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Manifestation pour le droit au logement le 21 mars à Bruxelles

mardi 14 mars 2017

Comme l’année dernière à la même date (cf. début du printemps et donc des expulsions locatives), une manifestation pour le droit au logement est organisée le mardi 21 mars à Bruxelles. Rendez-vous à 18h, porte de Namur.

À Bruxelles comme ailleurs en Belgique, les problématiques liées au logement sont de plus en plus importantes. Les loyers ne cessent d’augmenter et le nombre de SDF a fortement augmenté. De plus, suite à un fait-divers monté en épingle dans les médias, un projet de loi visant à accélérer les procédures d’expulsions ainsi qu’à pénaliser le squat a vu le jour et risque d’être voté d’ici deux semaines.

> Appel à la manifestation
> Article sur le projet de loi anti-squat

PS : à Lille, une manifestation pour le droit au logement aura lieu le samedi 1er avril 2017 à l’initiative des APU de Lille-Moulins, Lille-Fives et Vieux-Lille, de la CNL 59 et de l’Indecosa CGT Nord (rendez-vous à 15h sur la Grand’Place).

Belgique : premier bilan de la grève générale du 15 décembre

lundi 15 décembre 2014

la-greve-boite-a-outils-extrait-du-journal-de-la-cnt-format-reduitCe lundi 15 décembre 2014, la Belgique a connu l’une des grèves générales les plus importantes de son histoire. Depuis plusieurs semaines, la pression montait sur le gouvernement de droite dirigé par le libéral Charles Michel. Aujourd’hui, dans tout le pays, l’activité économique a été quasiment arrêtée. Des piquets de grève un peu partout, des barrages routiers et des blocages de zones commerciales & industrielles aux quatre coins du pays, les grands ports flamands fortement perturbés ou fermés à la circulation, les écoles et les crèches complètement fermées, des activités hospitalières réduites au minimum, les services de la poste et du ramassage des ordures paralysés, les programmes des radios publiques remplacés par de la musique (à l’exception des flashes d’info), aucun train, tramway et métro en Flandre et à Bruxelles, quelques rares bus en Wallonie, un espace aérien fermé sur l’ensemble du territoire, des magasins obligés de baisser leurs rideaux face à la pression des grévistes, des secteurs entiers de l’industrie, de la distribution et de l’administration tournant au ralenti ou totalement immobilisés… les travailleurs et travailleuses belges ont montré que ce sont eux/elles qui font tourner l’économie et que, uni.e.s et déterminé.e.s, ils/elles représentent une force considérable.

Bien sûr, ce n’est pas la révolution sociale à laquelle nous aspirons. Mais le fait d’avoir programmé un plan de lutte sur la durée avec des rendez-vous connus à l’avance (cf. notre article précédent) et la radicalité des actions menées lors de ces différents rendez-vous montrent que, s’il s’en donne les moyens, le mouvement syndical possède les armes susceptibles de faire plier gouvernement(s) et patronat. Un exemple à méditer, notamment en France où, depuis trop longtemps, certains syndicats endorment leurs adhérent.e.s et leurs sympathisant.e.s avec des journées de 24 heures sans lendemain et aux formes d’action mollassonnes.

Face à cette situation, Bart De Wever, le dirigeant du N-VA (parti nationaliste flamand) qui n’est pas membre du gouvernement fédéral mais qui est considéré comme le véritable homme fort de la coalition au pouvoir, a dénoncé une grève “politique”. Quant au patronat (frappé au porte-monnaie !), il a pleurniché sur le blocage des entreprises.

Au soir de cette journée mémorable, les syndicats belges continuent à dénoncer les projets du gouvernement fédéral qui, rappelons-le, vise à réaliser 11 milliards d’euros d’économies en 5 ans, refuse de revaloriser les salaires par rapport à l’inflation, prévoit de reculer l’âge légal de départ à la retraite de 65 à 67 ans à partir de 2030 et programme des coupes dans les services publics, les transports et la culture.

