR pendant 8 ans alors que l’académie de Lyon n’en compte que 120. Si ces éléments ne sont pas négligeables, ils interviennent à la marge. Mais deux décisions ont grandement modifié nos droits à la mobilité.

(suite…)

Éducation prioritaire : non à la suppression de 11 REP dans l’académie !

dimanche 2 novembre 2014

pour-une-education-emancipatrice-sociale-et-populaire-CNT-education-59-62La nouvelle carte des réseaux d’éducation prioritaire (REP) sera officialisée début 2015. On sait d’ores et déjà que le Nord Pas-de-Calais va se voir attribuer plusieurs réseaux supplémentaires. Mais, pour des raisons comptables et de redéploiement, 11 collèges de la région (ainsi que les écoles maternelles et élémentaires qui y sont rattachées) devraient malheureusement sortir du dispositif, ce qui – pour ces établissements – va entraîner une baisse de moyens, moyens pourtant indispensables pour tenter de pallier les inégalités socio-culturelles et contribuer ainsi à la réussite scolaire des enfants de milieux populaires ! Liste des communes concernées : Comines, Poix-du-Nord, Wallers, Bully-les-Mines, Calonne-Ricouart, Carvin, Guînes, Hersin-Coupigny, Leforest, Noyelles-sous-Lens, Rouvroy.

> Rassemblement le 3 décembre 2014 à Lille devant le rectorat

L’école (en) cause : langages et apprentissages

mardi 25 février 2014

affiche_reunion-debat_langages-et-apprentissages_14mars2014_cnt-education-nord-pdc_format-webVendredi 14 mars 2014, le syndicat CNT éducation 59/62 organise un débat autour du nouveau numéro de N’Autre école, la revue de la fédération CNT des travailleurs et travailleuses de l’Éducation (CNT-FTE). Thématique de ce nouveau numéro (et donc du débat) : “L’école (en) cause, langages et apprentissages”.

Rendez-vous à 20h à la Maison des syndicats CNT, 32 rue d’Arras à Lille. Entrée gratuite. Plan d’accès

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Éditorial du n° 37 (hiver 2014) de “N’Autre école” :

« Ma come si parlà ? » (Mais comment tu parles ?)

Cette mère gambienne va avoir ses papiers, et espère ainsi pouvoir demander un relogement au sortir du taudis qu’on nomme « hôtel social ». Elle comprend bien le français, le parle assez bien mais avec effort, ses enfants sont scolarisés. Elle-même n’est pas allée à l’école et ne parle donc pas anglais – langue officielle de la Gambie – en plus de sa langue d’origine, elle maîtrise par contre l’arabe coranique, en musulmane militante qu’elle est. Cordiale mais plutôt réservée, je la vois subitement, au cours de cette réunion, se transformer, devenir rayonnante et prolixe : c’est qu’une autre mère d’élève venue en soutien est espagnole et lui parle la langue de ce pays où elle a vécu plus de vingt ans. Plaisir de la langue, de la langue dans laquelle elle se sent le plus à l’aise, de sa langue finalement.

Autre sans-papiers, à la préfecture cette fois. Le fonctionnaire : « Quelle est votre activité professionnelle ? » Suivi du commentaire en aparté « Je ne prononcerai pas le mot magique : “quel est votre emploi ?” ». Mutisme évidemment de ce père d’élève interrogé et noué d’anxiété qui comprend parfaitement le mot « travail » mais ne maîtrise pas toutes les nuances de la langue.

Ce numéro reprend ces questions de langue-plaisir (« La langue dans tous les sens »), de langue-obstacle (« Les dragons de la préfecture », « Langue française contre immigration »), de langue-conflit (articles sur l’enseignement de l’arabe, lettre ouverte de Bousso Dramé, sur le choix ou le refus de l’anglais, sur les langues régionales) ou de langue-lien (Les papothèques, Dulala, deux expériences en classes d’accueil) à propos des langues dites étrangères. Mais aussi à partir de ces langues dans la langue : oral/écrit, langues populaires/langues de l’école, langue intérieure, langue intime/langue de communication, langue du récit et de l’imaginaire (trois articles sur les contes en direction des élèves des classes populaires), parole hurlée ou volontairement incompréhensible/parole bienveillante dans le champ directement scolaire (troisième partie) ou dans ses usages adultes-enfants.

On goûtera également, au fil du numéro, les réflexions originales de ces militants qui parlent aux autres plutôt qu’à leur miroir comme c’est souvent le cas.

