Éducation physique & sportive (EPS), sexisme et anti-sexisme

PRATIQUES ÉMANCIPATRICES EN EPS : LIBÉRER LES CORPS

Article d’un militant de la CNT éducation 59/62 publié dans le n°36 de N’Autre école

 

fem54Commençons par une déclaration qui n’étonnera personne : l’éducation physique et sportive (EPS) est un monde masculin. C’est d’ailleurs la seule discipline où l’écart de notes est favorable aux garçons (c’est également la seule discipline qui différencie des barèmes selon le sexe).

On peut distinguer parmi les activités physiques des activités dites masculines et des activités dites féminines (il y a également des activités dites neutres). Pour Louveau, c’est un peu « sport pour eux, corps pour elles » (cf. l’article Au-delà des Jeux olympiques de Sydney. Femmes sportives, corps désirables paru dans Le Monde diplomatique), le sport regroupant les activités de compétition et de performance, et le corps désignant les activités d’entretien de soi et de développement (fitness, yoga, etc.). Dans notre société capitaliste et patriarcale, ce sont évidemment les pratiques sportives qui sont les pratiques dominantes. Ce sont elles qui ont été prises comme référence par l’école.

En EPS, les activités pratiquées en majorité sont donc des pratiques dites masculines : elles sont traditionnellement plus pratiquées par les hommes et correspondent plus à leurs valeurs (dépassement des limites, prise de risque, compétition). Ceci a tendance à favoriser les garçons et provoquer l’échec et l’exclusion des filles. Par exemple, la programmation de l’activité rugby au collège (ou le tennis de table, ou le saut en hauteur, ou la boxe française, etc.) favorisera d’emblée les garçons, ceci en grande partie car leurs pratiques et leurs motivations sont en général beaucoup plus tournées vers le défi, le combat, la performance, l’agressivité, aussi bien dans leurs activités physiques, leurs jeux, que dans l’ensemble de leur vie sociale.

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