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Éducation : exigeons le retrait du « livret scolaire unique » !

dimanche 5 février 2017

Le bulletin Classes En Lutte (cf. lien de téléchargement ci-dessous) consacre son numéro de février 2017 au LSU (livret scolaire unique). La fédération CNT des travailleuses et travailleurs de l’Éducation y expose brièvement les raisons majeures pour lesquelles elle exige le retrait de ce nouveau livret qui lui apparaît comme un outil de fichage généralisé des élèves du CP à la 3e. Pour permettre aux parents et enseignant.es de s’y opposer collectivement, un modèle de motion pour les Conseils d’école ou CA de collège est proposé en page 2.

Sur le même sujet et parallèlement à ce numéro de Classes En Lutte, la CNT éducation a réalisé un argumentaire plus détaillé (cf. liens de téléchargement ci-dessous).

Liens de téléchargement de Classes En Lutte et de l’argumentaire :

Touche pas à ma ZEP !

lundi 9 janvier 2017

En 2015, le statut des Zones d’Éducation Prioritaire (ZEP) a été supprimé au profit des « politiques de la ville ». Cette suppression a entraîné une importante instabilité des équipes par une hausse des départs, une diminution des titulaires, des postes non pourvus. C’est pour ces raisons que depuis septembre 2016 des établissements anciennement ZEP se mobilisent afin que les moyens encore existants restent en place, qu’une carte complète des zones prioritaires soit fixée et qu’un statut unique soit établi pour les établissements. Dans la région, des établissements comme le lycée Romain Rolland à Amiens, le lycée Kestler à Denain et le LP Curie à Oignies ont rejoint le mouvement. Un appel national à la grève a été posé pour le jeudi 19 janvier 2017 avec une manifestation centrale à Paris (rdv à 13h, place de la Sorbonne). Pour la suite, la date du vendredi 27 janvier 2017 est avancée. Afin de suivre les actions, un collectif intitulé Touche pas à ma ZEP ! a été créé. Il regroupe les personnels, parents et élèves en lutte. En savoir plus : www.tpamz.levillage.org

Appel de la CNT éducation pour la grève générale du 14 juin contre la loi Travail

mercredi 8 juin 2016

Aujourd’hui, c’est le privé qui est attaqué. Demain, ce sera le public ! Tou.te.s contre la loi Travail !

La loi Travail, c’est quoi ?

greve-generale-educationAujourd’hui, le Code du travail garantit les droits de base des salarié.e.s sur le temps et les conditions de travail, le paiement des heures supplémentaires, etc. Un accord local ne peut être signé que s’il est plus favorable aux salarié.e.s que l’accord de branche. Un accord de branche ne peut être signé que s’il est plus favorable aux salarié.e.s que les dispositions des conventions collectives nationales. L’article 2 de la loi Travail met fin à cette situation : c’est l’inversion de la hiérarchie des normes. Un accord moins favorable aux salarié.e.s que les accords de branche ou nationaux pourra être signé !

La loi Travail permet aussi aux employeurs :

  • de faciliter les licenciements économiques en augmentant leurs critères ;
  • d’imposer aux salarié.e.s l’allongement et la flexibilité de la durée du travail, notamment en augmentant la durée de la journée et en fractionnant les temps de repos obligatoires ;
  • de contourner des accords syndicaux (surtout quand ils sont favorables aux salarié.e.s !) par la mise en place d’un référendum au sein de l’entreprise ;
  • de faciliter la réduction des salaires en élargissant les critères de calcul de baisse de l’activité de l’entreprise ;
  • de restreindre les possibilités d’intervention de la médecine du travail…

Il s’agit quasi exclusivement de mesures susceptibles de dégrader les conditions de travail des salarié.e.s.

L’Éducation directement touchée

De nombreux personnels de l’Éducation ont des contrats précaires (de type CUI, CDD). Certains sont même des vacataires (agents techniques, AVS, personnels administratifs, personnels d’animation… ). Parmi ces contrats, certains sont de droit privé. Des personnels seront donc sous la coupe de cette loi !