Belgique : quelques échos de la mobilisation menée actuellement contre les mesures d’austérité prises par le nouveau gouvernement

mardi 9 décembre 2014

Belgique-greve-generale-15decembre2014Le nouveau gouvernement fédéral belge (cf. note n° 1) est clairement ancré dans une politique réactionnaire. Il entend remettre en cause les droits des travailleurs et travailleuses dans de nombreux domaines (retraite, protection sociale, salaires, temps de travail, indemnisations…) et, pour cela, veut affaiblir le mouvement syndical (remise en cause du droit de grève, du rôle des organisations syndicales, etc.). Mi-octobre, les trois confédérations syndicales belges (FGTB, CSC et CGLSB) ont adopté un plan de mobilisation dans la durée (cf. note n° 2). Cette mobilisation est actuellement bien engagée et la grande grève générale prévue le 15 décembre se prépare activement.

Quelques échos de la mobilisation actuelle :

La manifestation du 6 novembre a été un énorme succès. Quant aux grèves provinciales de fin novembre et début décembre, le mouvement a été bien suivi et, à de nombreux endroits, les grévistes ont monté des barrages pour bloquer les accès aux entreprises. Une telle mobilisation n’avait pas eu lieu en Belgique depuis longtemps.

D’autre part, bien que les porte-paroles officiels du “front commun syndical” affirment que leur objectif n’est pas de faire tomber le nouveau gouvernement fédéral, des voix s’élèvent pour radicaliser le mouvement. Pour un nombre croissant de travailleurs, il ne s’agit plus de demander l’ouverture d’une concertation avec Charles Michel (premier ministre) mais de chasser la coalition actuellement au pouvoir. Parallèlement, les secteurs les plus en pointe dans la mobilisation refusent d’avoir pour perspective le retour au pouvoir de l’ancien gouvernement Di Rupo (PS), estimant que celui-ci a ouvert la voie à la droite et que les socio-démocrates, là où ils sont encore aux manettes (en Wallonie et à Bruxelles), ne font rien pour combattre l’austérité, bien au contraire. C’est dans ce contexte que des syndicalistes de base œuvrent pour que le mouvement syndical cesse de se réfugier dans un apolitisme qui, de fait, laisse la place aux partis. L’indépendance syndicale n’est pas de l’apolitisme ! Certains syndicats ont d’ores et déjà élaboré de véritables programmes alternatifs. Par exemple, à Charleroi et dans le Sud-Hainaut, la FGTB a adopté en congrès un texte intitulé Changer de cap maintenant : 10 objectifs d’un programme anticapitaliste d’urgence. S’il le voulait, le mouvement syndical belge – avec ses 3,5 millions d’adhérent-e-s – serait en mesure d’élaborer et d’imposer une autre politique sociale…

Sur le plan de l’action, des militant-e-s d’horizons divers agissent pour que la mobilisation soit contrôlée à la base (mise en place de comités de grève et d’assemblées générales pour organiser démocratiquement le mouvement et décider collectivement, syndiqué-e-s et non syndiqué-e-s, des suites à mener). Ces militant-e-s œuvrent aussi pour que les dirigeants FGTB, CSC et CGSLB ne concluent pas un accord avec le gouvernement sans une consultation de toutes les personnes mobilisées.

Union régionale CNT 59/62

Notes :

* Le nouveau gouvernement fédéral belge – qui a prêté serment le 11 octobre 2014 – est né d’une coalition de droite entre le MR (parti wallon de centre droite), le CD§V (parti démocrate-chrétien flamand), l’Open VLD (parti libéral flamand) et la N-VA (parti nationaliste flamand). Le premier ministre est le libéral Charles Michel. La N-VA s’est emparé de 4 grands portefeuilles : l’intérieur (pour Jan Jambon), les finances (pour Johan Van Overtveldt), la défense (pour Steven Vandeput), l’asile et la migration (pour Theo Franken).