Passant des langues elles-mêmes à leurs doubles ou à leur support, nous voilà invités à passer de la planète langues, déjà singulièrement complexe, à la galaxie langages : langues hors langues (l’art, le dessin – merci à Yves Giroud qui illustre ce numéro), langages qui traduisent les langues spécialisées de l’école (Line Audin), voire langages qui sont des codes entre le réel et nous (langage scientifique, et notamment celui des statistiques), posant la question de l’adéquation de ce terme pour les champs de connaissance (“Les maths ne sont pas un langage”).

Dans sa profusion et ses limites (bon nombre d’articles seront publiés dans des numéros ultérieurs, tant le thème est riche et a occasionné de contributions), ce numéro se veut partage (la parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui écoute, disait Montaigne) mais aussi recherche et exigence : dans un monde où se multiplient les langues de bois (« Les petits cailloux »), nous avons à reposer la questin-autre-ecole-couv-numero-37-hiver-2014-a-feuilleter-en-ligneon de Moretti (« Mais comment tu parles ? ») qui donne son titre à cet édito. Pour que la maîtrise de la langue soit autre chose qu’un intitulé officiel, pour qu’elle soit aussi un élément fondamental du pouvoir d’agir. Et notre respectueux (mais oui !) et fraternel salut à Alain Rey, qui n’est pas seulement le lexicographe incontesté que l’on sait et certainement l’auteur le plus consulté en France (Petit Robert), mais aussi l’auteur de chroniques délicieusement impertinentes dans le Magazine littéraire: nous le remercions de nous avoir permis d’en publier une.

Jean-Pierre Fournier, N’Autre école, coordonnateur de ce numéro

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> Pour feuilleter en ligne le numéro entier

Éducation physique & sportive (EPS), sexisme et anti-sexisme

vendredi 14 février 2014

PRATIQUES ÉMANCIPATRICES EN EPS : LIBÉRER LES CORPS

Article d’un militant de la CNT éducation 59/62 publié dans le n°36 de N’Autre école

 

fem54Commençons par une déclaration qui n’étonnera personne : l’éducation physique et sportive (EPS) est un monde masculin. C’est d’ailleurs la seule discipline où l’écart de notes est favorable aux garçons (c’est également la seule discipline qui différencie des barèmes selon le sexe).

On peut distinguer parmi les activités physiques des activités dites masculines et des activités dites féminines (il y a également des activités dites neutres). Pour Louveau, c’est un peu « sport pour eux, corps pour elles » (cf. l’article Au-delà des Jeux olympiques de Sydney. Femmes sportives, corps désirables paru dans Le Monde diplomatique), le sport regroupant les activités de compétition et de performance, et le corps désignant les activités d’entretien de soi et de développement (fitness, yoga, etc.). Dans notre société capitaliste et patriarcale, ce sont évidemment les pratiques sportives qui sont les pratiques dominantes. Ce sont elles qui ont été prises comme référence par l’école.

En EPS, les activités pratiquées en majorité sont donc des pratiques dites masculines : elles sont traditionnellement plus pratiquées par les hommes et correspondent plus à leurs valeurs (dépassement des limites, prise de risque, compétition). Ceci a tendance à favoriser les garçons et provoquer l’échec et l’exclusion des filles. Par exemple, la programmation de l’activité rugby au collège (ou le tennis de table, ou le saut en hauteur, ou la boxe française, etc.) favorisera d’emblée les garçons, ceci en grande partie car leurs pratiques et leurs motivations sont en général beaucoup plus tournées vers le défi, le combat, la performance, l’agressivité, aussi bien dans leurs activités physiques, leurs jeux, que dans l’ensemble de leur vie sociale.

(suite…)

Grève et assemblée générale le 14 novembre contre la réforme des rythmes scolaires

mardi 12 novembre 2013

horlogeTrouver le bon rythme, c’est être en grève jeudi 14 novembre contre la réforme Peillon. Une réforme bâclée et inadaptée qui focalise l’échec scolaire sur un aspect majeur du rôle de l’école : la gestion du temps.

D’un point de vue économique, cette réforme ne résout en rien la question des inégalités scolaires et les aggrave même comme le démontrent certaines communes rurales qui l’ont stoppée dès cet automne, faute de moyens financiers et humains.

Chaque commune se trouve en effet à devoir faire avec ses propres ressources, le désengagement total de l’État n’assurant plus une certaine volonté – même mince – de répartir les richesses nationales. Ce désengagement révèle les vrais tenants et aboutissants de cette réforme : réduire le « déficit public », lobby capitaliste s’il en est !