Les fonctionnaires dans la ligne de mire du gouvernement

La logique de la loi Travail est déjà présente dans le rapport Laurent sur la fonction publique, rapport que Manuel Valls a tenté d’escamoter au vu de l’ampleur de la contestation actuelle. Selon ce rapport, les fonctionnaires travailleraient en moyenne quinze jours de moins que les salarié.e.s du privé. Sa conclusion est simple : il faut allonger le temps de travail des fonctionnaires ! Une ATSEM, selon le rapport, travaillerait 1553h par an. Il faudrait donc lui supprimer au moins une semaine de congés…

Les mesures préconisées ont leurs équivalents dans la loi Travail :

  • réduction des congés (suppression du rattrapage de RTT en cas de congés maladie, suppression des congés supplémentaires pour les jours fractionnés) ;
  • allongement du temps de travail (les temps de pause et de repas ne seraient plus comptés dans le temps de travail) ;
  • réduction des autorisations spéciales d’absence pour le décès d’un proche, un enfant malade, etc. ;
  • réduction des rémunérations (actuellement un temps partiel de 80% est rémunéré 85,7% du traitement plein et un temps partiel de 90% est rémunéré 91,4% ; le rapport préconise de revenir à une stricte proportionnalité ; comme ce sont les femmes qui majoritairement ont recours aux temps partiels, ce seront elles les premières touchées !).

Tou.te.s en grève et dans la rue mardi 14 juin !

Nous devons collectivement nous organiser et nous battre contre ces régressions de nos conditions de travail qui affecteront en premier lieu les précaires et les personnels de catégorie C dans l’Éducation. Ce gouvernement veut faire passer ces mesures régressives à coups de 49.3, de matraques et de condamnations. Ne nous laissons pas faire !

> Vidéo d’appel pour le 14 juin et départ en autocar à partir de Lille

La fédération CNT éducation se dote d’une nouvelle revue

mercredi 7 octobre 2015

La fédération CNT des travailleuses et travailleurs de l’Éducation (FTE) vient de sortir une nouvelle revue. Son titre : « La Mauvaise Herbe ». Et sous ce titre une question : « Qu’est-ce qu’une mauvaise herbe sinon une plante dont on n’a pas encore découvert les vertus ? ». Vous pouvez vous abonner à cette nouvelle revue (12 euros pour 4 numéros) en écrivant à : CNT-FTE, 33 rue des Vignoles, 75020 Paris.

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Éducation : grève le 11 juin dans le second degré

dimanche 31 mai 2015

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Manifestation régionale : rendez-vous à 11h, porte de Paris, Lille
Tract de l’intersyndicale régionale : cliquer ici
Tract de la CNT : voir ci-dessous

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Dans l’Éducation comme ailleurs, l’austérité n’est pas une fatalité, toutes & tous en grève le 9 avril !

lundi 30 mars 2015

Jeudi 9 avril aura lieu une grande grève interprofessionnelle contre les politiques d’austérité ; cela dans un contexte de fortes régressions pour l’emploi, les salaires, la protection sociale, l’avenir des services publics et, cerise sur le gâteau, le droit du travail (cf. projet de loi Macron).

greve-generale-educationL’Éducation n’échappant pas à l’austérité et à tous les maux qui l’accompagnent, la CNT éducation 59/62 se joint à l’appel à la grève de l’intersyndicale nationale du secteur privé (CGT, FO et Solidaires), à celui de l’intersyndicale nationale de la fonction publique (FO, CGT, Solidaires, FA-FP et FSU) ainsi qu’à celui de la Confédération nationale du travail (CNT) et de son union régionale interprofessionnelle.

La CNT éducation 59/62 appelle ainsi tous les personnels et usagers du premier degré, du second degré et des universités à cesser le travail le 9 avril et à envisager d’ores et déjà les suites à donner au mouvement.

Condamnations et revendications :

La CNT éducation 59/62 condamne le gel des traitements, la précarité d’un nombre important de personnels, la priorité donnée à l’apprentissage au détriment de l’enseignement professionnel public, les attaques contre le service public d’orientation et contre les REP (dont certaines écoles et certains établissements sont exclus de façon arbitraire), la mise en place aberrante de la réforme des rythmes scolaires, la détérioration des conditions d’apprentissage de nos élèves, les dérives hiérarchiques et managériales, l’alourdissement du nombre d’élèves par classe, la future réforme des collèges qui va notamment renforcer la concurrence entre les établissements ainsi, bien sûr, que le « pacte de responsabilité » (qui ampute de 50 milliards la protection sociale et les services publics).

Elle exige l’augmentation des traitements, salaires et pensions, le rétablissement de tous les postes éducatifs (COP, CPE, enseignant.e.s, RASED…) et sociaux (AS, infirmier.es…) supprimés sous la présidence Sarkosy, le recrutement massif de personnels titulaires à la hauteur des besoins réels, la titularisation sans conditions des précaires (AVS-AESH, AED-AP, personnels en contrats aidés…), la mise en place d’aides et de formations visant à promouvoir les pédagogies émancipatrices et coopératives, l’amélioration du système de protection sociale.

