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Mémoire ouvrière et locale : la coopérative « L’Union de Lille »

mardi 7 février 2017

L’Union de Lille est une coopérative créée en 1892 par un groupe d’ouvriers et d’ouvrières. Au début, il s’agit uniquement d’acheter du pain en gros afin de le revendre aux sociétaires à un prix plus bas que celui pratiqué au détail dans les boulangeries lilloises. Le succès est fulgurant et, en 1897, la coopérative compte 4053 adhérent.es. L’union de Lille décide alors d’élargir son champ d’activités…

En 1902, elle produit son propre pain et fait construire dans le quartier populaire de Lille-Moulins un bâtiment de 3000 m2 dont le style monumental symbolise la fierté de la classe ouvrière et rivalise avec les productions architecturales du patronat de l’époque (usines-châteaux, hôtels particuliers, etc.). Situé rue d’Arras (en face de la place Vanhoenacker et à 450 mètres du local actuel de la CNT), cet édifice abrite non seulement une boulangerie mais aussi une épicerie, une mercerie, un magasin de confection, une bibliothèque, une école de musique, une salle de gymnastique, une imprimerie militante, un café de 200 places et une magnifique salle de spectacle de 2000 places. L’Union de Lille accueille aussi des sociétés de secours mutuels destinées à venir en aide aux ouvriers et ouvrières en cas de chômage, de maladie ou de décès (bien avant la création de la Sécu). Enfin, elle sert de siège social aux organisations syndicales et politiques du mouvement ouvrier lillois. C’est dans les locaux de L’Union de Lille que se préparent les grèves et les manifestations. C’est là qu’ont lieu les causeries populaires et les grands meetings. C’est là aussi que sont organisées les fêtes de soutien (comme en 1937 et 1938 pour les antifascistes espagnols). Bref, un bel exemple d’auto-organisation des travailleurs.euses !

Dans les années 1950, la coopérative de consommation disparait à cause de la désindustrialisation du quartier et, sur le plan militant, le lieu perd peu à peu de son importance. Un cinéma est créé dans la salle des fêtes mais, à la fin des années 1960, il disparait lui aussi. À partir des années 1970, les locaux sont désaffectés, à l’exception de l’imprimerie qui fonctionne encore mais qui est devenue une entreprise privée liée au PS. Au début des années 1980, un cabinet d’architectes chargé par la mairie de Lille d’une étude pour l’aménagement et le développement du quartier de Moulins préconise de « conserver et protéger un ensemble architectural dont les qualités de composition et de construction ne pourraient plus être égalées ». Au milieu des années 1980, Pierre Mauroy (maire PS de Lille) déclare son intention de créer à cet endroit une « fondation du mouvement ouvrier ». Mais rien n’est fait et le bâtiment continue à se détériorer. Une association est alors créée par les habitant.es du quartier pour défendre ce qu’ils/elles considèrent comme un « lieu de culture et d’expression ».

Finalement, en 1994, la mairie décide de faire démolir le bâtiment pour le remplacer par des appartements et un supermarché. Ne subsiste aujourd’hui que l’imposante façade, classée à l’inventaire des monuments historiques et sur laquelle sont gravés ces mots : « COOPÉRATIVE L’UNION DE LILLE ». Mais ne cherchez pas un panneau expliquant à quoi correspond historiquement cette façade car, comme pour l’emplacement de l’estaminet lillois où fut composée la musique de « L’Internationale » (en savoir plus à ce sujet), la mairie de Lille n’a pas jugé utile pour l’instant d’en installer un !

> Plan d’accès et vue actuelle de la façade de l’ex-coopérative

Contre le Front national et toutes les politiques fascisantes d’où qu’elles viennent !

lundi 14 décembre 2015

Petite citation à propos du fascisme : « Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte. Quand il montre le bout de son nez, on dit : C’est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser. » (Françoise Giroud)

> Lire notre dossier d’info et de lutte contre l’extrême droite

Discussions avec Yasin Duman, témoin et acteur des luttes kurdes, coordinateur de la campagne « Des livres pour Rojava »

dimanche 11 octobre 2015

Rojava-SolidarityLe 28 octobre 2015 à Villeneuve d’Ascq et le lendemain à Lille, le syndicat SUD Étudiant-e-s organise une discussion avec Yasin Duman, témoin et acteur des luttes kurdes *, coordinateur de la campagne « Des livres pour Rojava ».

Mercredi 28 octobre à 15h à la MDE, avenue Carl Gauss, Villeneuve d’Ascq (M° Cité Scientifique)

Discussion sur les méthodes pédagogiques alternatives et anti-hiérarchiques mises au point par l’université de sciences humaines de Qamishlo (Rojava). C’est cette même université qui a lancé la campagne de solidarité internationale intitulée « Des livres pour Rojava ».

Jeudi 29 octobre à 18h au CCL, 4 rue de Colmar, Lille (M° Porte des Postes)

Yasin Duman, qui a rédigé un mémoire sur le fonctionnement politique du Rojava * et la résolution des conflits dans cet espace, nous expliquera l’organisation mise en place au Kurdistan syrien et nous pourrons ensemble parler de l’actualité dans les espaces kurdes du Moyen-Orient ainsi que des formes de soutien possibles.
 

* Le Kurdistan est une région qui s’étend sur le territoire de 4 États : la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. Ce qu’on appelle le « Rojava » (« Ouest » en langue kurde), c’est le Kurdistan syrien. En 2013, pendant la guerre civile syrienne, le Rojava a déclaré son autonomie. Depuis, les rojaviens tentent de mettre en place un système politique et social basé sur l’autodétermination (les villages et cantons sont dirigés par les habitant-e-s réuni-e-s en assemblées générales), l’égalité des sexes (principe de co-mandatement avec un homme et une femme pour chaque assemblée + assemblées locales et générales en non-mixité femmes), la défense des minorités ethniques et religieuses, des principes écologistes et la socialisation des moyens de production. Notamment pour ces raisons, ils subissent des assauts répétés de DAESH (l’État islamique).