D’un point de vue des rythmes, cette réforme qui prétendait alléger la semaine de classe l’a en réalité alourdie, augmentant le temps de collectivité subie et supprimant la pause en milieu de semaine, même pour les enfants fréquentant les centres de loisirs. La fatigue accrue est flagrante, aussi bien chez les enseignant-e-s, les personnels des écoles, les animateurs que chez les enfants.

D’un point de vue pédagogique, cette réforme repose sur une conception hiérarchisée des savoirs, des disciplines scolaires et de la culture. Elle met en péril les activités sociales et culturelles par le plus grand nombre, en les excluant des pratiques de classe, en réduisant l’offre des différentes structures, captées par la demande municipale, en réduisant le temps libre de tout le monde, enfants et adultes confondus.

C’est une réforme à marche forcée qui fait la part belle aux logiques libérales : temps éducatifs morcelés, enfants sur-occupés et compétition de tous contre tous ! Elle fait suite aux précédentes réformes (à chaque ministre la sienne) et réaffirme la connivence idéologique des différents gouvernements, quelle que soit l’alternance portée au pouvoir.

Alors oui, il faut une autre école, mais pas celle du « socle commun de connaissances et de compétences » consigné dans un « livret de compétences », cette école du capital qui, depuis ses origines, est une école contre le peuple.

Pour une révolution pédagogique et sociale, la CNT appelle à la grève le 14 novembre ! Et à voter la reconduction partout où ce sera possible, enseignants et personnels des écoles réunis.

CNT éducation 59/62
(à partir du communiqué CNT-FTE publié ce jour)

Assemblée générale des enseignants du 1er degré, des personnels municipaux
(animateurs & agents de restauration scolaire) et des parents d’élèves :
à 10h30, mairie de Lille, salle sous le beffroi
(à l’initiative de la CGT)

Infos éducation

mercredi 30 octobre 2013

instruire-pour-emanciper-cnt-educationRéforme des rythmes scolaires :
nouvelle affiche argumentaire de la fédé CNT éducation

A propos des journées de rattrapage
http://www.cnt-f.org/fte/?Journees-de-rattrapage-foutage-de

A propos de la note de vie scolaire :
http://www.cnt-f.org/fte/?Adieu-la-note-de-vie-scolaire

A propos des Assises de l’éducation prioritaire :
http://www.cnt-f.org/fte/?Assises-de-l-education-prioritaire

Dans l’Éducation nationale comme ailleurs : l’extrême droite n’a pas sa place !

vendredi 11 octobre 2013

Communiqué de la fédé SUD éducation, de la fédé CNT éducation et de la CNT-SO :

Le samedi 12 octobre, le Front national lancera son “Collectif Racine” censé matérialiser le ralliement d’enseignant-es au parti d’extrême droite. En fait de ralliement, ils ne seront tout au plus que quelques dizaines… pour près d’un million de personnels enseignant-es et d’éducation.

Nous affirmons que les valeurs défendues par l’extrême droite sont contraires à celles au nom desquelles nous agissons au quotidien. Syndicalistes, nous luttons pour l’égalité des droits et une société débarrassée de toute discrimination : l’extrême droite est notre pire ennemie. Pour nous une injustice faite à l’un ou l’une est une injustice faite à toutes et tous. Enseignant-es et personnels d’éducation, nous accompagnons nos élèves dans la découverte et l’apprentissage des valeurs de tolérance, de respect, d’égalité et de solidarité, pour qu’ils deviennent des individus libres. Nous les mettons en garde contre les régimes dictatoriaux et autoritaires que nos sociétés ont pu connaître par le passé.

Aujourd’hui, la “lepénisation des esprits” a fait des ravages et ce n’est pas en s’attaquant aux Roms comme le fait Valls qu’on y mettra un coup d’arrêt. À ce titre, nous luttons contre toutes les politiques de discrimination, d’où qu’elles viennent. Nous rejetons viscéralement les “idées” du FN : racisme, homophobie, ultra-libéralisme, retour des femmes au foyer, anti-syndicalisme et politique sécuritaire… C’est en nous mobilisant contre toutes les régressions de nos droits sociaux et démocratiques et pour des alternatives sociales que nous mettrons un coup d’arrêt à la menace fasciste.

Nous appelons les personnels de l’éducation à la plus grande vigilance antifasciste et antiraciste, à rejeter et dénoncer toute action ou initiative du “Collectif Racine” et à se mobiliser contre les idées d’extrême droite et les structures et partis qui lui sont liés.

FN-eteindre-la-flammeFédération SUD éducation, FTE-CNT, CNT-SO
le vendredi 11 octobre 2013

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