Enfin, elle tient à réaffirmer les raisons pour lesquelles combattre la loi Macron constitue un enjeu majeur pour les travailleur.ses de tous les secteurs, y compris celui de l’Éducation. Tout d’abord, la loi Macron s’inscrit directement dans la logique des politiques d’austérité menées par le gouvernement à la demande du patronat ces dernières années. L’ANI, le pacte de responsabilité, les exonérations de cotisations patronales, la facilitation des licenciements, la remise en cause directe du Code du travail sont autant de mesures qui dans le secteur privé font écho aux problématiques que les personnels de l’Éducation combattent tous les jours. Ensuite, comme le montre la banalisation du travail le dimanche, la loi Macron relève d’une logique globale de libéralisation du temps de travail. Après avoir réaffirmé que le temps de travail des enseignant.es était bien de 1.607 heures par an, et s’étendait donc bien au- delà du temps de travail passé devant la classe, le gouvernement tente via la loi Macron de s’attaquer au temps de travail du privé, et cela alors qu’il a déjà évoqué la prochaine étape de ce processus qui concerne l’ensemble des secteurs d’activité : la remise en cause des 35 heures ! Pour terminer sur la loi Macron et l’Éducation, il faut savoir que la mise à mort des prud’hommes concerne directement plusieurs dizaines de milliers de salarié.es de l’Éducation nationale encore employé.es sous des contrats de droit privé ; et en premier lieu les AVS/AESH sous contrats CUI pour qui les tribunaux des prud’hommes ont permis ces dernières années d’obtenir le respect du droit à la formation professionnelle et la requalification de leurs contrats en CDI. Avec la loi Macron, les collectifs de précaires qui défendent leurs droits n’auront pratiquement plus la possibilité de recourir collectivement aux prud’hommes et ne pourront plus non plus être défendus par l’organisation syndicale de leur choix.

greve-manif-9-avril-2015-LilleCNT éducation 59/62

> Télécharger le matériel de mobilisation de la CNT éducation 59/62 : 1 page + 4 pages

> En savoir plus sur la grève interprofessionnelle du 9 avril : clip vidéo, analyses, affiches et tracts de l’union interprofessionnelle de la CNT + manifestations locales à l’initiative de Solidaires et rassemblement régional à Lille à l’initiative de la CNT

> Un appel aux étudiant.es et lycéen.nes à se mobiliser le 9 avril aux côtés des travailleur.ses, chômeur.ses et précaires : clip vidéo

Éducation : stagnation des salaires, manque de postes, précarité, arnaque sur l’éducation prioritaire, gestion managériale des équipes éducatives, etc.

mardi 10 février 2015

Ci-dessous un dossier du syndicat CNT éducation 59/62 réalisé à partir de tracts publiés en janvier 2015 par l’intersyndicale éducation CGT-CNT-SUD 31 ainsi que par les syndicats CNT éducation 69 & 75. Pour le télécharger au format PDF, cliquer ici.

terrains-de-lutte-cnt-educationMobilisons-nous
pour défendre nos conditions de travail
et les conditions d’apprentissage de nos élèves !

La plupart des luttes menées actuellement dans l’éducation se rejoignent autour des mêmes constats critiques à l’égard des politiques d’austérité : précarisation massive des personnels dans tous les secteurs liés à l’éducation, non prise en compte des besoins des enfants/élèves, manque criant de moyens financiers et humains, gestion managériale des équipes éducatives… Toutes ces luttes peuvent sembler sectorielles mais elles ne le sont pas. Nous sommes toutes et tous concerné-e-s ! Aujourd’hui plus que jamais, la nécessité de construire un front commun de lutte et de solidarité (notamment entre titulaires et précaires de droit public et privé) nous apparaît comme indispensable pour gagner sur nos revendications. Face à un gouvernement qui accumule les effets d’annonces et les mesures à moyens constants, entérine les dérives managériales et généralise les primes au mérite, il y a urgence à élaborer collectivement nos priorités pour le service public d’éducation. Plongé-e-s au quotidien dans l’ambigüité du système éducatif français « entre soumission et émancipation, production du savoir et reproduction sociale » (citation extraite de « Feu sur l’école », Manière de Voir, octobre-novembre 2013), c’est à nous, travailleurs et travailleuses de l’éducation de faire avancer notre réflexion pour défendre une autre idée de l’école, « n’autre » idée de l’école. C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

2010-2015 : 5 ans de gel des salaires

Cela fait maintenant 5 ans que les salaires des fonctionnaires stagnent. En cause, la volonté des gouvernements successifs de faire des économies sur le dos du service public et des fonctionnaires par le gel du point d’indice (acté au moins jusqu’en 2017). En d’autres mots, les mesures d’austérité menées par le gouvernement nous amènent à nous serrer la ceinture pour payer les effets d’une crise qui n’est pas la notre, mais celle des banques et du capitalisme.