** 6 novembre 2014 : manifestation nationale à Bruxelles – 24 novembre 2014 : grève tournante dans les provinces du Hainaut, du Luxembourg, du Limbourg et d’Anvers – 1er décembre 2014 : grève tournante dans les provinces de Namur, de Liège, de Flandre occidentale et de Flandre orientale – 8 décembre 2014 : grève tournante dans les provinces du Brabant flamand, du Brabant wallon et à Bruxelles – 15 décembre 2014 : grève nationale – Fin décembre 2014 : évaluation du plan d’action – Début janvier 2015 : reprise des actions si le gouvernement maintient ses projets

Annexe :

Ci-dessous les revendications du “front commun syndical” (FGTB, CSC, CGLSB).

(suite…)

Belgique : mobilisation syndicale contre le nouveau gouvernement

vendredi 7 novembre 2014

Belgique-greve-generale-15decembre2014Le nouveau gouvernement belge qui a prêté serment le 11 octobre 2014 est né d’une coalition de droite entre le MR (parti wallon de centre droite), le CD§V (parti démocrate-chrétien flamand), l’Open VLD (parti libéral flamand) et la N-VA (parti nationaliste flamand).

Signe de l’extrême droitisation du pays, le N-VA a obtenu :
– le ministère de l’intérieur,
– le ministère des finances,
– le ministère de la défense et de la fonction publique,
– le secrétariat d’État à l’asile et la migration,
– le secrétariat d’État à la lutte contre la fraude et la pauvreté.

Autres signes tout aussi inquiétants : le 13 octobre, Jan Jambon – ministre de l’intérieur – a déclaré que les belges ayant collaboré avec l’Allemagne nazie « avaient leurs raisons » (il faut savoir qu’historiquement les nationalistes flamands sont liées à la collaboration nazie) et le 14 octobre, la presse a diffusé l’information selon laquelle Theo Francken – secrétaire d’État à l’asile et à la migration – avait participé le weekend précédent à l’anniversaire des 90 ans d’un membre des VMO (milice d’extrême-droite créée après la seconde guerre mondiale).

Parmi les premiers objectifs annoncés par le nouveau gouvernement, citons notamment :
– la mise en place d’un plan d’austérité,
– une marche arrière concernant le nucléaire (avec possibilité de construire une nouvelle centrale alors que l’ancien gouvernement était pour l’abandon de cette énergie),
– le recul de l’âge de départ à la retraite (67 ans à partir de 2030),
– l’allongement des carrières (avec possibilité de décourager les départs anticipés à la retraite),
– la possibilité d’obliger les demandeurs d’emploi à accepter des travaux d’intérêt général en contre-partie du versement de leurs indemnités chômage…

Face à cette situation, l’intersyndicale – traditionnellement molle et très accommodante avec l’ancien gouvernement (mises à part quelques branches de la FGTB) – a décidé de se mobiliser. Une première manifestation a eu lieu le 6 novembre à Brussel / Bruxelles (ce rassemblement a réuni plus 100.000 participants et des affrontements entre la police et plusieurs centaines de personnes – dont un grand nombre de dockers d’Antwerpen / Anvers – ont éclaté en fin de parcours). Et le 28 novembre ainsi que les 1er et 8 décembre prochains, des grèves tournantes seront organisées afin de préparer la grande grève générale prévue le lundi 15 décembre.

D’après les infos transmises par Sébastien, un camarade belge
domicilié à Tournai et militant de la CNT 59/62

 
PS : Le Réseau européen des syndicats alternatifs et de base a publié un communiqué de soutien à la grève du 15 décembre en Belgique. Pour le lire au format PDF, cliquer ici.

Premier bilan de la mobilisation :

Pour savoir où en est la mobilisation à la date du 8 décembre, voir ici.