Non à la rémunération au mérite

Attachés aux valeurs de coopération et de solidarité que nous défendons avec les élèves comme avec les collègues, nous refusons catégoriquement toute évaluation hiérarchique et arbitraire. Alors que la seule perspective d’augmentation de nos salaires résiderait dans la multiplication des inspections, nous revendiquons l’augmentation des salaires de toutes les travailleuses et tous les travailleurs de l’éducation !

Combattons la précarité

Dans un même souci de solidarité et d’égalité, nous combattons le recours systématique à de nombreux contrats précaires (AVS-AESH, AED, professeurs contractuels…). En plus d’imposer des conditions de travail déplorables à des travailleuses et travailleurs corvéables à merci, cela crée des inégalités de salaires, de statuts et de nombreux turnover dans les équipes pédagogiques, compliquant ainsi toute velléité de réflexion et de d’action pédagogique collective. Dans beaucoup d’établissements, les postes d’AED (assistant d’éducation) sont supprimés ou transformés en postes CUI (contrat unique d’insertion), encore plus précaires. Cela met en danger l’équilibre et la vie des établissements. Il faut doter la vie scolaire en postes suffisants. Les personnels de vie scolaire pourtant indispensables pour la vie d’un établissement doivent être reconnus et respectés. Il faut en finir avec la précarité !

Rétablissement des 80 000 postes supprimés

Il est urgent de rétablir à minima les 80 000 postes supprimés lors du précédent quinquennat. Nous insistons sur le fait que ces postes doivent être des postes de titulaires accompagné d’une réelle formation et sans condition de concours ; le rétablissement des postes ne saurait aller sans une titularisation massive des collègues contractuels et le développement de nouveaux contrats pérennes pour l’accompagnement des élèves, en remplacement des contrats d’AVS et d’AED. A l’heure où le gouvernement multiplie les attaques contre les travailleuses et travailleurs, il est temps de construire ensemble un mouvement social fort, capable de faire reculer le gouvernement !

Contre la supercherie des DGH

Partout, les DGH * qui tombent dans les établissements montrent que, sous le prétexte de “donner à l’éducation prioritaire”, on pille les établissements dits « classiques ». De fait, on diminue la « quantité » de service public (disparition de l’accompagnement éducatif par exemple) tout en détériorant sa « qualité » (effectifs pléthoriques dans les classes, enseignant-e-s surchargé-e-s de travail et d’heures supplémentaires,…). Pourtant, des établissements entrant en éducation prioritaire voient leur DGH insuffisamment abondée, voire en baisse.

* DGH (Dotation Globale Horaire) : enveloppe d’heures d’enseignement octroyée à un établissement par l’inspection académique (pour les collèges) ou par le rectorat (pour les lycées) qui en déterminent le montant en fonction des effectifs prévus d’une année à l’autre, des options ou des spécialités proposées et des diverses voies d’orientation après la seconde.

 
Malaise et colère dans le secteur péri-scolaire

Dans les centres municipaux d’accueil et de loisirs péri-scolaires, la politique d’austérité et la réforme des rythmes scolaires mettent à mal les conditions de travail (qui ne sont déjà pas très bonnes) des animateurs mais aussi la qualité de l’accueil des enfants. La dégradation du taux d’encadrement est à prévoir : au lieu d’un adulte pour 14 enfants actuellement, ce sera certainement très bientôt un pour 18, voire un pour 30.

Arnaque sur l’éducation prioritaire

Des établissements ayant déjà appartenu à l’éducation prioritaire ou qui en relevaient sont écartés de la réforme : c’est le cas des lycées et des LP. Par ailleurs, même pour les écoles et collèges labellisés REP/REP+, la réforme est très loin d’être satisfaisante ! Les moyens nécessaires à l’application de la réforme ne sont pas là ! REP+ = Rien En Plus ? D’autre part, la réforme de l’éducation prioritaire trahit une revendication souvent avancée par les personnels sur le terrain : une réelle diminution du temps de travail devant élèves afin de laisser aux équipes le choix d’organiser la concertation nécessaire. La pondération proposée se traduira à coup sûr par une augmentation des heures supplémentaires… Par ailleurs, ces mesures ignorent le premier degré (mis à part quelques miettes) et fait table rase de la question des RASED (alors que 3700 postes d’enseignants spécialisés ont été supprimés entre 2007 et 2012). Et quid des autres personnels ? Quid des services médicaux-sociaux, de vie scolaire, d’orientation ? Quid d’un seuil maximum d’élèves par classe ? Quid d’une réflexion sur les contenus d’enseignements et les pédagogies à mettre en œuvre ? Quid d’une réflexion sur les savoirs à construire ? Face à ces interrogations, on nous propose une nouvelle mouture du « socle », maintenant appelé “référentiel”. Quelle différence entre l’original et la copie ? Aucune. Le « socle » pour la majorité, les enseignements complémentaires pour l’élite et le soutien pour les autres ? Exigeons une vraie réflexion sur l’éducation prioritaire, engageant les acteurs et actrices de terrain !

Contre l’inspection-notation

L’inspection est censée assurer deux fonctions : conseiller et sanctionner. Or, ces deux opérations s’excluent. L’inspecteur donne des conseils, c’est vrai, parfois. Toutefois, que vaut un conseil quand l’inspecteur n’a pas les mêmes lubies que le précédent (ou le suivant) ? Que vaut un conseil figé dans un rapport ? Que vaut un conseil donné par quelqu’un qui ne pratique plus le métier depuis des années, s’il ne l’a jamais pratiqué ? Une inspection est un acte d’autorité. Même chargé de bonnes intentions, un inspecteur, c’est toujours un inspecteur. Cette subordination hiérarchique tend à l’infantilisation : plaire ou ne pas plaire à l’inspecteur. Pour nous, il ne saurait y avoir de collaboration pédagogique en dehors du cadre collectif et égalitaire d’une équipe. D’autre part, une inspection, c’est une note. Nous refusons la venue d’une personne qui ne vient que pour juger, faire un rapport et mettre une note. S’il est absurde d’évaluer le travail d’un élève sur un seul exercice, cela l’est tout autant pour le travail des enseignants. La notation, c’est le chantage à l’avancement au choix, à la mutation. Elle ne vise qu’à créer des inégalités dans le déroulement des carrières. L’inspection est une institution rétrograde qui fait partie d’un système social fondé sur la hiérarchie. Nous ne l’acceptons pas. Enfin, concernant ceux et celles d’entre nous qui font le choix militant de refuser l’inspection, rappelons qu’il ne s’agit pas d’un refus d’ouvrir sa classe à un regard extérieur, les « refuseux » estimant bien au contraire que la confrontation des pratiques est nécessaire.

Restons soudé-e-s ! Pas de division !

Les réformes successives et la mise en place de l’autonomie des établissements ont fait exploser les cadres nationaux tout en permettant de masquer la pénurie organisée des moyens. Désormais, c’est la mise en concurrence des établissements, des écoles et des collègues qui prévaut pour la gestion des moyens alloués Chaque établissement doit « se vendre » afin de pouvoir mettre en place sa propre politique éducative. Ne nous laissons pas diviser !

Revendications générales
à toute l’éducation

  • Augmentation de point d’indice (rattrapage du retard salarial accumulé depuis 2010) et revalorisation générale des salaires de tous les personnels.
  • Arrêt de la précarisation, titularisation sans condition de tous les personnels précaires (de la maternelle à l’université) pour un réel travail d’équipe et une meilleure prise en charge des élèves, recrutement massif de collègues sur des postes statutaires.
  • Formation initiale et continue répondant réellement aux besoins d’acquisition des savoirs et savoirs faire professionnels, informant et formant aux pédagogies émancipatrices.
  • Attribution immédiate des moyens humains et matériels nécessaires à tous les établissements scolaires ainsi qu’à toutes les structures rattachées à l’école (centres municipaux d’accueil et de loisirs péri-scolaires). En terme de postes, rappelons qu’en 2012 la France avait un des taux d’encadrement les plus faibles de l’OCDE (5 enseignants pour 100 élèves en moyenne) contre 9 pour le Portugal ou la Suède.
  • DGH à la hauteur des besoins, sans heures supplémentaires.
  • Baisse des effectifs par classe.
  • Réduction du temps de travail avec généralisation de la pondération pour tous.
  • Respect du droit à une éducation de qualité pour tous avec une prise en compte réelle des difficultés scolaires et sociales de nos publics.

Revendication spécifiques
à l’éducation prioritaire

  • Application de critères sociaux transparents pour définir les écoles et les établissements relevant de l’éducation prioritaire.
  • Application des pondérations pour tenir compte de la pénibilité du travail.
  • Heures postes pour l’ensemble des dispositifs de l’éducation prioritaire (non aux heures supplémentaires !).
  • Indemnités REP pour tous les personnels travaillant en éducation prioritaire (enseignants, documentalistes, administratifs, vie scolaire, collectivités territoriales, …).
  • Réduction et limitation des effectifs par classe + fixation de seuils nationaux.
  • Pérennisation des postes, sans postes à profil.
  • Créations des postes médico-socio-éducatifs nécessaires.
  • Pas de fléchage hiérarchique des concertations.

Organisons-nous sur nos lieux de travail en assemblées générales
et faisons des tournées d’établissement
afin de populariser l’idée d’une grève reconductible
seule à même de faire aboutir nos revendications !

À propos de la grève :

À chaque nouvel appel à la grève, on entend les mêmes remarques dans les salles de maîtres et de profs : « La grève, ça coûte cher et ça ne rapporte rien », « On ne gêne personne, surtout depuis l’instauration du SMA * », « Les journées ’’ballon’’, ça suffit, il faut une grève reconductible »… Il est vrai que, depuis plusieurs années, seules quelques grèves locales ou sur des revendications très précises (ouvrir une classe, refuser l’expulsion d’un élève, etc.) ont vu leurs revendications satisfaites. Sur le plan national, on s’aperçoit que les journées de grève de 24 heures, même massives, ne suffisent pas à obtenir une augmentation de salaire ou le retrait d’une réforme. D’où la nécessité de populariser l’idée de « grève reconductible jusqu’à satisfaction des revendications ». En attendant que les conditions d’un tel mouvement de lutte radical et prolongé soient réunies, la CNT éducation 59/62 participe néanmoins aux grèves de 24 heures car c’est un des seuls temps que nous pouvons nous offrir pour mener collectivement une réflexion sur ce que nous voulons et ce que nous refusons, c’est une manière d’arrêter le temps, le temps du travail, de la pression hiérarchique, des programmes, de la course quotidienne, pour se poser des questions, rencontrer d’autres collègues, affirmer que nous avons notre mot à dire sur la manière dont nous envisageons notre métier, parler avec les parents d’élèves. Bien sûr, la CNT éducation 59/62 ne s’associe pas formellement à tous les appels à la grève lancés par les autres syndicats (notamment lorsqu’ils ne s’inscrivent pas dans une démarche d’unité d’action). Toutefois, même dans ce cas, les réalités de terrain étant diverses (mobilisations locales menées par des intersyndicales ou des comités de grève unitaires, possibilités de constituer localement un point d’appui pour les luttes, etc.), la CNT éducation 59/62 se trouve du côté des grévistes.

* SMA : Service Minimum d’Accueil (loi obligeant les municipalités à accueillir les élèves du 1er degré si le taux prévisionnel de grévistes est supérieur ou égal à 25%).

 
> Position de la CNT éducation 59/62 à propos de la grève du 3 février 2015

Position de la CNT éducation 59/62 sur la grève du 3 février

lundi 19 janvier 2015

greve-education-3-fevrier-2015Mardi 3 février 2015, la FSU et ses syndicats (Snes, Snuipp, etc.) appellent les personnels de l’Éducation à se mettre en grève pour l’emploi, les conditions de travail, la formation et les salaires.

Lancée sans concertation avec les autres organisations syndicales, cette grève apparaît un peu comme une opération de promotion de la FSU, ce qui est bien sûr tout à fait son droit mais qui pose problème en matière d’action unitaire.

Dans le Nord Pas-de-Calais, la CNT éducation a décidé de ne pas s’associer formellement à cet appel.

Toutefois, les réalités de terrain étant diverses (établissements déjà en lutte, mobilisations locales menées par des intersyndicales ou des comités de grève unitaires, possibilités de reconduire le mouvement…), à chaque fois que cette journée pourra constituer localement un point d’appui pour les luttes, la CNT éducation se trouvera du côté des grévistes.

> Télécharger cette position au format pdf
 

terrains-de-lutte-cnt-educationTract de la CNT éducation 59/62 sur la stagnation des salaires, le manque de postes, la précarité, l’arnaque sur l’éducation prioritaire, la gestion managériale des équipes éducatives, l’inspection-notation, etc. : mobilisons-nous pour défendre nos conditions de travail et les conditions d’apprentissage de nos élèves !

Éducation prioritaire : les REP dans la rue !

mercredi 3 décembre 2014

Durée : 55 secondes
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Éducation prioritaire :
donner plus à ceux & celles qui en ont moins !

L’éducation prioritaire est un dispositif qui, dans les écoles et les collèges, tente de pallier les inégalités socio-culturelles pour contribuer à la réussite scolaire des enfants de milieux populaires. La nouvelle carte des réseaux d’éducation prioritaire (REP, ex ZEP) sera officialisée début 2015. Elle s’inscrit dans le cadre des politiques anti-pauvres menées par le gouvernement. En effet, pour ce dernier, il s’agit de détruire peu à peu l’éducation prioritaire, en commençant d’abord par une réduction du nombre d’établissements et de quartiers « bénéficiant » du dispositif.

Dans le Nord Pas-de-Calais, pour des raisons de “redéploiement” (technique consistant à déshabiller Pierre pour habiller Paul), 11 collèges ainsi que les écoles maternelles et élémentaires qui y sont rattachées * devraient sortir du dispositif, ce qui va entraîner pour eux une baisse de moyens **. Des opérations « écoles et collèges morts » (menées par les parents d’élèves) et des grèves (de personnels) ont eu lieu ces derniers jours. D’autre part, le 3 décembre 2014, des parents d’élèves mobilisés et plusieurs syndicats de l’Éducation (dont celui de la CNT 59/62) appelaient à un rassemblement devant le rectorat de Lille pour : 1) dénoncer le budget actuel, enveloppe fermée entraînant une politique à moyens constants alors que la situation nécessiterait de mettre le paquet pour les classes populaires – 2) dénoncer l’inégalité de traitement par rapport à d’autres académies – 3) dénoncer l’opacité des critères en matière de création ou de suppression de réseaux – 4) peser sur le ministère dans le but d’obtenir la création dans la région de réseaux supplémentaires (sans aucun redéploiement). Le rassemblement qui a réuni 400 personnes (dont de nombreux parents accompagnés de leurs enfants) s’est mué très vite en manifestation et s’est déplacé, pères Noël y compris, jusqu’à la préfecture du Nord. De nouvelles actions seront organisées prochainement avec comme objectif de maintenir la pression jusqu’au comité ministériel du 17 décembre.
 

* Liste des communes concernées : Comines, Poix-du-Nord, Wallers, Bully-les-Mines, Calonne-Ricouart, Carvin, Guînes, Hersin-Coupigny, Leforest, Noyelles-sous-Lens, Rouvroy.
** Pour les collèges : augmentation du nombre d’élèves par classe et diminution des heures d’accompagnement. Pour les écoles : équipes enseignantes moins stables, fermetures de classes, augmentation du nombre d’élèves par classe et remise en cause de l’accueil des 2 ans en maternelle.

Réseaux d’éducation prioritaire : rassemblement le 3 décembre à Lille devant le rectorat

lundi 3 novembre 2014

REP-reseaux-education-prioritaire-affiche-CNT-education-Nord-Pas-de-CalaisDes parents d’élèves et plusieurs syndicats de l’Éducation (AD, CGT, CNT, FO, FSU, SNALC, SUD) appellent à un rassemblement mercredi 3 décembre 2014 à 14h30 devant le rectorat de Lille (à l’angle de la place aux Bleuets et de la rue Saint-Jacques) dans le cadre de la défense des 11 REP de l’académie menacés de suppression à la rentrée 2015 *.

Objectifs :

  • dénoncer l’opacité des critères ainsi que l’enveloppe fermée et l’inégalité de traitement par rapport à d’autres académies,
  • peser fortement pour obtenir du ministère des réseaux supplémentaires sans aucun redéploiement.

Des préavis ont été déposés par plusieurs organisations syndicales pour couvrir tous les établissements qui décideraient de se mettre en grève dans les jours et les semaines qui viennent afin de lutter contre la nouvelle carte de l’Éducation prioritaire et de dénoncer les conditions de la rentrée 2015. Sur les mouvements de grève d’ores et déjà annoncés, voir ici.

* La nouvelle carte des réseaux d’éducation prioritaire (REP) sera officialisée début 2015. On sait d’ores et déjà que le Nord Pas-de-Calais va se voir attribuer plusieurs réseaux supplémentaires. Mais, pour des raisons comptables et de redéploiement, 11 collèges de la région (ainsi que les écoles maternelles et élémentaires qui y sont rattachées) devraient malheureusement sortir du dispositif, ce qui – pour ces établissements – va entraîner une baisse de moyens, moyens pourtant indispensables pour tenter de pallier les inégalités socio-culturelles et contribuer ainsi à la réussite scolaire des enfants de milieux populaires ! Liste des communes concernées : Comines, Poix-du-Nord, Wallers, Bully-les-Mines, Calonne-Ricouart, Carvin, Guînes, Hersin-Coupigny, Leforest, Noyelles-sous-Lens, Rouvroy.

Éducation prioritaire : non à la suppression de 11 REP dans l’académie !

dimanche 2 novembre 2014

pour-une-education-emancipatrice-sociale-et-populaire-CNT-education-59-62La nouvelle carte des réseaux d’éducation prioritaire (REP) sera officialisée début 2015. On sait d’ores et déjà que le Nord Pas-de-Calais va se voir attribuer plusieurs réseaux supplémentaires. Mais, pour des raisons comptables et de redéploiement, 11 collèges de la région (ainsi que les écoles maternelles et élémentaires qui y sont rattachées) devraient malheureusement sortir du dispositif, ce qui – pour ces établissements – va entraîner une baisse de moyens, moyens pourtant indispensables pour tenter de pallier les inégalités socio-culturelles et contribuer ainsi à la réussite scolaire des enfants de milieux populaires ! Liste des communes concernées : Comines, Poix-du-Nord, Wallers, Bully-les-Mines, Calonne-Ricouart, Carvin, Guînes, Hersin-Coupigny, Leforest, Noyelles-sous-Lens, Rouvroy.

> Rassemblement le 3 décembre 2014 à Lille devant le rectorat

A propos de la situation dans l’Éducation

mardi 27 septembre 2011

Ça y est ! Ils l’avaient promis, ils l’ont fait : plus de 50 000 postes supprimés en 4 ans dans l’Éducation… Quelle entreprise privée – puisque c’est leur modèle – supporterait une telle saignée sans s’effondrer ? Quasiment plus aucune école, plus aucun bahut n’est épargné ou ne perçoit pas directement les conséquences des réductions de postes.

Alors, les effectifs des classes augmentent tranquillement : même dans les quartiers populaires la « règle » des 25 élèves par classe n’est plus respectée.

Alors, nos conditions de travail se dégradent chaque jour : misères sociales et économiques allant croissantes avec la crise, on se retrouve avec de plus en plus de gamins pétant des câbles dans nos classes, parfois violents tant leur détresse est grande et nous sommes incapables d’y faire face faute de moyen humain, de temps, et surtout d’une école respectueuse de l’enfance et de l’adolescence. La suppression des RASED et des structures de prévention ou de soin fait qu’on parque tous ces gamins pêle-mêle quels que soient leurs maux dans des classes « clis » ou « ulis », pris en charge par des enseignants non formés ! Comment pourrait-il d’ailleurs y avoir encore une formation spécialisée lorsque c’est toute formation au métier d’enseignant qui est supprimée depuis l’année dernière ?

Alors, on assiste au délitement progressif de notre statut au profit d’une gestion individualisée de nos parcours professionnels, bientôt de nos salaires, avec la mise en place cette année des ECLAIR : les principaux de collèges peuvent commencer à recruter qui bon leur semble, sur « profil ». Bientôt, les directeurs/directrices d’école qui ne seront plus des pair-e-s mais des supérieur-e-s hiérarchiques feront de même. Tou-te-s nous feront passer des entretiens individuels qui permettront de moduler nos salaires, donner une prime aux « méritant-e-s ».

Au quotidien, on voudrait donc que notre métier se réduise de plus en plus à des missions de sélection (les notes, les évaluations nationales, le livret personnel de compétence), de fichage (sconet, base élève).

Pour autant, nous ne sommes pas dupes de la journée « d’action » du 27 septembre 2011 : nous avons déjà fait la même l’année dernière… et l’année d’avant… et celle d’avant encore… Une journée sans lendemain, décidée par des centrales syndicales qui préparent les élections professionnelles qui auront lieu dans quelques semaines et pour lesquelles l’enjeu de cette journée est probablement ailleurs que dans la préparation à une lutte nécessaire. Nous savons donc d’ores et déjà que, ce soir, nos revendications ne seront pas satisfaites… sauf… sauf si nous parvenons à imposer des démarches résolument collectives et massives.

Avoir une démarche collective, c’est s’unir pour réclamer plus de postes non pas pour son école ou son collège mais bien pour toutes les écoles et tous les collèges ; c’est décider ensemble et en assemblée générale des luttes que l’on mène, de leur date et de leur durée.

Ce ne sont pas les élections de mi-octobre, ni même celles du 6 mai 2012 qui nous redonneront tous les postes et les formations perdus. Ce ne sont pas ces votes qui nous permettront de lutter efficacement contre les mouvements actuels de privatisation, individualisation, rentabilisation des services publics du monde entier (ou ce qu’il en reste). Ces destructions sont décidées et initiées internationalement bien au-dessus de tous ces élus, mais avec leur concours.

Alors, s’il est un vote aujourd’hui encore vraiment utile… c’est bien celui de la grève ! Mais d’une vraie grève… celle qui impose un vrai rapport de force, celle qui se bat réellement, jusqu’à la victoire de nos revendications !

> Télécharger ce tract de la CNT éducation (pdf – 1 page – 598 ko)

> Site de la Fédération CNT des Travailleurs/euses de l’Éducation (FTE)

Éducation : non à la suppression de 865 emplois dans la région !

mardi 25 janvier 2011

Le Rectorat de Lille a décidé la suppression de 865 emplois dans le Nord et le Pas-de-Calais : 336 dans les écoles, 470 dans les collèges et lycées, 59 chez les personnels administratifs.

Dans le 1er degré, alors que les effectifs sont en légère augmentation, sont principalement touchés : les écoles maternelles, les écoles élémentaires qui ne sont pas en REP, les intervenants en langues (dont certains sont en CDD depuis plus de 14 ans !), les brigades de remplacement et les RASED (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté).